mercredi 7 novembre 2012


Bonjour à vous tous,

Un petit mot pour vous dire que nous sommes arrivés à destination sans problèmes; c’est un long voyage et il faut aimer le coin pour le refaire à chaque fois. Nos vols se sont bien passés. Nous sommes partis de Québec avec une heure de retard mais sans problème pour les correspondances avec les autres vols. Sur le plus long trajet de 13 heures entre Chicago et Tokyo, nous avions quelques soucis vu que les billets n’indiquaient aucun service à bord mais, au contraire, nous en avons eu tout au long du vol. À notre arrivée à Bangkok, il y avait autant de monde qu’à midi. Nous étions attendus, comme plusieurs d’ailleurs par un gars de l’hôtel, il nous a conduits en 10 minutes à la réception où, malgré l’heure tardive (1h30 du matin), nous avons eu un accueil chaleureux. Nous avions réservé une chambre à cet hôtel en rabais à 18$.sur Agoda. Le prix incluait le transport de l’aéroport et aussi celui du retour à l’aéroport que nous n’avons pas utilisé parce qu’il était moins cher pour nous de prendre un vol Bangkok-Krabi avec Air-Asia à partir de l’autre aéroport de Bangkok, le Don Mueng. Nous avons dormi  jusqu’à 8 heures.

1er novembre

Le lendemain nous avons pris un petit dej (américain berk!) et rejoint l’aéroport Don Mueng, dédié aux vols locaux, en taxi (environ 1 heure et 420 THB (14$) dont 120 pour les péages. Nous avons acheté nos billets pour Krabi 5000 THB incluant 700 THB de surpoids; le vol partant à 14 heures, on a juste le temps d’un lunch et d’une visite à l’office de tourisme (agence de voyage…) qui nous a conseillé un hôtel, le Baan Suan Resort à Krabi, avec transport de l’aéroport, petit dej, transport au quai et bateau jusqu’à Koh Lanta pour 2600 THB soit 96$. L’hôtel n’était pas dans le coin qu’on pensait ce qui fait qu’on n’est pas sorti pour la soirée, c’était ok mais plus qu’ordinaire.

2 novembre

Le lendemain ce n’était pas vraiment la conduite au quai et le bateau mais la conduite à Koh Lanta par la route en minivan et comme bateau, les traversiers, comme quoi parfois il faut mettre les points sur les i et les barres sur les t!. On est arrivé à la pluie mais une pluie chaude et pas trop forte. On a marché une centaine de mètre jusqu’à l’hôtel que notre copine de 2010 Suzanne occupe depuis plus de 10 ans. Bon accueil, la fille parle correctement anglais. On a pris une chambre avec ventilo à 400 THB par jour pour  2 jours et on a vérifié le prix pour un long séjour. Comme pour Suzanne, 8000 THB (267$) par mois pour 5 mois 10000 THB (333$) pour 4 mois.

3 novembre

Suzanne nous avait dit avoir découvert un resto juste à côté de son hôtel. C’est une mama Thaie qui cuisine. Elle nous a servi un panang au poulet (curry, lait coco, poulet, herbes etc.) avec bien évidemment du riz,  une grosse assiettée de concombre frais. C’était tout à fait délicieux et pour deux nous avons payé 100 THB soit 3,33$. En revenant à la chambre, on a constaté que le ventilo ne rafraichissait pas la chambre et comme on est à la fin de la saison des pluies, l’humidité est très élevée. On a demandé un changement de chambre pour une climatisée. C’était la bonne idée parce que Maryse commençait à ne pas trop bien se sentir (mal de gorge, toux, mal de tête) et avait besoin de sommeil.

4 novembre

Le lendemain on essaie de décider si on va vivre 5 mois dans une chambre d’hôtel ou si on va prendre autre chose. Après avoir vu la pharmacienne qui prescrit à Maryse des antibiotiques et quelque chose pour sa toux, nous faisons une tournée des endroits que nous pensons abordables. Pas de chance, tout est soit trop cher soit qu’ils ne peuvent réserver à long terme parce que des réservations sont déjà faites pour certaines dates au cours de notre séjour. Nous retournons manger chez notre thaie et cette fois elle nous sert de la patte de porc avec patates jaunes, c’est juste bien assaisonné et encore une fois délicieux. En passant par une ruelle pour nous rendre à la mer, on voit des bungalows un peu isolés. On se dit qu’on va s’enquérir des prix. La thaie qui nous répond nous dit que oui, c’est possible pour 5 mois. Elle nous fait visiter un bungalow avec air climatisé, frigo, TV. Pas de WiFi. C’est une vieille musulmane qui est propriétaire. La discussion de prix se fait entre les deux femmes. La vieille demande 10,000 THB par mois pour 5 mois. Nous lui disons que nous allons y penser et  rentrons. Maryse demande une sieste qui s’avèrera une nuit complète pour tous les deux.

5 novembre

On est pratiquement décidé à prendre la chambre pour 5 mois ce qui nous revient au même prix que 4 mois et si on va chez Clément une dizaine de jours ce n’est pas grave puisque le prix ici est si bas et que nous avons tout ce que nous avons besoin. Après le petit dej passé en hésitations entre les deux possibilités, on décide d’essayer de négocier encore pour le bungalow parce qu’on aimerait bien avoir un espace à l’extérieur pour lire et jaser. La vie dans une chambre d’hôtel pendant 5 mois nous fait un peu peur. Pour le WiFi, on se dit qu’on peut écrire nos textes au bungalow et aller dans un café Internet  pour les transmettre.

On se pointe au domaine de la vieille dame et Maryse explique à sa jeune acolyte qui se débrouille en anglais et est toujours souriante que nous avons un petit budget, que nous avons trouvé à 8,000 mais que nous les trouvons bien sympa et aimerions vivre là mais que 10,000 c’est trop pour nous, qu’on accepterait que le ménage se fasse 1 fois par semaine et bla bla bla. Elle va discuter avec la mama et revient en disant que la mama ne voulait pas descendre en bas de 9000 mais qu’elle lui a dit qu’elle était chanceuse d’avoir des clients comme nous, tranquilles, respectables… et qu’elle n’en verrait pas d’autres comme ça si elle ne cédait pas un peu encore. La mama aurait alors demandé si on pouvait aller jusqu’à 8,500 ce qu’on s’est empressé d’accepter et de payer sur le champ. Une heure après on était installé. 8500 THB,  c’est environ 284$ par mois pour notre logement. Nous sommes très contents de notre décision une fois installés, c’est un poids important enlevé de notre lourde charge de travailJ.

C’est au tour d’André de ressentir les symptômes de cette attaque bactérienne. Il prendra les mêmes antibiotiques, aura une médication un peu plus forte pour la toux et les maux de tête que Maryse n’avait pas mentionnés. Ce qui fait que nos journées sont assez courtes, petit dej, repos, diner et sieste qui dure toute la soirée et la nuit et on recommence le lendemain en se sentant un peu mieux mais tout doucement….

Voilà pour notre début de séjour.  On est allé à la plage ce matin pour une bonne marche et une baignade mais on n’a pas encore retrouvé toutes nos énergies. On s’est trouvé de bons fruits, du musli, du yogourt et du lait de soya donc on reprend des petits dej de vacances. Il fait plus chaud que dans nos souvenirs, on ne sait pas si c’est le fait d’être malade ou si c’est parce que la saison des pluies se termine plus tard. On a eu de bons orages mais pas très longtemps. Le matin, en général, le ciel est bleu.

Nous pensons à vous tous et espérons que tout va bien par chez vous.




samedi 21 avril 2012

Fin du voyage - Arequipa

En route vers Arequipa - vendredi le 13 avril 2012

Nous prenons un bus cama ( presque un lit) avec la compagnie ExcluCiva et nous dirigeons confortablement vers Aréquipa. Nous avons chacun notre écran, le choix de 5-6 films et de la musique d’un peu tous les genres. Le souper végétarien est passable et le petit dej ordinaire.

Un taxi nous amène à l’hostal Semana Wasi que nous avions réservé. C’est une vieille maison en pierre volcanique. Nous y avons une grande chambre avec lit king size, salle de bain privée et de grandes fenêtres sur le jardin intérieur. Nous déjeunons sur le toit avec la vue sur les volcans Chachani et Misti.

Il fait frais (19C), pour nous ce n’est pas si froid le jour mais on rencontre plein de gens en botte et blouson d’hiver, tuques et mitaines. Le soir c’est nettement plus froid (10C). Nous nous promenons dans cette ville que nous aimons bien.

Samedi le 14 avril

Nous avons pris la décision de ne pas nous taper la descente à Santiago. Nous nous gâtons et nous offrons le retour en avion.  Nos souvenirs des autobus du Chili ne sont pas assez agréables et c’est une très longue trotte. Nous prendrons donc un vol Arequipa - Santiago jeudi le 19. Notre vol de retour est le 22 donc nous serons à Québec le 23 avril.

Nous avons visité aujourd’hui un musé de la transformation de l’alpaca (Mundo Alpaca).On pouvait y voir toutes les machines utilisées autrefois pour nettoyer et préparer les fibres pour en arriver à des bobines de fils très fins. Il y avait aussi un espace avec des dames qui tissaient de belles pièces avec des dessins complexes et on pouvait y comprendre les procédés de triage à la main et nettoyage des fibres de l'alpaca et leur coloration avec des produits naturels. Dans une autre salle on voyait les étapes du nettoyage de la fibre du  Vicuña, le plus petit membre des camélidés, donnant la plus fine laine du monde. On comprend mieux le prix des différents produits fabriqués avec ces laines. Un petit espace naturel abrite quelques lamas et des alpacas.

Nous avons déjeuné avec Lorraine, une femme qui met à jour un guide de voyage, viva travel guide. Ce fut intéressant de l’entendre. Elle essaie dans chaque endroit, surtout dans les grandes villes, de trouver des attractions gratuites ou des activités à faire.Elle dit que leur guide tient bien compte des gens à petit budget.

Nous marchons la ville et tentons de trouver des endroits gratuits que Lorraine nous a conseillés. Nous visitons un énorme marché local dans un secteur où on peut trouver de tout: vêtements, pneus, nourriture, électronique, outils, matelas, pièces de toutes sortes. Nous allons ensuite voir un centre donnant des explications sur les volcans, particulièrement ceux de la région d'Aréquipa. C'est intéressant et les maquettes nous aident à mieux comprendre le phénomène.




Santiago-21 avril 2012

Nous retrouvons le centre d'art et son quartier historique. Il nous faut admettre que c'est en payant un peu plus cher qu'on peut goûter et apprécier la cuisine Chilienne. Nous recélébrons l'anniversaire d'André avec un cebiche de saumon et un saumon grillé accompagné d'une bouteille de vin chilien délicieux.  Nous découvrons le marché artisanal à moins d'un kilomètre de chez nous.


mardi 17 avril 2012

10 avril 2012 - Mancora Chico

Las Pocitas est le nom ‘officiel’ de la plage où nous sommes, quoique la pancarte qui en indique le chemin sur la route annonce ‘Mancora Chico’. En fait, c’est la continuation de la plage de Mancora et il ne semble pas y avoir de fin visible à celle-ci. Quand on regarde la carte, on y trouve une autre plage à Los Organos à une dizaine de kilomètres plus au sud et encore plus au sud, dans le coude que fait le littoral, on annonce Cabo Blanco où Hemingway a écrit son chef-d’œuvre ‘Le vieil homme et la mer’.


 

On passe la journée soit sur le balcon, dans le hamac pour Maryse, soit dans la chambre qui donne sur le balcon et d’où on voit le quai (on est à côté d’un petit hôtel qui s’appelle ‘La casa del muelle’ (la Maison du Quai). Deux étages plus bas, c’est la cuisine qui donne aussi sur la mer et un étage encore plus bas, nous sommes sur la plage. On a fait trois kilomètres sans voir le bout de la plage ni le bout des hôtels qui se suivent et ne se ressemblent pas. Par contre elles n’ont pas plus de quatre étages et sont assez bien garnis de palmiers et autres arbres pélagiques. Quand on passe devant, on dirait qu’elles sont vides ou presque sauf la fin de semaine et pourtant ils se disent encore en pleine saison bien que les enfants soient retournés en classe cette semaine à la mi-mars. Au total, si on rencontre 20 personnes pendant notre marche, on se dit que c’est dimanche.

On sort le midi (façon de parler puisqu’on est toujours dehors et qu’il ne pleut JAMAIS le jour) pour aller manger à Mancora à un kilomètre. On sort aussi le matin et/ou au coucher de soleil pour aller marcher sur la plage. Le reste du temps, on lit et on essaie de planifier nos douze jours de retour du 10 au 22 avril.   

Nous avons le plaisir d’observer les frégates dans leurs vols vertigineux et les pélicans bruns à la pêche. Les frégates dites ‘frégates superbes’ ne peuvent se poser sur l’eau car elles n’ont pas les pattes palmées ni de plumage imperméable. Elles se nourrissent en surveillant des airs les poissons et en les attrapant lorsqu’ils sautent hors de l’eau pour se sauver de leurs prédateurs.

Il est aussi fascinant de les voir en vol. Selon des chercheurs elles montent à 2500 mètres en utilisant les courants thermiques. On a l’impression qu’elles s’amusent pendant des heures mais parfois la descente est si soudaine qu’on a peur qu’elles ne se rompent les os. Pour avoir plus d’informations, voici un lien :http://www.universcience.fr/fr/science-actualites/actualite-as/wl/1248100239785/un-oiseau-marinqui-ne-se-pose-jamais-sur-l-eau-comment-est-ce-possible/

On voit difficilement la frégate attraper un poisson. Les pélicans bruns sont plus faciles à observer à la pêche. Ils se laissent planer et soudainement virent de bord et plongent pour attraper le poisson aperçus du haut des airs. C’est spectaculaire! S’ils l’attrapent, ils restent un petit moment à la surface puis repartent pour replonger un peu plus tard, sinon c’est instantanément que leur vol reprend.

Il existe évidemment des charognards pour le ménage de la plage. Ils ne sont pas peureux et attendent la dernière minute pour s’éloigner de leur proie. Ils ne s’envolent même pas mais s’éloignent d’une démarche de petit vieux rhumatisant en branlant du chef.

Sur pratiquement toutes les plages visitées dans nos voyages nous pouvions observer des dessins sur le sable, à marée basse, et nous n’arrivions pas à deviner qui  pouvait bien en être l’auteur. Nous avons enfin découvert l’artiste, une jolie chenille colorée!  

Un midi, en allant à Mancora, nous avons vu un chien, seul, qui jappait au pied d’une falaise. Tout à coup, il s’est mis à courir vers la falaise et on a alors aperçu ce qui l’intéressait : c’était un gros iguane qui s’enfuyait en grimpant la falaise Le chien a réussi à grimper un bout lui aussi mais, à un moment donné, l’iguane lui a envoyé un  coup de sa longue queue et  ça devait être assez douloureux car le chien a filé comme une flèche sans japper. L’iguane a continué son chemin tranquillement. Nous n’avions évidemment pas la caméra pour saisir ce joli moment.

Côté bouffe, nous avons bien profité de notre séjour. Nous avons eu le plaisir de trouver des fruits et légumes frais à un marché du village. Nous avons donc dégusté des mangues tous les jours et de petites bananes délicieuses et des pommes croquantes!!! Pour le souper nous avions d’excellentes tomates et des concombres énormes accompagnés de thon ou de sardines. Le midi, c’était souvent une entrée de ceviche et du poisson frais grillé. On ne s’en fatigue pas! On peu lire en espagnol sur des chandails : `Comme les caraïbes mais avec le ceviche’. Je crois qu’à peu près trous les restaurants en servent.

Pour changer et avec le prétexte de l’anniversaire d’André, nous avons essayé un restaurant italien sur la plage. Ce fut un agréable après-midi mais la bouffe ne valait pas le prix demandé, un peu fade de présentation de goût. La même bière que nous payons 3.30 soles pour une 610 ml dans nos petits restos se vendait 10 soles pour une petite! Et le reste était à l’avenant. Nous avons quand même passé un moment très agréable.

Nous préparons donc notre retour et, après examen de la situation, nous nous apercevons qu’il ne faudra pas ‘niaiser’ pour faire les quelques 4800 km qui nous séparent de Santiago. Nous espérons pouvoir modifier notre vol de retour et changer le biller pour Lima- Toronto.  Nous attendons la réponse. Si nous y arrivons, nous pourrons envisager voir Cuzco au moins. Sinon, beaucoup de longues heures d’autobus nous attendent.

Nous prenons l’autobus ce soir pour Lima.


11 avril 2012 - Lima


Nous profitons de notre courte visite pour nous occuper de notre corps: pour les deux 50 soles soit 20$ pour une pédicure dans les règles de l’art,  à 25 soles pour nos coupes de cheveux  plus ou moins réussies (la première en 6 mois pour Maryse), 50 soles pour facial (Maryse), 4 soles pour le cirage des sandales (André).

Nous rencontrons Xavière et Saskia sur la rue. Nous aurons une heure de jasette, c’est court mais comme elle nous donne que des bonnes nouvelles, nous sommes très heureux d’apprendre que les deux ont du travail et qu’ils aiment ce qu’ils font. Nous n’aurons pas l’occasion de voir Mijail malheureusement.





jeudi 12 avril 2012

Nous avions difficilement accès à internet, avec retard voici la suite de notre séjour: 

10 mars 2012

On pensait passer par les montagnes dès la semaine prochaine pour faire un périple de 3 semaines à Chachapoyas et Kuélap, lieu d'une énorme forteresse Chachapoyas (aussi grosse que Machu Picchou) et ensuite Cuzco puis le lac Titicaca puis traverser la Bolivie et joindre Salta, au nord de l'Argentine, pour une semaine et une autre semaine à Cordoba et idem à Mendoza avant de traverser les Andes vers Santiago. 

Mais tout est littéralement tombé à l'eau pour la partie Pérou vu que les pluies sont constantes dans les montagnes jusqu'à la fin avril et en réévaluant notre situation financière, on s'est rendu compte que c'était risqué de ce côté-là aussi. Ce qui est drôle, c’est comment on en est arrivé là… 

Avant-hier, on est allé à Mancora pour retirer du fric et pour commencer à faire des réservations pour notre périple qui n'avait donc pas encore été mis au rancart, En passant devant un petit resto, Monica, une dame assez âgée de Toronto qui y buvait un jus tranquillement, nous a interpellés puis convaincus d'y arrêter pour luncher. En jasant, elle nous dit qu’elle revient tout juste d’un  beau petit village de pêcheur de l’Équateur, où elle louait un bungalow pour 135$ par mois, sur la plage, tout compris sauf la nourriture. Maryse s’installe aussitôt à l’ordinateur et fait des recherches sur les transports à prendre pour se rendre à cet endroit. Il s’avère que ce n’est pas évident, avec des autobus qui s’y rendent parfois mais pas toujours. Comme on a eu une mauvaise expérience de traversée de frontière avec l’Équateur, on hésite à refaire l’expérience. Cette frontière est reconnue comme la pire en Amérique du Sud.  On est un peu déçu mais Monica connaît bien Natalia, la proprio du resto, et lui demande pour nous si elle connaît des endroits qui louent des chambres avec accès à la cuisine. Elle en déniche un mais beaucoup trop cher. Puis, tout à coup, Natalia nous dit qu’elle habite au deuxième étage d’un bungalow à trois étages qui a une cuisine au premier étage et deux chambres avec salle de bain au troisième. Une de ces chambres est disponible et elle obtient un prix de S/70 soit 27$. Rendez-vous est pris avec Carmen, la proprio de ce bungalow, pour le lendemain.

Le lendemain, on est épaté : la chambre avec lit queen, salle de bain, TV à écran plat, moustiquaires, ventilateur, balcon et vue directe sur la flotte de pêche multicolore  de Mancora et accès direct par l’escalier arrière à ce coin de la plage qu’on n’avait pas vu et qui est juste avant l’entrée de Mancora. On pourra dormir la fenêtre ouverte avec uniquement le bruit des vagues. Mancora étant la ville où on trouve à peu près de tout et où il y a plusieurs restos qu’on peut fréquenter le midi lorsque les prix sont de 3 à 4$ par personne pour le menu du jour, c’est la combinaison qu’on cherchait depuis le début de nos voyages.  C’est à ce moment-là qu’on a coupé les visites des montagnes et qu’on a réservé pour un mois à partir du 9 mars jusqu’au lundi de Pâques, évitant ainsi le rush de Pâques. Il nous restera alors 12 jours avant de prendre l’avion de retour.   

Au départ, nous n’aimions pas du tout cette ville polluée et bruyante. Ce qui nous la rend plus acceptable c’est le fait de vivre un peu en retrait, à 10 minutes par la plage vers le sud.  Nous pourrons faire nos déjeuners et soupers car il y a des fruiteries et épiceries. Nous serons à côté des pêcheurs pour le poisson. Nous n’aurons plus besoin de voyager pour trouver des comptoirs bancaires. Le tout rendra plus acceptable nos sorties en ville.




lundi 20 février 2012

Suite du séjour à Canoas de Punta Sal






Canoas de Punta Sal, le 9 février 2012


Après une semaine dans notre bungalow, nous décidons de louer pour un mois moyennant un rabais sur le prix de la chambre; on l’obtient à S/50 par jour soit 20$. Le seul problème qui reste à l’endroit où nous sommes, c’est l’argent. Il n’y a pas de banque ni guichet et les cartes de crédit ne sont pas acceptées. Il nous faut donc aller retirer de l’argent soit à Mancora à 25 km au sud ou à Zorritos à 53 km au nord. Par contre ça nous permet de visiter ces endroits qui sont aussi des ‘stations balnéaires’ mais beaucoup plus fréquentées et plus organisées pour le tourisme que Punta Sal i.e. plus de magasins, de restaurants et de types d’hébergement. C’est Mancora qui domine dans ce domaine avec Zorritos assez loin derrière puis Punta Sal qui offre plusieurs hôtels de luxe presque toutes situées au bout de la route mais pas sur le meilleur bout de la plage; par contre, c’est le seul village qui n’est pas directement sur la route transaméricaine; c’est aussi le plus beau bout de plage à notre avis et le plus propre et il s’étend sur 5 kilomètres depuis Puntal Sal jusqu’à Canoas de Punta Sal. C’est d’ailleurs sur ce bout de plage que l’on peut trouver les plus beaux ‘resorts’ qui sont presque fondus dans le décor et qui ne dépare aucunement le front de mer. Avis aux amateurs de paix… 
Visite à Zorritos


 Il est quand même assez facile de se déplacer dans ces villes et entre ces villes. Dans la ville ou plutôt le village, c’est la mototaxi qui est le moins cher. Entre les villes, c’est le colectivo i.e. un taxi à 5 passagers ou le combi qui est une mini-van où on vous entasse jusqu’à 18 personnes excluant le chauffeur et le ‘câleux’ i.e. celui qui perçoit l’argent et qui crie par la fenêtre le nom de l’endroit où on se dirige chaque fois qu’il voit des clients potentiels le long de la route. Le système est très efficace. Pour l’usager, il suffit, sur quelque route ou rue, de lever à peine l’index à la hauteur du genou pour que le prochain taxi ou combi se pointe. Ce qui est le plus drôle, en ville, c’est que, lorsqu’un taxi s’arrête pour prendre quelqu’un, ce dernier demandera toujours le prix avant même de monter et, si la discussion prend plus de 10 secondes, on entendra un concert de klaxons de la part des voitures qui sont bloquées derrière.  

Parlant de transport et de route, il faut ajouter que les arrêts ou les feux de circulation sont une rareté. Presque partout, les intersections et la vitesse sont contrôlées par des dos d’ânes (bosses) plus ou moins élevés, ce qui est très efficace et certainement plus économique; on voit rarement des bouchons sauf s’il y a un accident évidemment. Pour les piétons, ce n’est certes pas très sécuritaire bien qu’il y ait quand même un système de passage pour piétons, les barres blanches plus on moins effacées, mais ces dernières ne sont nécessairement respectées par les automobilistes!

                                                   
Visite à Zorritos


On a donc visité à peu près les principales plages de la côte soit Los Organos, Mancora, Punta Sal et Zorritos qui nous ont toutes déplu pour une raison ou l’autre sauf celle de Punta Sal. C’est le genre de plage qui nous plaît par sa longueur, sa tranquillité, la facilité d’y marcher sur un sable dur et presque sans coquillage ni pierre. Cependant, on n’a pas pu trouver le genre de logement qu’on cherchait au prix qu’on voulait payer. On y est quand même demeuré une semaine chez Jerry et c’est au cours d’une promenade de plage de plus d’une heure qu’on a découvert ce qu’on cherchait à Canoas de Punta Sal (c’est la prolongation de Punta Sal) et nous y sommes depuis trois semaines déjà!

Une semaine après notre arrivée, on avait décidé d’aller en Équateur pour renouveler notre visa du Pérou. Ce fut une expédition un peu spéciale. On a d’abord pris un combi à la porte de notre bungalow. Par chance ou malchance, il se rendait jusqu’à la frontière. Arrivé là, il se stationne et nous dit de traverser le petit pont devant nous et de nous rendre jusqu’au poste frontière. Il nous dit qu’il va nous attendre. Pas de problème, on fait ce qu’il dit mais on doit demander notre chemin deux ou trois fois mais ne voyant toujours pas où cette promenade nous mène, on s’arrête à un hôtel et on y apprend qu’on est en Équateur! Et on n’a vu aucun poste frontière donc nos passeports ne sont pas étampés pour notre sortie du Pérou.

Pas de panique, la dame de l’hôtel nous explique où on peut aller échanger quelque argent péruvien en dollars équatorien pour ensuite prendre un taxi qui nous ramènera au Pérou. Pensant trouver une banque et ne la trouvant pas à l’endroit indiqué par la dame de l’hôtel, on s’informe auprès d’une dame pour savoir où on peut obtenir de l’argent équatorien. En riant, elle nous indique un monsieur qui est à côté d’elle avec une valise brune dans les mains. À ce moment, Maryse clenche : c’est ce que la dame de l’hôtel lui avait dit mais elle n’avait pas compris cette histoire de valise. Le monsieur est un cambiste. On échange 10 soles pour des dollars équatoriens. On parle à ces deux personnes de ce qui nous arrive et ils arrêtent un taxi jaune (ce sont les plus sécuritaires) en expliquant au chauffeur que nous devons retourner au Pérou. On embarque et il nous conduit à un autre taxi qui, lui, peut sortir de l’Équateur et retourner au Pérou.

On ne sait pas trop comment le ‘système’ fonctionne, mais on n’a pas le choix de suivre. Le chauffeur et son chum nous expliquent qu’il faut retourner au Pérou au bureau de l’immigration. On pense que ce sera à deux minutes et on commence à être un peu nerveux après deux ou trois kilomètres, puis on se calme quand on passe le bureau de la douane qui est sur la route qu’on avait suivie avant d’entrer en Équateur. Quelques kilomètres plus loin apparaît le bureau (plutôt une cabane) de l’immigration. Nos deux conducteurs nous demandent alors nos passeports et 20$ US chacun. À voir leur comportement, on dirait qu’ils essaient de cacher quelque chose. On n’est pas très rassurés mais on les suit vers la cabane. Ils entrent mais pas nous. C’est compréhensible, il n’y a plus de place à l’intérieur où se trouvent un fonctionnaire avec un ordinateur qui étampera nos deux passeports et son patron évaché sur une chaise longue qui ramassera probablement le fric. Et Maryse devra compléter les deux fiches debout dehors!

On vérifie quand même les deux passeports. Ils sont bons pour un autre six mois et nos deux chauffeurs essaient de nous faire croire que c’est grâce à eux. On a beau leur dire qu’on n’en a rien à blairer de ces six mois et qu’il nous suffisait d’avoir trois mois. Finalement, on n’avait pas besoin d’aller en Équateur!

En partant de l’immigration, ils demandent 20$ pour nous conduire à Tumbes. Nous savons que c’est trop mais on est au milieu de nulle part et encore une fois, pas le choix, on accepte. Nos chauffeurs nous offrent, un peu plus tard, de nous ramener à Punta Sal mais on les a assez vus d’autant plus qu’ils nous demandent 40$ de plus ce qui est très cher. Maryse sort tout son bagage d’espagnol pour le leur faire savoir son mécontentement. Ils exigent un autre 20$ pour leurs frais et pour le service rendu. Maryse discute encore en leur disant que c’est 20$ qui était entendu au départ mais ils n’en démordent pas, disent que le 40$ du début était pour les fonctionnaires, qu’ils n’ont rien, etc. Comme on ne sait pas où nous sommes, où prendre le combi, on donne encore une fois et ils nous laissent enfin au bon endroit. Épisode à oublier rapidement!
                                                  

Depuis, notre seule obligation est de retourner une fois par semaine chercher des soles pour payer la pension et le logement. Pour conserver nos habitudes de déménagement, après une semaine dans la première cabana, la voisine étant partie, nous changeons de cabine pour celle qui est plus près de la mer et avec un lit plus confortable. Après 11 jours nous devons retourner à l’ancienne à cause d’un problème de plomberie. Nous reviendrons à celle qui est plus près de la mer quand le problème sera solutionné.

                                    
Nous passons beaucoup de temps à lire, essayons de continuer les leçons d’espagnol de la méthode Assimil car nous parlons peu aux gens de l’hôtel qui sont très occupés par le resto et parlons et lisons beaucoup en français ce qui fait que notre espagnol ne s’améliore pas aussi rapidement que lorsque nous étions à Arequipa. Nous faisons des promenades d’au moins une heure sur la plage quand le soleil descend. Les couchers de soleil sont magnifiques et le son des vagues nous berce toute la journée. Il fait très chaud et le soleil tape même avec de la crème solaire 50 et un chapeau. Nous nous baignons généralement une fois par jour. Parfois les vagues sont trop grosses mais rarement. Il pleut presque toutes les nuits dernièrement.

Nous nous occupons aussi à faire des recherches pour nous trouver un logement ou une maison à notre retour. Idéalement nous aimerions trouver un meublé avec les services inclus ce qui nous permettrait de mieux administrer notre petit budget. Nous regardons d’abord Québec et les environs mais restons ouverts à tout. Nous avons même pensé faire du gardiennage de maison mais ça ne semble pas aussi développé au Canada qu’en France. Comme nous devons passer les 6 mois au Canada, ce n’est pas évident.

 En général la nourriture est bonne et on réussit à varier nos menus. On choisit le poisson plus souvent que la viande. Dernièrement, on a essayé le ‘pescado sudado’ sans trop savoir ce que c’était : ce fut un régal! On s’attendait à un poisson cuit à la vapeur mais c’était plus proche d’une bouillabaisse sans les moules et autres coquillages. Nous déjeunons toujours d’une salade de fruits frais avec céréales et yogourt plus un jus de mangue. Le soir, c’est toujours plus embêtant. Le resto est fermé et c’est Clever, notre jeune chef, qui vient nous demander ce qu’on veut mais sans nous dire ce qu’il a; il n’arrive pas à faire des suggestions; il dit ne pas connaître assez nos goûts. Nous lui demandons des salades, des omelettes, de l’avocat farci aux crevettes et à l’occasion du poisson ou de la soupe de poisson qui est merveilleuse. Nous sommes heureux de notre décision même si c’est un peu dérangeant comme organisation. Lorsque nous allons à l’extérieur, il a accepté de nous déduire les frais d’un repas. Nous le faisons peu mais ça change. Le soir, le village est peu éclairé et, ici, çà l’est encore moins, nous préférons ne pas sortir. C’est donc une vie bien sage que nous menons mais on aime ça surtout depuis qu’on a découvert qu’on pouvait se brancher sur le réseau internet de l’hôtel voisin; c’est faible, intermittent, mais ça nous évite de nous retrouver dans le cagibi étouffant du village.

Le secteur devrait se développer dans les prochaines années. Le proprio du terrain voisin va construire des maisons à louer. Notre proprio parle de construire cinq autres bungalows sur son terrain et de reconstruire son restaurant au bord de la mer et de l’ouvrir le soir. Il faut dire que nous sommes les seuls à souper ici. On vient nous porter notre repas au bungalow vers 8-9 heures. Le diner se termine souvent à 5-6 heures. C’est le repas important et le soir les gens se contentent souvent de grignoter.

Pour ceux que ça peut intéresser, en fouillant un peu sur internet sur le Pérou, j’ai découvert un blogue qui présente de belles photos et des informations sur les richesses trouvées dans différentes ruines. http://anne-romain.am-latine.over-blog.com/article-perou-chiclayo-cajamarca-trujillo-41003241.html




dimanche 22 janvier 2012

Punta Sal, le 13 janvier 2012

Punta Sal, le 13 janvier 2012


L’autobus Olstura de 23h30 de Chiclayo (40 soles par personne) nous descend à 5h30 du matin dans Mancora. Il fait noir et nous sommes entourés de conducteurs de  motos-taxi qui veulent nous amener à un hôtel, avec dépliants et bas prix supposés. C’est la première fois que nous n’avons pas de réservation. Heureusement pour nous car on ne peut pas trouver ces hôtels aussi tôt le matin mais on ne sait pas si on peut s’y fier. On en prend un et on lui demande de trouver un hôtel à moins de 100 soles. Après nous avoir amené à trois ou quatre places qui sont plus chères que demandé, nous avoir demandé 50 soles pour aller à Punta Sal,  il finit par nous emmener dans le petit village derrière la rue principale et nous trouvons là un « hospedaje » à 50 soles. Ce n’est pas le Pérou (!!), il faut monter dans un escalier qui a la même pente qu’une échelle, les marches assez étroites qu’on doit monter et descendre de côté  et, oui, il ne faut pas se cogner la tête au plafond en arrivant au deuxième. On ne veut pas rester là plus d’une journée, ce qui nous donne presque deux jours pour décider ce qu’on va faire puisqu’on  peut prendre la chambre dès notre arrivée à 6h30 du matin.

On termine notre nuit en se couchant jusqu’à 10h et hop! C’est parti pour l’investigation. La mer d’abord! Rien de fascinant là. À marée haute, il n’y a plus de plage. Maryse suggère qu’on oublie cette ville polluée et qu’on se rende à Punta Sal, ce qui est accepté. On apprendra plus tard que Mancora est la seule ville où on trouve de tout depuis Los Organos jusqu’à Tumbes et surtout des banques et des guichets bancaires.

On trouve donc le poste de taxis collectifs et on paie 5 soles par personne pour se rendre à Punta Sal où il faut prendre une mototaxi pour faire le kilomètre ou plus pour atteindre le petit village. On est tout de suite ravi de la plage et de la température de l’eau. Reste à trouver un coin pour se loger. Après quelques essais infructueux sur la plage, on se promène sur le bout de chemin derrière la plage et on voit une annonce « hospedaje ». On s’y pointe de l’arrière de la maison  et on aime ce qu’on voit. La cour donne directement sur la mer, il y a des chaises un peu partout, quelques hamacs et l’air est frais sur ce patio. La jeune fille nous dit qu’on peut utiliser la cuisine. Toutefois, pas de TV, pas d’internet et le prix est de 40 soles par personne. On dit qu’on va repasser.

On continue notre visite sur la route de derrière mais on ne trouve rien d’autre. On essaie de retrouver notre « hospedaje » par la plage et on ne la reconnaît pas. Après une heure de recherche on finit par la trouver. Ouf! Le patron est là et on lui dit qu’on prendrait bien pour une semaine si on avait un prix. On obtient 30 soles par personne. On y emménagera dès le lendemain.  Puis, on entreprend de longer la plage des deux côtés. D’un côté, ce n’est pas très long et ca se termine sur des maisons ou des hôtels assez cossus. De l’autre côté, on peut se rendre jusqu’au village voisin, Canoas, et même plus loin.

On retourne donc à Mancora pour la nuit. Mauvaise nuit car on passe son temps à se gratter et il y a des maringouins qui nous scient les oreilles. Au petit matin, on peut découvrir, un peu partout sur le corps, avec une préférence pour les fesses,  presqu’autant (j’exagère …) de piqûres que sur une pelote à épingles pleine. Heureusement ça ne semble pas être des piqûres de punaises de lit! On déjeune et on déménage à Punta Sal.

La chambre est relativement confortable grâce à un bon ventilateur qui nous coupe des bruits environnants (pompe à eau, musique, voix des autres occupants) mais malheureusement aussi du son de la mer. C’est une chambre pour 4 donc un lit double et deux lits superposés que nous utilisons comme garde-robe car il n’y a pas de rangement. On peut dire que c’est assez rudimentaire, plancher de ciment brut, mur de ciment à peinture écaillée mais pas de bibittes autres que des mouches à l’occasion.

Pour la cuisine, un frigo qui sert plus d’armoire que de frigo et un autre un peu plus efficace mais toujours plein. Nous ne cuisinerons pas vraiment car nous avons découvert un petit resto, Willy, qui sert un menu à 10 soles le midi et le soir et nous ferons une visite à Mancora où nous achèterons des fruits, du yogourt et des céréales pour nos déjeuners et certains soupers. Le serveur du Willy, Juan Carlos, est super sympathique, sert des jus de mangues à se rouler par terre et un Pisco tout à fait délicieux.

On peut lire dans la pièce commune à l’extérieur de l’hospedaje ou dans les hamacs à l’abri du soleil quand il n’y a pas trop de monde ou trop de mouches. Le tout est plus ou moins propre mais c’est vivable et le patron passe son temps à nous dire qu’on est des clients parfaits, ses meilleurs clients… probablement parce qu’on ne cuisine pas et qu’on va manger à l’extérieur! Il trouve que les gens cuisinent trop, surtout du poisson, et il songe à interdire la cuisine….

Jerry, le proprio, est un type assez spécial. C’est un employé du gouvernement d’une cinquantaine d’année et il vit avec une jeune étudiante une partie de l’année, quand elle n’est pas à l’université en Argentine. Il semble attacher beaucoup d’importance au fait qu’il soit membre du gouvernement, nous dit de dire qu’on vient de sa part ou de chez lui partout où on va. Il semble assez stressé à cause, probablement, des élections à venir. En somme, il parle trop…

Nous passons pas mal de temps à marcher la plage ou chez Willy ou dans notre chambre quand il fait trop chaud. Un soir nous décidons de contenter un goût de pizza dans un resto qui vient d’ouvrir. On nous offre des crêpes et on se rend compte que la serveuse est française, ce qui nous étonne quelque peu. Elle nous raconte qu’elles sont trois françaises et qu’elles sont en train de bâtir des recettes de crêpes (repas ou dessert) pour le proprio qui veut en faire une spécialité. Ce dernier voulait acheter un appareil à 3000$ pour faire ses crêpes et il aurait fait livrer sa pâte d’un supposé spécialiste! Les filles lui ont expliqué assez rapidement que ce n’était pas nécessaire et qu’il leur suffisait d’une journée pour lui apprendre à faire ses crêpes lui-même. Finalement, il leur a offert le logement, la bouffe, le vin et un petit salaire pour une semaine en échange de leur expertise. Les filles étaient super contentes car elles trouvaient tout trop dispendieux (elles sont en voyage pour un an) et avaient couché la veille de la rencontre avec ce patron de resto dans des hamacs à 10 soles la nuit. Comme par hasard, c’était justement à notre hospedaje. Nous avons donc essayé ces crêpes; elles étaient délicieuses, surtout les crêpes dessert et, à leur demande, nous avons fait nos suggestions pour améliorer le produit.

Nous marchons enfin la plage comme nous aimons le faire. La baignade est plus difficile car il y a toujours des vagues (Pacifique oblige?). On nous dit que c’est habituellement plus calme et moins chaud. Les vagues ne sont pas énorme mais elles nous remplissent le costume de bain de sable et il faut toujours être sur ses gardes, on ne peut vraiment pas relaxer. Par contre, la plage est magnifique à marcher et les couchers de soleil superbes. Les premiers jours, nous n’osons pas aller trop loin mais à partir du troisième jour nous nous rendons à Canoas, soit cinq à six kilomètres plus loin. Cette petite marche d’une de deux heures va nous remettre en forme. Nous en profitons pour essayer de nous trouver un coin pour être seuls, la vie de groupe nous pesant un peu.

Un bon matin, nous partons donc visiter une plage à Los Organos. Nous avions communiqué par internet et trouvé un appartement sur cette plage et le proprio nous le faisait à 800$ le premier mois et 600$ le deuxième. Si on s’occupe de tous nos repas, ça ne semble pas si pire. Nous avons eu pas mal de difficultés à trouver l’endroit dans le creux d’un monticule très à pic sans aucune affiche et que les voisins ne connaissaient même pas. De plus, l’accès à la plage se fait par un chemin de terre étroit et cabossé qui ne laisse pratiquement pas de place aux piétons ce qui veut dire qu’on doit y aller en mototaxi ou en taxi.

Dans le village, on a vu quelques magasins mais rien de bien important. L’appartement est assez bien mais, assis sur le patio, on ne voit pas la mer. Si on avait eu l’appartement du deuxième étage, qui était réservé pour deux mois, on aurait peut-être reconsidéré… et puis non, ca ne valait pas la complication d’accès et la rue toute croche. Nous arrêtons manger à un resto et constatons que c’est plus cher, pas bon et en plus, la serveuse essaie de nous passer un surplus de 49 soles! Terminé pour cet endroit!

Le lendemain, mercredi, lors de notre promenade, nous nous informons des prix dans un hôtel de la plage. On nous demande «seulement » 250$ par jour mais les trois repas sont compris! Nous longeons ainsi les quatre à cinq kilomètres de la plage sans apercevoir quoi que ce soit de convenable. Arrivés au village suivant, Canoas, nous y entrons et visitons les quelques hospedaje qui s’y trouvent sans trouver ce que nous cherchons.

Nous nous arrêtons dans un resto du village et y mangeons, pour 10 soles, le meilleur poisson à date, du Doncella. Il est juste bien cuit, goûte un peu la morue et n’a pas trop de petites arêtes. En plus, le resto est face à la mer et un bon vent nous rafraîchit. Nous sommes seuls et la serveuse n’a pas de façon mais on réussit à lui arracher un sourire avant notre départ.

Comme nous ne trouvons rien à notre goût pour nous loger, nous entrons nous informer dans un bureau de la municipalité. On nous envoie à un restaurant situé à cinquante mètres plus loin. Là, un jeune homme nous fait visiter un petit bungalow situé entre le resto et la mer et une chambre sise dans le village. Dans les deux cas, pas de ventilateur et pas de moustiquaire. Nous hésitons…

En discutant avec le jeune qui s’informe du motif de notre départ de Punta Sal, nous lui expliquons que nous voulons vivre seuls tout en ayant accès à une cuisine et un frigo pour nos repas. Il nous dit connaître un gars qui loue des appartements. On prend rendez-vous pour le lendemain pour lui laisser le temps de rejoindre le proprio.

Le lendemain, en route pour l’appart. C’est dix minutes de mototaxi plus loin mais c’est le spot! Un salon et une cuisine au premier et la chambre vitrée sur la mer à l’étage avec balcon! Wow! Lorsqu’il me dit 60 par jour, je suis prête à le prendre mais André me dit, 60$! Le gars va baisser jusqu’à 45$ mais c’est hors de notre budget si on veut continuer encore trois autres mois.  On est pas mal décidé à allonger notre séjour là où on est actuellement même si ce n’est pas l’idéal.

Nous nous préparons à partir après avoir donné un pourboire au jeune homme. Il se fait un peu plus verbomoteur au sujet de son bungalow derrière son resto mais nous lui disons notre crainte d’avoir trop chaud la nuit sans pouvoir ouvrir les fenêtres qui n’ont pas de moustiquaires. Il nous ramène au bungalow et nous montre un étroit et long moustiquaire en haut des fenêtres. On n’avait pas vu; c’est peu mais mieux que rien. Il nous offre aussi le service de tous les repas pour 70 soles par jour. Il suffira de lui dire, le soir, ce qu’on veut pour déjeuner le lendemain. On lui parle de fruits, yogourt, céréales, ce qui est difficile à trouver au resto ici et il nous dit qu’il peut le faire sans problème.

Le bungalow, si on le prend à la semaine, serait à 60 soles au lieu de 80, le même prix que notre chambre actuelle. Ça ferait environ 24$ pour la chambre et 28$ pour les 3 repas pour nous deux. De plus, il y a des fauteuils sur le balcon du bungalow et une table et des chaises pour lire ou écrire tout en étant dehors. La mer est à deux pas. Nous avons envie de vivre seuls donc nous décidons d’essayer la formule pour une semaine et nous verrons ensuite.

Samedi 21 janvier

Nous sommes heureux de notre choix. Clever, notre jeune homme nous fait de la bonne bouffe et nous demande avant chaque repas ce qu’on aimerait. Le petit déjeuner était très bien, les fruits frais excellents. Il cuisine bien le poisson, juste bien cuit et son sauté de bœuf était le meilleur mangé à date au Pérou. Il faut dire que, généralement, nous prenions ce qu’ils appellent ici ‘le menu’, le plat le moins cher des restaurants. Ce menu est souvent composé d’une petite entrée et d’un plat de riz, patates et contenant généralement un minimum de viande autour d’un os. Ici, Clever nous a servi des soupes de poisson délicieuses et un morceau de filet de poisson avec banane plantin et riz plus la petite salade d’oignon rouge typique d’ici. Il nous demande à chaque repas ce que nous aimerions manger et nous le prépare. Nous prenons le déjeuner et diner au resto et le soir il vient nous servir sur notre balcon car le resto est fermé. Si j'ai bien compris c'est le fils du proprio et il semble vouloir développer l'affaire en ajoutant d'autres bungalows et en faisant de la publicité sur ce qu'il veut offrir.

André a tué une guêpe avec sa main et, comme elle n’était pas très contente de se faire frapper, elle lui a laissé un souvenir dans le majeur. Trois jours plus tard il a dû se présenter à la clinique médicale où il a reçu deux injections intra-veineuses d’anti-allergique, une le matin et une autre le soir. Heureusement, la clinique est juste de l’autre côté de la rue. Aujourd’hui son doigt est pas trop pire et il doit prendre des antihistaminiques pour 4 jours (par la bouche). La visite au médecin, les soins de l’infirmière, les 2 seringues, les 2 aiguilles, les médicaments ont coûté 23 soles, environ 9$. Pas cher!

Nous nous baignons plus facilement, les vagues sont moins fortes. Les couchers de soleil sont magnifiques. Nous pouvons vraiment relaxer et recommencer à étudier un peu l’espagnol en nous installant sous un abri au bord de la mer.

Nous nous baignons plus facilement, les vagues sont moins fortes. Les couchers de soleil sont magnifiques. Nous pouvons vraiment relaxer et recommencer à étudier un peu l’espagnol en nous installant sous un abri au bord de la mer.

Il est certain que le voyage est très différent de nos deux précédents vu le nombre de déplacements qu’on est forcé d’y faire pour trouver ce qu’on cherche. Ici, à Punta Sal et Canoas, on touche au but. Maryse parle même de ne faire que l’aller-retour en Équateur et revenir s’installer à Canoas jusqu’en avril. On fait la semaine et on verra… On ira peut-être voir Zorritos un peu plus au nord en allant ou revenant de l’Équateur. Oui, les distances sont énormes, c’était le cas au Brésil aussi; ils sont aussi long l’un que l’autre ces deux pays mais le Brésil-paysage est beau, verdoyant et vallonné sur la côte atlantique et le Pérou-paysage est laid tout le long de la côte qui est complètement désertique et montre des montagnes brunes et grises complètement dénudées, anciennes dunes consolidées? Mais ces distances s’effacent quand on considère le système d’autobus de ces deux pays qui offre plusieurs lignes d’autobus et différentes catégories de sièges du standard jusqu’au lit 180 degrés avec repas et…vin. De la sorte, on sauve une nuit et un déjeuner, parfois le souper parce que les bus partent jusqu’à 23h30 pour arriver à 5h30 sur les distances les plus courtes comme Chiclayo-Mancora qu’on fit la semaine dernière pour S/80 ou 30$ pour deux.

De là à dire le plus intéressant entre les  types de voyages, c’est difficile :
1-Brésil pour le vu géographique et toutes les villes comme Belo Horizonte, Ouro Preto, Curitiba et les plages en particulier Mundau et Cabo Frio
2-Pérou pour la bouffe, la langue et le culturel en particulier la ville d’Arequipa et les musées pré-Maya
3-Thaïlande pour la bouffe, la sécurité, le prix et l’infrastructure touristique.

Lambayeque, le 10 janvier 2012

Lambayeque, le 10 janvier 2012


Notre serveuse de Lima nous a trouvé un hôtel à Lambayeque, un peu au nord de Chiclayo et Mijail a fait la réservation par téléphone. Nous arrivons à Chiclayo après une nuit de bus et prenons un taxi pour Lambayeque.  Nous trouvons un bar à jus pour déjeuner. Le jus de mangue y est excellent et nous y retournerons tous les matins.

Lambayeque semble avoir subi des bombardements. Pratiquement toutes les rues de la ville sont démolies, du ciment cassé, des trous, du sable, de la poussière partout. Des gens travaillent un peu partout à démolir et à ramasser. D’après ce qu’on a appris, ils refont les égouts à la grandeur de la ville. Il y a, malgré tout, un ou deux jolis parcs avec des arbres en fleurs pour corriger l’impression de désolation.

Nous visiterons les musés, l’église et irons à Chiclayo 2 fois. Une première fois pour passer la journée à la plage de Pimentel et la deuxième pour acheter nos billets pour nous rendre plus au nord. La plage de Pimentel est jolie mais très occupée (on n’avait pas réalisé que c’était dimanche!) avec de bonnes vagues, de l’eau encore froide et un environnement peu intéressant. Nous y ferons une bonne promenade mais, après réflexion, nous décidons de pousser plus au nord même si on nous dit qu’il y fera encore plus chaud (il fait 31, ici!), qu’il y a beaucoup de monde et que c’est cher. Nous espérons nous négocier un long séjour à moindre coût et nous rêvons de nous baigner dans des eaux calmes et chaudes.


Le resto 18ième

L’hôtel où nous résidons n’est pas fameux : pas de déjeuner, matelas mou, petite chambre sans fenêtre et accueil morne (on dirait face plate chez nous). On y demeure quand même vu qu’on ne trouve rien d’autre aux alentours, que c’est central et qu’on n’y sera que pour trois jours. On va (petit) déjeuner à deux pas avec gros jus de mangue et sandwich aux œufs et …salade de fruits frais si on a encore faim, le tout à 4$ pour deux. Après notre vaine chasse pour un autre hôtel, on a chaud, très chaud et on part pour trouver un resto. On prend une rue au hasard et on tombe sur une buvette où il y a deux tables dont une est occupée. On y prend une tasse ou deux puis on demande aux buveurs d’en face s’il y a un resto pas loin. Un des deux sort avec nous et nous amène pratiquement à une vieille maison du 18e siècle où il y a foule. On demande si on peut manger, on nous répond que non, mais le proprio arrive et dit oui et nous amène derrière tout ce monde et nous offre le menu du banquet, parce que tout ce monde fêtait quelque chose mais on ne sait pas quoi. Faut croire qu’on avait fait de l’effet, parce que, lorsqu’on a voulu retraverser la gang du banquet qui s’était mise à danser, un homme s’est dressé devant Maryse pour l’inviter à danser avec lui, et André s’est retrouvé avec deux femmes de son côté. On a bien ri, les caméras se sont faites aller et on nous a relâchés rapidement mais c’était super sympa! Par la suite, on est toujours retourné dîner à ce resto sans être déçu. Faut dire qu’au Pérou, pour les petits budgets, le menu du jour, servi seulement le midi dans la plupart des restaurants, est important parce qu’il est très peu dispendieux et copieux; en général, il coûte entre 4 et 10 soles soit entre (1,60 et 4,00) selon les villes. La bière varie entre 4 et 7 soles pour une bouteille de 630 ml. 

On profite quand même du fait qu’on est à Lambayeque pour y visiter ses deux musées qui sont à quelques pas de notre hôtel. Le musée Brüning est en face de notre hôtel; on va le visiter en premier. On pensait ne payer qu’une sole (0,40 $) qui est le tarif pour personnes âgées dans les musées du Pérou, mais non, celui-là nous coûte 8 soles par personne! C’est un édifice moderne, mais non climatisé(!), bâti en hommage à l'allemand Enrique Brüning. C'est lui qui a revendu au gouvernement péruvien, son impressionnante collection d'objets provenant des civilisations antérieures aux Inca telles que les cultures Chimú, Chavín, Moche et les Vicú.
Les pièces de cette collection (découvertes relatant 4000 ans d’histoire) sont superbes et bien conservées, on y voit aussi représentées, avec des mannequins, des scènes de la vie quotidienne. On peut aussi y voir un squelette entier et une momie encore habillée d’un personnage important, des pièces tissées, des bijoux et décorations, des poinçons pour décorer la peau et les vêtements, des instruments de musique en pierre, bois, bambou, les premières armes ou instruments en pointe de flèches.

Le lendemain, nous retournons à Chiclayo pour acheter nos billets d’autobus pour Mancora à 7 heures au nord de Chiclayo, là où la température de l’eau est supposée être acceptable. Ce soir-là, nous avons fait la découverte d’un restaurant autre qu’un resto de poulet. Il était 19h30 et, devant la porte fermée du resto, on a failli rebrousser chemin vu qu’on ne voyait aucun client à l’intérieur. Finalement quelqu’un est apparu les baguettes en l’air pour nous dire qu’ils étaient ouverts. On y était les seuls clients. Difficile de décider quoi manger quand on ne voit aucune activité mais on se décide pour un « estofado de pato » ou « canard à l’étuvé» et une bouteille de vin. Superbe, c’est en fait une manière de mijoté au canard cuisiné dans la terre cuite à petit feu et servi avec une pyramide de riz, quelques tranches d’avocat et de tomate et, comme dans tous les plats, des lamelles d’oignon rouge cru, le tout servi en moins de vingt minutes!
Quipu

Le dernier matin à Lambayeque, nous visitons le musée Tumbas Reales de Sipan (Tombes des seigneurs de Sipan),construit pour mettre en valeur les découvertes faites à la huaca Rajada qui  est le plus important complexe funéraire de la  culture Moche découvert à ce jour. Cette découverte fut faite dans un petit village voisin de Lambayeque; on estime que ce site fut occupé par la civilisation Moche entre le premier et le 7 ième siècle de notre ère.
Le musée est un édifice moderne en forme de pyramide à tête plate avec une rampe d’accès semblable à celles que le peuple utilisait à cette époque pour accéder aux lieux de culte. Notre guide parle français, ce qui rend la visite encore plus intéressante. Apparemment, un archéologue québécois a participé aux fouilles de ce site, mais son nom nous échappe. Ce musée est vraiment plus intéressant que le précédent.
Dans le musée, on peut voir poteries et bijoux découverts dans les tombes. La première découverte fut une tombe déjà pillée. On y récupéra des fragments de poterie et un hochet en or (le hochet était un bijou porté à la ceinture et qui avisait de l’arrivée du personnage grâce à une série de grelots). 

En creusant ailleurs, on a découvert la tombe d’un gardien; celui-ci était âgé de 18 ans et on lui avait coupé les deux pieds pour éviter qu’il abandonne son poste dans l’autre monde. Sous le plancher de sa tombe, on a découvert une autre tombe plus riche. Selon le guide, cette tombe contenait les squelettes du Seigneur de Sipán, de sa femme, de sa concubine et de l’enfant de la concubine, le fils de sa femme devenant roi lorsque son père mourait et celui d’un chien.  Il semblerait que les sacrifiés savaient ce qui les attendait et qu’ils considéraient comme un honneur le fait d’accompagner le roi dans l’autre monde. Tous étaient parés de vêtements et bijoux de luxe. On a retrouvé une grande quantité de poteries, bijoux et reste de nourriture dans cette tombe.  C’est un des rares sites archéologiques précolombiens que les pilleurs de tombes ont épargnés.  Certains disent que c’est la plus importante découverte archéologique depuis Macchu Picchu.

Chaque roi faisait construire son tombeau en ajoutant un étage à la pyramide. En creusant, on a découvert un autre gardien et, sous lui, le vieux señor de Sipan, ainsi nommé au musée et qui est probablement le père du précédent. Ce dernier était accompagné de sa femme, sa concubine, etc. comme le précédent. Toutefois, la tombe contenait un peu moins de poteries et offrandes. On peut ainsi admirer, dans le musée, une représentation à l’identique, de la tombe du ‘jeune’ Sipan; c’est assez impressionnant avec tous les personnages cités, les vêtements, les bijoux et tout ce qu’il fallait pour le ‘voyage’.

On a reconstitué des pectoraux (collier couvrant les…) faits de billes de coquillages, de pierres semi-précieuses. Ils sont magnifiques et la reconstitution demande un travail incroyable car les billes minuscules, 2 mm, doivent être recueillies une à une sur le site, (dans le sable) et réenfilées. À l’œil nu, on ne distingue pas le trou dans les billes! Les bijoux en or et en argent ont également été remis en état en Allemagne, pays qui semble posséder l’expertise dans ce genre de travail. On peut voir beaucoup de poteries encore intactes et d’autres reconstituées avec les morceaux originaux (on ne voit souvent pas les traces de bris).
Beaucoup de bijoux en or ont leur pendant en argent (dualité Yin Yan?). Le chiffre d’or est le 10. On retrouve ce nombre dans les bijoux. Par exemple, les colliers sont faits de 10 cacahuètes en or ou de 10 en argent ou encore de 10 têtes de hiboux en or avec toujours le pendant en argent.  
Comme on ne peut prendre de photos dans le musée, voici des liens qui peuvent vous en dire un peu plus long.


Caral, 5 janvier 2012

Lima, jeudi 5 janvier 2012
Mijail et sa mère à Caral

Mijail nous offre de visiter Caral, un site archéologique situé au nord de Lima. Pour nous y rendre, il a fallu prendre un taxi jusqu’à une gare d’autobus au nord de la ville. De là, un autobus nous a menés, après trois heures de route,  à un village où nous avons repris un taxi qui a mis une demi-heure à nous amener jusqu'au ruisseau qui longe le site. De là, il fallait marcher une autre demi-heure pour atteindre le site où, fort heureusement, il y avait un guide. En effet, il nous aurait été difficile de comprendre quoi que ce soit vu l’étendue du site et des travaux qui y sont en cours depuis sa découverte en 1997.


 Le lieu est fascinant, avec ses cinq pyramides disposées en demi-cercle devant la pyramide principale et toutes orientées vers cette dernière. Au centre de ce dispositif, une pierre ou plutôt une stèle triangulaire de pierre naturelle de plus d’un mètre de haut dont la pointe est parfaitement orientée vers le centre d’une pyramide et dont le sens nous échappe…peut-être une horloge solaire ou un calendrier des saisons? Les photos ne peuvent rendre vraiment la magie de ce lieu.
horloge solaire 

Caral est le vestige de la plus ancienne ville précolombienne d’Amérique connue à ce jour. Les analyses au carbone-14 datent sa construction entre 2000 et 2600 av. J.-C. Elle est donc contemporaine des grandes pyramides d'Égypte. Avec ses 5000 ans, elle est la plus ancienne en Amérique et la deuxième plus ancienne au monde, après la Mésopotamie et ses 5200 ans.
Les analyses au carbone 14 ont été faites sur des roseaux trouvés dans les pyramides. Comme les ouvriers qui ont bâti les pyramides transportaient les roches de la rivière au chantier dans des sacs de roseaux (las Chicras) et qu’ils les jetaient avec les pierres dans la pyramide, ils ont donc laissés de bons indices de l'époque, conservés intacts par l’absence de pluie dans la région et le temps sec.

C’est une citée sacrée, sur le bord du rio Supe où se dressent 6 pyramides. On estime la population locale d'alors entre 5 et 10 milles habitants répartis sur une quarantaine de sites. Cabral serait la capitale et le lieu d’échange et de rencontre. Ce serait une civilisation pacifique car on n’a retrouvé aucun objet de guerre.

Chaque pyramide a son escalier et se termine par un étage plat (et non en pointe comme en Égypte). La  plus grande a la taille de quatre terrains de football et s’élève à 18 mètres. 5000 ans avant nous, sans compas, sans outils modernes, ils dessinent des places circulaires et érigent des constructions à l’épreuve des tremblements de terre.
Avant les Incas, ils utilisent un système d'écriture, des nombres exprimés dans un  système décimal sur des cordelettes de diverses couleurs reliées à une corde. Chaque cordelette comporte trois types de nœuds distincts : des nœuds simples pour les unités, des nœuds simples auquel on ajoutait 1 à 9 tours pour les dizaines et  des nœuds en huit pour les centaines,  maximum 9. Ces quipus auraient servis aussi à la mémorisation des messages transportés par des courriers.
Le retour s’effectue comme l’aller. Heureusement, le chauffeur du taxi nous avait offert de nous attendre vu l’heure tardive de notre arrivée vers les 15 heures. Il nous a tout de même attendu plus de 2 heures, moyennant un petit surplus de 7 ou 8 dollats! Au total, la visite nous a quand même coûté moins de la moitié du coût que chargent, pour 2 personnes,  les agences de tours organisés et nous étions 4 personnes!

mercredi 18 janvier 2012

Magdalena, Lima, jeudi 29 décembre

Nous sommes de retour à Lima depuis le 22 et nous y resterons jusqu’au 3 janvier environ. D’une part, nous étions invités par Xavière et Mijail pour la veillée de Noël et d’autre part, il y a beaucoup de déplacements au Pérou pendant cette période, comme chez nous d’ailleurs.

On voit couramment les péruviens parler dans leur cellulaire en tenant celui-ci devant la bouche pour ensuite écouter la réponse. Nous avons demandé à Mijail pourquoi et il nous dit que les gens pensent que le cellulaire peut endommager le cerveau donc le garde à l’oreille le moins longtemps possible…
Mijail et Xavière party de Noël


Il y avait un échange de cadeau par tirage au sort pour le soir de Noël. Comme nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer ou de parler à Xavière ou Mijail, nous ne savons que le nom des personnes à qui nous devons offrir un cadeau… Nous magasinons… dans la foule assez importante de notre quartier. Nous finissons par décider d’acheter des livres en espérant que ça plaira.

À la veillée de Noël, nous avons donc rencontré la parenté de Mijail et celle de Xavière qui avait invité sa mère et la famille de sa tante à la fête. Ce fut une agréable soirée agrémentée par les trois dindes savoureuses cuisinées par le père de Mijail et par un concours de pétards inter-rues (feux d’artifices).

Depuis, nous sommes en période de recherche active pour notre prochain déplacement. Nous allons assez régulièrement au même resto où le menu change assez pour nous attirer. Il faut dire que nous avons un repas qui comprend l’entrée et le plat principal pour 8 soles et la grosse bière à 6 soles ce qui fait que le repas nous revient à 30 soles ou 12$ pour deux, pourboire inclus. On achète des fruits (mangues, fraises, bananes, ananas, melon, raisins) au marché local et des gâteaux dans une petite pâtisserie en face de notre hôtel, pour notre souper (on peut utiliser la cuisine du B&B). Comme le déjeuner est compris dans le prix (60 soles ou 24$) de la chambre, on s’en tire pour environ 40$ par jour. Il faut dire qu’ici, il n’y a pas de taxe de vente et les pourboires ne sont pas monnaie courante (si on peut dire) mais, si on laisse 10%, on est très bien vus.
Belle façon de décorer un garage!


Donc en allant à notre resto, notre serveuse qui a commencé à nous embrasser la troisième fois que nous y sommes allés, nous a jasé la quatrième fois en nous demandant d’où on venait et où on allait. Ce qui nous a amené à lui parlé de nos plans et, quand on lui a dit qu’on pensait peut-être faire quelques jours à Chiclayo, elle nous a dit qu’elle y habitait, que c’était moins cher qu’à Lima et qu’elle y allait le 5 janvier. De là à nous proposer de prendre l’autobus avec elle, il ne restait qu’un pas qu’elle a franchi avec un grand sourire et nous aussi. 

La tante de Xavière, son oncle et leurs filles vivaient au même hôtel que nous et nous avons eu de bonnes conversations avec eux. Ils repartent le 31 en France accompagnés de Xavière qui va y faire un séjour de 2-3 semaines.
Bouquet donné pour le jour de l'an à la mère de Mijail

Pour le jour de l’an, tous les étalages sont en jaune, on vend de tout en jaune : décorations, bobettes, fleurs, gilets… Nous allons demander la raison, est-ce pour souhaiter l’or, la richesse? On voit aussi des bonhommes de carton avec la figure de politiciens ornés de toute sorte de symboles et de commentaires sur la corruption.

On a appris depuis la raison de ces étalages.

Traditionnellement, dans les « barrios » (quartiers) populaires, les habitants s’organisent pour confectionner un géant fait de papier, carton, tissus ou bois. Ce géant, souvent affublé du visage d’un politicien et qui représente toutes les frustrations de l’année qui s’achève, sera brûlé le 31 décembre à minuit pour accueillir la nouvelle année allégé de ces soucis passés.

Puis on festoie, on danse autour du bonhomme en feu et au son des pétards, cris d’enfants, musiques s’échappant des fenêtres et portes ouvertes, tout ça dans une ambiance vraiment chaleureuse. 

Il existe aussi une superstition qui dit que si on porte une couleur en particulier sur soi lors des 12 coups de minuit, cela pourra amener de la chance dans certains domaines pour la nouvelle année, comme par exemple le jaune pour l'argent, le rouge pour l'amour, etc.

Dans le même ordre d'idée, celui qui souhaite voyager toute l'année doit courir autour de son pâté de maison une valise à la main à minuit pile et on en a vu passé plus d’un au milieu des pétards.

Ce qui se vend le plus, outre les vêtements et décorations jaunes, ce sont les fleurs et les raisins. Les fleurs (surtout les jaunes) pour amener la chance et l’harmonie dans la maison et les 12 raisins qu’il faut manger en faisant un vœu pendant les douze coups de minuit. Un raisin par mois, s’il est sucré, le mois sera excellent et le souhait accordé. Il va sans dire qu’on achète des raisins sucrés!  

À la maison on décore la table avec des corbeilles de fruits, de maïs, de blé, de riz, de cannelle, de fleurs jaunes.

Nous avons terminé l’année et débuté la nouvelle dans la famille de Mijail. Ce fut super agréable. À minuit nous étions tous dans la rue, une grappe de raisin en main et ça sautait de tous côtés. Dans tous les quartiers, on faisait sauter des pétards, des feux d’artifice et on brulait des effigies.
La famille de Mijail est très aimable et chacun rivalise de gentillesse. C’est très agréable d’être en leur compagnie. C’est un régal de voir danser les danses traditionnelles de la région du père qui adore danser. Une des danses représentait la tentative de conquête d’une femme par un homme. Dansée par les parents de Mijail, c’était vraiment un phénomène. On aurait dit des jeunes de vingt ans ! Avec le papa qui faisait vraiment des efforts de conquête et la maman qui lui lançait des sourires engageants! Le tout accompagné du claquement constant des talons, la Huaylarhs transmet la joie et la vitalité. Mijail dit connaître seulement 2 pas mais son père en connaît au moins 12.

Un peu embrouillée comme photo mais ils sont si charmants!