Notre serveuse de Lima nous a trouvé un hôtel à Lambayeque, un peu au nord de Chiclayo et Mijail a fait la réservation par téléphone. Nous arrivons à Chiclayo après une nuit de bus et prenons un taxi pour Lambayeque. Nous trouvons un bar à jus pour déjeuner. Le jus de mangue y est excellent et nous y retournerons tous les matins.
Lambayeque semble avoir subi des bombardements. Pratiquement toutes les rues de la ville sont démolies, du ciment cassé, des trous, du sable, de la poussière partout. Des gens travaillent un peu partout à démolir et à ramasser. D’après ce qu’on a appris, ils refont les égouts à la grandeur de la ville. Il y a, malgré tout, un ou deux jolis parcs avec des arbres en fleurs pour corriger l’impression de désolation.
Nous visiterons les musés, l’église et irons à Chiclayo 2 fois. Une première fois pour passer la journée à la plage de Pimentel et la deuxième pour acheter nos billets pour nous rendre plus au nord. La plage de Pimentel est jolie mais très occupée (on n’avait pas réalisé que c’était dimanche!) avec de bonnes vagues, de l’eau encore froide et un environnement peu intéressant. Nous y ferons une bonne promenade mais, après réflexion, nous décidons de pousser plus au nord même si on nous dit qu’il y fera encore plus chaud (il fait 31, ici!), qu’il y a beaucoup de monde et que c’est cher. Nous espérons nous négocier un long séjour à moindre coût et nous rêvons de nous baigner dans des eaux calmes et chaudes.
| Le resto 18ième |
L’hôtel où nous résidons n’est pas fameux : pas de déjeuner, matelas mou, petite chambre sans fenêtre et accueil morne (on dirait face plate chez nous). On y demeure quand même vu qu’on ne trouve rien d’autre aux alentours, que c’est central et qu’on n’y sera que pour trois jours. On va (petit) déjeuner à deux pas avec gros jus de mangue et sandwich aux œufs et …salade de fruits frais si on a encore faim, le tout à 4$ pour deux. Après notre vaine chasse pour un autre hôtel, on a chaud, très chaud et on part pour trouver un resto. On prend une rue au hasard et on tombe sur une buvette où il y a deux tables dont une est occupée. On y prend une tasse ou deux puis on demande aux buveurs d’en face s’il y a un resto pas loin. Un des deux sort avec nous et nous amène pratiquement à une vieille maison du 18e siècle où il y a foule. On demande si on peut manger, on nous répond que non, mais le proprio arrive et dit oui et nous amène derrière tout ce monde et nous offre le menu du banquet, parce que tout ce monde fêtait quelque chose mais on ne sait pas quoi. Faut croire qu’on avait fait de l’effet, parce que, lorsqu’on a voulu retraverser la gang du banquet qui s’était mise à danser, un homme s’est dressé devant Maryse pour l’inviter à danser avec lui, et André s’est retrouvé avec deux femmes de son côté. On a bien ri, les caméras se sont faites aller et on nous a relâchés rapidement mais c’était super sympa! Par la suite, on est toujours retourné dîner à ce resto sans être déçu. Faut dire qu’au Pérou, pour les petits budgets, le menu du jour, servi seulement le midi dans la plupart des restaurants, est important parce qu’il est très peu dispendieux et copieux; en général, il coûte entre 4 et 10 soles soit entre (1,60 et 4,00) selon les villes. La bière varie entre 4 et 7 soles pour une bouteille de 630 ml.
On profite quand même du fait qu’on est à Lambayeque pour y visiter ses deux musées qui sont à quelques pas de notre hôtel. Le musée Brüning est en face de notre hôtel; on va le visiter en premier. On pensait ne payer qu’une sole (0,40 $) qui est le tarif pour personnes âgées dans les musées du Pérou, mais non, celui-là nous coûte 8 soles par personne! C’est un édifice moderne, mais non climatisé(!), bâti en hommage à l'allemand Enrique Brüning. C'est lui qui a revendu au gouvernement péruvien, son impressionnante collection d'objets provenant des civilisations antérieures aux Inca telles que les cultures Chimú, Chavín, Moche et les Vicú.
Les pièces de cette collection (découvertes relatant 4000 ans d’histoire) sont superbes et bien conservées, on y voit aussi représentées, avec des mannequins, des scènes de la vie quotidienne. On peut aussi y voir un squelette entier et une momie encore habillée d’un personnage important, des pièces tissées, des bijoux et décorations, des poinçons pour décorer la peau et les vêtements, des instruments de musique en pierre, bois, bambou, les premières armes ou instruments en pointe de flèches.
Le lendemain, nous retournons à Chiclayo pour acheter nos billets d’autobus pour Mancora à 7 heures au nord de Chiclayo, là où la température de l’eau est supposée être acceptable. Ce soir-là, nous avons fait la découverte d’un restaurant autre qu’un resto de poulet. Il était 19h30 et, devant la porte fermée du resto, on a failli rebrousser chemin vu qu’on ne voyait aucun client à l’intérieur. Finalement quelqu’un est apparu les baguettes en l’air pour nous dire qu’ils étaient ouverts. On y était les seuls clients. Difficile de décider quoi manger quand on ne voit aucune activité mais on se décide pour un « estofado de pato » ou « canard à l’étuvé» et une bouteille de vin. Superbe, c’est en fait une manière de mijoté au canard cuisiné dans la terre cuite à petit feu et servi avec une pyramide de riz, quelques tranches d’avocat et de tomate et, comme dans tous les plats, des lamelles d’oignon rouge cru, le tout servi en moins de vingt minutes!
| Quipu |
Le dernier matin à Lambayeque, nous visitons le musée Tumbas Reales de Sipan (Tombes des seigneurs de Sipan),construit pour mettre en valeur les découvertes faites à la huaca Rajada qui est le plus important complexe funéraire de la culture Moche découvert à ce jour. Cette découverte fut faite dans un petit village voisin de Lambayeque; on estime que ce site fut occupé par la civilisation Moche entre le premier et le 7 ième siècle de notre ère.
Le musée est un édifice moderne en forme de pyramide à tête plate avec une rampe d’accès semblable à celles que le peuple utilisait à cette époque pour accéder aux lieux de culte. Notre guide parle français, ce qui rend la visite encore plus intéressante. Apparemment, un archéologue québécois a participé aux fouilles de ce site, mais son nom nous échappe. Ce musée est vraiment plus intéressant que le précédent.
Dans le musée, on peut voir poteries et bijoux découverts dans les tombes. La première découverte fut une tombe déjà pillée. On y récupéra des fragments de poterie et un hochet en or (le hochet était un bijou porté à la ceinture et qui avisait de l’arrivée du personnage grâce à une série de grelots).
En creusant ailleurs, on a découvert la tombe d’un gardien; celui-ci était âgé de 18 ans et on lui avait coupé les deux pieds pour éviter qu’il abandonne son poste dans l’autre monde. Sous le plancher de sa tombe, on a découvert une autre tombe plus riche. Selon le guide, cette tombe contenait les squelettes du Seigneur de Sipán, de sa femme, de sa concubine et de l’enfant de la concubine, le fils de sa femme devenant roi lorsque son père mourait et celui d’un chien. Il semblerait que les sacrifiés savaient ce qui les attendait et qu’ils considéraient comme un honneur le fait d’accompagner le roi dans l’autre monde. Tous étaient parés de vêtements et bijoux de luxe. On a retrouvé une grande quantité de poteries, bijoux et reste de nourriture dans cette tombe. C’est un des rares sites archéologiques précolombiens que les pilleurs de tombes ont épargnés. Certains disent que c’est la plus importante découverte archéologique depuis Macchu Picchu.
Chaque roi faisait construire son tombeau en ajoutant un étage à la pyramide. En creusant, on a découvert un autre gardien et, sous lui, le vieux señor de Sipan, ainsi nommé au musée et qui est probablement le père du précédent. Ce dernier était accompagné de sa femme, sa concubine, etc. comme le précédent. Toutefois, la tombe contenait un peu moins de poteries et offrandes. On peut ainsi admirer, dans le musée, une représentation à l’identique, de la tombe du ‘jeune’ Sipan; c’est assez impressionnant avec tous les personnages cités, les vêtements, les bijoux et tout ce qu’il fallait pour le ‘voyage’.
On a reconstitué des pectoraux (collier couvrant les…) faits de billes de coquillages, de pierres semi-précieuses. Ils sont magnifiques et la reconstitution demande un travail incroyable car les billes minuscules, 2 mm , doivent être recueillies une à une sur le site, (dans le sable) et réenfilées. À l’œil nu, on ne distingue pas le trou dans les billes! Les bijoux en or et en argent ont également été remis en état en Allemagne, pays qui semble posséder l’expertise dans ce genre de travail. On peut voir beaucoup de poteries encore intactes et d’autres reconstituées avec les morceaux originaux (on ne voit souvent pas les traces de bris).
Beaucoup de bijoux en or ont leur pendant en argent (dualité Yin Yan?). Le chiffre d’or est le 10. On retrouve ce nombre dans les bijoux. Par exemple, les colliers sont faits de 10 cacahuètes en or ou de 10 en argent ou encore de 10 têtes de hiboux en or avec toujours le pendant en argent.
Comme on ne peut prendre de photos dans le musée, voici des liens qui peuvent vous en dire un peu plus long.
http://www.inkanatura.com/coastchiclayotrujillo_royaltombs_of_sipanmuseum.asp (photos et texte sur les découvertes)
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