dimanche 22 janvier 2012

Punta Sal, le 13 janvier 2012

Punta Sal, le 13 janvier 2012


L’autobus Olstura de 23h30 de Chiclayo (40 soles par personne) nous descend à 5h30 du matin dans Mancora. Il fait noir et nous sommes entourés de conducteurs de  motos-taxi qui veulent nous amener à un hôtel, avec dépliants et bas prix supposés. C’est la première fois que nous n’avons pas de réservation. Heureusement pour nous car on ne peut pas trouver ces hôtels aussi tôt le matin mais on ne sait pas si on peut s’y fier. On en prend un et on lui demande de trouver un hôtel à moins de 100 soles. Après nous avoir amené à trois ou quatre places qui sont plus chères que demandé, nous avoir demandé 50 soles pour aller à Punta Sal,  il finit par nous emmener dans le petit village derrière la rue principale et nous trouvons là un « hospedaje » à 50 soles. Ce n’est pas le Pérou (!!), il faut monter dans un escalier qui a la même pente qu’une échelle, les marches assez étroites qu’on doit monter et descendre de côté  et, oui, il ne faut pas se cogner la tête au plafond en arrivant au deuxième. On ne veut pas rester là plus d’une journée, ce qui nous donne presque deux jours pour décider ce qu’on va faire puisqu’on  peut prendre la chambre dès notre arrivée à 6h30 du matin.

On termine notre nuit en se couchant jusqu’à 10h et hop! C’est parti pour l’investigation. La mer d’abord! Rien de fascinant là. À marée haute, il n’y a plus de plage. Maryse suggère qu’on oublie cette ville polluée et qu’on se rende à Punta Sal, ce qui est accepté. On apprendra plus tard que Mancora est la seule ville où on trouve de tout depuis Los Organos jusqu’à Tumbes et surtout des banques et des guichets bancaires.

On trouve donc le poste de taxis collectifs et on paie 5 soles par personne pour se rendre à Punta Sal où il faut prendre une mototaxi pour faire le kilomètre ou plus pour atteindre le petit village. On est tout de suite ravi de la plage et de la température de l’eau. Reste à trouver un coin pour se loger. Après quelques essais infructueux sur la plage, on se promène sur le bout de chemin derrière la plage et on voit une annonce « hospedaje ». On s’y pointe de l’arrière de la maison  et on aime ce qu’on voit. La cour donne directement sur la mer, il y a des chaises un peu partout, quelques hamacs et l’air est frais sur ce patio. La jeune fille nous dit qu’on peut utiliser la cuisine. Toutefois, pas de TV, pas d’internet et le prix est de 40 soles par personne. On dit qu’on va repasser.

On continue notre visite sur la route de derrière mais on ne trouve rien d’autre. On essaie de retrouver notre « hospedaje » par la plage et on ne la reconnaît pas. Après une heure de recherche on finit par la trouver. Ouf! Le patron est là et on lui dit qu’on prendrait bien pour une semaine si on avait un prix. On obtient 30 soles par personne. On y emménagera dès le lendemain.  Puis, on entreprend de longer la plage des deux côtés. D’un côté, ce n’est pas très long et ca se termine sur des maisons ou des hôtels assez cossus. De l’autre côté, on peut se rendre jusqu’au village voisin, Canoas, et même plus loin.

On retourne donc à Mancora pour la nuit. Mauvaise nuit car on passe son temps à se gratter et il y a des maringouins qui nous scient les oreilles. Au petit matin, on peut découvrir, un peu partout sur le corps, avec une préférence pour les fesses,  presqu’autant (j’exagère …) de piqûres que sur une pelote à épingles pleine. Heureusement ça ne semble pas être des piqûres de punaises de lit! On déjeune et on déménage à Punta Sal.

La chambre est relativement confortable grâce à un bon ventilateur qui nous coupe des bruits environnants (pompe à eau, musique, voix des autres occupants) mais malheureusement aussi du son de la mer. C’est une chambre pour 4 donc un lit double et deux lits superposés que nous utilisons comme garde-robe car il n’y a pas de rangement. On peut dire que c’est assez rudimentaire, plancher de ciment brut, mur de ciment à peinture écaillée mais pas de bibittes autres que des mouches à l’occasion.

Pour la cuisine, un frigo qui sert plus d’armoire que de frigo et un autre un peu plus efficace mais toujours plein. Nous ne cuisinerons pas vraiment car nous avons découvert un petit resto, Willy, qui sert un menu à 10 soles le midi et le soir et nous ferons une visite à Mancora où nous achèterons des fruits, du yogourt et des céréales pour nos déjeuners et certains soupers. Le serveur du Willy, Juan Carlos, est super sympathique, sert des jus de mangues à se rouler par terre et un Pisco tout à fait délicieux.

On peut lire dans la pièce commune à l’extérieur de l’hospedaje ou dans les hamacs à l’abri du soleil quand il n’y a pas trop de monde ou trop de mouches. Le tout est plus ou moins propre mais c’est vivable et le patron passe son temps à nous dire qu’on est des clients parfaits, ses meilleurs clients… probablement parce qu’on ne cuisine pas et qu’on va manger à l’extérieur! Il trouve que les gens cuisinent trop, surtout du poisson, et il songe à interdire la cuisine….

Jerry, le proprio, est un type assez spécial. C’est un employé du gouvernement d’une cinquantaine d’année et il vit avec une jeune étudiante une partie de l’année, quand elle n’est pas à l’université en Argentine. Il semble attacher beaucoup d’importance au fait qu’il soit membre du gouvernement, nous dit de dire qu’on vient de sa part ou de chez lui partout où on va. Il semble assez stressé à cause, probablement, des élections à venir. En somme, il parle trop…

Nous passons pas mal de temps à marcher la plage ou chez Willy ou dans notre chambre quand il fait trop chaud. Un soir nous décidons de contenter un goût de pizza dans un resto qui vient d’ouvrir. On nous offre des crêpes et on se rend compte que la serveuse est française, ce qui nous étonne quelque peu. Elle nous raconte qu’elles sont trois françaises et qu’elles sont en train de bâtir des recettes de crêpes (repas ou dessert) pour le proprio qui veut en faire une spécialité. Ce dernier voulait acheter un appareil à 3000$ pour faire ses crêpes et il aurait fait livrer sa pâte d’un supposé spécialiste! Les filles lui ont expliqué assez rapidement que ce n’était pas nécessaire et qu’il leur suffisait d’une journée pour lui apprendre à faire ses crêpes lui-même. Finalement, il leur a offert le logement, la bouffe, le vin et un petit salaire pour une semaine en échange de leur expertise. Les filles étaient super contentes car elles trouvaient tout trop dispendieux (elles sont en voyage pour un an) et avaient couché la veille de la rencontre avec ce patron de resto dans des hamacs à 10 soles la nuit. Comme par hasard, c’était justement à notre hospedaje. Nous avons donc essayé ces crêpes; elles étaient délicieuses, surtout les crêpes dessert et, à leur demande, nous avons fait nos suggestions pour améliorer le produit.

Nous marchons enfin la plage comme nous aimons le faire. La baignade est plus difficile car il y a toujours des vagues (Pacifique oblige?). On nous dit que c’est habituellement plus calme et moins chaud. Les vagues ne sont pas énorme mais elles nous remplissent le costume de bain de sable et il faut toujours être sur ses gardes, on ne peut vraiment pas relaxer. Par contre, la plage est magnifique à marcher et les couchers de soleil superbes. Les premiers jours, nous n’osons pas aller trop loin mais à partir du troisième jour nous nous rendons à Canoas, soit cinq à six kilomètres plus loin. Cette petite marche d’une de deux heures va nous remettre en forme. Nous en profitons pour essayer de nous trouver un coin pour être seuls, la vie de groupe nous pesant un peu.

Un bon matin, nous partons donc visiter une plage à Los Organos. Nous avions communiqué par internet et trouvé un appartement sur cette plage et le proprio nous le faisait à 800$ le premier mois et 600$ le deuxième. Si on s’occupe de tous nos repas, ça ne semble pas si pire. Nous avons eu pas mal de difficultés à trouver l’endroit dans le creux d’un monticule très à pic sans aucune affiche et que les voisins ne connaissaient même pas. De plus, l’accès à la plage se fait par un chemin de terre étroit et cabossé qui ne laisse pratiquement pas de place aux piétons ce qui veut dire qu’on doit y aller en mototaxi ou en taxi.

Dans le village, on a vu quelques magasins mais rien de bien important. L’appartement est assez bien mais, assis sur le patio, on ne voit pas la mer. Si on avait eu l’appartement du deuxième étage, qui était réservé pour deux mois, on aurait peut-être reconsidéré… et puis non, ca ne valait pas la complication d’accès et la rue toute croche. Nous arrêtons manger à un resto et constatons que c’est plus cher, pas bon et en plus, la serveuse essaie de nous passer un surplus de 49 soles! Terminé pour cet endroit!

Le lendemain, mercredi, lors de notre promenade, nous nous informons des prix dans un hôtel de la plage. On nous demande «seulement » 250$ par jour mais les trois repas sont compris! Nous longeons ainsi les quatre à cinq kilomètres de la plage sans apercevoir quoi que ce soit de convenable. Arrivés au village suivant, Canoas, nous y entrons et visitons les quelques hospedaje qui s’y trouvent sans trouver ce que nous cherchons.

Nous nous arrêtons dans un resto du village et y mangeons, pour 10 soles, le meilleur poisson à date, du Doncella. Il est juste bien cuit, goûte un peu la morue et n’a pas trop de petites arêtes. En plus, le resto est face à la mer et un bon vent nous rafraîchit. Nous sommes seuls et la serveuse n’a pas de façon mais on réussit à lui arracher un sourire avant notre départ.

Comme nous ne trouvons rien à notre goût pour nous loger, nous entrons nous informer dans un bureau de la municipalité. On nous envoie à un restaurant situé à cinquante mètres plus loin. Là, un jeune homme nous fait visiter un petit bungalow situé entre le resto et la mer et une chambre sise dans le village. Dans les deux cas, pas de ventilateur et pas de moustiquaire. Nous hésitons…

En discutant avec le jeune qui s’informe du motif de notre départ de Punta Sal, nous lui expliquons que nous voulons vivre seuls tout en ayant accès à une cuisine et un frigo pour nos repas. Il nous dit connaître un gars qui loue des appartements. On prend rendez-vous pour le lendemain pour lui laisser le temps de rejoindre le proprio.

Le lendemain, en route pour l’appart. C’est dix minutes de mototaxi plus loin mais c’est le spot! Un salon et une cuisine au premier et la chambre vitrée sur la mer à l’étage avec balcon! Wow! Lorsqu’il me dit 60 par jour, je suis prête à le prendre mais André me dit, 60$! Le gars va baisser jusqu’à 45$ mais c’est hors de notre budget si on veut continuer encore trois autres mois.  On est pas mal décidé à allonger notre séjour là où on est actuellement même si ce n’est pas l’idéal.

Nous nous préparons à partir après avoir donné un pourboire au jeune homme. Il se fait un peu plus verbomoteur au sujet de son bungalow derrière son resto mais nous lui disons notre crainte d’avoir trop chaud la nuit sans pouvoir ouvrir les fenêtres qui n’ont pas de moustiquaires. Il nous ramène au bungalow et nous montre un étroit et long moustiquaire en haut des fenêtres. On n’avait pas vu; c’est peu mais mieux que rien. Il nous offre aussi le service de tous les repas pour 70 soles par jour. Il suffira de lui dire, le soir, ce qu’on veut pour déjeuner le lendemain. On lui parle de fruits, yogourt, céréales, ce qui est difficile à trouver au resto ici et il nous dit qu’il peut le faire sans problème.

Le bungalow, si on le prend à la semaine, serait à 60 soles au lieu de 80, le même prix que notre chambre actuelle. Ça ferait environ 24$ pour la chambre et 28$ pour les 3 repas pour nous deux. De plus, il y a des fauteuils sur le balcon du bungalow et une table et des chaises pour lire ou écrire tout en étant dehors. La mer est à deux pas. Nous avons envie de vivre seuls donc nous décidons d’essayer la formule pour une semaine et nous verrons ensuite.

Samedi 21 janvier

Nous sommes heureux de notre choix. Clever, notre jeune homme nous fait de la bonne bouffe et nous demande avant chaque repas ce qu’on aimerait. Le petit déjeuner était très bien, les fruits frais excellents. Il cuisine bien le poisson, juste bien cuit et son sauté de bœuf était le meilleur mangé à date au Pérou. Il faut dire que, généralement, nous prenions ce qu’ils appellent ici ‘le menu’, le plat le moins cher des restaurants. Ce menu est souvent composé d’une petite entrée et d’un plat de riz, patates et contenant généralement un minimum de viande autour d’un os. Ici, Clever nous a servi des soupes de poisson délicieuses et un morceau de filet de poisson avec banane plantin et riz plus la petite salade d’oignon rouge typique d’ici. Il nous demande à chaque repas ce que nous aimerions manger et nous le prépare. Nous prenons le déjeuner et diner au resto et le soir il vient nous servir sur notre balcon car le resto est fermé. Si j'ai bien compris c'est le fils du proprio et il semble vouloir développer l'affaire en ajoutant d'autres bungalows et en faisant de la publicité sur ce qu'il veut offrir.

André a tué une guêpe avec sa main et, comme elle n’était pas très contente de se faire frapper, elle lui a laissé un souvenir dans le majeur. Trois jours plus tard il a dû se présenter à la clinique médicale où il a reçu deux injections intra-veineuses d’anti-allergique, une le matin et une autre le soir. Heureusement, la clinique est juste de l’autre côté de la rue. Aujourd’hui son doigt est pas trop pire et il doit prendre des antihistaminiques pour 4 jours (par la bouche). La visite au médecin, les soins de l’infirmière, les 2 seringues, les 2 aiguilles, les médicaments ont coûté 23 soles, environ 9$. Pas cher!

Nous nous baignons plus facilement, les vagues sont moins fortes. Les couchers de soleil sont magnifiques. Nous pouvons vraiment relaxer et recommencer à étudier un peu l’espagnol en nous installant sous un abri au bord de la mer.

Nous nous baignons plus facilement, les vagues sont moins fortes. Les couchers de soleil sont magnifiques. Nous pouvons vraiment relaxer et recommencer à étudier un peu l’espagnol en nous installant sous un abri au bord de la mer.

Il est certain que le voyage est très différent de nos deux précédents vu le nombre de déplacements qu’on est forcé d’y faire pour trouver ce qu’on cherche. Ici, à Punta Sal et Canoas, on touche au but. Maryse parle même de ne faire que l’aller-retour en Équateur et revenir s’installer à Canoas jusqu’en avril. On fait la semaine et on verra… On ira peut-être voir Zorritos un peu plus au nord en allant ou revenant de l’Équateur. Oui, les distances sont énormes, c’était le cas au Brésil aussi; ils sont aussi long l’un que l’autre ces deux pays mais le Brésil-paysage est beau, verdoyant et vallonné sur la côte atlantique et le Pérou-paysage est laid tout le long de la côte qui est complètement désertique et montre des montagnes brunes et grises complètement dénudées, anciennes dunes consolidées? Mais ces distances s’effacent quand on considère le système d’autobus de ces deux pays qui offre plusieurs lignes d’autobus et différentes catégories de sièges du standard jusqu’au lit 180 degrés avec repas et…vin. De la sorte, on sauve une nuit et un déjeuner, parfois le souper parce que les bus partent jusqu’à 23h30 pour arriver à 5h30 sur les distances les plus courtes comme Chiclayo-Mancora qu’on fit la semaine dernière pour S/80 ou 30$ pour deux.

De là à dire le plus intéressant entre les  types de voyages, c’est difficile :
1-Brésil pour le vu géographique et toutes les villes comme Belo Horizonte, Ouro Preto, Curitiba et les plages en particulier Mundau et Cabo Frio
2-Pérou pour la bouffe, la langue et le culturel en particulier la ville d’Arequipa et les musées pré-Maya
3-Thaïlande pour la bouffe, la sécurité, le prix et l’infrastructure touristique.

Lambayeque, le 10 janvier 2012

Lambayeque, le 10 janvier 2012


Notre serveuse de Lima nous a trouvé un hôtel à Lambayeque, un peu au nord de Chiclayo et Mijail a fait la réservation par téléphone. Nous arrivons à Chiclayo après une nuit de bus et prenons un taxi pour Lambayeque.  Nous trouvons un bar à jus pour déjeuner. Le jus de mangue y est excellent et nous y retournerons tous les matins.

Lambayeque semble avoir subi des bombardements. Pratiquement toutes les rues de la ville sont démolies, du ciment cassé, des trous, du sable, de la poussière partout. Des gens travaillent un peu partout à démolir et à ramasser. D’après ce qu’on a appris, ils refont les égouts à la grandeur de la ville. Il y a, malgré tout, un ou deux jolis parcs avec des arbres en fleurs pour corriger l’impression de désolation.

Nous visiterons les musés, l’église et irons à Chiclayo 2 fois. Une première fois pour passer la journée à la plage de Pimentel et la deuxième pour acheter nos billets pour nous rendre plus au nord. La plage de Pimentel est jolie mais très occupée (on n’avait pas réalisé que c’était dimanche!) avec de bonnes vagues, de l’eau encore froide et un environnement peu intéressant. Nous y ferons une bonne promenade mais, après réflexion, nous décidons de pousser plus au nord même si on nous dit qu’il y fera encore plus chaud (il fait 31, ici!), qu’il y a beaucoup de monde et que c’est cher. Nous espérons nous négocier un long séjour à moindre coût et nous rêvons de nous baigner dans des eaux calmes et chaudes.


Le resto 18ième

L’hôtel où nous résidons n’est pas fameux : pas de déjeuner, matelas mou, petite chambre sans fenêtre et accueil morne (on dirait face plate chez nous). On y demeure quand même vu qu’on ne trouve rien d’autre aux alentours, que c’est central et qu’on n’y sera que pour trois jours. On va (petit) déjeuner à deux pas avec gros jus de mangue et sandwich aux œufs et …salade de fruits frais si on a encore faim, le tout à 4$ pour deux. Après notre vaine chasse pour un autre hôtel, on a chaud, très chaud et on part pour trouver un resto. On prend une rue au hasard et on tombe sur une buvette où il y a deux tables dont une est occupée. On y prend une tasse ou deux puis on demande aux buveurs d’en face s’il y a un resto pas loin. Un des deux sort avec nous et nous amène pratiquement à une vieille maison du 18e siècle où il y a foule. On demande si on peut manger, on nous répond que non, mais le proprio arrive et dit oui et nous amène derrière tout ce monde et nous offre le menu du banquet, parce que tout ce monde fêtait quelque chose mais on ne sait pas quoi. Faut croire qu’on avait fait de l’effet, parce que, lorsqu’on a voulu retraverser la gang du banquet qui s’était mise à danser, un homme s’est dressé devant Maryse pour l’inviter à danser avec lui, et André s’est retrouvé avec deux femmes de son côté. On a bien ri, les caméras se sont faites aller et on nous a relâchés rapidement mais c’était super sympa! Par la suite, on est toujours retourné dîner à ce resto sans être déçu. Faut dire qu’au Pérou, pour les petits budgets, le menu du jour, servi seulement le midi dans la plupart des restaurants, est important parce qu’il est très peu dispendieux et copieux; en général, il coûte entre 4 et 10 soles soit entre (1,60 et 4,00) selon les villes. La bière varie entre 4 et 7 soles pour une bouteille de 630 ml. 

On profite quand même du fait qu’on est à Lambayeque pour y visiter ses deux musées qui sont à quelques pas de notre hôtel. Le musée Brüning est en face de notre hôtel; on va le visiter en premier. On pensait ne payer qu’une sole (0,40 $) qui est le tarif pour personnes âgées dans les musées du Pérou, mais non, celui-là nous coûte 8 soles par personne! C’est un édifice moderne, mais non climatisé(!), bâti en hommage à l'allemand Enrique Brüning. C'est lui qui a revendu au gouvernement péruvien, son impressionnante collection d'objets provenant des civilisations antérieures aux Inca telles que les cultures Chimú, Chavín, Moche et les Vicú.
Les pièces de cette collection (découvertes relatant 4000 ans d’histoire) sont superbes et bien conservées, on y voit aussi représentées, avec des mannequins, des scènes de la vie quotidienne. On peut aussi y voir un squelette entier et une momie encore habillée d’un personnage important, des pièces tissées, des bijoux et décorations, des poinçons pour décorer la peau et les vêtements, des instruments de musique en pierre, bois, bambou, les premières armes ou instruments en pointe de flèches.

Le lendemain, nous retournons à Chiclayo pour acheter nos billets d’autobus pour Mancora à 7 heures au nord de Chiclayo, là où la température de l’eau est supposée être acceptable. Ce soir-là, nous avons fait la découverte d’un restaurant autre qu’un resto de poulet. Il était 19h30 et, devant la porte fermée du resto, on a failli rebrousser chemin vu qu’on ne voyait aucun client à l’intérieur. Finalement quelqu’un est apparu les baguettes en l’air pour nous dire qu’ils étaient ouverts. On y était les seuls clients. Difficile de décider quoi manger quand on ne voit aucune activité mais on se décide pour un « estofado de pato » ou « canard à l’étuvé» et une bouteille de vin. Superbe, c’est en fait une manière de mijoté au canard cuisiné dans la terre cuite à petit feu et servi avec une pyramide de riz, quelques tranches d’avocat et de tomate et, comme dans tous les plats, des lamelles d’oignon rouge cru, le tout servi en moins de vingt minutes!
Quipu

Le dernier matin à Lambayeque, nous visitons le musée Tumbas Reales de Sipan (Tombes des seigneurs de Sipan),construit pour mettre en valeur les découvertes faites à la huaca Rajada qui  est le plus important complexe funéraire de la  culture Moche découvert à ce jour. Cette découverte fut faite dans un petit village voisin de Lambayeque; on estime que ce site fut occupé par la civilisation Moche entre le premier et le 7 ième siècle de notre ère.
Le musée est un édifice moderne en forme de pyramide à tête plate avec une rampe d’accès semblable à celles que le peuple utilisait à cette époque pour accéder aux lieux de culte. Notre guide parle français, ce qui rend la visite encore plus intéressante. Apparemment, un archéologue québécois a participé aux fouilles de ce site, mais son nom nous échappe. Ce musée est vraiment plus intéressant que le précédent.
Dans le musée, on peut voir poteries et bijoux découverts dans les tombes. La première découverte fut une tombe déjà pillée. On y récupéra des fragments de poterie et un hochet en or (le hochet était un bijou porté à la ceinture et qui avisait de l’arrivée du personnage grâce à une série de grelots). 

En creusant ailleurs, on a découvert la tombe d’un gardien; celui-ci était âgé de 18 ans et on lui avait coupé les deux pieds pour éviter qu’il abandonne son poste dans l’autre monde. Sous le plancher de sa tombe, on a découvert une autre tombe plus riche. Selon le guide, cette tombe contenait les squelettes du Seigneur de Sipán, de sa femme, de sa concubine et de l’enfant de la concubine, le fils de sa femme devenant roi lorsque son père mourait et celui d’un chien.  Il semblerait que les sacrifiés savaient ce qui les attendait et qu’ils considéraient comme un honneur le fait d’accompagner le roi dans l’autre monde. Tous étaient parés de vêtements et bijoux de luxe. On a retrouvé une grande quantité de poteries, bijoux et reste de nourriture dans cette tombe.  C’est un des rares sites archéologiques précolombiens que les pilleurs de tombes ont épargnés.  Certains disent que c’est la plus importante découverte archéologique depuis Macchu Picchu.

Chaque roi faisait construire son tombeau en ajoutant un étage à la pyramide. En creusant, on a découvert un autre gardien et, sous lui, le vieux señor de Sipan, ainsi nommé au musée et qui est probablement le père du précédent. Ce dernier était accompagné de sa femme, sa concubine, etc. comme le précédent. Toutefois, la tombe contenait un peu moins de poteries et offrandes. On peut ainsi admirer, dans le musée, une représentation à l’identique, de la tombe du ‘jeune’ Sipan; c’est assez impressionnant avec tous les personnages cités, les vêtements, les bijoux et tout ce qu’il fallait pour le ‘voyage’.

On a reconstitué des pectoraux (collier couvrant les…) faits de billes de coquillages, de pierres semi-précieuses. Ils sont magnifiques et la reconstitution demande un travail incroyable car les billes minuscules, 2 mm, doivent être recueillies une à une sur le site, (dans le sable) et réenfilées. À l’œil nu, on ne distingue pas le trou dans les billes! Les bijoux en or et en argent ont également été remis en état en Allemagne, pays qui semble posséder l’expertise dans ce genre de travail. On peut voir beaucoup de poteries encore intactes et d’autres reconstituées avec les morceaux originaux (on ne voit souvent pas les traces de bris).
Beaucoup de bijoux en or ont leur pendant en argent (dualité Yin Yan?). Le chiffre d’or est le 10. On retrouve ce nombre dans les bijoux. Par exemple, les colliers sont faits de 10 cacahuètes en or ou de 10 en argent ou encore de 10 têtes de hiboux en or avec toujours le pendant en argent.  
Comme on ne peut prendre de photos dans le musée, voici des liens qui peuvent vous en dire un peu plus long.


Caral, 5 janvier 2012

Lima, jeudi 5 janvier 2012
Mijail et sa mère à Caral

Mijail nous offre de visiter Caral, un site archéologique situé au nord de Lima. Pour nous y rendre, il a fallu prendre un taxi jusqu’à une gare d’autobus au nord de la ville. De là, un autobus nous a menés, après trois heures de route,  à un village où nous avons repris un taxi qui a mis une demi-heure à nous amener jusqu'au ruisseau qui longe le site. De là, il fallait marcher une autre demi-heure pour atteindre le site où, fort heureusement, il y avait un guide. En effet, il nous aurait été difficile de comprendre quoi que ce soit vu l’étendue du site et des travaux qui y sont en cours depuis sa découverte en 1997.


 Le lieu est fascinant, avec ses cinq pyramides disposées en demi-cercle devant la pyramide principale et toutes orientées vers cette dernière. Au centre de ce dispositif, une pierre ou plutôt une stèle triangulaire de pierre naturelle de plus d’un mètre de haut dont la pointe est parfaitement orientée vers le centre d’une pyramide et dont le sens nous échappe…peut-être une horloge solaire ou un calendrier des saisons? Les photos ne peuvent rendre vraiment la magie de ce lieu.
horloge solaire 

Caral est le vestige de la plus ancienne ville précolombienne d’Amérique connue à ce jour. Les analyses au carbone-14 datent sa construction entre 2000 et 2600 av. J.-C. Elle est donc contemporaine des grandes pyramides d'Égypte. Avec ses 5000 ans, elle est la plus ancienne en Amérique et la deuxième plus ancienne au monde, après la Mésopotamie et ses 5200 ans.
Les analyses au carbone 14 ont été faites sur des roseaux trouvés dans les pyramides. Comme les ouvriers qui ont bâti les pyramides transportaient les roches de la rivière au chantier dans des sacs de roseaux (las Chicras) et qu’ils les jetaient avec les pierres dans la pyramide, ils ont donc laissés de bons indices de l'époque, conservés intacts par l’absence de pluie dans la région et le temps sec.

C’est une citée sacrée, sur le bord du rio Supe où se dressent 6 pyramides. On estime la population locale d'alors entre 5 et 10 milles habitants répartis sur une quarantaine de sites. Cabral serait la capitale et le lieu d’échange et de rencontre. Ce serait une civilisation pacifique car on n’a retrouvé aucun objet de guerre.

Chaque pyramide a son escalier et se termine par un étage plat (et non en pointe comme en Égypte). La  plus grande a la taille de quatre terrains de football et s’élève à 18 mètres. 5000 ans avant nous, sans compas, sans outils modernes, ils dessinent des places circulaires et érigent des constructions à l’épreuve des tremblements de terre.
Avant les Incas, ils utilisent un système d'écriture, des nombres exprimés dans un  système décimal sur des cordelettes de diverses couleurs reliées à une corde. Chaque cordelette comporte trois types de nœuds distincts : des nœuds simples pour les unités, des nœuds simples auquel on ajoutait 1 à 9 tours pour les dizaines et  des nœuds en huit pour les centaines,  maximum 9. Ces quipus auraient servis aussi à la mémorisation des messages transportés par des courriers.
Le retour s’effectue comme l’aller. Heureusement, le chauffeur du taxi nous avait offert de nous attendre vu l’heure tardive de notre arrivée vers les 15 heures. Il nous a tout de même attendu plus de 2 heures, moyennant un petit surplus de 7 ou 8 dollats! Au total, la visite nous a quand même coûté moins de la moitié du coût que chargent, pour 2 personnes,  les agences de tours organisés et nous étions 4 personnes!

mercredi 18 janvier 2012

Magdalena, Lima, jeudi 29 décembre

Nous sommes de retour à Lima depuis le 22 et nous y resterons jusqu’au 3 janvier environ. D’une part, nous étions invités par Xavière et Mijail pour la veillée de Noël et d’autre part, il y a beaucoup de déplacements au Pérou pendant cette période, comme chez nous d’ailleurs.

On voit couramment les péruviens parler dans leur cellulaire en tenant celui-ci devant la bouche pour ensuite écouter la réponse. Nous avons demandé à Mijail pourquoi et il nous dit que les gens pensent que le cellulaire peut endommager le cerveau donc le garde à l’oreille le moins longtemps possible…
Mijail et Xavière party de Noël


Il y avait un échange de cadeau par tirage au sort pour le soir de Noël. Comme nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer ou de parler à Xavière ou Mijail, nous ne savons que le nom des personnes à qui nous devons offrir un cadeau… Nous magasinons… dans la foule assez importante de notre quartier. Nous finissons par décider d’acheter des livres en espérant que ça plaira.

À la veillée de Noël, nous avons donc rencontré la parenté de Mijail et celle de Xavière qui avait invité sa mère et la famille de sa tante à la fête. Ce fut une agréable soirée agrémentée par les trois dindes savoureuses cuisinées par le père de Mijail et par un concours de pétards inter-rues (feux d’artifices).

Depuis, nous sommes en période de recherche active pour notre prochain déplacement. Nous allons assez régulièrement au même resto où le menu change assez pour nous attirer. Il faut dire que nous avons un repas qui comprend l’entrée et le plat principal pour 8 soles et la grosse bière à 6 soles ce qui fait que le repas nous revient à 30 soles ou 12$ pour deux, pourboire inclus. On achète des fruits (mangues, fraises, bananes, ananas, melon, raisins) au marché local et des gâteaux dans une petite pâtisserie en face de notre hôtel, pour notre souper (on peut utiliser la cuisine du B&B). Comme le déjeuner est compris dans le prix (60 soles ou 24$) de la chambre, on s’en tire pour environ 40$ par jour. Il faut dire qu’ici, il n’y a pas de taxe de vente et les pourboires ne sont pas monnaie courante (si on peut dire) mais, si on laisse 10%, on est très bien vus.
Belle façon de décorer un garage!


Donc en allant à notre resto, notre serveuse qui a commencé à nous embrasser la troisième fois que nous y sommes allés, nous a jasé la quatrième fois en nous demandant d’où on venait et où on allait. Ce qui nous a amené à lui parlé de nos plans et, quand on lui a dit qu’on pensait peut-être faire quelques jours à Chiclayo, elle nous a dit qu’elle y habitait, que c’était moins cher qu’à Lima et qu’elle y allait le 5 janvier. De là à nous proposer de prendre l’autobus avec elle, il ne restait qu’un pas qu’elle a franchi avec un grand sourire et nous aussi. 

La tante de Xavière, son oncle et leurs filles vivaient au même hôtel que nous et nous avons eu de bonnes conversations avec eux. Ils repartent le 31 en France accompagnés de Xavière qui va y faire un séjour de 2-3 semaines.
Bouquet donné pour le jour de l'an à la mère de Mijail

Pour le jour de l’an, tous les étalages sont en jaune, on vend de tout en jaune : décorations, bobettes, fleurs, gilets… Nous allons demander la raison, est-ce pour souhaiter l’or, la richesse? On voit aussi des bonhommes de carton avec la figure de politiciens ornés de toute sorte de symboles et de commentaires sur la corruption.

On a appris depuis la raison de ces étalages.

Traditionnellement, dans les « barrios » (quartiers) populaires, les habitants s’organisent pour confectionner un géant fait de papier, carton, tissus ou bois. Ce géant, souvent affublé du visage d’un politicien et qui représente toutes les frustrations de l’année qui s’achève, sera brûlé le 31 décembre à minuit pour accueillir la nouvelle année allégé de ces soucis passés.

Puis on festoie, on danse autour du bonhomme en feu et au son des pétards, cris d’enfants, musiques s’échappant des fenêtres et portes ouvertes, tout ça dans une ambiance vraiment chaleureuse. 

Il existe aussi une superstition qui dit que si on porte une couleur en particulier sur soi lors des 12 coups de minuit, cela pourra amener de la chance dans certains domaines pour la nouvelle année, comme par exemple le jaune pour l'argent, le rouge pour l'amour, etc.

Dans le même ordre d'idée, celui qui souhaite voyager toute l'année doit courir autour de son pâté de maison une valise à la main à minuit pile et on en a vu passé plus d’un au milieu des pétards.

Ce qui se vend le plus, outre les vêtements et décorations jaunes, ce sont les fleurs et les raisins. Les fleurs (surtout les jaunes) pour amener la chance et l’harmonie dans la maison et les 12 raisins qu’il faut manger en faisant un vœu pendant les douze coups de minuit. Un raisin par mois, s’il est sucré, le mois sera excellent et le souhait accordé. Il va sans dire qu’on achète des raisins sucrés!  

À la maison on décore la table avec des corbeilles de fruits, de maïs, de blé, de riz, de cannelle, de fleurs jaunes.

Nous avons terminé l’année et débuté la nouvelle dans la famille de Mijail. Ce fut super agréable. À minuit nous étions tous dans la rue, une grappe de raisin en main et ça sautait de tous côtés. Dans tous les quartiers, on faisait sauter des pétards, des feux d’artifice et on brulait des effigies.
La famille de Mijail est très aimable et chacun rivalise de gentillesse. C’est très agréable d’être en leur compagnie. C’est un régal de voir danser les danses traditionnelles de la région du père qui adore danser. Une des danses représentait la tentative de conquête d’une femme par un homme. Dansée par les parents de Mijail, c’était vraiment un phénomène. On aurait dit des jeunes de vingt ans ! Avec le papa qui faisait vraiment des efforts de conquête et la maman qui lui lançait des sourires engageants! Le tout accompagné du claquement constant des talons, la Huaylarhs transmet la joie et la vitalité. Mijail dit connaître seulement 2 pas mais son père en connaît au moins 12.

Un peu embrouillée comme photo mais ils sont si charmants!