jeudi 24 juillet 2008

Juillet 2008



Suite de notre séjour à Fortaleza, dans "l'auberge espagnole" de Paulo. Aurions-nous déjà mentionné que le ciel est toujours, toujours, toujours! bleu? La température varie entre 24 et 30 et, s'il pleut, c'est rarement pour ne pas dire jamais, plus de 15 minutes et généralement la nuit. Gosto muito do brasio!!!

Mardi, 1er juillet. Nous allons dans un gros centre d’achat, Iguatémi, en autobus. Nous sommes accompagnés de Renée pour apprendre le chemin aller-retour. Nous y trouvons un livre et une carte du Brésil. Nous avions vu ce genre de livre chez mon frère Jacques. On y décrit les hôtels, pensions, attractions et villes ainsi que les restaurants. La carte est bien détaillée et de l’année. Nous tentons de trouver un fil pour recharger notre MP3. Pas de chance, on trouve un endroit où on vend le même MP3 mais pas le fil seul. On devra s’en passer faute de pouvoir indiquer à François ou Jacques dans quelle boîte nous l’avons malencontreusement oubliés chez eux.

Mercredi, 2 juillet. Nous nous retrouvons sur la plage Praia do Futuro. La foule de dimanche est disparue et on a bénéficié d’un parasol au bord de la plage. Le bruit des vagues à marée haute et une bonne brise venant de la la mer, que demander de plus? Nous relaxons de plus en plus tout en pratiquant notre portugais et en pensant aux prochaines étapes du voyage.

Sur cette plage, le sable est assez compact pour qu'on puisse y marcher comme sur un trottoir avec l'avantage de ne pas avoir besoin de souliers. C"est à peine si nos pas y restent marqués. Marcher dans l'eau nous fait faire un bon exercice de résistance et, par conséquent, de cardio. On y rencontre des gens de toutes les tailles et de toutes les allures. Les hommes portent le "speedo", peu le portent avec élégance, les jeunes vus de dos ça va mais au sortir de l'eau, aucun n'est avantagé. Pour les plus gros ou les plus vieux..., sans commentaires. Les jeunes avec le bermuda taille basse sont les plus élégants. Globalement, c'est une belle jeunesse, en forme et évidemment bien bronzée. Les femmes portent pratiquement toutes le bikini qui se résume à très peu de tissu en général. Elles semblent toujours très préoccupées par la position de la petite pièce de tissu sensée les couvrir et sont presque toujours en train de la replacer. Je laisse ici André vous dire s'il trouve ça beau ou non. Pour ma part, j'en ai vu de très jolies mais la majorité n'ont pas le corps pour porter la chose. Ce qui est formidable c'est qu'elles le font sans se préoccuper de ce que les autres peuvent penser. Maryse a parfaitement raison, même après deux opérations de cataractes, il n'y a rien de passionnant à regarder 91.3% du temps. Si le hasard rend la chose possible, je prendrai une photo...

Les vendeurs de nourriture, vêtements et bijoux arpentent sans cesse la plage, passant de baraca en baraca pour gagner ce qui est probablement un maigre salaire puisque, pour ce que j'en ai compris, ils travaillent pour des employeurs qui leur donnent une petite commission...

Au total, la plage est magnifique, surtout en fin de journée. Les rayons du soleil qui se couche derrière la plage frappent les 'rouleaux' des vagues et les font scintiller d'un flot de lumière. La luminosité est magnifique et l'atmosphère magique.

Ce soir, Paulo nous invitait à un deuxième BBQ pour manger les restants du premier. Faute d’avoir bien compris son invitation nous décidons de souper d’un spaghetti italien (à la brésilienne) vers 18 heures. Lorsque le proprio se pointe à 20h30, on est un peu surpris, mais toute la maisonnée est invitée de même qu'une consoeur de travail de sa femme et le couple de la maison voisine.

Valéria insiste pour que nous y allions. Je lui dis qu'elle peut profiter de sa soirée sans avoir à traduire pour nous mais elle insiste en disant que c'est le meilleur moyen pour nous d'apprendre. Quand nous les rejoignons dans la cour arrière, on est assez surpris de voir que la télévision du salon y a été déménagée et que les invités jasent tout en écoutant la « novella » (une des séries télévisées dont les Brésiliens raffolent). Le BBQ est lancé: au menu, churrasco (grillades) de viande seulement (boeuf, porc, poulet) en bouchées que chacun peut prendre avec les doigts. Paulo ou Aley en feront cuire petit à petit toute la soirée. Quand la novella prend fin vers 22 heures, ô surprise, un match de foot commence. On comprend maintenant la raison de la télévision et...du BBQ. C’est la finale de championnat de foot Amérique du Sud entre le Brésil, évidemment, et l'Équateur. La partie est assez longue, près de 2 heures, mais assez intéressante. Le match a lieu dans un stade de 95,000 personnes à Rio de Janeiro et la foule est très bruyante. Finalement l’Équateur l’emporte au grand dam de nos convives. Le party se termine à minuit passé. Paulo nous invite à visiter une nouvelle plage demain. Devrions-nous refuser?

Jeudi 3 juillet. On n'a pas refusé... Paulo et Valéria viennent nous chercher vers 11heures. Ils veulent nous montrer une plage avec moins de vendeurs et moins de monde.En voiture nous avons fait un bon détour car le bac ne traverse que les piétons. Les routes ne sont pas goudronnées et Paulo conduit sa voiture en contournant les trous et comme s'il conduisait un 4 X 4. Il est très habile. On y a rencontré de petits chevaux ou des ânes, je ne sais trop, en plein milieu de la route.

La plage se nomme Sabi Aguaba. Elle se trouve au sud de la Praia do Futuro de l’autre côté d'une rivière appelée Cocó. Ils nous disent qu’on pourra y revenir par nous-mêmes en prenant l'autobus jusqu`à la fin de Praia do Futuro et en prenant un minuscule bac qui traverse la rivière Cocó. Ils nous montrent la structure partielle du pont qui devait être complété mais dont le projet a été arrêté car cette zone est protégée.

La plage est bordée d'une barriére de corail, il est donc difficile de pénétrer dans la mer. À marée montante, c'était intéressant de nager dans la rivière vers la mer, on ne peut pas dire que nous faisions de longues distances car nous nagions à contre-courant. Lorsque la marée est plus haute, on ne distingue plus la rivière de la mer et je ne crois pas qu'il serait prudent d'y nager. Pendant tout cet après-midi, on a réussi à échanger quelque peu en portugais mais surtout en bredouillant.

Nousnous arrêtons dans une tapiocara (ensemble de restaurants préparant différentes recettes avec du tapioca). Ça ne ressemble pas du tout à ce que nous connaissons. Paulo nous fait essayer la préparation naturelle qui est comme un carré de tapioca pressé avec de la noix de coco. C'est bon et la texture est plus agréable que notre tapioca. Nous essayons une autre préparation à base de crevettes. La cuisinière étend une pâte de tapioca sur plaque chaude. Lorsque la crêpe est prête, elle ajoute une garniture de crevettes en sauce. C'est bon mais nous trouvons la crêpe un peu épaisse et caoutchouteuse. Valéria nous dit qu'elle ne la trouve pas très bonne et ne reviendra pas à cet endroit. Ô surprise, ils nous invitent pour une autre visite demain. On ira voir Icarai, Cumbuco et Pecem à environ 30 km au nord de Fortaleza.

Vendredi, 4 juillet. Paulo a un problème avec son portable et nous devons nous rendre en ville avant de partir. Ça nous permet de voir un autre secteur de Fortaleza. Les secteurs commerciaux ressemblent à ceux de chez nous. Ici pas de hauts murs évidemment. Tout semble plus ouvert. Dès qu'on entre dans un secteur de maisons, les murs réapparaissent. Pour eux, c'est normal.

Ils nous montrent Ícarai, un village de pêcheur qui était, il y a quelques années, un lieu de vacances recherché. La mère de Valéria y a un condo. Le village est pratiquement abandonné et les gens ne viennent plus en vacances car, avec la construction d'un port, plus haut sur la côte, la plage a pratiquement disparue et l'érosion continue. Les pauvres de Fortaleza se sont installés dans les maisons abandonnées et le secteur n'est plus intéressant. Paulo et Valéria se désolent de la situation.

Nous avons remarqué que les brésiliens se touchent souvent et c'est particulièrement vrai entre mère et fille, du moins entre Valéria et ses filles. Malgré la chaleur, Marina, qui nous accompagne dans ce voyage, est collée sur sa mère, elle se prennent par le cou, Valérie embrasse la main de Marina, la flatte ...etc. C'est aussi vrai en couple. Les gens marchent main dans la main et les gens mariés s'assoient toujours côte à côte. Les amoureux s'embrassent sans gêne, en prenant le temps de se caresser les cheveux, le dos et de se regarder dans les yeux. Ils semblent avoir tout le temps du monde...

Nous nous rendons ensuite à Cumbuco. C'est une plage très visitée par les touristes car des tours en autobus partent de Fortaleza tous les jours. Valéria nous explique qu'ils ont choisi de nous amener dans un endroit que les brésiliens fréquentent et qui est moins cher. Nous y goûtons à nos premiers jus de fruits frais vraiment bons. Nous essayons des fruits de l'Amazonie.

La plage est magnifique, les vagues moins fortes que celles de Praia do Futuro. On peut y louer des jangadas (petites embarcations à voile utilisée par les pêcheurs), des chevaux pour faire des promenades, des planches et l'équipement pour faire de la planche à cerf-volant (kitesurf) qui est un sport de traction qui se pratique sur l'eau. Sport nautique (kite signifie en anglais cerf-volant), il consiste à être tracté par un cerf-volant, appelé aile, et à glisser sur une planche de surf de taille souvent réduite. Plusieurs jeunes s'exercent sur la plage à manipuler le cerf-volant avant de se lancer dans la mer. Les plus habiles utilisent l'aile pour littéralement voler au-dessus des vagues.

Valéria m'apprend un nouveau mot 'saudade', qu'elle dit intraduisible parce que la signification n'existerait pas dans une autre langue. Elle me décrit quelque chose comme de l'ennui mais pas exactement ça, être dans un état de rêver à quelque chose ou quelqu'un. Je cherche dans le dictionnaire et trouve 'vague à l'âme'. Elle semble déçue qu'il existe une traduction.

Après une longue marche sur la plage, nous nous baignons et retournons rejoindre nos amis. Ils décident de nous montrer un autre endroit: une lagune du nom de Lagoa do Banana. Il y a une route pour s'y rendre mais Paulo nous dit qu'il y a quelques années, les gens circulaient seulement en buggy ou en 4X4 dans les dunes. Paulo qui ne va pas dans la mer s'y baigne, parce que c'est de l'eau douce. Il y a des maisons de riches sur 3 côtés de la lagune. Marina essaie de nous convaincre de faire du banana-boat, un tube gonflé en forme de banane sur lequel les gens s'assoient et qui est tiré par un bateau. Nous avions vu ce genre de truc à Cuba. On veut bien faire rire de nous à l'occasion mais il y a des limites.


En revenant, nous avons l'occasion de voir des jeunes faire du ski de sable sur des dunes aussi blanches que nos pistes de ski. Paulo décide d'arrêter manger un de ses plats préférés, le buchada: préparation de viscères de bouc. André goûte et n'aime pas la consistance. Nous nous contenterons d'un poisson grillé, un peu trop cuit comme toujours ici.

Samedi, 6 juillet. Nous partons avec Mijail (véritable nom de celui que nous appelions Michael) pour Beira Mar et marchons vers le centre-ville. On marchera un bon 3 heures et demi avec arrêt au mercado central pour une petite bière et retour à Beira Mar où Mijail prend des photos sans se préoccuper de la sécurité.
ajouter image des langoustes de Mijail
Il emporte toujours sa caméra. Nous mangeons un plat de poisson sensé être pour trois mais que nous trouvons petit. Un vendeur ambulant de langouste nous en propose. Mijail finit par les négocier á 4R pièce. Sur la plage on nous demandait 50R pour trois. Nous nous régalons, c'est délicieux avec de la lime! Nous terminerons par le marché de poisson où nous achèterons deux beaux poissons que Mijail promet de faire cuire le lendemain.

Dimanche, 6 juillet. Pour nous, la fin de semaine ne veut pas dire grand-chose sinon qu'il y a plus de monde dans la maison et quelquefois des partys un peu bruyants (juste les voix sans musique par contre). À la plage où nous sommes allés dimanche, il y avait beaucoup de monde aussi. Alors on préfère les jours de semaine...Ça nous fait comme de longues fins de semaine.

Paolo et Valéria, le proprio, nous avaient invités samedi soir, à une exposition qui se tenait, selon le journal, de 14 à 22 heures aujourd'hui. Nous acceptons même si nous devions manger le poisson avec Mijail qui n'a pas donné signe de vie. En route donc pour l'expo: après avoir cherché l'endroit pendant une demi-heure, on s'est rivé le nez sur un gardien de sécurité qui a annoncé à Paulo que l'expo s'était terminée à 14 heures. Ça aurait pu être intéressant puisqu'il s'agissait d'une expo de produits agricoles originaux de petits producteurs.

Paolo nous a quand même promené un peu partout, d'abord au Centro Dragão do Mar, le centre culturel des arts et de la culture de Fortaleza. Il était pas loin de 20 heures et c'était plein de monde, autant d'enfants que d'adultes et c'était très animé. On n'a pas assisté aux spectacles ni visité les expositions étant donné les files d'attente. Il y a même un planétarium dans le lot! On y retournera seuls, en semaine, pour voir en détail. On a quand même pu voir des artisans, dont une, entre autres, qui montait une corbeille de fleurs avec des oiseaux du paradis qui nous paraissaient énormes!

Paolo nous a ensuite amenés sur Beira Mar, la promenade de 5 ou 6 kilomètres qui longe la mer. Là aussi, plein de monde dont une femme de la région de Bahia qui, toute costumée de blanc, fabrique des acarajés, ce que les gens d'ici appelle leur hamburger. Elle opère assise sur un tabouret et elle a autour d'elle de grands contenants pour les garnitures: Pimenta: piments, Salada: mélange de poivrons, oignons, Camarâo: mini-crevettes, Vatapa:purée faite à base de farine de blé, crevettes, lait de coco, gingembre, noix de cajou etc. et Caruru: purée gluante à base de quiabos (gombos), crevettes séchées, oignons et huile dendê. Elle a aussi un contenant qui contient une préparation à base de fèves blanches écrasées avec des oignons et mélangées à on ne sait trop quoi, ce qui semble être le secret de la recette au dire de Valéria. Elle fait des boules avec le contenu de ce chaudron et elle les fait cuire dans un autre chaudron contenant une huile de palme (huile de dendê). Lorsque les boules sont frites, elle les met dans un grand papier, les coupe en deux et ajoute ce qu'on lui demande comme garniture. C'est une spécialité de la région de Bahia et ce sont généralement les femmes de là-bas qui viennent les faire à Fortaleza. Ça fait aussi gros qu'un big mac mais ça n’en a pas du tout le goût, qui est assez indéfinissable. On pourrait dire que c'est bourratif! Paulo, quant à lui, en aurait mangé deux...

Il nous a donc amené dans un restaurant pour y déguster une variété du plat national qui est le feijoada. On pourrait dire fèves au lard mais blanches. Cette fois-ci par contre le plat était... gratiné! Très peu pour moi qui aime bien le plat national en question mais pas avec du fromage! Et Maryse a aimé! Voilà comment s'est passé notre anniversaire de mariage!

Lundi le 7 juillet. Nous avons passé une nuit agitée car les colocs sont arrivés pas mal soûls, même Mijail, heureusement que nous ne l'avons pas attendu! Ça jase et rit très fort. Ils ont fait le party sur la plage. Mijail fera cuire le poisson pour le dîner. Il est pas mal 'poqué' mais cuisine bien.

Maryse semble mal supporter l'acarajé. Rien de bien grave mais un bon inconfort. Elle nous fait quand même un bon souper que nous arroserons d'une bouteille de vin argentin pour re-célébrer notre anniversaire entre nous.

Mardi le 8 juillet. Nous passons la journée à la maison, Maryse n'est toujours pas en grande forme. Nous sortons souper avec Renée et Mijail dans un restaurant de grillades à volonté, le Docentes e Decentes. Il y a un grand bar à salade, un autre avec des pâtes et un autre de desserts. On nous sert un plat de riz et des patates frites puis toute la soirée des serveurs se promènent avec des pièces de viande sur de grandes broches et nous en coupent des morceaux que nous récupérons avec une pince. Il y a différentes coupes, même du filet mignon. On offre aussi du poulet et de l'agneau (que nous manquerons faute de savoir que c'en était).


Mercredi le 9 juillet. On va à la plage. André s'achète un costume de bain aux couleurs du Brésil et moi des boucles d'oreilles d'un artisan. Notre cadeau d'anniversaire de mariage. On relaxe, on fait une grande marche et on s'amuse dans les vagues.

Jeudi le 10 juillet. Nous voulons poster un document pour Brigitte. On finit par trouver des enveloppes mais elle ne sont pas préencollées. Il y a un service de courrier en face de notre supermarché. On y apprend qu'ils ne font que la livraison. Il faut aller à Beira Mar, et trouver l'agence de courrier. Nous partons pour Beira Mar et pensons en profiter pour aller à l'agence touristique. L'agence de tourisme est fermée et à celle du courrier on accepte de nous donner de la colle pour notre enveloppe mais on nous dit que la poste est en grève, qu'il vaudrait mieux passer par une agence Sedex, semblable à Fedex chez nous.

Nous marchons jusqu'au centre culturel Dragon do Mar pour revenir ensuite vers la promenade. Nous nous arrêtons pour souper d'un morceau de saumon délicieux et ensuite continuons notre marche sur la promenade. Il n'y avait personne quand nous sommes arrivés cet après-midi sur cette promenade et, ce soir c'est super animé. Nous aurons fait une marche de 3 heures et demi.

Vendredi le 11 juillet. Nous reprenons notre quête d'un endroit pour poster notre lettre à Brigitte. On nous nous dit qu'il y a une agence de courrier Sedex près d'un magasin que nous connaissons non loin du terminus d'autobus. Ce doit être de l'autre côté d'un viaduc. Nous nous y rendons et ne trouvons pas; en nous informant, personne ne sait où ça peut être. On nous conseille d'aller au gros centre d'achat Iguatemi. Nous reprenons un autobus pour nous y rendre et nous y dénichons finalement ce que nous cherchions. Nous demandons combien de temps prendra ce courrier prioritaire et on nous répond entre 5 à 12 jours... une chance que c'est prioritaire!

Paulo arrive et semble penser que nous devrions être prêts à sortir. Mijail ne nous a pas bien fait le message. On laisse le souper que j'avais préparé et on part (Paulo, Valéria, Mijail, Aley, André et moi) dans la petite voiture. On va souper aux crevettes. Ça se passe dans un grand espace, genre entrepôt avec des tables de pique-nique installées un peu partout. On va à un petit comptoir commander des crevettes, petites ou grosses, ou du poisson. Paulo en commande deux kilos et le vendeur met ça dans un sac, les donne à une autre personne qui les fait cuire et nous les apporte sur la table ensuite. On mange le tout avec les doigts.

Luis Paulo vient nous rejoindre avec sa femme et son fils. Il veut commander un morceau de poisson que nous goûtons à sa demande. Nous lui disons que c'est bon mais que nous trouvons que tout est toujours trop cuit à notre goût ici. Le fils de Luis Paolo, qui est à peu près de le taille et du poids de Daniel (notre petit fils),dévore le poisson comme s'il n'avait pas mangé depuis deux jours. Luis Paulo commande ensuite un poisson entier et quand on y goûte, c'est meilleur et moins cuit. Il est très heureux de nous avoir fait la preuve que c'est possible de l'avoir à la bonne cuisson.

Ils nous invitent à une partie de football entre Fortaleza et Ceara. Nous acceptons car ils semblent très enthousiastes. Luis Paulo nous ramène tandis que Paulo va conduire Mijail et Aley qui veulent continuer le party sur la plage. Ils sont vraiment généreux de leur temps et tojours avec le sourire!

Samedi le 12 juillet. Valérie nous demande si on veut aller à la plage avec eux. Nous acceptons mais sommes un peu surpris car ils devaient venir nous chercher pour la partie de foot à midi et demi. Ils nous apprennent que la partie met aux prises deux équipes de la même province (Ceara) et que ce genre de partie serait trop dangereux pour nous car il y a pas mal de bagarres de spectateurs lorsque les deux équipes sont de la même région. Nous ne sommes pas fâchés et préférons nettement une journée à la plage.

Dimanche le 13 à mardi le 15 juillet. Nous partageons notre temps entre l'étude du brésilien, le blogue, la plage et de la correspondance que Brigitte aura la gentillesse d'imprimer et de poster pour moi au Québec. Nous commençons à mieux nous débrouiller et lorsque le serveur de la plage nous demande 18R pour 2 bières et un coffre pour mettre nos choses, nous refusons de payer ce montant en lui disant que les autres jours les bières coûtaient 3.50R et le coffre 2R. Il acceptera 10R au total. On se jure de ne plus venir à cette baraca. On avait déjà eu une expérience semblable au début où nous avions dû payer pour une chaise longue qu'on avait placé à côté de notre table mais que nous n'avions pas demandée. À l'avenir on demandera le prix de tout avant de commander.

Mercredi le 16 juillet. Je continue à trouver le ciel tellement bleu que je voudrais le montrer à tout le monde. Même si André a pris des photos où on le voit, il me semble qu'il est encore plus bleu et je prends mes photos pour le prouver. C'est comme un ciel de carte postale ou de paysage sur l'ordinateur... on dirait que c'est arrangé par le gars des vues, ça ne se peut pas! La météo annonce nuageux avec pluie et moi ce que je vois c'est ce que vous voyez sur la photo.

C'est notre meilleure journée à la plage. La baraca Copa Cabana est bien tenue, nous avons un serveur gentil et pas achalant, il y a moins de vendeurs. Le prix du coffre est 1R et la bière 3.20R. La facture totale sera exactement pour ce que nous avons pris. Nous parlons portugais, faisons des exercices et apprenons de nouveaux mots.

Les vagues sont très rapprochées et la luminosité est merveilleuse avec un ciel qui s'ennuage peu à peu. Nous nous jurons de ne plus laisser la caméra á la maison. Nous nous étions dit qu'il y avait des limites à photographier la plage mais en fait c'est toujours différent. C'est aussi plus agréable que d'habitude pour se baigner car la vague est moins forte. Nous repartons super contents de notre journée.

En soirée, j'installe Skype et Messenger pour que nous puissions éventuellement communiquer avec les enfants et appeler Mme Belzile. Ô surprise, Brigitte nous contacte et on jase avec elle et Pierre. C'est super bon de les entendre! Elle rejoint ensuite François qui se joint à la conversation. Nous aurons le temps de parler un tout petit peu avec Élizabeth et prendrons rendez-vous pour parler avec Alexia demain. Je crois que nous avons passé 3 heures et demi à jaser et ça ne coûte rien! Vive la technologie!

Jeudi le 17 juillet. Dimanche, à la plage, nous avions expliqué à Paulo et Valéria que nous avions pas mal dépassé nos prévisions budgétaires et qu'à ce rythme là, nous ne pourrions pas rester au Brésil six mois. Ils nous avaient parlé de places plus au nord, très jolies et moins dispendieuses et nous avaient offert de tenter de trouver par un cousin et des connaissances une maison de pêcheur ou quelque chose de moins cher. Ils se sont mis à la recherche d'une solution pour nous. Valéria nous a envoyé un courriel, hier, avec des possibilités intéressantes dont une pousada à 350R, petit déjeuner compris. Possibilité aussi d'utiliser la cuisine ou de payer quelqu'un pour faire les repas. La dame offre de nous emmener avec elle en voiture lorsqu'elle ira en ville si nous avons besoin de quelque chose.

Nous avons répondu que nous étions intéressé et demandé à Paulo s'il accepterait que nous payions qu'une partie du mois si nous partions avant la fin. Paulo vient de nous expliquer qu'il acceptera de nous remettre la différence si on trouve quelque chose à Lagoinha ou Maudaú. Il va nous y emmener avec Valéria la dernière fin de semaine de juillet et si on aime, il n'y aura pas de problème. On peut même apporter nos choses quand on ira visiter et rester là si on aime. Si on n'aime pas, on revient ici. Il dit que normalement un mois entamé est un mois à payer mais qu'il comprend que nous avons un budget serré et qu'il est heureux de le faire pour nous accommoder et nous permettre de rester plus longtemps au Brésil. Nous sommes vraiment chanceux d'avoir rencontré ce couple généreux.
Nous lui payons donc le loyer du mois d'août et nous verrons pour la suite. Il va revenir ce soir avec des crevettes que nous pourrons faire cuire comme on veut ici et qui coûteront moins cher qu'au resto. Il a vraiment compris nos restrictions budgétaires. Gosto muito do Brazil!

Nous parlons un peu avec François et Élizabeth mais Alexia ne veut pas venir au téléphone. Ce sera pour une autre fois... du moins nous l'espérons!

Valéria arrive avec 1/2 kilo de crevettes décortiquées pour nous et, je crois, 2 kilos de crevettes pour les autres et nous, qu'elle veut faire cuire à l'huile et à l'ail comme lorsqu'on va au resto. Les autres seront les voisins Luciano et Juana, Mijail, Paulo et elle. Elle ne se souvenait pas du temps que ça prend et après au moins une heure et demi sur 2 ronds, Juanna va chercher son couscoussier et cuit les dernières à la vapeur. Je fais un riz aux poivrons, oignons pour accompagner le tout. J'ai trouvé des herbes de Provence et de l'estragon pour donner un peu plus de goût, sans oublier le POIVRE! Tout le monde semble aimer cela. Je crois qu'ils mangent les légumes pas mal plus cuits mais ils ont décidé d'essayer et aiment ça. Ça nous fait trois sortes: des crevettes décortiquées à l'ail et estragon (un demi-kilo donne environ 25 crevettes! à la surprise de Valéria et la nôtre), des crevettes vapeurs délicieuses! et des crevettes à l'ail. La soirée est agréable et nous réussissons à converser un peu plus.

En cours de soirée, Paulo parle mode et André a un peu de mal à reconnaître les noms mentionnés par Paulo, avec son accent brésilien. Il dit alors à André, par l'intermédiaire de Valéria, d'assouplir son oreille et d'essayer de comprendre quand les gens parlent français ou anglais. Piquée au vif, je perds ma gêne et lui répond que ça va dans les deux sens... qu'on a la même impression et que, par exemple, quand nous payons á l'épicerie, si on nous demande 'crédito ou débito?' pour la carte que nous présentons, ils ne comprennent pas notre réponse 'débito' même s'il n'y a qu'un choix qui commence par 'dé'. Je donne aussi l'exemple de leur prononciation des 'R'. En fin de compte, tout le monde trouve très drôles les exemples que je donne pour montrer qu'eux aussi ont l'oreille sélective. Tous ensemble nous admettons qu'il faut faire des efforts de part et d'autre.
Paulo décide qu'André ressemble à un anglais et désormais il l'appellera Lord prononcer Lordji) Pingus ou Sir Pingus. Nous découvrons qu'il a regardé notre blogue et en a compris une partie. C'est lui qui dit à Mijail que nous l'appelons Michael. Nous promettons de corriger la situation, ce qui est fait.

Du 18 juillet au 21..On partage notre temps entre la plage et l'étude du portugais. Nous augmentons nettement le temps d'étude surtout depuis que nous nous installons sur la terrasse arrière où il fait un bon vent. Nous utilisons toute la documentation que nous possédons. C'est beaucoup plus agréable que d'étudier dans notre chambre comme nous le faisions.

Mardi le 22 juillet. Nous appelons Mme Belzile pour lui souhaiter un bon 96ième anniversaire. La communication est très bonne et nous pouvons jaser un bon bout de temps comme si nous étions tout près.

Mardi le 23 juillet. Étude, étude, étude. Valéria vient nous présenter Laura, une jeune française de 17 ans, arrivée hier pour passer 1 an chez eux dans un programme d'échange. Pendant cette même année, Vivian, la cadette, passera l'année au Colorado. Il y a aussi une amie de Vivian qui partira sous peu pour la Saskatchewan d'ici peu et deux autres jeunes filles. Nous avons droit à la bise de toute cette belle jeunesse.

Jeudi le 24 juillet. Clément, le frère aîné de Maryse entre en communication avec nous. Maryse jasera avec lui un bon bout de temps et il nous invite, à nouveau, à nous rendre en Thailande, chez lui. Il y a une maison de 6 chambres et une ferme bio qui produit à peu près toute leur nourriture. Il y vit, généralement, de décembre à mai. Il parle d'un milieu de vie beaucoup plus sécuritaire qu'ici. Ce sont des bouddhistes. Ça pourrait nous faire passer un super hiver! J'ai l'occasion d'entendre et de voir son fils adoptif, Ata, jouer de la guitare.

Nous retournons à un souper de crevettes avec Valéria, Paulo, Laura et Vivian. Laura se débrouille déjà bien car elle parle espagnol. Il y a assez de ressemblances entre les deux langues pour que les jeunes se comprennent. Elle dit comprendre aussi l'anglais mais Valéria me dira plus tard que Laura ne la comprend pas. Il y a probablement aussi un problème d'accent et Laura doit être habituée à l'anglais Angleterre.

Valéria va reconduire les filles après le souper car c'est le début du Fortal, carnaval de Fortaleza. Avant de partir Paulo leur fait ses recommandations (pas de bijoux, pas de bourse, un cellulaire discret, soyez prudentes). Il nous dit qu'avec 4filles à la maison, il se fait bien des soucis pour leur sécurité. Nous nous rendons compte, surtout pendant que Valéria est partie, que nos études commencent à porter fruit et que nous sommes enfin plus à même de communiquer et de comprendre. Nous passerons une très agréable fin de soirée en leur compagnie. Nous leur parlons de Clément et de ses produits homéopatiques pour les vaches. Clément a déjà commencé la traduction de sa documentation. Paulo se montre très intéressé et aimerait en savoir plus. Il connaît un vétérinaire et son père a fait de l'élevage. Il est convaincu que ça pourrait fonctionner ici. J´écrirai à Clément en rentrant.

La fin de semaine est tranquille et nous continuons d'étudier.

Le 27 juillet Aley cuisine des pâtes et nous invite à partager avec Diego et Mijail. Nous nous parlons réellement pour la première fois et avons beaucoup de plaisir avec eux. Nous leur montrons un peu Québec dans notre Géo et leur expliquons le Québec versus le Canada, les problèmes pour conserver la langue, les excés du climat ...etc. En soirée, nous allons au Fortal (on prétend que c'est l'un des carnavals les plus animés du Brésil). Les gens, surtout des jeunes, achètent à 300$ un gilet qui leur permet de suivre ou précéder leur groupe musical préféré. Ce dernier est installé sur la plateforme d'un énorme camion avec son orchestre, entouré de ses organisateurs et de fans. Certaines d'entre elles sont sur le char et je ne sais pas combien elles paient pour être là et y danser. Quand on est à côté des hauts-parleurs, on se sent le thorax vibrer tant c'est fort. Ensuite, quand les unités d'alimentation et ventilateurs passent, on sent une grosse bouffée de chaleur.

Tous ceux et celles qui ont des gilets de cet orchestre peuvent le suivre à l'intérieur d'un espace délimité par des cordes. Ces cordes sont tenues par des hommes et des femmes portant des gilets les identifiant au groupe. D'aprés Valéria, ces gens sont heureux de pouvoir entendre la musique sans payer le prix des autres fans et en étant payés. Elle me confirme que ce sont probablement des gens parmi les plus pauvres et que le salaire est minime. Malgré tout, au quatrième soir du Fortal, certains de ces porteurs de corde dansent encore. Les gens de l'autre côté des cordes, comme nous, peuvent assez bien voir le chanteur car le camion fait des pauses, le temps de 3 ou 4 chansons. Le chanteur passe du temps sur un côté de la plateforme puis traverse pour que les gens de l'autre côté de la rue puisse le voir. Les gens chantent, sautent, dansent et tout le monde semble heureux. Policiers et gardiens de sécurité empêchent les débordements et arrêtent les pick-pockets.

Nous avons préféré le groupe Chiclete com Banana que nous avons trouvé plus musical et dont nous comprenions mieux les paroles. Paulo nous dit que je suis maintenant une chicleteria et André un chicleterio. Pour les images, voir:
http://www.fortal.com.br/2008/cidadefortal.asp

28 juillet. Nous apprenons en fin d'après-midi que nous irons demain à Mandau. Lavage, valise etc. Les jeunes décident de nous faire une fête départ. BBQ donc en compagnie de Diego, Aley, Marcus, Mijail. C'est Aley qui cuisine et nous fait Boeuf, saucisses et petits pains à l'ail. Marcus nous fait goûter une cachaca avec canel et clou. Ça donne un genre de liqueur et c'est bon. Il a aussi un genre de sucre à la crème: Rapadura de leite, c'est super bon aussi. Marcus est un autre co-locataire mais on ne le voit pas beaucoup. Il travaille, je crois, en informatique et lorsqu'il est à la maison, il vit dans sa chambre et on le voit peu. Il est discret mais trés gentil. Super soirée! La nuit sera courte mais ça vaut le coup.

29 juillet Tout est prêt, nous attendons Paulo et Valeria. Comme nous ne savons pas si nous aurons Internet là-bas...

vendredi 11 juillet 2008

Suite sous forme de journal: juin à Fortaleza


Nous avons pensé raconter, sous forme de journal, notre aventure au Brésil afin que Mme Belzile, la mère d'André, qui fêtera ses 96 ans en juillet, puisse nous suivre au jour le jour.


On peut pratiquement dire que Valéria et Paulo, le propriétaire de la maison où nous habitons (ici avec Livia et son ami à la fête des moissons), nous ont adoptés et ont décidé de nous aider dans notre intégration au Brésil. Leurs trois filles sont très gentilles.

La plus vieille, Marina, 19 ans, étudie en psychologie et parle un moins bon anglais que sa mère mais se débrouille bien. Son amoureux, Caio, prépare le « vestibular », un test que tous les étudiants qui veulent aller à l’université publique doivent passer pour être admis. Il veut faire sa médecine. Ils forment un très beau couple. Caio est très discret et les deux veulent améliorer leur anglais et, si possible, apprendre de nouveaux mots en français. La deuxième fille, Livia, est un peu plus timide que sa soeur probablement parce qu’elle maîtrise moins bien l’anglais. Son ami Joan et elle préparent aussi le concours d’admission en médecine. La dernière, très timide, se nomme Vivian. Elle va partir en août dans une famille du Colorado pour un an. Nous ne pouvons pas encore réellement communiquer avec elle.

La première semaine, Marina est toujours présente. Nous comprenons, après une couple de sorties, que les parents ne leur donnent probablement pas le choix d’accompagner Paulo parce qu’il ne parle pas ou très peu anglais. Il connaît des mots mais les prononce à la brésilienne ce qui fait que nous ne comprenons presque jamais. S’il parle d’une voiture de marque Ford il dit Fordji ce qui n’est pas si mal mais lorsqu’il dit hosas pour rosas là on ne sait pas de quoi il parle.

Nos co-locataires viennent de différents pays. Renée, de la Barbade, (au centre sur la photo) étudie en médecine. Tranquille et discrète elle est toujours disponible pour répondre à nos questions en anglais. Elle est en deuxième année et très occupée en cette fin de session qui précède les vacances de juillet. Fania vient de Haiti et fait sa médecine aussi. Elle vit dans la même chambre que Renée. Elle agit selon nous en fille gâtée de 15-16 ans et se comporte comme si elle vivait seule, sans vraiment tenir compte des autres. Elle est souriante et chante tout le temps tout en se foutant qu’on doive subir sa musique, sa vaisselle qui traîne et ses sacs qui prennent toute la table. Aux dernières nouvelles, elle part en vacance à Recife en juillet et ne reviendra pas.

Aley est un grand jeune homme qu’André décrit fin comme une soie. Brésilien, il agit un peu comme le gardien de la maison, répondant à la porte, au téléphone etc. Il passe beaucoup de temps dans sa chambre et sort peu. Il est toujours disponible et souriant. Il est administrateur et se cherche un emploi. Les trois ont leur ordinateur portable ce qui nous laisse le poste internet. On y exerce notre patience car l’ordinateur est lent et la souris fait souvent défaut ce qui nous oblige à naviguer avec les clés du clavier numérique. L’autre co-loc travaille à l’extérieur et n’est présent que la fin de semaine et les jours de congé. Paulo le nomme Gaucho et prétend qu’il est homosexuel. Pour nous, c’est un gars toujours souriant, le verbe haut et qu’on ne peut manquer de remarquer quand il est à la maison apprendrons qu'il se nomme Diego. Mijail, un péruvien, arrivera le 1er juillet et partagera sa chambre avec un canadien qui devrait arriver en juillet. Nous ne savons pas de quelle partie du Canada. En attendant, c’est un beau groupe et ce n’est pas trop difficile de vivre en maison partagée.

Le jeudi 19 juin, jour de notre installation au Consulado, comme Paulo nomme la maison. Le soir, les proprios nous font découvrir un party de crabe qui a lieu tous les jeudi et vendredi à la plage. Marina tient à nous montrer la technique pour manger le crabe. Paulo commande 4 crabes qui nous arrivent dans une bassine d’eau. On nous donne un petit gourdin et une assiette. Il suffit de prendre le crabe dans la bassine, de le mettre dans l’assiette, de casser les pattes une à une et de sucer les sections de pattes pour en extraire la chair. On les fait bien rire car même en suçant du mieux qu’on peut, nous n’y arrivons pas et devons nous résigner à utiliser le gourdin. Il faut ensuite ouvrir le corps du crabe, se débarrasser de la partie verdâtre, rincer et croquer pour aller chercher la chair. Nous ne goûtons pas grand-chose du crabe et sommes un peu déçus. Paulo commande ensuite des pinces panées et de la chair en purée. C’est bon mais...

Vendredi 20 juin, ils nous invitent à participer à la fête des moissons chez un cousin de Paulo. L’entrée est de 20 Réales soit 14$ environ par personne et on peut manger toute la soirée. Les fêtes comme celle où nous nous rendons se nomment les fêtes de juin. Introduites par les Portugais, elles débutent le 12 juin pour se terminer le 29. Lors de ces fêtes, on allume de grands feux de bois, on organise des bals traditionnels, des feux d’artifice et on y sert des plats régionaux accompagnés de boissons typiques. Les familles se réunissent pour célébrer la récolte et goûter aux fruits du labeur des champs.

La fête où nous allons est organisée par Luis Paulo, ami de longue date de Paulo. Il habite un condo et la fête se déroule dans l’espace commun aux résidents. On a installé, autour d’une grande piscine, des tables et des chaises. Les gens sont costumés en paysans, il y a un shérif et un prêtre et un couple à marier. Plusieurs filles portent le costume traditionnel, robe colorée à volants, bas résille, jarretelle (comme dans nos mariages) et culotte de dentelle apparaissant pendant les danses. Beaucoup sont coiffés de chapeaux de paille et pour certaines filles, le chapeau vient avec deux tresses.

Marina a tressé ses cheveux, mis des pièces de couleur sur ses jeans et complété le tout par des taches de rousseur. Elle est tout à fait mignonne. Toute la soirée, un accordéoniste, un triangle et un chanteur accompagnent le party. Ils n’arrêtent jamais! Il y a une grande piste de danse en terrazo et lorsque le quadrille débute nous devons participer. C’est comme une danse carrée mais nous ne comprenons pas ce que le « caller » dit de faire. Nous devons abandonner au bout d’une vingtaine de minute, á moitié trempés. Les jeunes continuent encore pour au moins aussi longtemps. Avec la chaleur, je ne crois pas que, même jeunes, nous y serions arrivés!

Les plats traditionnels : fejoada (légumineuses, viande boeuf, porc, etc...), carne do sol (boeuf séché au soleil), baião de doce (riz, fèves, saucisses) sont délicieux. Des plats à base de millet et des brochettes de boeuf et de poulet et une multitude de desserts complètent le menu. On peut se servir à volonté. Pascal Brunet serait au paradis avec tout ce qui se fait en sucreries ici et ne se sentirait pas coupable car ici on a la dent tout aussi sucrée que la sienne. Nous nous laissons tenter malgré que nous n’ayons plus faim pour un gâteau (pé de moleque) que Marina décrit comme un délice des dieux. C’en est un et nous le mangeons en entier.

En cours de soirée, on présente un simulacre de mariage. Une fille vêtue d’une courte et très décolletée robe de mariée blanche et voile se présente devant le prêtre avec son fiancé. Les villageois sont présents. La fille est enceinte. Lorsque le prêtre demande si quelqu’un a une raison valable d’empêcher ce mariage, un premier supposé père se lève et se déclare responsable. La fille nie et le prêtre pose à nouveau la question et un autre père se lève et ainsi de suite. Les épouses de ceux qui sont mariés interviennent pour frapper leurs maris et les raisons invoquées font rire tout le monde. Finalement la bénédiction a lieu et la danse continue.

Samedi, 21 juin. Cette fois, Luis Paulo nous invite chez lui. Nous avons un peu peur de cette soirée plus intime et peut-être plus coincée. Nous sommes soulagés de constater que tout se passe encore à l’extérieur et que son espace privé est presqu’aussi grand que celui de la veille. Il y a moins de monde mais c’est le même genre de musique et de plats. Les gens sont habillés simplement et discutent autour de tables installés sur une très grande terrasse avec une piste de danse une marche plus haut.

Nous goûtons la cachaça qui est une eau de vie de canne à sucre. C’est excellent et Paulo insiste pour qu’on goutte à son scotch. Ça se termine par bien des rires à notre sujet parce que nous aimons la cachaça et par une photo d’André avec la bouteille de Scotch, celle de cachaça, un verre de chacun et moi avec un verre de cachaça. À partir de cette soirée, Paulo nous appelera Pinga et Pingouss, surnoms qu'ils donnent aux amateurs d’alcool.

Dans ces fêtes, on danse le Forro (prononcer Foho), on écoute la musique et surtout on jase autour de tables de plastic. On y parle politique et on s’informe des uns et des autres. Plus on prend de boisson plus on se taquine et on raconte des histoires. Le ton de voix monte mais ce n’est jamais agressif. Personne ne semble sentir le besoin de faire autre chose que de jaser en sirotant son verre sauf , à l’occasion, pour aller chercher une brochette de boeuf ou de poulet, un plat traditionnel ou des sucreries. Il doit y avoir une vingtaine de sortes de gâteaux et pâtisseries. On mange pendant des heures. Les plus jeunes dansent et jasent entre eux.

À cette soirée, la deuxième fille de la famille, Livia, est accompagnée de son amoureux. Les deux préparent le concours d’admission en médecine. Ici, c’est le meilleur moyen de gagner décemment sa vie. Les jeunes étudient beaucoup tous les jours car les examens sont difficiles et beaucoup de candidats se présentent et espèrent être acceptés à la faculté. Il y a encore plus de monde pour l’université publique qui est moins dispendieuse que la privée.

Nous faisons connaissance avec Mijail, anthropologue Péruvien de Lima marié à une Française et demeurant à Paris (les brésiliens prononcent son nom: Miaou). Il travaille pour une organisation française qui fait une étude de faisabilité concernant la possibilité, pour les brésiliens, de mieux utiliser la récolte de noix d'acajou. Actuellement ils exportent la noix que nous connaissons bien et utilisent très peu les autres parties, le fruit entre autre, sauf comme nourriture pour les cochons. La firme française a fait des recherches et trouvé que le fruit et d’autres éléments peuvent être utilisés pour fabriquer des produits de nettoyage. Mijail a quatre mois pour produire un papier sur le sujet. Sa femme, qui a une maîtrise en économie, et lui rêvent de travailler pour une compagnie française (payés en Euros) et vivre en mission au Pérou (pas cher). Ils ont un fils d’un an et demi.

Mijail veut déménager au Consulado, dans la même villa que nous, pour avoir l’occasion de pratiquer son brésilien. Il parle français, espagnol, pas mal brésilien et un peu anglais. Il fait ce travail dans le cadre d’un doctorat mais commence à trouver difficile de faire des missions aussi longues et loin de sa famille. En fait il parle un mélange de portugais et d’espagnol que nous appelons portagnol et c’est surtout pour corriger ce type de langage qu’il veut vivre avec nous. Ce n’est pas nous qui pourrons l’aider mais les autres si, et il est adopté presqu’autant que nous par Paulo et Valéria qui se montrent aussi généreux avec lui qu’avec nous.

Luis Paulo, notre hôte, explique ce qu’il fait comme métier et, grâce à notre interprète Mijail, nous comprenons mieux ce qu’il raconte. Il est gestionnaire dans une entreprise de pisciculture qui tente d’exploiter toutes les parties du tilapia, un poisson cultivé en grande quantité par sa compagnie. Ils exportent les filets, d’autres parties sont utilisées pour faire de l’huile, de la nourriture pour les animaux et des engrais. Finalement la peau est séchée puis traitée. On coud ensuite les peaux ensemble pour en faire de grandes pièces qui seront utilisées dans la fabrication de vestes, chaussures, ceintures, bourses, ... etc.

Il en avait un échantillon avec lui (ci-contre). Ça ressemble à du cuir mais en plus mince. Il dit que c’est très résistant, autant que du cuir, et aussi souple et isolant. Ils peuvent la teindre comme le cuir et le traitement enlève la rugosité des écailles. Il va nous emmener voir tout ça sous peu car il espère que nous puissions intéresser le Canada à cette production nouvelle.

Dimanche, 22 juin. En fin d'après-midi, nous décidons de nous lancer et de voyager en autobus. Nous nous rendons dans le secteur que nous avons connu les premiers jours (Beira Mar). Ici, on arrête l’autobus désiré avec un signe de la main et on entre dans l’autobus par la porte arrière. On paie ensuite à un percepteur qui nous laisse passer un tourniquet pour nous asseoir à l’avant. On sort à l’avant. La porte du milieu ne semble pas servir. Les seules personnes que nous ayons vu entrer par l’avant sont des personnes âgées. Nous profitons de la longue promenade le long de la mer, prenons une bière les pieds dans le sable et continuons vers la fin de la promenade pour déguster un sorvete qui est une crème glacée servi dans une coupelle en biscuit comme nos cornets. Marina nous avait décrit cet endroit comme la meilleure place pour ce type de délice qu’elle adore. On y sert 50 saveurs dont plusieurs aux fruits. C’est délicieux mais très sucré et surtout abondant même si nous avions pris une boule seulement. Marina se montre très surprise lorsque je lui dit plus tard que c’était beaucoup. Elle prend toujours deux boules et ne trouve pas ça beaucoup. On a vraiment le bec sucré ici! Pourtant Marina a une taille de guêpe et... une peau de satin.

Lundi, 23 juin, nous nous rendons à la plage en autobus et revenons de la même façon. Nous commençons à nous sentir plus autonomes. Le chauffeur conduit très vite et passe les dos d’ânes sans ralentir. Je suis soulevée de mon siège et ma hanche en prend un coup. Je ressens le choc jusque dans la tête. Je paierai le prix les deux jours suivants.

Nous profitons au maximum de la plage et nous confirmons notre impression que c’est la plus belle plage que nous ayons vu après les îles. On ne peut pas vraiment y nager car les vagues sont fortes et rapprochées. Elle est superbe à marcher et d’avancer dans ces vagues constitue notre exercice du jour car il n’est pas possible de prendre de longues marches ailleurs que sur la plage et dans le secteur de Beira Mar.

Nous sirotons une bière en jasant sous un abri de paille. Nous mangeons des fruits et des langoustines mais les prix de la plage nous semblent élevés. Comme les marchands nous reconnaissent comme des gringos, ils ne se gênent pas pour demander 2-3 fois le prix, ce que Valéria me confirmera plus tard. Comme nous ne connaissons pas le prix des choses, il est facile de nous faire avoir. On nous conseille de mettre nos affaires dans une boîte fermant à clé. Je laisse notre serviette sur la chaise pour aller nous baigner et au retour elle a disparu. Heureusement j’avais écouté André qui me conseillait de mettre même nos sandales (assez vieilles) dans la boîte car cette serviette était très ordinaire et peu dispendieuse.

Mardi, 24 juin. Nous retournons dans le secteur de Beira Mar et tentons de trouver le marché central qui est sensé être un marché sur 8 étages. Il est fermé pour la St-Jean. Nous magasinons sur la rue menant au marché et André trouve des sandales qui lui conviennent. Moi, je constate que je n’habille pas comme les brésiliennes. Tout est fait pour des corps de type adolescente. Je me sens grosse! Il y en a des grosses ici aussi mais je ne sais pas où elles s’habillent. En tout cas, elles n’ont pas de complexes. Dans la rue comme sur la plage, les grosses s’habillent avec des vêtements collants, des bikinis et ne semblent pas se préoccuper de ce que peuvent penser les autres. Il y a vraiment beaucoup de belles filles, minces et bien habillées mais il y a aussi des grosses comme moi et des plus grosses. Je vais donc faire comme elles et ne pas m'occuper de ce que les autres peuvent penser de mon apparence. Ici, de toute façon, on nous repère immédiatement comme gringos et peu importe ce que l’on porte, on est différents.

Les serveurs du resto où nous avons dîné nous avaient dit que le marché était à 8 kilomètres de là. Nous nous sommes rendus à un coin de rue du marché et sommes revenus. C’est une bonne marche et après m'être, à mon tour, trouvé des sandales, puis un ensemble en coton au marché du bord de mer, nous prenons un taxi pour revenir á la maison. Un taxi nous coûte environ 11R, soit 7$, pour une course de 10-15 minutes.

Mercredi, 25 juin. Nous passons 2 heures et demi au café internet car l’ordinateur de la maison ne fonctionne pas bien. Nous essayons de suivre nos dépenses, d`écrire dans le blogue, de transférer les photos que nous avons prises depuis notre arrivée. Nous faisons ensuite du brésilien et pour nous faire l’oreille à la langue parlée, nous écoutons une « novella » très suivie par les brésiliens. C’est un feuilleton qui passe tous les soirs pendant 2 heures. Je comprends grossiérement l’histoire mais peu de phrases en réalité. Ça devrait venir avec le temps.

Jeudi, 26 juin. La journée est consacrée au blogue. Nous avons beaucoup de difficultés à transférer les photos et vidéos. Heureusement, Brigitte est là pour répondre à nos questions. Le reste de la journée est une copie de la veille. On ne peut pas dire que nous nous fatiguons beaucoup. Nous dormons 10 à 12 heures par nuit! André s’est réveillé avec des décorations sur les côtés et les fesses. Certaines piqûres sont assez grosses, surtout sur les fesses. Nous ne savons pas trop ce que c’est mais on nous dira plus tard que ce sont des piqûres de moustique. Ils devaient être dans le lit. On va acheter un onguent, je ne voudrais pas qu’André soit « défiguré »!!

Vendredi, 27 juin. Paulo nous invite à une compétition de quadrille qui se déroule à l’école où Valérie est responsable de la coordination des classes des enfants entre 4 et 14 ans. La compétition débute par la classe de 3ème, soit des jeunes de 17 ans. Un groupe de fans occupe un coin des estrades et agite, avec force cris et sifflements, un immense drapeau rouge sur lequel on peut lire Passion Totale. Cinq ou 6 juges sont installés sur une estrade à un bout de la piste de danse qui fait toute la longueur du gymnase. Les couples entrent en dansant et chantant. Chaque couple porte un costume de couleur différente. Si c’est un vert, les chaussures, bas et décorations sont dans les mêmes teintes tant pour le garçon que pour la fille. Les robes à volants, brillants, froufrous sont très colorées. Les filles portent une culotte en satin et dentelle avec jarretelle assortie, apparaissant lorsqu’elles tournent ou jouent avec leurs robes. Les gars sont aussi élégants mais leurs chapeaux leur causeront certains ennuis en tombant dans certaines chorégraphies. Il y a aussi une fille seule qui semble être la chef de danse. Un couple tout en blanc sera mis en vedette dans certaines danses. Tous ces jeunes dansent en chantant et en souriant à la foule, essayant de convaincre qu’ils sont les meilleurs tout le long d’une compétition de 30-40 minutes. Ils sont une quarantaine et nous estimons la foule à 400 ou 500 personnes.

La classe de deuxième (16 ans) présente des numéros différents. Leurs fans ont étendu un immense drap blanc qui recouvre un coin des estrades et des jeunes agitent ce drap en chantant. On voit un jeune costumé en amérindien avec un arc s’avancer sur la piste. En relevant la tête nous réalisons que le drap blanc est disparu et que toute la troupe se trouvait sous ce drap. À leur entrée en piste, nous trouvons leurs costumes plus originaux. Les filles portent de belles plumes dans leurs cheveux (un peu style french cancan) et encore là, toute la gamme des couleurs pour les tissus. Leurs danses sont aussi plus originales. L’une d’elles se terminera avec tous les jeunes en cercle trés serré qui lorsqu’ils se pencheront vers l'arrière ressembleront á une fleur avec au centre l’indien du début que nous n’avions pas vu s’insérer parmi les danseurs. Nous ne comprenons pas toute la signification des figures mais c’est un trés joli spectacle. Comme c’est très bruyant, nous partons avant la présentation du dernier groupe. Le groupe de deuxième gagnera le premier prix et celui de troisième le deuxième prix. Nous aurons donc vu les gagnants.

Nous nous rendons dans un endroit populaire pour manger des crevettes. Paulo est allé cherché Mijail et ce dernier est très content de pouvoir manger des fruits de mer. Les crevettes sont servies entières, tête et queue. Mijail décortique le tout à la fourchette et au couteau. Il nous explique que sa femme est une bourgeoise et qu’elle lui a appris comment faire. Nous faisons comme la majorité des gens et mangeons le tout avec nos doigts. Les deux fois où nous avons mangé les crevettes, nous les avons trouvées trop cuites mais bonnes. Nous goûtons au Caipirinha (sucre, glace et lime pilée, cachaça). Délicieux! Et fort. Jacques, mon frère m’avait fait goûter à son retour du Brasil mais je ne me souvenais pas du nom. Je viens de lire que, selon la tradition, si on boit de la cachaça pure, il est de bon augure d’en jeter quelques gouttes par terre pour attirer la chance. Nous comprenons un peu plus ce que raconte Paulo et savons très bien qu’il se moque de nous mais c’est gentil et pas méchant pour deux sous.

Samedi le 28 Marina vient avec son père et sa mère nous chercher pour aller acheter des fruits frais. Nous leur avions exprimé notre déception de ne pas trouver de jus naturels et nous leur avions parlé de notre manque de connaissance des fruits d’ici. Nous allons dans un marché populaire de la basse ville. Tout le monde nous regarde pendant que Valéria nous explique les fruits et comment les choisir. Nous décidons d’essayer celui que Valéria préfère, le Aca (á la Barbade, on l’appelle Mamie’s apple ou sugar apple). Le fruit est velouté à l’extérieur et trés fragile. À maturité, il s’ouvre comme une fleur et la pulpe est blanche, un peu gélatineuse et sucrée. Nous choisissons évidemment des oranges, un ananas, de petites pommettes que nous trouverons trop surettes.

Paulo nous avait proposé de venir cuire la viande au BBQ si nous achetions la viande. Il achète en gars généreux, 2 grosses pièces de boeuf, des saucisses, du poulet, de grosses côtes levées (70 R). Finalement il en paiera la moitié. Nous, on se dit que cette viande sera perdue, il y en a beaucoup trop! Il ne nous avait pas dit le nombre d’invités. Un couple de voisins et amis se présente à la porte, ce sont Juana et Luciano accompagné de leur fille de 10-12 ans. Puis Luis Paulo et Ivanessa son épouse arrivent avec leur fils d’environ le même âge que la petite fille. Marina, son ami et touts les co-locs. La soirée se se passe à l’extérieur sur la terrasse. Valéria et Ivanessa cuisinent un « baião de doce », plat typique composé de riz, fèves, saucisses, herbes fraîches et une préparation à base de manioc pour accompagner les viandes. Luis Paulo fera cuire de la viande toute la soirée. Il découpe les pièces de boeuf, les assaisonne et les place des morceaux entre deux grilles munies d ‘une longue poignée pour la tourner régulièrement (un peu comme une grille pour le poisson). Le tout est mis sur des grilles assez loin du feu après avoir été saisi et cuit lentement. Mijail nous rejoindra plus tard en soirée lorsque Paulo ira le chercher. Nous aurons l’occasion de jaser plus longuement avec Renée qui essaie de nous convaincre que la Barbade est ce qu’il y a de mieux comme pays même si le coût de la vie y est cher..

À la fin de la soirée, il ne reste que Paulo, Luis Paulo et leurs femmes, Luciano et Mijail. Ils jasent plus librement en demandant parfois à Mijail. Je lui dit ce que j’ai compris et c’est majoritairement ce qui a été dit. Je suis contente de mieux comprendre mais très frustrée d’être incapable de faire une phrase, même simple, quand c’est le temps. André a un peu plus de difficulté à comprendre à cause des accents. Je ne suis pas surprise car il avait ce problème avec les gens des îles mais avec le temps, je suis certaine que ça viendra. On nous taquine beaucoup et Paulo raconte nos difficultés à manger le crabe tout en nous mimant en train d’essayer de succionner la chair des pattes. Superbe soirée et la nourriture était excellente.

Dimanche, 29 juin. Nous allons passer quelques heures à la plage et décidons ne parler plus souvent entre nous en brésilien même si nos phrases ne sont pas correctes mais pour prendre l’habitude de répondre en brésilien. Nous faisons des leçons de notre méthode Assimil et cherchons nos mots dans le dictionnaire. Nous nous promettons de le faire tous les jours.

Lundi 30 juin. Nous demeurons à la maison, faisons de l’internet sans souris, Patiencia! Et pratiquons notre brésilien. C’est plus collant et les moustiques sont plus présents en fin de journée. Paulo change l’ordi et ramène Mijail qui s’installe ici. Quelques phrases échangées avec Valéria confirment que nous sommes encore trés loin du dialogue, mais petit à petit...