dimanche 26 octobre 2008

Ouro Preto




Le 15 octobre, après 3 jours passés à Belo Horizonte, nous prenons l'autobus pour Ouro Preto, une ville nichée dans les montagnes à quelques heures de Belo Horizonte.
Maryse tient à ce qu'on la visite parce que ça devrait plaire à André, géologue, lui hésite et pense que ça ne vaut peut-être pas la peine et songe à l'attrappe-touriste.




La ville entière est classée monument historique et patrimoine culturel de l'UNESCO. Elle fut fondée par des aventuriers portugais à la fin du dix-septième siècle. Ils y découvrirent de l'or une dizaine d'années plus tard. Plus de 1200 tonnes y furent extraites! Cette richesse lui permit de construire une multitude d'églises baroques. On en voit partout! Elle fut la capitale de l'état du Minas Gérais jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.


On passera 5 jours dans cette ville magnifique à marcher dans tous les coins, à explorer les magasins et même à visiter, en bons québécois, un musée consacré à une tentative de révolte et d'indépendance.

Ce mouvement naquit du constat du volume des richesses accaparées par les portugais, à la pauvreté du peuple brésilien et des exigences de plus en plus grandes du Portugal malgré la baisse de la production d'or. On le connaît sous le nom de "Inconfidencia Mineira".

À la porte du musée et dans les salles d'exposition, on rencontre des gardes armés et on doit mettre notre sac dans un casier. La visite doit se faire dans un ordre précis, pas question de regarder une salle si elle n'est pas la suivante prévue. C'est assez spécial comme feeling mais ça vaut la peine de visiter.

Nous visiterons aussi le Musée des Sciences et Techniques de l’École de Minas divisé en neuf secteurs: Histoire Naturelle – zoologie et paléontologie –, Exploitation de mines, Minéralogie, Métallurgie, Sidérurgie, Dessin, Topographie, Astronomie et Électrotechnique.

Nous y passerons un bon après-midi. Nous admirerons une collection de minéraux absolument fantastique. Ce serait la deuxième au monde, après celle des États-Unis.

La ville actuelle d'Ouro Preto est demeurée la cité coloniale qu'elle était. Elle a conservé ses pavages originaux en pierres. Ils sont utilisés partout sur toutes les collines qui composent la ville et qui ont souvent des pentes relativement raides. En contrepartie on profite souvent de points de vue spectaculaires qui donnent à la ville un cachet tout particulier. Se promener dans les rues étroites et abruptes d’Ouro Preto, c’est un peu faire un voyage dans le temps.



Nous arpenterons aussi le magnifique jardin botanique qui traverse toute la ville et s'avèrera aussi pentu que toutes les rues. Comme nous sommes chanceux depuis le début, on apprendra qu'il est inauguré depuis seulement deux mois et on le visitera dans la plus belle journée de notre séjour à Ouro Preto.

Côté logement, on est un peu moins chanceux. Dans la pousada réservée pour deux jours, l'accueil est plutôt fade de même que le petit déjeuner. Comme la ville nous plaît et que nous désirons poursuivre notre séjour, nous nous mettons à la recherche active d'un autre logement dès le premier jour. On trouve une auberge de jeunesse à quelques pas mais comme la chambre est assez dispendieuse et le confort rudimentaire, on décide de continuer les recherches. Le lendemain, faute d'avoir trouvé, on retourne à l'auberge de jeunesse mais la place n'est plus disponible. On continue à explorer tout en visitant de nouveaux coins. En entrant dans une boutique, André demande à la vendeuse si elle connaît une pousada disponible pour la fin de semaine. Un coup de fil plus tard, une de ses connaissances vient nous chercher pour nous faire visiter sa pousada qui se trouve dans la rue la plus pentue qu'on ait vue jusqu'alors.

On a sauvé la mise mais le petit déjeuner ne sera pas meilleur. On a vraiment été gâtés dans les autres endroits de ce côté. On a quand même établi un contact avec des boliviens, le proprio et son neveu. Ce dernier n'était au Brésil que depuis deux mois et n'aimait pas beaucoup ça à ce jour.


Côté bouffe, on a particulièrement aimé Ouro Preto. C'est la première fois depuis qu'on est au Brésil qu'on trouve autant de légumes, de variété et de qualité dans la nourriture. On en a profité au maximum.

Un soir dans une pizzeria, on a rencontré un jeune de huit ans qui soupait en compagnie de son père. Timide au début, il a insisté auprès de son père qui parlait un petit peu l'anglais pour savoir d'où on venait. Quand il a compris qu'on pouvait comprendre, il s'est mis à poser toute sorte de questions sur le Canada, la valeur de l'argent, la plus grosse coupure, pouvait-il en voir des exemples etc. Son père n'arrêtait pas de dire dans son anglais rudimentaire qu'il fallait l'excuser, que c'était parce qu'il était très curieux et le jeune disait à son père de parler portugais... et Maryse répondait que c'était très bien qu'il soit curieux. Maryse a mis le peu d'argent canadien que nous avions dans son sac au cas où on le rencontrerait un autre jour mais l'occasion ne s'est pas présentée.

C'était le deuxième jeune à nous aborder pour jaser. Nous avions rencontré le premier au Musée des Sciences et Techniques de l’École de Minas. Il nous avait questionné sur notre pays et comme on avait participé à de petites expériences avec son groupe, il s'était fait un plaisir de nous expliquer ce qu'il savait. À la sortie du musée où nous nous reposions, il était revenu nous donner la main et nous souhaiter une bonne fin de voyage. On s'était habitué à être regardé comme des "spécimens étranges" dans le nord et on était agréablement surpris de son naturel et de son intérêt.

Maryse a contenté son goût des visites de bijouteries. Elle a même essayé une bague et des boucles d'oreilles tout à fait jolies. Elle a réussi le tour de force d'économiser l'équivalent de notre budget logement d'un mois en se souvenant qu'elle avait des bijoux au Québec qu'elle ne portait même pas préférant toujours les mêmes. OUF! On a aussi vu des pierres magnifiques mais encore là, raisonnables (transporter des pierres encore 8 mois dans les valises est un pensez-y bien) on a tout laissé sur place.

On a aussi découvert, dans une ruelle, un spécialiste de la cachaça, le rhum blanc du brésil. Le bonhomme qui tient un bar-restaurant y offre une carte de boissons où apparaissent au moins 25 sortes de cachaça. Maryse est aux oiseaux! Il lui prépare le meilleur caipirinha qu'elle ait jamais bu et, André, qui apprécie plus ou moins le citron vert, se fait servir un caipirinha à la fraise qu'il trouvera excellent.

On y retournera et on y rencontrera deux brésiliens, Joacy qui travaille en géographie humaine et Émiliana qui est psychologue et actrice dans un groupe luttant contre l'homophobie. On "connectera" et on soupera ensemble: excellente soirée.

Le lendemain, nous nous rendons à la gare d'autobus d'Ouro Preto assez tôt et y rencontrons un couple de français, Nicole et Mario. Charmant couple en voyage pour faire la connaissance du nouveau bébé de leur fille qui elle-même voyage en 4X4 depuis plus d'un an en Amérique du sud avec son mari, dormant en camping sur le toit du véhicule. Ils devront probablement changer un peu leur façon de voyager puisqu'ils ont décidé, comme dit Nicole, de faire un bébé. Nicole est toute heureuse de pouvoir échanger en français. Nous jaserons de nos enfants respectifs, de leur visite du Québec etc. Nous nous reverrons, après le voyage de nuit, à Rio et échangerons nos courriels dans l'espoir d'une prochaine rencontre.


Nous avons été impressionnés par ce bac de recyclage vu à notre première pousada.

vendredi 24 octobre 2008

Belo Horizonte







Le vol de Salvador à Belo Horizonte (BH pour les intimes) prend tout juste 2 heures et nous arrivons vers 23:00 heures. Il fait un peu sombre au centre-ville où on a choisi de résider pour quelques jours et la rue a un aspect quelque peu macabre mais le chauffeur de taxi finit par localiser l'hôtel San Bento, une simple porte donnant sur la rue. À l'intérieur, on est bien reçu et la chambre est plus que convenable. Le petit déjeuner du lendemain achèvera de nous convaincre que nous avons bien choisi. On se met le nez dehors et, comme c'est dimanche, plusieurs des magasins de cette rue commerciale sont fermés et la plupart ont une porte d'acier sans vitrine ce qui rendait la rue si macabre la veille à notre arrivée dans la soirée. On se dirige vers la gare d'autobus qui est à deux pas et on y obtient tout ce qui est nécessaire à un touriste: le plan de la ville, indications des endroits intéressants à visiter, la direction à prendre pour aller à la foire artisanale qui a lieu tous les dimanches. On n'aura pas assez de trois jours à BH pour nous bien nous orienter dans la ville. Le plan de la ville est pourtant simple, les rues sont quadrillées, apparemment comme à Washington i.e. selon deux axes qui se croisent à 45 degrés, mais nous ne sommes jamais allés à Washington... Le problème avec ce double quadrillage est qu'à certaines intersections il y a trois rues qui se croisent et elles ne sont pas évidentes à traverser pour les piétons distraits que nous sommes. On se trompera souvent, on demandera souvent notre chemin et, au total, on aimera beaucoup cette ville et on marchera beaucoup.

Après le bain de foule à la foire artisanale (Maryse trouve qu'il y a vraiment trop de monde) on se retrouve à la place de la Liberdade où on se promène sous les palmier géants et au milieu de jardins de roses et autres fleurs. Maryse est super déçues que les fontaines ne soient pas fonctionnelles. On prend notre temps et vers 16:30 heures les fontaines sont activées. Magnifiques dans ce parc. On se dirige ensuite vers une autre place, dite Soarès, qui se trouve plus près de notre hôtel et qui selon les renseignements touristiques de notre plan a des fontaines fonctionnant avec musique et lumières. Rien ne fonctionne à notre arrivée mais nous les verrons en action à la brunante car Maryse insiste pour rester, convaincue qu'il faut attendre la noirceur puisque cette fontaine fonctionne avec des lumières. C'est un peu décevant, on n'entend pas bien la musique et l'éclairage n'est pas très original mais le plus important est que Maryse avait raison.

Le lendemain, lundi, tous les parcs et musées sont fermés (jour de repos pour les employés et pour l'entretien). On décide d'aller à Pampulha, en banlieue, où se trouve un lac dont on peut faire le tour à pied. Il fait chaud! certainement dans les 30 degrés mais on réussit à faire une promenade de près de trois heures. À notre grande déception, le lac est complètement pollué et on ne peut même pas s'y tremper le gros orteil. On peut voir une drôle d'église (St-François d'Assise) en forme de cornette de soeur, oeuvre de l'architecte Niemeyer.

Elle est entièrement recouverte de céramiques peintes par un artiste italien. Tout un travail puisque les tuiles ont moins de 12 pouces et que les personnages et le décor sont grandeur nature. Au retour, lorsqu'on prend l'autobus qui circule autour du lac, on demande au chauffeur de nous laisser là où on doit prendre la correspondance pour BH. Il nous comprend sans doute mal car on a droit à un tour complet du lac!

Le mardi, le soleil est toujours au rendez-vous et on peut faire le tour du parc Mangabeiras. Petite surprise, le parc est dans la montagne, tout en côtes, les sentiers sont en pierres appelées 'pé de moleque' (je crois que ça veut dire pour les chèvres). Ces pierres sont rondes, inégales et lisses. Nous sommes en sandales! On en fera quand même le tour et on en sera quitte pour un puissant massage de pieds. Mais le décor en valait la peine avec toute sorte d'arbres tropicaux dont le bambou et de toutes petites chutes.

jeudi 23 octobre 2008

Lençois



Avant de partir pour Lençois, on s'était payé une coupe de cheveux mais quelle coupe! On devra se protéger la caboche comme il faut !!

Le lendemain matin, on retourne prendre l'autobus pour Lençois. Après 6 heures de route dans le premier autobus inconfortable qu'on ait pris au Brésil, nous avons été accueilli dans une pousada à 5h30 du matin par Conception, la femme á tout faire, et comme la chambre que Maryse avait réservée, en portugais s.v.p., n'était pas libre avant midi, on nous en donne une autre pour nous reposer du voyage. Ouf! On a pris une douche en se réveillant vers 10h30 et la dame nous a offert le petit déjeuner, même si c'était en dehors des heures de service et en s'excusant de n'avoir que des fruits et du gâteau! On ne sait pas si on va devoir le payer mais ç'est bon de retrouver de si bons fruits!

L'environnement de la pousada est paisible et la cascade nous offre un joli chant pour nous relaxer complètement. On prend une excursion avec guide près de la ville. On nous avait dit que les souliers de marche n'étaient pas essentiels et on est parti en sandales. La balade de 3 heures s'est avérée plus ardue que prévue, presque toujours en pente et souvent à travers des roches plus ou moins faciles à enjamber ou contourner et d'énormes blocs erratiques sous lesquels il faut se glisser, bref La balade de 3 heures s'est avérée plus ardue que prévue, presque toujours en pente et souvent à travers des roches plus ou moins faciles à enjamber ou contourner et d'énormes blocs erratiques sous lesquels il faut se glisser, bref, pour des marcheurs de plage que nous étions jusqu'alors la journée sera assez éreintante, surtout en sandales
Donc, le circuit grimpe d'abord jusqu'au sommet du village. On aperçoit alors la rivière toute en pente et comme pavée de roches plates, où on peut voir la jeunesse de la place et certains touristes profiter des piscines naturelles, trous assez profonds dans les rochers oú s'accumule l’eau de la rivière. Nous décidons de continuer et d’en profiter plus tard. L’escalade se poursuit vers 2 cascades (moins grosses que sur les photos à cause d'un hiver sans beaucoup de pluie). Le massage dans la cascade est bienvenu et l’eau fraîche nous permet de continuer.







En passant sous un des gros blocs erratiques, notre guide fouille le sable et nous fait la démonstration de la présence de sables de plusieurs couleurs utilisés par les artistes pour faire des dessins dans des bouteilles ou autres contenants de vitre. Ils utilisent un genre de cure-dent pour y entasser le sable de chaque couleur et former des paysages ou des dessins multicolores.

Le soir venu, on est un peu raqué et on se demande si on pourra faire l'excursion prévue pour le lendemain. C'était une bonne escalade et on est affamé. On essaie une churascaria (genre de BBQ) et on nous y sert une portion gargantuesque de saumon avec une salade (laitue, tomate, cocombre, petits pois, blé d'inde, châtaignes d'eau, goberge, betteraves râpées, carottes râpées) et un énorme plat de riz. C’est, pour une fois, bien cuit c’est à dire pas trop cuit. Il faut pour l’obtenir demander mal cuit et le résultat a des chances d`être juste ce qu’il faut, à la limite du presque trop cuit. Ici on y a mis moins de sel et la salade s’avère délicieuse. De retour à la pousada, on apprécie notre nouvelle chambre donnant sur la rivière et ses cascade et on dort toutes fenêtres ouvertes au son de l’eau qui chante sur les roches. C’est un peu hors budget mais c’est super! On savait que cette étape serait dispendieuse.
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina


Le lendemain, on constate après une bonne douche que l’excursion prévue sera possible après quelques étirements. Nous partirons en retard car c’est le jour des élections des gouverneurs des états du Brésil, et tous, incluant nos guides évidemment, sont tenus de voter sous peine d'amende. Il faut dire qu’on ne pleurera pas la période de pré-élection. Depuis que nous sommes au Brésil, chaque personne qui se présente aux élections fait sa publicité sur un air de musique et du texte chanté. Ce texte est joué à tue-tête dans tout par tout véhicule pouvant transporter des hauts-parleurs (camion, voiture, bicyclette, brouette etc...). Plus c’est fort plus on a de chances d’être élu semble-t-il... 4 haut-parleurs de 15 pouces dans un coffre de voiture ça vous donne l’impression que le tympan ne tiendra pas... Les jeunes doivent qui en promènent deux derrière eux sur des bicyclettes, je ne sais pas comment ils peuvent entendre en fin de journée. Cacophonie électorale qui donne l’impression que l’air le mieux apprécié sera le gagnant. Ici, on aura droit à la dernière journée et, au retour, aux célébrations des vainqueurs et à ceux qui se consolent de la même manière que les gagnants. On nous dit que demain sera aussi la fête mais que tout redeviendrait normal ensuite. Même les gens du coin, du moins ceux qui travaillent avec les touristes, en ont marre de devoir cesser leurs explications parce qu’on ne peut s’entendre parler, pour reprendre lorsque la voiture est assez loin. Fin de la parenthèse électorale...

Notre conducteur vient donc nous chercher et on s’installe à l’avant d’un véhicule 4x4 Toyota pour 10 personnes très confortable. On prendra d’autres touristes dans différentes pousadas mais on sera encore retardé par le guide qui est en retard à cause des élections. Finalement, Anna, qui parle 7 langues et a déjà été guide local pendant plus de dix ans, accepte de remplacer le guide. Deux anglaises de Manchester, deux hollandaises, une brésilienne du nord du Brésil, ... et nous composent les membres de l’excursion. Autrement dit, toutes des filles, sauf le chauffeur et André. La guide est dans la quarantaine, les filles dans la vingtaine et nous faisons le triple de leur âge.

De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina


On commence par l’escalade du Morro do Pai Inácio qu’on devait faire en dernier pour voir le coucher de soleil. À cause du retard, on nous demandera d’accélérer à quelques reprises durant les étapes... C’est une bonne escalade et il fait chaud! En cours de route et au sommet la vue est magnifique malgré un ciel voilé.

Au sommet, Anna nous raconte la légende entourant ce mont, qui ressemble aux formations qu'on voit dans le Grand Canyon américain, pour ceux qui y sont déjà allés. La légende est celle d’une française mariée à un riche propriétaire terrien qui tombe en amour avec un esclave, Inácio. Lorsque le mari l’apprend, il offre en récompense à celui qui tuera l’esclave, la moitié de ses avoirs. L’esclave s'enfuit mais il finit par se réfugier au sommet du mont où nous sommes mais il est finalement cerné par les villageois. Inàcio saute alors dans le vide (le guide du parc saute dans le vide devant nous!!!) en tenant l’ombrelle que sa belle utilisait pour protéger sa peau blanche. On ne l’a jamais trouvé ni revu mais la légende dit qu’ils se retrouvèrent et vécurent heureux et eurent de... Le guide du parc réapparaît à la fin de l’histoire: il y a une petite corniche sous le bord de la montagne. Il faut quand même le faire, la corniche n’a pas 3 pieds! Les filles se prendront tour à tour en photo sur la corniche en faisant semblant d’avoir sauté dans le vide et en être revenu. Il faut dire que le saut du guide avait provoqué tout un émoi!
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina


On redescend du Mont Inácio et on nous conduit dans une fazenda (immense ferme) pour un repas rapide et la visite d'une grotte. En cheminant vers la grotte, le guide nous montre la maison d'une araignée en soulevant un petit bouchon tout rond qui est la porte d'entrée du nid de l'araignée et qu'elle fabrique donc. Ce bouchon une fois fermé, on ne voit qu'une marque ronde sur le sol. On en verra plusieurs autres.Il nous fera remarquer au passage deux types d'arbre assez particulier. Le premier est un arbre dont le coeur ne brûle pas mème quand l'arbre passe au feu. Le second est un arbre dont le tronc est plein de piquants comme un cactus et qui est bombé en son milieu. Il produit des fleurs qui, lorsqu'elles tombent, sont comme de la ouate!
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina

Puis, on se dirige vers la grotte bleue. Les eaux de ce lac souterrain sont transparentes et le bleu semble irréel. Quand le lac est frappé par les rayons du soleil, on peut voir les poissons circuler comme si c'était un aquarium! Vraiment joli! Une des filles de l'expédition s'est payée l'extra 20 minutes en plongé dans le lac et nous a dit qu'elle ne le regrettait pas. C'est très compréhensible!
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina

On passe ensuite à une baignade bien méritée. Nous sommes en hauteur (peut-étre 5-6 étages d'un édifice), au-dessus d'un lac peu profond qui bénéficie de la même eau que celle du lac de la grotte.
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina
Les filles utilisent la tyrolia pour descendre (5 secondes au bout d’une corde mais beaucoup d’émotions pour elles). Nous on va à pied, André n’est pas amateur des hauteurs et craint que je me blesse. On se baigne dans une eau limpide une quinzaine de minutes pour repartir vers une autre grotte.

On descend assez pour que la température tombe de quelques degrés mais rien pour frissonner. On n'explorera en une heure qu'une partie, peut-être un kilométre, de cette grotte qui en compte 40. Le guide, qui nous éclaire avec une lampe à gaz, nous fait voir toutes les figures les plus, disons populaires et celles qu'on peut deviner dans les formes des stalactite et stalagmites.


une cascade rose
l'éléphant
et la méduse

Quand il éteint sa lampe pour une minute de méditation, c’est d’un noir total et d'un silence impressionnant. On sort de là à la nuit tombée pour retrouver la lune et les étoiles dans un ciel clair. Notre conducteur est à essayer de faire partir le véhicule. André et quelques filles devront pousser pour aider au démarrage. On arrivera en ville vers 8 heures, en pleine fête post élections. Douche et retour à la churascaria(BBQ) pour un souper au filet mignon (je crois qu’on en a eu un complet). On n’arrivera pas à tout manger malgré cette journée d’escalade. On est fiers de nous mais vannés.

De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina


Pour les jours suivants... repos et recherche pour la suite du voyage. Nous rencontrons deux autres jeunes anglaises à la pousada. Elles nous disent, comme les hollandaises que nous avions rencontrées, qu'être blonde au Brésil amène bien des désagréments. Les gens touchent la peau, tire les cheveux pensant que c'est une perruque etc. Elles ne peuvent pas non plus avoir la paix, certains gars s'invitant á leurs tables. À une étape précédente de leur voyage, elles ont même quitté l'endroit qu'elles aimaient bien parce qu'elles n'arrivaient pas à aller nulle part sans qu'un type les y rejoigne. Elles tentaient de l'éviter mais il les trouvait toujours et ne comprenait pas leur refus... Dans la culture anglaise, l'homme étant très réservé, elles n'aiment pas beaucoup.

De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina

Hier, le 8 octobre, après beaucoup de 'taponnage' pour trouver le moyen de transport idéal vers notre prochaine étape Belo Horizonte dans l'état du Minas Gerais, on a opté pour l'avion qui est moins cher que l'autobus pour s'y rendre depuis Salvador, sans compter que l'autobus qui fait ce trajet de 1300 kilomètres y met 22 heures et est un autobus conventionnel, donc sans siège inclinable. Une farce! On a donc un vol pour Belo Horizonte le 11 octobre et on y restera quelques jours avant d'aller à Ouro Preto. Maryse a encore fait la réservation d'hôtel!

Pour notre dernière journée à Lençois, nos voisines de chambre, Abbie et Joanna, nous montrent le chemin d'une promenade. On monte d'abord au sommet de la ville pour ensuite prendre un sentier aménagé qui nous conduit jusqu'à une rivière qui coule en pente sur d'énormes plaques rocheuses.














Ça donne le son d'une chute sans en être une et les plus braves se permettent même une glissade sur cette pente rocheuse mais lisse jusqu'au petit lac où nous nous baignons. Ce sera notre plus belle journée à Lençois.
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina


Le soir venu, nous faisons nos adieux à Abbie et Joanna. Elles sont vraiment déçues du comportement des brésiliens mâles à leur endroit. Elles en sont tellement fatiguées qu'elles décident de changer leur itinéraire de voyage en quittant le Brésil plus tôt que prévu. On se donne un possible rendez-vous à Mendoza où leur périple doit les mener et on se promet de garder le contact.
De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina

La situation de la pousada en bord de rivière était vraiment super agréable. Nous en avons bien profité et la petite pause d'après-midi nous permettait de discuter de nos plans futurs et d'échanger des idées pour la suite du voyage. Je voyais pratiquement tous les jours un cavalier sur son cheval passer sur la route de l'autre côté de la rivière. Je faisais remarquer à André que nous avions vu des chevaux dans presque toutes les villes que nous avons visités. Parfois on les voyait brouter le long de l'autoroute, parfois tirant une charrette dans la circulation et même prenant une sortie d'autoroute. Nous avons vu un cavalier arriver à la pharmacie, descendre de son cheval, aller faire ses courses et repartir. C'est assez spécial et toujours un peu surprenant.

De bonne heure le lendemain, nous faisons nos adieux à Conception, notre cuisinière et femme de chambre qui a bien apprécié échanger quelques propos avec nous tous les jours. Il faut dire qu'elle nous a bien gâtés, nous apportant même le "cafezinho" (petit café) qu'elle ne faisait que pour nous en fin d'après-midi avec un gâteau cuisiné par elle. Le matin nous avions aussi droit à notre pot de jus, ce qui faisait sourciller nos deux voisines anglaises.

On prend l'autobus pour retourner à Salvador et, dans la soirée, l'avion pour Belo Horizonte. C'est notre premier déplacement en avion depuis notre arrivée au Brésil. L'autobus de Salvador était au même prix que le vol en soirée et prenait 2 heures alors que l'autobus prenait 22 heures!