Nous avons pensé raconter, sous forme de journal, notre aventure au Brésil afin que Mme Belzile, la mère d'André, qui fêtera ses 96 ans en juillet, puisse nous suivre au jour le jour.
On peut pratiquement dire que Valéria et Paulo, le propriétaire de la maison où nous habitons (ici avec Livia et son ami à la fête des moissons), nous ont adoptés et ont décidé de nous aider dans notre intégration au Brésil. Leurs trois filles sont très gentilles.
La plus vieille, Marina, 19 ans, étudie en psychologie et parle un moins bon anglais que sa mère mais se débrouille bien. Son amoureux, Caio, prépare le « vestibular », un test que tous les étudiants qui veulent aller à l’université publique doivent passer pour être admis. Il veut faire sa médecine. Ils forment un très beau couple. Caio est très discret et les deux veulent améliorer leur anglais et, si possible, apprendre de nouveaux mots en français. La deuxième fille, Livia, est un peu plus timide que sa soeur probablement parce qu’elle maîtrise moins bien l’anglais. Son ami Joan et elle préparent aussi le concours d’admission en médecine. La dernière, très timide, se nomme Vivian. Elle va partir en août dans une famille du Colorado pour un an. Nous ne pouvons pas encore réellement communiquer avec elle.
La première semaine, Marina est toujours présente. Nous comprenons, après une couple de sorties, que les parents ne leur donnent probablement pas le choix d’accompagner Paulo parce qu’il ne parle pas ou très peu anglais. Il connaît des mots mais les prononce à la brésilienne ce qui fait que nous ne comprenons presque jamais. S’il parle d’une voiture de marque Ford il dit Fordji ce qui n’est pas si mal mais lorsqu’il dit hosas pour rosas là on ne sait pas de quoi il parle.
Nos co-locataires viennent de différents pays. Renée, de la Barbade, (au centre sur la photo) étudie en médecine. Tranquille et discrète elle est toujours disponible pour répondre à nos questions en anglais. Elle est en deuxième année et très occupée en cette fin de session qui précède les vacances de juillet. Fania vient de Haiti et fait sa médecine aussi. Elle vit dans la même chambre que Renée. Elle agit selon nous en fille gâtée de 15-16 ans et se comporte comme si elle vivait seule, sans vraiment tenir compte des autres. Elle est souriante et chante tout le temps tout en se foutant qu’on doive subir sa musique, sa vaisselle qui traîne et ses sacs qui prennent toute la table. Aux dernières nouvelles, elle part en vacance à Recife en juillet et ne reviendra pas.
Aley est un grand jeune homme qu’André décrit fin comme une soie. Brésilien, il agit un peu comme le gardien de la maison, répondant à la porte, au téléphone etc. Il passe beaucoup de temps dans sa chambre et sort peu. Il est toujours disponible et souriant. Il est administrateur et se cherche un emploi. Les trois ont leur ordinateur portable ce qui nous laisse le poste internet. On y exerce notre patience car l’ordinateur est lent et la souris fait souvent défaut ce qui nous oblige à naviguer avec les clés du clavier numérique. L’autre co-loc travaille à l’extérieur et n’est présent que la fin de semaine et les jours de congé. Paulo le nomme Gaucho et prétend qu’il est homosexuel. Pour nous, c’est un gars toujours souriant, le verbe haut et qu’on ne peut manquer de remarquer quand il est à la maison apprendrons qu'il se nomme Diego. Mijail, un péruvien, arrivera le 1er juillet et partagera sa chambre avec un canadien qui devrait arriver en juillet. Nous ne savons pas de quelle partie du Canada. En attendant, c’est un beau groupe et ce n’est pas trop difficile de vivre en maison partagée.
Le jeudi 19 juin, jour de notre installation au Consulado, comme Paulo nomme la maison. Le soir, les proprios nous font découvrir un party de crabe qui a lieu tous les jeudi et vendredi à la plage. Marina tient à nous montrer la technique pour manger le crabe. Paulo commande 4 crabes qui nous arrivent dans une bassine d’eau. On nous donne un petit gourdin et une assiette. Il suffit de prendre le crabe dans la bassine, de le mettre dans l’assiette, de casser les pattes une à une et de sucer les sections de pattes pour en extraire la chair. On les fait bien rire car même en suçant du mieux qu’on peut, nous n’y arrivons pas et devons nous résigner à utiliser le gourdin. Il faut ensuite ouvrir le corps du crabe, se débarrasser de la partie verdâtre, rincer et croquer pour aller chercher la chair. Nous ne goûtons pas grand-chose du crabe et sommes un peu déçus. Paulo commande ensuite des pinces panées et de la chair en purée. C’est bon mais...
Vendredi 20 juin, ils nous invitent à participer à la fête des moissons chez un cousin de Paulo. L’entrée est de 20 Réales soit 14$ environ par personne et on peut manger toute la soirée. Les fêtes comme celle où nous nous rendons se nomment les fêtes de juin. Introduites par les Portugais, elles débutent le 12 juin pour se terminer le 29. Lors de ces fêtes, on allume de grands feux de bois, on organise des bals traditionnels, des feux d’artifice et on y sert des plats régionaux accompagnés de boissons typiques. Les familles se réunissent pour célébrer la récolte et goûter aux fruits du labeur des champs.
La fête où nous allons est organisée par Luis Paulo, ami de longue date de Paulo. Il habite un condo et la fête se déroule dans l’espace commun aux résidents. On a installé, autour d’une grande piscine, des tables et des chaises. Les gens sont costumés en paysans, il y a un shérif et un prêtre et un couple à marier. Plusieurs filles portent le costume traditionnel, robe colorée à volants, bas résille, jarretelle (comme dans nos mariages) et culotte de dentelle apparaissant pendant les danses. Beaucoup sont coiffés de chapeaux de paille et pour certaines filles, le chapeau vient avec deux tresses.
Marina a tressé ses cheveux, mis des pièces de couleur sur ses jeans et complété le tout par des taches de rousseur. Elle est tout à fait mignonne. Toute la soirée, un accordéoniste, un triangle et un chanteur accompagnent le party. Ils n’arrêtent jamais! Il y a une grande piste de danse en terrazo et lorsque le quadrille débute nous devons participer. C’est comme une danse carrée mais nous ne comprenons pas ce que le « caller » dit de faire. Nous devons abandonner au bout d’une vingtaine de minute, á moitié trempés. Les jeunes continuent encore pour au moins aussi longtemps. Avec la chaleur, je ne crois pas que, même jeunes, nous y serions arrivés!
Les plats traditionnels : fejoada (légumineuses, viande boeuf, porc, etc...), carne do sol (boeuf séché au soleil), baião de doce (riz, fèves, saucisses) sont délicieux. Des plats à base de millet et des brochettes de boeuf et de poulet et une multitude de desserts complètent le menu. On peut se servir à volonté. Pascal Brunet serait au paradis avec tout ce qui se fait en sucreries ici et ne se sentirait pas coupable car ici on a la dent tout aussi sucrée que la sienne. Nous nous laissons tenter malgré que nous n’ayons plus faim pour un gâteau (pé de moleque) que Marina décrit comme un délice des dieux. C’en est un et nous le mangeons en entier.
En cours de soirée, on présente un simulacre de mariage. Une fille vêtue d’une courte et très décolletée robe de mariée blanche et voile se présente devant le prêtre avec son fiancé. Les villageois sont présents. La fille est enceinte. Lorsque le prêtre demande si quelqu’un a une raison valable d’empêcher ce mariage, un premier supposé père se lève et se déclare responsable. La fille nie et le prêtre pose à nouveau la question et un autre père se lève et ainsi de suite. Les épouses de ceux qui sont mariés interviennent pour frapper leurs maris et les raisons invoquées font rire tout le monde. Finalement la bénédiction a lieu et la danse continue.
Samedi, 21 juin. Cette fois, Luis Paulo nous invite chez lui. Nous avons un peu peur de cette soirée plus intime et peut-être plus coincée. Nous sommes soulagés de constater que tout se passe encore à l’extérieur et que son espace privé est presqu’aussi grand que celui de la veille. Il y a moins de monde mais c’est le même genre de musique et de plats. Les gens sont habillés simplement et discutent autour de tables installés sur une très grande terrasse avec une piste de danse une marche plus haut.
Nous goûtons la cachaça qui est une eau de vie de canne à sucre. C’est excellent et Paulo insiste pour qu’on goutte à son scotch. Ça se termine par bien des rires à notre sujet parce que nous aimons la cachaça et par une photo d’André avec la bouteille de Scotch, celle de cachaça, un verre de chacun et moi avec un verre de cachaça. À partir de cette soirée, Paulo nous appelera Pinga et Pingouss, surnoms qu'ils donnent aux amateurs d’alcool.
Dans ces fêtes, on danse le Forro (prononcer Foho), on écoute la musique et surtout on jase autour de tables de plastic. On y parle politique et on s’informe des uns et des autres. Plus on prend de boisson plus on se taquine et on raconte des histoires. Le ton de voix monte mais ce n’est jamais agressif. Personne ne semble sentir le besoin de faire autre chose que de jaser en sirotant son verre sauf , à l’occasion, pour aller chercher une brochette de boeuf ou de poulet, un plat traditionnel ou des sucreries. Il doit y avoir une vingtaine de sortes de gâteaux et pâtisseries. On mange pendant des heures. Les plus jeunes dansent et jasent entre eux.
À cette soirée, la deuxième fille de la famille, Livia, est accompagnée de son amoureux. Les deux préparent le concours d’admission en médecine. Ici, c’est le meilleur moyen de gagner décemment sa vie. Les jeunes étudient beaucoup tous les jours car les examens sont difficiles et beaucoup de candidats se présentent et espèrent être acceptés à la faculté. Il y a encore plus de monde pour l’université publique qui est moins dispendieuse que la privée.
Nous faisons connaissance avec Mijail, anthropologue Péruvien de Lima marié à une Française et demeurant à Paris (les brésiliens prononcent son nom: Miaou). Il travaille pour une organisation française qui fait une étude de faisabilité concernant la possibilité, pour les brésiliens, de mieux utiliser la récolte de noix d'acajou. Actuellement ils exportent la noix que nous connaissons bien et utilisent très peu les autres parties, le fruit entre autre, sauf comme nourriture pour les cochons. La firme française a fait des recherches et trouvé que le fruit et d’autres éléments peuvent être utilisés pour fabriquer des produits de nettoyage. Mijail a quatre mois pour produire un papier sur le sujet. Sa femme, qui a une maîtrise en économie, et lui rêvent de travailler pour une compagnie française (payés en Euros) et vivre en mission au Pérou (pas cher). Ils ont un fils d’un an et demi.
Mijail veut déménager au Consulado, dans la même villa que nous, pour avoir l’occasion de pratiquer son brésilien. Il parle français, espagnol, pas mal brésilien et un peu anglais. Il fait ce travail dans le cadre d’un doctorat mais commence à trouver difficile de faire des missions aussi longues et loin de sa famille. En fait il parle un mélange de portugais et d’espagnol que nous appelons portagnol et c’est surtout pour corriger ce type de langage qu’il veut vivre avec nous. Ce n’est pas nous qui pourrons l’aider mais les autres si, et il est adopté presqu’autant que nous par Paulo et Valéria qui se montrent aussi généreux avec lui qu’avec nous.
Luis Paulo, notre hôte, explique ce qu’il fait comme métier et, grâce à notre interprète Mijail, nous comprenons mieux ce qu’il raconte. Il est gestionnaire dans une entreprise de pisciculture qui tente d’exploiter toutes les parties du tilapia, un poisson cultivé en grande quantité par sa compagnie. Ils exportent les filets, d’autres parties sont utilisées pour faire de l’huile, de la nourriture pour les animaux et des engrais. Finalement la peau est séchée puis traitée. On coud ensuite les peaux ensemble pour en faire de grandes pièces qui seront utilisées dans la fabrication de vestes, chaussures, ceintures, bourses, ... etc.
Il en avait un échantillon avec lui (ci-contre). Ça ressemble à du cuir mais en plus mince. Il dit que c’est très résistant, autant que du cuir, et aussi souple et isolant. Ils peuvent la teindre comme le cuir et le traitement enlève la rugosité des écailles. Il va nous emmener voir tout ça sous peu car il espère que nous puissions intéresser le Canada à cette production nouvelle.
Dimanche, 22 juin. En fin d'après-midi, nous décidons de nous lancer et de voyager en autobus. Nous nous rendons dans le secteur que nous avons connu les premiers jours (Beira Mar). Ici, on arrête l’autobus désiré avec un signe de la main et on entre dans l’autobus par la porte arrière. On paie ensuite à un percepteur qui nous laisse passer un tourniquet pour nous asseoir à l’avant. On sort à l’avant. La porte du milieu ne semble pas servir. Les seules personnes que nous ayons vu entrer par l’avant sont des personnes âgées. Nous profitons de la longue promenade le long de la mer, prenons une bière les pieds dans le sable et continuons vers la fin de la promenade pour déguster un sorvete qui est une crème glacée servi dans une coupelle en biscuit comme nos cornets. Marina nous avait décrit cet endroit comme la meilleure place pour ce type de délice qu’elle adore. On y sert 50 saveurs dont plusieurs aux fruits. C’est délicieux mais très sucré et surtout abondant même si nous avions pris une boule seulement. Marina se montre très surprise lorsque je lui dit plus tard que c’était beaucoup. Elle prend toujours deux boules et ne trouve pas ça beaucoup. On a vraiment le bec sucré ici! Pourtant Marina a une taille de guêpe et... une peau de satin.
Lundi, 23 juin, nous nous rendons à la plage en autobus et revenons de la même façon. Nous commençons à nous sentir plus autonomes. Le chauffeur conduit très vite et passe les dos d’ânes sans ralentir. Je suis soulevée de mon siège et ma hanche en prend un coup. Je ressens le choc jusque dans la tête. Je paierai le prix les deux jours suivants.
Nous profitons au maximum de la plage et nous confirmons notre impression que c’est la plus belle plage que nous ayons vu après les îles. On ne peut pas vraiment y nager car les vagues sont fortes et rapprochées. Elle est superbe à marcher et d’avancer dans ces vagues constitue notre exercice du jour car il n’est pas possible de prendre de longues marches ailleurs que sur la plage et dans le secteur de Beira Mar.
Nous sirotons une bière en jasant sous un abri de paille. Nous mangeons des fruits et des langoustines mais les prix de la plage nous semblent élevés. Comme les marchands nous reconnaissent comme des gringos, ils ne se gênent pas pour demander 2-3 fois le prix, ce que Valéria me confirmera plus tard. Comme nous ne connaissons pas le prix des choses, il est facile de nous faire avoir. On nous conseille de mettre nos affaires dans une boîte fermant à clé. Je laisse notre serviette sur la chaise pour aller nous baigner et au retour elle a disparu. Heureusement j’avais écouté André qui me conseillait de mettre même nos sandales (assez vieilles) dans la boîte car cette serviette était très ordinaire et peu dispendieuse.
Mardi, 24 juin. Nous retournons dans le secteur de Beira Mar et tentons de trouver le marché central qui est sensé être un marché sur 8 étages. Il est fermé pour la St-Jean. Nous magasinons sur la rue menant au marché et André trouve des sandales qui lui conviennent. Moi, je constate que je n’habille pas comme les brésiliennes. Tout est fait pour des corps de type adolescente. Je me sens grosse! Il y en a des grosses ici aussi mais je ne sais pas où elles s’habillent. En tout cas, elles n’ont pas de complexes. Dans la rue comme sur la plage, les grosses s’habillent avec des vêtements collants, des bikinis et ne semblent pas se préoccuper de ce que peuvent penser les autres. Il y a vraiment beaucoup de belles filles, minces et bien habillées mais il y a aussi des grosses comme moi et des plus grosses. Je vais donc faire comme elles et ne pas m'occuper de ce que les autres peuvent penser de mon apparence. Ici, de toute façon, on nous repère immédiatement comme gringos et peu importe ce que l’on porte, on est différents.
Les serveurs du resto où nous avons dîné nous avaient dit que le marché était à 8 kilomètres de là. Nous nous sommes rendus à un coin de rue du marché et sommes revenus. C’est une bonne marche et après m'être, à mon tour, trouvé des sandales, puis un ensemble en coton au marché du bord de mer, nous prenons un taxi pour revenir á la maison. Un taxi nous coûte environ 11R, soit 7$, pour une course de 10-15 minutes.
Mercredi, 25 juin. Nous passons 2 heures et demi au café internet car l’ordinateur de la maison ne fonctionne pas bien. Nous essayons de suivre nos dépenses, d`écrire dans le blogue, de transférer les photos que nous avons prises depuis notre arrivée. Nous faisons ensuite du brésilien et pour nous faire l’oreille à la langue parlée, nous écoutons une « novella » très suivie par les brésiliens. C’est un feuilleton qui passe tous les soirs pendant 2 heures. Je comprends grossiérement l’histoire mais peu de phrases en réalité. Ça devrait venir avec le temps.
Jeudi, 26 juin. La journée est consacrée au blogue. Nous avons beaucoup de difficultés à transférer les photos et vidéos. Heureusement, Brigitte est là pour répondre à nos questions. Le reste de la journée est une copie de la veille. On ne peut pas dire que nous nous fatiguons beaucoup. Nous dormons 10 à 12 heures par nuit! André s’est réveillé avec des décorations sur les côtés et les fesses. Certaines piqûres sont assez grosses, surtout sur les fesses. Nous ne savons pas trop ce que c’est mais on nous dira plus tard que ce sont des piqûres de moustique. Ils devaient être dans le lit. On va acheter un onguent, je ne voudrais pas qu’André soit « défiguré »!!
Vendredi, 27 juin. Paulo nous invite à une compétition de quadrille qui se déroule à l’école où Valérie est responsable de la coordination des classes des enfants entre 4 et 14 ans. La compétition débute par la classe de 3ème, soit des jeunes de 17 ans. Un groupe de fans occupe un coin des estrades et agite, avec force cris et sifflements, un immense drapeau rouge sur lequel on peut lire Passion Totale. Cinq ou 6 juges sont installés sur une estrade à un bout de la piste de danse qui fait toute la longueur du gymnase. Les couples entrent en dansant et chantant. Chaque couple porte un costume de couleur différente. Si c’est un vert, les chaussures, bas et décorations sont dans les mêmes teintes tant pour le garçon que pour la fille. Les robes à volants, brillants, froufrous sont très colorées. Les filles portent une culotte en satin et dentelle avec jarretelle assortie, apparaissant lorsqu’elles tournent ou jouent avec leurs robes. Les gars sont aussi élégants mais leurs chapeaux leur causeront certains ennuis en tombant dans certaines chorégraphies. Il y a aussi une fille seule qui semble être la chef de danse. Un couple tout en blanc sera mis en vedette dans certaines danses. Tous ces jeunes dansent en chantant et en souriant à la foule, essayant de convaincre qu’ils sont les meilleurs tout le long d’une compétition de 30-40 minutes. Ils sont une quarantaine et nous estimons la foule à 400 ou 500 personnes.
La classe de deuxième (16 ans) présente des numéros différents. Leurs fans ont étendu un immense drap blanc qui recouvre un coin des estrades et des jeunes agitent ce drap en chantant. On voit un jeune costumé en amérindien avec un arc s’avancer sur la piste. En relevant la tête nous réalisons que le drap blanc est disparu et que toute la troupe se trouvait sous ce drap. À leur entrée en piste, nous trouvons leurs costumes plus originaux. Les filles portent de belles plumes dans leurs cheveux (un peu style french cancan) et encore là, toute la gamme des couleurs pour les tissus. Leurs danses sont aussi plus originales. L’une d’elles se terminera avec tous les jeunes en cercle trés serré qui lorsqu’ils se pencheront vers l'arrière ressembleront á une fleur avec au centre l’indien du début que nous n’avions pas vu s’insérer parmi les danseurs. Nous ne comprenons pas toute la signification des figures mais c’est un trés joli spectacle. Comme c’est très bruyant, nous partons avant la présentation du dernier groupe. Le groupe de deuxième gagnera le premier prix et celui de troisième le deuxième prix. Nous aurons donc vu les gagnants.
Nous nous rendons dans un endroit populaire pour manger des crevettes. Paulo est allé cherché Mijail et ce dernier est très content de pouvoir manger des fruits de mer. Les crevettes sont servies entières, tête et queue. Mijail décortique le tout à la fourchette et au couteau. Il nous explique que sa femme est une bourgeoise et qu’elle lui a appris comment faire. Nous faisons comme la majorité des gens et mangeons le tout avec nos doigts. Les deux fois où nous avons mangé les crevettes, nous les avons trouvées trop cuites mais bonnes. Nous goûtons au Caipirinha (sucre, glace et lime pilée, cachaça). Délicieux! Et fort. Jacques, mon frère m’avait fait goûter à son retour du Brasil mais je ne me souvenais pas du nom. Je viens de lire que, selon la tradition, si on boit de la cachaça pure, il est de bon augure d’en jeter quelques gouttes par terre pour attirer la chance. Nous comprenons un peu plus ce que raconte Paulo et savons très bien qu’il se moque de nous mais c’est gentil et pas méchant pour deux sous.
Samedi le 28 Marina vient avec son père et sa mère nous chercher pour aller acheter des fruits frais. Nous leur avions exprimé notre déception de ne pas trouver de jus naturels et nous leur avions parlé de notre manque de connaissance des fruits d’ici. Nous allons dans un marché populaire de la basse ville. Tout le monde nous regarde pendant que Valéria nous explique les fruits et comment les choisir. Nous décidons d’essayer celui que Valéria préfère, le Aca (á la Barbade, on l’appelle Mamie’s apple ou sugar apple). Le fruit est velouté à l’extérieur et trés fragile. À maturité, il s’ouvre comme une fleur et la pulpe est blanche, un peu gélatineuse et sucrée. Nous choisissons évidemment des oranges, un ananas, de petites pommettes que nous trouverons trop surettes.
Paulo nous avait proposé de venir cuire la viande au BBQ si nous achetions la viande. Il achète en gars généreux, 2 grosses pièces de boeuf, des saucisses, du poulet, de grosses côtes levées (70 R). Finalement il en paiera la moitié. Nous, on se dit que cette viande sera perdue, il y en a beaucoup trop! Il ne nous avait pas dit le nombre d’invités. Un couple de voisins et amis se présente à la porte, ce sont Juana et Luciano accompagné de leur fille de 10-12 ans. Puis Luis Paulo et Ivanessa son épouse arrivent avec leur fils d’environ le même âge que la petite fille. Marina, son ami et touts les co-locs. La soirée se se passe à l’extérieur sur la terrasse. Valéria et Ivanessa cuisinent un « baião de doce », plat typique composé de riz, fèves, saucisses, herbes fraîches et une préparation à base de manioc pour accompagner les viandes. Luis Paulo fera cuire de la viande toute la soirée. Il découpe les pièces de boeuf, les assaisonne et les place des morceaux entre deux grilles munies d ‘une longue poignée pour la tourner régulièrement (un peu comme une grille pour le poisson). Le tout est mis sur des grilles assez loin du feu après avoir été saisi et cuit lentement. Mijail nous rejoindra plus tard en soirée lorsque Paulo ira le chercher. Nous aurons l’occasion de jaser plus longuement avec Renée qui essaie de nous convaincre que la Barbade est ce qu’il y a de mieux comme pays même si le coût de la vie y est cher..
À la fin de la soirée, il ne reste que Paulo, Luis Paulo et leurs femmes, Luciano et Mijail. Ils jasent plus librement en demandant parfois à Mijail. Je lui dit ce que j’ai compris et c’est majoritairement ce qui a été dit. Je suis contente de mieux comprendre mais très frustrée d’être incapable de faire une phrase, même simple, quand c’est le temps. André a un peu plus de difficulté à comprendre à cause des accents. Je ne suis pas surprise car il avait ce problème avec les gens des îles mais avec le temps, je suis certaine que ça viendra. On nous taquine beaucoup et Paulo raconte nos difficultés à manger le crabe tout en nous mimant en train d’essayer de succionner la chair des pattes. Superbe soirée et la nourriture était excellente.
Dimanche, 29 juin. Nous allons passer quelques heures à la plage et décidons ne parler plus souvent entre nous en brésilien même si nos phrases ne sont pas correctes mais pour prendre l’habitude de répondre en brésilien. Nous faisons des leçons de notre méthode Assimil et cherchons nos mots dans le dictionnaire. Nous nous promettons de le faire tous les jours.
Lundi 30 juin. Nous demeurons à la maison, faisons de l’internet sans souris, Patiencia! Et pratiquons notre brésilien. C’est plus collant et les moustiques sont plus présents en fin de journée. Paulo change l’ordi et ramène Mijail qui s’installe ici. Quelques phrases échangées avec Valéria confirment que nous sommes encore trés loin du dialogue, mais petit à petit...
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