dimanche 26 octobre 2008

Cabo Frio

Nous sommes devenus des pros... Après avoir acheté nos billets à la gare de Rio de Janeiro, nous nous rendons à l'embarcadère et partons pour Cabo Frio par l'autobus de 6 heures, le tout calmement et comme si on connaissait le coin. Nous y arrivons vers 9 heures du matin et prenons un taxi pour la pousada réservée.

Celle-ci est entourée d'arbres et les oiseaux y chantent; l'accueil est cordial et on nous offre le café. Comme nous répondons que nous avons besoin de trouver un endroit pour déjeuner, la dame nous offre de nous préparer quelque chose et nous montre ensuite la chambre. C'est vieux, rustique mais ça semble assez propre, de toute façon, nous sommes trop fatigués pour chercher autre chose et c'est seulement pour 3 jours.

Le petit déjeuner est encore une fois décevant mais on mange puis on monte se coucher quelques heures. On réalise qu'il ne faut surtout pas se tirer sur le lit pour se détendre, on s'y casserait un membre! On arrive à dormir un peu et on part voir la ville.

On a une bonne carte et on trouve assez facilement le centre-ville qui longe le canal où se trouvent les principaux restaurants. La promenade est agréable et pas si longue que nous le craignions. C'est assez tranquille, probablement parce que nous sommes en semaine. On trouve les restos recommandés par notre logeuse mais les prix sont élevés dans le secteur, nous devrons chercher ailleurs pour nos repas.

La plage qui longe la ville est magnifique, les eaux vertes, le sable blanc et fin comme de la farine. On comprend tout de suite l'engouement de Jacques, frère de Maryse, pour cette région.

On décide d'y passer le mois de novembre et on va voir le bloc appartement recommandé par Jacques. Malheureusement il n'y a aucune disponibilité avant mars. On se promène et on visite plusieurs endroits, les uns lugubres, les autres trop grands et le tout trop cher. On finit par essayer une pousada entrevue lors de nos recherches, la pousada Maria. Jupiter, le jeune de l'accueil, nous dit qu'il pourrait nous faire le prix des locaux, soit 68R au lieu de 88. On visite et c'est super propre. Comme on lui dit que c'est trop cher pour 37 jours, il décide d'appeler la gérante. Celle-ci nous fait la chambre à 34R, ils changeront les serviettes tous les jours, le lit, confortable, sera changé 2 fois par semaine et le petit dej sera compris. On n'hésite que quelques minutes et on réserve. On continuera à chercher un meilleur endroit les deux jours suivants, sans trouver.

Toutefois, le lendemain, on décide d'aller voir une pousada située dans un autre secteur, un peu à l'extérieur de la ville. Le gérant disait dans son courriel qu'il négocierait pour une plus longue période. On marche un bon deux heures pour l'atteindre. Comme c'est aussi un resto, on décide de l'essayer avant de demander des prix. La bouffe est bonne, l'endroit semble calme, on s'informe donc mais on ne peut nous faire de prix au mois et, à la journée, on demande 98 R. On se fait indiquer la plage la plus proche. On part à pied pour deux autres kilomètres selon les indications. Un couple rencontré nous dit que la plage est à 3 km plus loin et fait arrêter un autobus qui passe pour nous.

La plage est tout simplement une merveille! On y marchera un autre 2 heures sur du sable bien tassé comme on aime, pratiquement sans coquillages ni roches, semblable à celle de Mundaú, la plage que nous avions particulièrement appréciée en août. Il y a quelques personnes dans les premiers 100 mètres et ensuite nous sommes seuls. Quel beau pays que le Brésil! Après avoir escaladé les rues à Ouro Preto, ça fait du bien de marcher sur la plage. Nous avons beaucoup aimé les villes de montagne et les paysages aux points de vue toujours changeants mais nous retrouvons avec plaisir la mer. Depuis notre arrivée, il vente toujours et la température est agréable, un peu fraîche le soir. Pour Maryse, le vent est un plaisir et comme elle a rarement froid, elle se sent tout aussi confortable le soir. André porte un léger chandail le soir mais n'a pas vraiment froid.

La deuxième nuit à notre pousada originale n'est pas plus confortable que la première et, comme on a réalisé que nos hôtesses sont très religieuses, on se dit que le lit est peut-être un sacrifice imposé aux visiteurs pour expier leurs péchés. Elles semblent avoir une sorte d'église à côté de la pousada. Dans le salon, une télévision diffuse, assez fort, les bonnes paroles d'un "preecher" à la journée longue. Un verset de la bible est peint sur le mur de la salle du déjeuner.
On termine la nuit dans un des deux lits simples superposés, légèrement moins durs. Pour la troisième nuit, on osera transporter les deux matelas des lits superposés sur le lit double et on dormira un peu mieux. Ces femmes sont tout de même très aimables et nous donnent des renseignements précieux, une carte de la ville et le premier jour, la propriétaire nous conduit à la plage en voiture.

André remplit une promesse et nous conduit visiter la rue des bikinis, rue consacrée à des boutiques vendant presque uniquement bikinis et sandales.

Le troisième jour, on déménage à la pousada Maria et, là, on y retrouve un confort décent et de bons fruits au petit déjeuner. Il aurait été plus confortable de vivre en appartement pensions-nous car une chambre c'est assez petit pour un mois mais la pousada offre une salle de jeu et une terrasse à l'étage de même qu'une petite piscine à l'étage de la salle du déjeuner. Ça nous permet aux heures les plus chaudes ou en fin de journée, de nous baigner et de nous étendre dans les chaises longues de la terrasse. En fin de copte, on va dans la chambre uniquement pour se changer et dormir.
Le premier samedi, vu qu'il y a foule à la plage, on décide de s'occuper de nos courriels et du blogue. On trouve un café internet et on réalise qu'on ne peut avoir accès à tout ce qui est sur notre clé 'usb' à cause d'un virus. La clé pour lire la mémoire de la caméra semble aussi contaminée. On demande au jeune du café s'il connaît un spécialiste pour régler notre problème. Il semble qu'il y en ait un qui travaille au café. Impossible d'avoir un prix mais on laisse quand même les deux clés dans l'espoir d'une solution.

Le lendemain, on rencontre le spécialiste qui nous déclare que ce n'est pas un virus mais que leur anti-virus Avast! est un peu difficile et déclare trouver un virus pour toutes les clés Kingston. Le spécialiste dit pouvoir solutionner le problème. On lui laisse donc encore les clés, contents que ce ne soit pas un virus. Le lendemain, nouveau gars. Le problème de la clé photos est réglé mais, pour la Kingston, la solution est le formatage. On refuse, on a 4 mois de photos du Brésil sur cette clé! On tente notre chance dans une boutique de dépannage informatique, même réponse. On refuse toujours... Finalement, la persévérance de Maryse aidant, on trouve un café-internet où on peut récupérer nos photos!




La plage de la ville se termine, d'un côté, par une colline où est niché un vieux fort. Derrière cette colline, un canal vient se jeter dans la mer et une crique sert de port d'où partent les pêcheurs. Le fort est fermé mais la visite du coin nous permet de voir la plage d'une autre façon. Le parc est joli, petit mais bien aménagé. Il longe le canal que nous avions découvert lorsque nous étions dans la première pousada et nous avions l'impression qu'il était assez pollué mais il y a quand même des gens qui y pêchent... En longeant ce canal,on avait trouvé un petit resto sympathique toujours plein de bonshommes qui prennent leur bière et parlent forts. Ce même canal passe dans le centre-ville et les restaurants du "Centro" sont installés sur une partie de la rive. Comme nous trouvons les prix trop élevés, vraiment touristiques, nous préférons une pizzéria dans une rue plus loin ou notre petit bar de coin de rue où nous pouvons manger des petites brochettes de poulet en sirotant une bière. De temps à autre nous achetons des fruits, faciles à trouver, et une brioche que nous mangeons à la chambre. Pour les dîners, nous avons trouvé un resto où on paie au kilo. Les choix sont nombreux, nous pouvons y manger des légumes crus et cuits, du poisson, des viandes (poulet, porc, boeuf) et même des oeufs de caille. C'est toujours excellent et comme la nourriture est variée et les préparations différentes la fin de semaine, on choisit pratiquement toujours ce resto familial où les serveurs sont super sympathiques, le grand-père s'assure que l'on sait que le café est gratuit et veille au grain avec la grand-mère. Tout le monde est souriant et se taquine. C'est le Tropical Inverno Verão, 327 Avenida 13 de Novembro. Comme ce n'est pas loin de la plage, il y a toujours du monde, surtout la fin de semaine.

Un joli parc est aménagé entre les deux côtés du boulevard qui longe la plage. On peut y voir des sculptures en bronze, des fontaines, des oiseaux pêchant des poissons dans les étangs. On y a vu un ibis attraper un poisson, tenter de le tourner pour le manger, l'échapper, en prendre un autre et se poser sur une roche, le poisson en travers du bec, le tourner et l'avaler. Malheureusement c'était un jour sans caméra.

Il y a, à deux coins de rue de la pousada, des chaises et tables de plastiques installées sur le trottoir, des deux côtés de la rue. Les couleurs des tables identifient les différents bars-restos. Nous aimons bien celui tenu par un grand-père dont la famille semble vivre dans la maison derrière le bar. Les enfants circulent un peu partout. Un petit gars, 3 ans maximum, le visage sérieux et aussi peu expressif que celui du grand-père, joue souvent avec une planche à roulette à travers les chaises des clients. L'ambiance est très relaxe, la bière pas chère, 2,50R la bouteille de 600ml soit 1,25$, et la bouffe non plus. Quand il y a un match de foot important tous les bistrots se remplissent pour suivre le match (chaque bistrot a une télévision avec grand écran visible de la rue). Et la bière est alors 3R !! Nous aimons bien assister à ces parties avec les brésiliens, l'atmosphère y est super et on s'y taquine pas mal entre partisans des différentes équipes. On passera même à la télé brésilienne grâce(?) à un jeune reporter qui, un soir, prenait de petits films des gens qu'il rencontrait en leur faisant répéter un mot que personne ne connaissait. Comme il a aimé le rire spontané de Maryse, il lui a demandé de le répéter encore. Nous ne l'avons pas vu mais le proprio du bar nous affirme qu'il nous avait vu avec d'autres clients et son petit-fils de 2 ans.

Quelques jours plus tard, nous partons à pied pour visiter une couple de plage situées à 4 ou 5 kilomètres de notre pousada.

En prenant un raccourci à travers un quartier résidentiel, nous nous retrouvons sur un superbe boulevard dont le centre est jalonné de palmiers et doté d'une piste cyclable. On arrive alors sur la plage, nez-à-nez avec une station d'épuration!! On longe quand même la plage et on décide de se rendre à la suivante en longeant le canal qui les réunit. Au passage, on verra plus d'oiseaux que d'humains. C'est vrai que la température n'est pas idéale pour se baigner mais on reste sur l'impression que ces 2 plages ne sont pas très fréquentées. Sur le canal, on a une pensée pour Jacques et on lui trouve une maison avec bateau...




Le 5 novembre, on décide d'aller voir Arrial do Cabo, une ville situé à quelques 20 kilomètres de Cabo Frio. L'autobus nous y mène en moins d'une demi-heure et, faute d'avoir indiqué au chauffeur que nous allions à la plage, on fait le tour du centre- ville et comme on n'a pas vu la mer, sauf un port aperçu en passant, on demande au chauffeur de quel côté se trouve la mer. On suit la direction indiquée, en direction d'une colline, et en prenant le dernier tournant, on se retrouve tout-à-coup, au bout de la rue, sur la plage... Magnifique!

Presque personne sur cette longue plage... Petit problème, est-ce la marée haute ou le sable? Mais la marche s'avère ardue... On apprécie quand même le calme de l'endroit et on décide même de se payer un dîner sur la plage. Poisson frais au menu!

Je crois que les brésiliens ont subi une mutation génétique... 98% de la population semble porter des hawaiennes, les sandales avec une tige qui passe entre le gros orteil et le deuxième. Les jeunes, les grands-parents, même les enfants qui commencent à peine à marcher en portent, j'ai même vu un bébé de 5-6 mois avec ce type de sandale. Je le jure, il avait déjà les deux orteils en V. Peut-être que cette mutation leur permet de porter ça sans douleur, moi je n'y arrive pas. Ils courent sur des routes en pierres, dans des pentes comme s'ils étaient en souliers de course!




Tout le monde nous conseille d'aller voir Buzios. Nous décidons de prendre le bus assez tôt pour y passer la journée. Nous nous informons à un couple de touristes argentins pour la direction de la plage. La femme est enceinte et nous invite à les suivre vers la plage qu'ils préfèrent. La plage en question était décrite dans le routard comme "adorable" mais pour nous c'est une petite plage sans grand intérêt et où on se sent un peu trop à l'étroit. On va voir la suivante quelques mètres plus loin et on ne l'aime pas non plus. Il faut dire que nous aimons marcher sur la plage et, sur ces 2 plages, il faut 2 grosses minutes pour aller d'un bout à l'autre. On décide donc de partir. On demande le prix d'un bateau-taxi pour une plage que nous savons plus grande. Comme il demande 20R par personne, nous décidons de laisser faire. Une dame nous dit que c'est à peine 15 minutes de marche en suivant le sentier, ce qui s'avère vrai. Nous décidons d'oublier les plages et d'aller voir le centre-ville. C'est bien parce qu'il n'y a pas d`édifices en hauteur mais c'est presque uniquement des magasins pour gens à l'aise. On réserve pour un tour de voilier de 2 heures et demi qui doit faire le tour des plages et la visite de 3 îles. On trouve un resto et y mange un excellent saumon. Finalement il n'y a pas assez de monde pour le tour et il est annulé. On retourne magasiner et Maryse se trouve un bikini qui lui fait, presque un miracle puisque les magasins du Brésil généralement n'ont pas de pointure pour les hauts et que ce que portent les brésiliennes ne couvre pas assez à son goût. On retournera donc à Cabo Frio en se demandant pourquoi le routard parle tant de Buzios et ne fait que mentionner Cabo Frio alors que les plages y sont si belles et tellement plus agréables. Une chance que Jacques, le frère de Maryse, nous a indiqué cette destination.

Le lendemain, par une journée torride mais nuageuse et venteuse, Maryse se tape un premier coup de soleil sur les parties nouvellement exposées par son bikini tout neuf. Il faut dire qu'on a marché les 4 kilomètres de la plage donc 8 kilo aller-retour.

On ne s'est pas méfié du vent. André s'en tire avec 2 petits coups de soleil sur les derrières(!) de bras mais Maryse qui n'avait que de la protection 15 est cuite... Pas de plage pour au moins 3 jours!
Comme il fait un super soleil toute la fin de semaine, on en profite pour commencer à écouter des émissions en espagnol et pour étudier un peu cette langue en préparation de notre traversée au Paraguay et en Argentine.


Jacques aimerait peut-être mieux cette maison et ce bateau...

Maryse salue toujours un monsieur d'un certain âge qui mange au restaurant que nous le midi. Il se décide à nous demander si nous sommes brésiliens. Nous apprenons alors qu'il parle français, anglais, espagnol et portugais et a déjà visité Québec, Montréal et Vancouver. Fernandez est brésilien, il travaille dans l'immobilier, je crois qu'il est plus vieux que nous. Il est charmant et c'est un plaisir de jaser avec lui. Il a fait son cours classique et est très fier de la qualité de ses études versus ce qui se fait aujourd'hui. André ne peut qu'être d'accord. Il nous parle en brésilien pour que nous pratiquions et en espagnol pour que nous apprenions. Il est vraiment spécial!

Pour plus d'information sur Cabo Frio www.cabofrionews.com/cfnews/cafrinew.htm

Pour les plans, ça va comme suit:

Le 1er décembre: départ de Cabo Frio vers Rio puis de Rio vers Curitiba le soir même à 13 heures d'autobus au sud de Rio. C'est supposé être la ville la moins brésilienne du Brésil. Beaucoup de descendants allemands et italiens, belle architecture, maison d'opéra, ...etc et elle est à 900 mètres d'altitude et à une centaine de kilomètres de la côte (voir:http://www.curitiba-parana.net/brazil/curitiba-brazil.htm). On visitera aussi Morrétes à partir de là (voir: http://www.morretes.com.br/).

Le 9 ou 10 décembre, départ de Curitiba vers Foz de Iguaçu pour voir les chutes évidemment côté brésilien et argentin (voir:http://www.curitiba-brazil.com/iguacu-falls.htm).

Le 14 ou 15 décembre, départ de Iguaçu vers Asuncion. On y est invité par des religieuses avec lesquelles Brigitte nous a mis en contact. On disposera d'une professeure d'espagnol. On y demeurera plus ou moins longtemps selon qu'on aime ou pas... (voir: http://gosouthamerica.about.com/cs/southamerica/a/ParAsuncion.htm).

Au-delà, ça dépendra. Disons qu'on sera à la mi-janvier, donc en plein été. L'Argentine étant très étendue nord-sud, pendant l'été, le sud profond, presque l'Antartique, peut être très intéressant mais très dispendieux, donc pas pour nous. Le nord, par contre, comme Salta (http://www.welcomeargentina.com/salta/index_i.html) avec des températures moyennes de 22C en été peut être très intéressant, s'il ne pleut pas trop. Et il y a le centre avec Mendosa qu'on ne manquera certainement pas et Cordoba.

À partir de là, tout dépendra des finances et surtout du fédéral à savoir quand ils vont commencer à payer...(on doit les contacter pour cela, notre dossier qu'on avait soumis en bonne et due forme à Québec avant de partir n'est pas disponible en ligne et il faut appeler.
Le voyage se terminera à Buenos Aires où on prend l'avion de retour....

Ouro Preto




Le 15 octobre, après 3 jours passés à Belo Horizonte, nous prenons l'autobus pour Ouro Preto, une ville nichée dans les montagnes à quelques heures de Belo Horizonte.
Maryse tient à ce qu'on la visite parce que ça devrait plaire à André, géologue, lui hésite et pense que ça ne vaut peut-être pas la peine et songe à l'attrappe-touriste.




La ville entière est classée monument historique et patrimoine culturel de l'UNESCO. Elle fut fondée par des aventuriers portugais à la fin du dix-septième siècle. Ils y découvrirent de l'or une dizaine d'années plus tard. Plus de 1200 tonnes y furent extraites! Cette richesse lui permit de construire une multitude d'églises baroques. On en voit partout! Elle fut la capitale de l'état du Minas Gérais jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.


On passera 5 jours dans cette ville magnifique à marcher dans tous les coins, à explorer les magasins et même à visiter, en bons québécois, un musée consacré à une tentative de révolte et d'indépendance.

Ce mouvement naquit du constat du volume des richesses accaparées par les portugais, à la pauvreté du peuple brésilien et des exigences de plus en plus grandes du Portugal malgré la baisse de la production d'or. On le connaît sous le nom de "Inconfidencia Mineira".

À la porte du musée et dans les salles d'exposition, on rencontre des gardes armés et on doit mettre notre sac dans un casier. La visite doit se faire dans un ordre précis, pas question de regarder une salle si elle n'est pas la suivante prévue. C'est assez spécial comme feeling mais ça vaut la peine de visiter.

Nous visiterons aussi le Musée des Sciences et Techniques de l’École de Minas divisé en neuf secteurs: Histoire Naturelle – zoologie et paléontologie –, Exploitation de mines, Minéralogie, Métallurgie, Sidérurgie, Dessin, Topographie, Astronomie et Électrotechnique.

Nous y passerons un bon après-midi. Nous admirerons une collection de minéraux absolument fantastique. Ce serait la deuxième au monde, après celle des États-Unis.

La ville actuelle d'Ouro Preto est demeurée la cité coloniale qu'elle était. Elle a conservé ses pavages originaux en pierres. Ils sont utilisés partout sur toutes les collines qui composent la ville et qui ont souvent des pentes relativement raides. En contrepartie on profite souvent de points de vue spectaculaires qui donnent à la ville un cachet tout particulier. Se promener dans les rues étroites et abruptes d’Ouro Preto, c’est un peu faire un voyage dans le temps.



Nous arpenterons aussi le magnifique jardin botanique qui traverse toute la ville et s'avèrera aussi pentu que toutes les rues. Comme nous sommes chanceux depuis le début, on apprendra qu'il est inauguré depuis seulement deux mois et on le visitera dans la plus belle journée de notre séjour à Ouro Preto.

Côté logement, on est un peu moins chanceux. Dans la pousada réservée pour deux jours, l'accueil est plutôt fade de même que le petit déjeuner. Comme la ville nous plaît et que nous désirons poursuivre notre séjour, nous nous mettons à la recherche active d'un autre logement dès le premier jour. On trouve une auberge de jeunesse à quelques pas mais comme la chambre est assez dispendieuse et le confort rudimentaire, on décide de continuer les recherches. Le lendemain, faute d'avoir trouvé, on retourne à l'auberge de jeunesse mais la place n'est plus disponible. On continue à explorer tout en visitant de nouveaux coins. En entrant dans une boutique, André demande à la vendeuse si elle connaît une pousada disponible pour la fin de semaine. Un coup de fil plus tard, une de ses connaissances vient nous chercher pour nous faire visiter sa pousada qui se trouve dans la rue la plus pentue qu'on ait vue jusqu'alors.

On a sauvé la mise mais le petit déjeuner ne sera pas meilleur. On a vraiment été gâtés dans les autres endroits de ce côté. On a quand même établi un contact avec des boliviens, le proprio et son neveu. Ce dernier n'était au Brésil que depuis deux mois et n'aimait pas beaucoup ça à ce jour.


Côté bouffe, on a particulièrement aimé Ouro Preto. C'est la première fois depuis qu'on est au Brésil qu'on trouve autant de légumes, de variété et de qualité dans la nourriture. On en a profité au maximum.

Un soir dans une pizzeria, on a rencontré un jeune de huit ans qui soupait en compagnie de son père. Timide au début, il a insisté auprès de son père qui parlait un petit peu l'anglais pour savoir d'où on venait. Quand il a compris qu'on pouvait comprendre, il s'est mis à poser toute sorte de questions sur le Canada, la valeur de l'argent, la plus grosse coupure, pouvait-il en voir des exemples etc. Son père n'arrêtait pas de dire dans son anglais rudimentaire qu'il fallait l'excuser, que c'était parce qu'il était très curieux et le jeune disait à son père de parler portugais... et Maryse répondait que c'était très bien qu'il soit curieux. Maryse a mis le peu d'argent canadien que nous avions dans son sac au cas où on le rencontrerait un autre jour mais l'occasion ne s'est pas présentée.

C'était le deuxième jeune à nous aborder pour jaser. Nous avions rencontré le premier au Musée des Sciences et Techniques de l’École de Minas. Il nous avait questionné sur notre pays et comme on avait participé à de petites expériences avec son groupe, il s'était fait un plaisir de nous expliquer ce qu'il savait. À la sortie du musée où nous nous reposions, il était revenu nous donner la main et nous souhaiter une bonne fin de voyage. On s'était habitué à être regardé comme des "spécimens étranges" dans le nord et on était agréablement surpris de son naturel et de son intérêt.

Maryse a contenté son goût des visites de bijouteries. Elle a même essayé une bague et des boucles d'oreilles tout à fait jolies. Elle a réussi le tour de force d'économiser l'équivalent de notre budget logement d'un mois en se souvenant qu'elle avait des bijoux au Québec qu'elle ne portait même pas préférant toujours les mêmes. OUF! On a aussi vu des pierres magnifiques mais encore là, raisonnables (transporter des pierres encore 8 mois dans les valises est un pensez-y bien) on a tout laissé sur place.

On a aussi découvert, dans une ruelle, un spécialiste de la cachaça, le rhum blanc du brésil. Le bonhomme qui tient un bar-restaurant y offre une carte de boissons où apparaissent au moins 25 sortes de cachaça. Maryse est aux oiseaux! Il lui prépare le meilleur caipirinha qu'elle ait jamais bu et, André, qui apprécie plus ou moins le citron vert, se fait servir un caipirinha à la fraise qu'il trouvera excellent.

On y retournera et on y rencontrera deux brésiliens, Joacy qui travaille en géographie humaine et Émiliana qui est psychologue et actrice dans un groupe luttant contre l'homophobie. On "connectera" et on soupera ensemble: excellente soirée.

Le lendemain, nous nous rendons à la gare d'autobus d'Ouro Preto assez tôt et y rencontrons un couple de français, Nicole et Mario. Charmant couple en voyage pour faire la connaissance du nouveau bébé de leur fille qui elle-même voyage en 4X4 depuis plus d'un an en Amérique du sud avec son mari, dormant en camping sur le toit du véhicule. Ils devront probablement changer un peu leur façon de voyager puisqu'ils ont décidé, comme dit Nicole, de faire un bébé. Nicole est toute heureuse de pouvoir échanger en français. Nous jaserons de nos enfants respectifs, de leur visite du Québec etc. Nous nous reverrons, après le voyage de nuit, à Rio et échangerons nos courriels dans l'espoir d'une prochaine rencontre.


Nous avons été impressionnés par ce bac de recyclage vu à notre première pousada.

vendredi 24 octobre 2008

Belo Horizonte







Le vol de Salvador à Belo Horizonte (BH pour les intimes) prend tout juste 2 heures et nous arrivons vers 23:00 heures. Il fait un peu sombre au centre-ville où on a choisi de résider pour quelques jours et la rue a un aspect quelque peu macabre mais le chauffeur de taxi finit par localiser l'hôtel San Bento, une simple porte donnant sur la rue. À l'intérieur, on est bien reçu et la chambre est plus que convenable. Le petit déjeuner du lendemain achèvera de nous convaincre que nous avons bien choisi. On se met le nez dehors et, comme c'est dimanche, plusieurs des magasins de cette rue commerciale sont fermés et la plupart ont une porte d'acier sans vitrine ce qui rendait la rue si macabre la veille à notre arrivée dans la soirée. On se dirige vers la gare d'autobus qui est à deux pas et on y obtient tout ce qui est nécessaire à un touriste: le plan de la ville, indications des endroits intéressants à visiter, la direction à prendre pour aller à la foire artisanale qui a lieu tous les dimanches. On n'aura pas assez de trois jours à BH pour nous bien nous orienter dans la ville. Le plan de la ville est pourtant simple, les rues sont quadrillées, apparemment comme à Washington i.e. selon deux axes qui se croisent à 45 degrés, mais nous ne sommes jamais allés à Washington... Le problème avec ce double quadrillage est qu'à certaines intersections il y a trois rues qui se croisent et elles ne sont pas évidentes à traverser pour les piétons distraits que nous sommes. On se trompera souvent, on demandera souvent notre chemin et, au total, on aimera beaucoup cette ville et on marchera beaucoup.

Après le bain de foule à la foire artisanale (Maryse trouve qu'il y a vraiment trop de monde) on se retrouve à la place de la Liberdade où on se promène sous les palmier géants et au milieu de jardins de roses et autres fleurs. Maryse est super déçues que les fontaines ne soient pas fonctionnelles. On prend notre temps et vers 16:30 heures les fontaines sont activées. Magnifiques dans ce parc. On se dirige ensuite vers une autre place, dite Soarès, qui se trouve plus près de notre hôtel et qui selon les renseignements touristiques de notre plan a des fontaines fonctionnant avec musique et lumières. Rien ne fonctionne à notre arrivée mais nous les verrons en action à la brunante car Maryse insiste pour rester, convaincue qu'il faut attendre la noirceur puisque cette fontaine fonctionne avec des lumières. C'est un peu décevant, on n'entend pas bien la musique et l'éclairage n'est pas très original mais le plus important est que Maryse avait raison.

Le lendemain, lundi, tous les parcs et musées sont fermés (jour de repos pour les employés et pour l'entretien). On décide d'aller à Pampulha, en banlieue, où se trouve un lac dont on peut faire le tour à pied. Il fait chaud! certainement dans les 30 degrés mais on réussit à faire une promenade de près de trois heures. À notre grande déception, le lac est complètement pollué et on ne peut même pas s'y tremper le gros orteil. On peut voir une drôle d'église (St-François d'Assise) en forme de cornette de soeur, oeuvre de l'architecte Niemeyer.

Elle est entièrement recouverte de céramiques peintes par un artiste italien. Tout un travail puisque les tuiles ont moins de 12 pouces et que les personnages et le décor sont grandeur nature. Au retour, lorsqu'on prend l'autobus qui circule autour du lac, on demande au chauffeur de nous laisser là où on doit prendre la correspondance pour BH. Il nous comprend sans doute mal car on a droit à un tour complet du lac!

Le mardi, le soleil est toujours au rendez-vous et on peut faire le tour du parc Mangabeiras. Petite surprise, le parc est dans la montagne, tout en côtes, les sentiers sont en pierres appelées 'pé de moleque' (je crois que ça veut dire pour les chèvres). Ces pierres sont rondes, inégales et lisses. Nous sommes en sandales! On en fera quand même le tour et on en sera quitte pour un puissant massage de pieds. Mais le décor en valait la peine avec toute sorte d'arbres tropicaux dont le bambou et de toutes petites chutes.