L’autobus Olstura de 23h30 de Chiclayo (40 soles par personne) nous descend à 5h30 du matin dans Mancora. Il fait noir et nous sommes entourés de conducteurs de motos-taxi qui veulent nous amener à un hôtel, avec dépliants et bas prix supposés. C’est la première fois que nous n’avons pas de réservation. Heureusement pour nous car on ne peut pas trouver ces hôtels aussi tôt le matin mais on ne sait pas si on peut s’y fier. On en prend un et on lui demande de trouver un hôtel à moins de 100 soles. Après nous avoir amené à trois ou quatre places qui sont plus chères que demandé, nous avoir demandé 50 soles pour aller à Punta Sal, il finit par nous emmener dans le petit village derrière la rue principale et nous trouvons là un « hospedaje » à 50 soles. Ce n’est pas le Pérou (!!), il faut monter dans un escalier qui a la même pente qu’une échelle, les marches assez étroites qu’on doit monter et descendre de côté et, oui, il ne faut pas se cogner la tête au plafond en arrivant au deuxième. On ne veut pas rester là plus d’une journée, ce qui nous donne presque deux jours pour décider ce qu’on va faire puisqu’on peut prendre la chambre dès notre arrivée à 6h30 du matin.
On termine notre nuit en se couchant jusqu’à 10h et hop! C’est parti pour l’investigation. La mer d’abord! Rien de fascinant là. À marée haute, il n’y a plus de plage. Maryse suggère qu’on oublie cette ville polluée et qu’on se rende à Punta Sal, ce qui est accepté. On apprendra plus tard que Mancora est la seule ville où on trouve de tout depuis Los Organos jusqu’à Tumbes et surtout des banques et des guichets bancaires.
On trouve donc le poste de taxis collectifs et on paie 5 soles par personne pour se rendre à Punta Sal où il faut prendre une mototaxi pour faire le kilomètre ou plus pour atteindre le petit village. On est tout de suite ravi de la plage et de la température de l’eau. Reste à trouver un coin pour se loger. Après quelques essais infructueux sur la plage, on se promène sur le bout de chemin derrière la plage et on voit une annonce « hospedaje ». On s’y pointe de l’arrière de la maison et on aime ce qu’on voit. La cour donne directement sur la mer, il y a des chaises un peu partout, quelques hamacs et l’air est frais sur ce patio. La jeune fille nous dit qu’on peut utiliser la cuisine. Toutefois, pas de TV, pas d’internet et le prix est de 40 soles par personne. On dit qu’on va repasser.
On continue notre visite sur la route de derrière mais on ne trouve rien d’autre. On essaie de retrouver notre « hospedaje » par la plage et on ne la reconnaît pas. Après une heure de recherche on finit par la trouver. Ouf! Le patron est là et on lui dit qu’on prendrait bien pour une semaine si on avait un prix. On obtient 30 soles par personne. On y emménagera dès le lendemain. Puis, on entreprend de longer la plage des deux côtés. D’un côté, ce n’est pas très long et ca se termine sur des maisons ou des hôtels assez cossus. De l’autre côté, on peut se rendre jusqu’au village voisin, Canoas, et même plus loin.
On retourne donc à Mancora pour la nuit. Mauvaise nuit car on passe son temps à se gratter et il y a des maringouins qui nous scient les oreilles. Au petit matin, on peut découvrir, un peu partout sur le corps, avec une préférence pour les fesses, presqu’autant (j’exagère …) de piqûres que sur une pelote à épingles pleine. Heureusement ça ne semble pas être des piqûres de punaises de lit! On déjeune et on déménage à Punta Sal.
La chambre est relativement confortable grâce à un bon ventilateur qui nous coupe des bruits environnants (pompe à eau, musique, voix des autres occupants) mais malheureusement aussi du son de la mer. C’est une chambre pour 4 donc un lit double et deux lits superposés que nous utilisons comme garde-robe car il n’y a pas de rangement. On peut dire que c’est assez rudimentaire, plancher de ciment brut, mur de ciment à peinture écaillée mais pas de bibittes autres que des mouches à l’occasion.
Pour la cuisine, un frigo qui sert plus d’armoire que de frigo et un autre un peu plus efficace mais toujours plein. Nous ne cuisinerons pas vraiment car nous avons découvert un petit resto, Willy, qui sert un menu à 10 soles le midi et le soir et nous ferons une visite à Mancora où nous achèterons des fruits, du yogourt et des céréales pour nos déjeuners et certains soupers. Le serveur du Willy, Juan Carlos, est super sympathique, sert des jus de mangues à se rouler par terre et un Pisco tout à fait délicieux.
On peut lire dans la pièce commune à l’extérieur de l’hospedaje ou dans les hamacs à l’abri du soleil quand il n’y a pas trop de monde ou trop de mouches. Le tout est plus ou moins propre mais c’est vivable et le patron passe son temps à nous dire qu’on est des clients parfaits, ses meilleurs clients… probablement parce qu’on ne cuisine pas et qu’on va manger à l’extérieur! Il trouve que les gens cuisinent trop, surtout du poisson, et il songe à interdire la cuisine….
Jerry, le proprio, est un type assez spécial. C’est un employé du gouvernement d’une cinquantaine d’année et il vit avec une jeune étudiante une partie de l’année, quand elle n’est pas à l’université en Argentine. Il semble attacher beaucoup d’importance au fait qu’il soit membre du gouvernement, nous dit de dire qu’on vient de sa part ou de chez lui partout où on va. Il semble assez stressé à cause, probablement, des élections à venir. En somme, il parle trop…
Nous passons pas mal de temps à marcher la plage ou chez Willy ou dans notre chambre quand il fait trop chaud. Un soir nous décidons de contenter un goût de pizza dans un resto qui vient d’ouvrir. On nous offre des crêpes et on se rend compte que la serveuse est française, ce qui nous étonne quelque peu. Elle nous raconte qu’elles sont trois françaises et qu’elles sont en train de bâtir des recettes de crêpes (repas ou dessert) pour le proprio qui veut en faire une spécialité. Ce dernier voulait acheter un appareil à 3000$ pour faire ses crêpes et il aurait fait livrer sa pâte d’un supposé spécialiste! Les filles lui ont expliqué assez rapidement que ce n’était pas nécessaire et qu’il leur suffisait d’une journée pour lui apprendre à faire ses crêpes lui-même. Finalement, il leur a offert le logement, la bouffe, le vin et un petit salaire pour une semaine en échange de leur expertise. Les filles étaient super contentes car elles trouvaient tout trop dispendieux (elles sont en voyage pour un an) et avaient couché la veille de la rencontre avec ce patron de resto dans des hamacs à 10 soles la nuit. Comme par hasard, c’était justement à notre hospedaje. Nous avons donc essayé ces crêpes; elles étaient délicieuses, surtout les crêpes dessert et, à leur demande, nous avons fait nos suggestions pour améliorer le produit.
Nous marchons enfin la plage comme nous aimons le faire. La baignade est plus difficile car il y a toujours des vagues (Pacifique oblige?). On nous dit que c’est habituellement plus calme et moins chaud. Les vagues ne sont pas énorme mais elles nous remplissent le costume de bain de sable et il faut toujours être sur ses gardes, on ne peut vraiment pas relaxer. Par contre, la plage est magnifique à marcher et les couchers de soleil superbes. Les premiers jours, nous n’osons pas aller trop loin mais à partir du troisième jour nous nous rendons à Canoas, soit cinq à six kilomètres plus loin. Cette petite marche d’une de deux heures va nous remettre en forme. Nous en profitons pour essayer de nous trouver un coin pour être seuls, la vie de groupe nous pesant un peu.
Un bon matin, nous partons donc visiter une plage à Los Organos. Nous avions communiqué par internet et trouvé un appartement sur cette plage et le proprio nous le faisait à 800$ le premier mois et 600$ le deuxième. Si on s’occupe de tous nos repas, ça ne semble pas si pire. Nous avons eu pas mal de difficultés à trouver l’endroit dans le creux d’un monticule très à pic sans aucune affiche et que les voisins ne connaissaient même pas. De plus, l’accès à la plage se fait par un chemin de terre étroit et cabossé qui ne laisse pratiquement pas de place aux piétons ce qui veut dire qu’on doit y aller en mototaxi ou en taxi.
Dans le village, on a vu quelques magasins mais rien de bien important. L’appartement est assez bien mais, assis sur le patio, on ne voit pas la mer. Si on avait eu l’appartement du deuxième étage, qui était réservé pour deux mois, on aurait peut-être reconsidéré… et puis non, ca ne valait pas la complication d’accès et la rue toute croche. Nous arrêtons manger à un resto et constatons que c’est plus cher, pas bon et en plus, la serveuse essaie de nous passer un surplus de 49 soles! Terminé pour cet endroit!
Le lendemain, mercredi, lors de notre promenade, nous nous informons des prix dans un hôtel de la plage. On nous demande «seulement » 250$ par jour mais les trois repas sont compris! Nous longeons ainsi les quatre à cinq kilomètres de la plage sans apercevoir quoi que ce soit de convenable. Arrivés au village suivant, Canoas, nous y entrons et visitons les quelques hospedaje qui s’y trouvent sans trouver ce que nous cherchons.
Nous nous arrêtons dans un resto du village et y mangeons, pour 10 soles, le meilleur poisson à date, du Doncella. Il est juste bien cuit, goûte un peu la morue et n’a pas trop de petites arêtes. En plus, le resto est face à la mer et un bon vent nous rafraîchit. Nous sommes seuls et la serveuse n’a pas de façon mais on réussit à lui arracher un sourire avant notre départ.
Comme nous ne trouvons rien à notre goût pour nous loger, nous entrons nous informer dans un bureau de la municipalité. On nous envoie à un restaurant situé à cinquante mètres plus loin. Là, un jeune homme nous fait visiter un petit bungalow situé entre le resto et la mer et une chambre sise dans le village. Dans les deux cas, pas de ventilateur et pas de moustiquaire. Nous hésitons…
En discutant avec le jeune qui s’informe du motif de notre départ de Punta Sal, nous lui expliquons que nous voulons vivre seuls tout en ayant accès à une cuisine et un frigo pour nos repas. Il nous dit connaître un gars qui loue des appartements. On prend rendez-vous pour le lendemain pour lui laisser le temps de rejoindre le proprio.
Le lendemain, en route pour l’appart. C’est dix minutes de mototaxi plus loin mais c’est le spot! Un salon et une cuisine au premier et la chambre vitrée sur la mer à l’étage avec balcon! Wow! Lorsqu’il me dit 60 par jour, je suis prête à le prendre mais André me dit, 60$! Le gars va baisser jusqu’à 45$ mais c’est hors de notre budget si on veut continuer encore trois autres mois. On est pas mal décidé à allonger notre séjour là où on est actuellement même si ce n’est pas l’idéal.
Nous nous préparons à partir après avoir donné un pourboire au jeune homme. Il se fait un peu plus verbomoteur au sujet de son bungalow derrière son resto mais nous lui disons notre crainte d’avoir trop chaud la nuit sans pouvoir ouvrir les fenêtres qui n’ont pas de moustiquaires. Il nous ramène au bungalow et nous montre un étroit et long moustiquaire en haut des fenêtres. On n’avait pas vu; c’est peu mais mieux que rien. Il nous offre aussi le service de tous les repas pour 70 soles par jour. Il suffira de lui dire, le soir, ce qu’on veut pour déjeuner le lendemain. On lui parle de fruits, yogourt, céréales, ce qui est difficile à trouver au resto ici et il nous dit qu’il peut le faire sans problème.
Le bungalow, si on le prend à la semaine, serait à 60 soles au lieu de 80, le même prix que notre chambre actuelle. Ça ferait environ 24$ pour la chambre et 28$ pour les 3 repas pour nous deux. De plus, il y a des fauteuils sur le balcon du bungalow et une table et des chaises pour lire ou écrire tout en étant dehors. La mer est à deux pas. Nous avons envie de vivre seuls donc nous décidons d’essayer la formule pour une semaine et nous verrons ensuite.
Samedi 21 janvier
Nous sommes heureux de notre choix. Clever, notre jeune homme nous fait de la bonne bouffe et nous demande avant chaque repas ce qu’on aimerait. Le petit déjeuner était très bien, les fruits frais excellents. Il cuisine bien le poisson, juste bien cuit et son sauté de bœuf était le meilleur mangé à date au Pérou. Il faut dire que, généralement, nous prenions ce qu’ils appellent ici ‘le menu’, le plat le moins cher des restaurants. Ce menu est souvent composé d’une petite entrée et d’un plat de riz, patates et contenant généralement un minimum de viande autour d’un os. Ici, Clever nous a servi des soupes de poisson délicieuses et un morceau de filet de poisson avec banane plantin et riz plus la petite salade d’oignon rouge typique d’ici. Il nous demande à chaque repas ce que nous aimerions manger et nous le prépare. Nous prenons le déjeuner et diner au resto et le soir il vient nous servir sur notre balcon car le resto est fermé. Si j'ai bien compris c'est le fils du proprio et il semble vouloir développer l'affaire en ajoutant d'autres bungalows et en faisant de la publicité sur ce qu'il veut offrir.
André a tué une guêpe avec sa main et, comme elle n’était pas très contente de se faire frapper, elle lui a laissé un souvenir dans le majeur. Trois jours plus tard il a dû se présenter à la clinique médicale où il a reçu deux injections intra-veineuses d’anti-allergique, une le matin et une autre le soir. Heureusement, la clinique est juste de l’autre côté de la rue. Aujourd’hui son doigt est pas trop pire et il doit prendre des antihistaminiques pour 4 jours (par la bouche). La visite au médecin, les soins de l’infirmière, les 2 seringues, les 2 aiguilles, les médicaments ont coûté 23 soles, environ 9$. Pas cher!
Nous nous baignons plus facilement, les vagues sont moins fortes. Les couchers de soleil sont magnifiques. Nous pouvons vraiment relaxer et recommencer à étudier un peu l’espagnol en nous installant sous un abri au bord de la mer.
Nous nous baignons plus facilement, les vagues sont moins fortes. Les couchers de soleil sont magnifiques. Nous pouvons vraiment relaxer et recommencer à étudier un peu l’espagnol en nous installant sous un abri au bord de la mer.
Il est certain que le voyage est très différent de nos deux précédents vu le nombre de déplacements qu’on est forcé d’y faire pour trouver ce qu’on cherche. Ici, à Punta Sal et Canoas, on touche au but. Maryse parle même de ne faire que l’aller-retour en Équateur et revenir s’installer à Canoas jusqu’en avril. On fait la semaine et on verra… On ira peut-être voir Zorritos un peu plus au nord en allant ou revenant de l’Équateur. Oui, les distances sont énormes, c’était le cas au Brésil aussi; ils sont aussi long l’un que l’autre ces deux pays mais le Brésil-paysage est beau, verdoyant et vallonné sur la côte atlantique et le Pérou-paysage est laid tout le long de la côte qui est complètement désertique et montre des montagnes brunes et grises complètement dénudées, anciennes dunes consolidées? Mais ces distances s’effacent quand on considère le système d’autobus de ces deux pays qui offre plusieurs lignes d’autobus et différentes catégories de sièges du standard jusqu’au lit 180 degrés avec repas et…vin. De la sorte, on sauve une nuit et un déjeuner, parfois le souper parce que les bus partent jusqu’à 23h30 pour arriver à 5h30 sur les distances les plus courtes comme Chiclayo-Mancora qu’on fit la semaine dernière pour S/80 ou 30$ pour deux.
De là à dire le plus intéressant entre les types de voyages, c’est difficile :
1-Brésil pour le vu géographique et toutes les villes comme Belo Horizonte, Ouro Preto, Curitiba et les plages en particulier Mundau et Cabo Frio
2-Pérou pour la bouffe, la langue et le culturel en particulier la ville d’Arequipa et les musées pré-Maya
3-Thaïlande pour la bouffe, la sécurité, le prix et l’infrastructure touristique.