dimanche 22 janvier 2012

Caral, 5 janvier 2012

Lima, jeudi 5 janvier 2012
Mijail et sa mère à Caral

Mijail nous offre de visiter Caral, un site archéologique situé au nord de Lima. Pour nous y rendre, il a fallu prendre un taxi jusqu’à une gare d’autobus au nord de la ville. De là, un autobus nous a menés, après trois heures de route,  à un village où nous avons repris un taxi qui a mis une demi-heure à nous amener jusqu'au ruisseau qui longe le site. De là, il fallait marcher une autre demi-heure pour atteindre le site où, fort heureusement, il y avait un guide. En effet, il nous aurait été difficile de comprendre quoi que ce soit vu l’étendue du site et des travaux qui y sont en cours depuis sa découverte en 1997.


 Le lieu est fascinant, avec ses cinq pyramides disposées en demi-cercle devant la pyramide principale et toutes orientées vers cette dernière. Au centre de ce dispositif, une pierre ou plutôt une stèle triangulaire de pierre naturelle de plus d’un mètre de haut dont la pointe est parfaitement orientée vers le centre d’une pyramide et dont le sens nous échappe…peut-être une horloge solaire ou un calendrier des saisons? Les photos ne peuvent rendre vraiment la magie de ce lieu.
horloge solaire 

Caral est le vestige de la plus ancienne ville précolombienne d’Amérique connue à ce jour. Les analyses au carbone-14 datent sa construction entre 2000 et 2600 av. J.-C. Elle est donc contemporaine des grandes pyramides d'Égypte. Avec ses 5000 ans, elle est la plus ancienne en Amérique et la deuxième plus ancienne au monde, après la Mésopotamie et ses 5200 ans.
Les analyses au carbone 14 ont été faites sur des roseaux trouvés dans les pyramides. Comme les ouvriers qui ont bâti les pyramides transportaient les roches de la rivière au chantier dans des sacs de roseaux (las Chicras) et qu’ils les jetaient avec les pierres dans la pyramide, ils ont donc laissés de bons indices de l'époque, conservés intacts par l’absence de pluie dans la région et le temps sec.

C’est une citée sacrée, sur le bord du rio Supe où se dressent 6 pyramides. On estime la population locale d'alors entre 5 et 10 milles habitants répartis sur une quarantaine de sites. Cabral serait la capitale et le lieu d’échange et de rencontre. Ce serait une civilisation pacifique car on n’a retrouvé aucun objet de guerre.

Chaque pyramide a son escalier et se termine par un étage plat (et non en pointe comme en Égypte). La  plus grande a la taille de quatre terrains de football et s’élève à 18 mètres. 5000 ans avant nous, sans compas, sans outils modernes, ils dessinent des places circulaires et érigent des constructions à l’épreuve des tremblements de terre.
Avant les Incas, ils utilisent un système d'écriture, des nombres exprimés dans un  système décimal sur des cordelettes de diverses couleurs reliées à une corde. Chaque cordelette comporte trois types de nœuds distincts : des nœuds simples pour les unités, des nœuds simples auquel on ajoutait 1 à 9 tours pour les dizaines et  des nœuds en huit pour les centaines,  maximum 9. Ces quipus auraient servis aussi à la mémorisation des messages transportés par des courriers.
Le retour s’effectue comme l’aller. Heureusement, le chauffeur du taxi nous avait offert de nous attendre vu l’heure tardive de notre arrivée vers les 15 heures. Il nous a tout de même attendu plus de 2 heures, moyennant un petit surplus de 7 ou 8 dollats! Au total, la visite nous a quand même coûté moins de la moitié du coût que chargent, pour 2 personnes,  les agences de tours organisés et nous étions 4 personnes!

1 commentaire:

Daniel a dit…

Fascinant cette histoire. Le fait que des égyptiens bâtissent des pyramides alors qu'en même temps, il s'en bâtissait au Pérou.