Après 13 heures d'autobus, nous arrivons à Recife. Le voyage s'est fait de nuit, le bus est confortable, climatisé avec des sièges qui se couchent en presque lit et un appui-jambe pour compléter le lit et des couvertures. On a réussi à dormir un bonne partie de la nuit... plus ou moins bien surtout à cause d'une folle qui chantait avec ses écouteurs sur les oreilles et ce d'une voix miaulante en suivant le rythme en tapant sur je ne sais pas quoi. Elle faisait semblant de ne pas comprendre les demandes de cesser... La gare d'autobus est très bien et on trouve facilement le centre d'information touristique où une femme nous indique sur une carte de la région comment nous rendre à Gaibu et comment aller à l'aéroport pour le renouvellement futur de nos visas. Deux autobus et une heure et demi plus tard nous y sommes et trouvons un petit hôtel pour débuter le séjour.
L’extrémité sud de la plage de Gaibu se termine sur un cap d’une hauteur de trente mètres environ. Le lendemain de notre arrivée, nous décidons d’aller explorer ce cap. La montée est assez abrupte sur un petit sentier plus ou moins facile, surtout en sandales. Au sommet, on admire au passage une superbe pousada qui a, bien sûr, une superbe vue sur la mer. En descendant Le cap sur l’autre versant, on découvre une petite plage, dite Cailhetas, dans une petite anse dont une moitié est réservée aux pêcheurs. La plage est est bordée de ‘barracas’ i.e. de tables avec parasol et service. Pas trop notre style... On passe donc et on continue notre escalade sur des ‘sentiers’ qui le sont de moins en moins... On ne trouve rien d’autre de bien fascinant et on décide, après avoir été suffisamment égratignés, de rebrousser chemin et de revenir plus tard en pantalon et chaussures. On arrête tout de même aux Cailhetas pour y prendre une bière... Un peu décevant comme premier contact avec Gaibu. On verra plus tard qu’il y a un village de l’autre côté de ce cap et qu’il se nomme Souape. On ne découvre rien d'autre de bien fascinant et on d´cide, a´rès avoit été suffisamment égratignés, de rebrousser chemin en se promettant de revenir plus tard avec de bonnes chaussures et des pantalons longs. On arrêtera quand même aux Cailletas pour y prendre une bière. Le paysage est joli mais le coin est commercial... un peu décevant comme première expérience. On verra plus tard qu'il y a un village, Soape, de l'autre côté de ce cap. On y a construit un port. Les gens de Gaibu disent que ce port risque de nuire aux plages de tous les villages environnants et de faire fuire le tourisme. On sait pour l'avoir vu que ça 'est produit au nord de Fortaleza pour un petit village Icarai...
En dehors de cette promenade, les deux premiers jours à Gaibu sont passés à chercher l’aubaine qui nous permettra de nous loger à bon compte. On rencontre un charmant français, Frank, qui tente de nous aider à trouver. Il a loué un pour toute l'année ici et repart sur Paris la semaine prochaine pour revenir en décembre. C'est un gars avec un moral de fer qui malgré les séquelles d'un grave accident d'automobile qui le confine à la chaise roulante, réussit à trouver la vie belle et semble toujours heureus de jaser avec tout le monde et de rendre service. Il nous indiquera les endroits où acheter les meilleurs fruits, le poisson et où manger à bon prix. Nous ne nous verrons pas souvent mais apprécierons chaque rencontre.
On s’informe auprès de la cuisinière de l'hôtel où on est atterri et elle nous branche sur un agent d’immeuble qui nous amène à la Pousada du Touit. L’aubergiste, Alicia, qui est espagnole et parle français, anglais, espagnol et portugais nous dit qu’elle a bien un appartement que sa fille vient de libérer, la veille, pour aller s’échouer en Chine avec son brésilien de mari.
Une fois résolu le problème de logement, on a dû voir au renouvellement de notre visa. On décide de régler cela avant notre première fin de semaine à Gaibu. On part donc pour l’aéroport de Recife qui, en passant, est superbe à tout point de vue et on y déniche le bureau de la police fédérale qui s’occupe des prolongements de visas. On s’y fait dire que la section des visas est en train de déménager et qu’on devra revenir le mardi suivant. On se console en allant passer l’après-midi au centre d’achat. On n’y achètera qu’une crème glacée pour deux, une ... d’un nom allemand telle qu’on peut trouver chez nous et qui nous coûte 7R. On retournera à l’aéroport le mercredi suivant et nos visas seront prolongés de trois mois, moyennant, 67 R par visa. Heureusement on avait ce qu’il faut soit le billet d’avion de retour, une carte de crédit et le document d’entrée au Brésil.
Elle est magnifique et on ne se lasse pas de regarder les vagues frapper le recif.
Des pêcheurs regarde la mer, attendant le bon moment pour lancer leurs filets.
Dans la première partie il y a deux barrières de récif distantes d’une trentaine de mètres.
À marée basse, tout le monde se baigne dans l’entre-deux où l’eau est restée emprisonnée dans des piscines naturelles. L’eau y est peu profonde et les enfants peuvent s’y amuser en toute sécurité. C’est ce qui fait qu’il y a beaucoup de monde la fin de semaine. Nous on n’aime pas particulièrement ça, trouvant que ce n’est pas assez profond à notre goût.
On marche donc pendant une demi-heure jusqu’à la fin du récif et on y découvre ce que l’on aime. Une plage qui se marche bien et où il n’y a pratiquement personne. Après une heure de marche, on se bute à un petit cap, plutôt une pointe rocheuse entrecoupée de toutes petites plages.
On marchera encore plus d’une heure 30 sur cette autre plage. On se rendra compte plus tard en regardant les cartes de Gaibu qu’on a ainsi parcouru 7 des plages visitées habituellement en buggy à 25 R par personne si on réussit à trouver un autre couple pour venir avec nous puisque le prix total est de 100R.
En revenant, on rencontre une baraca et on décide de luncher là. On a les jambes en compote!!! On y déguste le meilleur poisson depuis le début du voyage et ça, les deux pieds dans le sable avec une couple de vague qui viennent caler nos chaises... On en rit avec le seul autre couple attablé à quelques pas de nous. Comme on se sent un peu fatigué par notre longue marche et que la marée est plus haute, on décide d’entrer dans le village d’Ipapuama et de prendre l’autobus pour rentrer. Le village parait vide mais on se dit que toutes les villas qu’on y voit doivent appartenir à des gens riches de Récife et qu’ils ne les utilisent qu’en été, soit décembre à février.
Notre petite compagne de chambre venu s'abreuver.
Il faut dire qu’après une quinzaine de jours on a commencé à avoir la bougeotte. En dehors de nos promenades sur la plage et du magasinage au village on ne fait rien d’autre que de lire ou de préparer notre prochaine étape. On lit donc notre ‘Routard’ ou notre ‘Quatros-Rotas’, nos deux guides du Brésil et on fait des recherches sur Internet. On n’est pas particulièrement du style touriste donc on ne se déplace jamais, ou presque, pour aller voir quelque chose que tout le monde veut voir. Mais, comme on voulait se secouer les puces un peu, on a décidé d’aller visiter Olinda.
Olinda a été fondé en 1537 par le portugais Darte Coelho. Elle est construite sur sept collines et elle a été déclarée « héritage de la nature et de la culture de l’humanité » par l’UNESCO. Comme il faut deux heures d’autobus pour y aller et qu’il s’y passe plein de choses coté folklore, on décide d’y coucher un soir. On y arrive vers les onze heures du matin et on commence à visiter en montant, on peut presque dire en escaladant, tellement les pentes sont abruptes et assez souvent en escalier. Après une heure et demie,on arrive dans la cour d’une ancienne cathédrale. On y rencontre un petit groupe de brésiliens en apprentissage d’anglais avec leur professeur. Celui-ci nous demande si on peut leur faire la jasette en anglais en nous expliquant que les deux australiens qui devaient le faire ne sont pas venu au rendez-vous. Ça se termine par un photo de groupe et des échanges d’adresse courriels.
Plus tard, en fouinant dans les nombreuses boutiques, on rencontrera une brésilienne qui, elle aussi, veut pratiquer son anglais. Comme elle est jolie, André lui a aussi appris quelques mots de français! Au total, les contacts de ce genre sont la partie la plus intéressante des « visites ». Les principales visites à Olinda sont celles d’églises et comme elles sont pas mal de style baroque, très surchargées en dorures, on finit par s’en lasser. Par contre, comme il y a beaucoup d’artistes, les ateliers-boutiques des artistes sont très intéressants.
Après toute cette journée de visites, on s’est payé une saucette dans la piscine de l’hôtel puis on a décidé de s’offrir un repas à la française (un peu ampoulé, le service mais bon...) Crevettes à la provençale pour monsieur et au cognac pour madame arrosées d’un vin argentin (un peu boisé ...) Une folle dépense de 116 R. Un peu cher peuchère mais on a donné au tout l’excuse du souper sur le tard pour l’anniversaire de Maryse.
Dans la fin de semaine précédant notre départ, il fait une chaleur et une humidité assez désagréable et il n’y a pratiquement pas de vent. On décide donc d’aller se promener au bord de la plage pour s’aérer. Alicia, nous voyant sortir, nous propose de l’accompagner dans une petite balade lunch dans l’arriére pays. On est heureux d’apprendre que sa voiture est enfin réparée et encore plus de la ballade proposée. On sort tout de même sur la plage. On est un peu surpris d’y trouver autant de monde, plus qu’on en avait jamais vu depuis notre arrivée. On verra plus tard les autobus se préparant à ramener tout ce beau monde en fin de journée. Alicia nous dit qu’une bonne partie de ces gens ont probablement dormi sur la plage... Ça explique aussi le party de la veille qui a eu lieu sur la plage et non dans le village. On n’en dormit que mieux...
On part donc avec Alicia et on fait un premier arrêt dans les hauteurs surplombant Gaibu.
Bilan :
Les plus :
La Pousada do Touit pour tout, l’accueil de Alicia, les petits dej, le balcon, le jardin, la vue « imprenable » sur la mer, mais surtout, le son des vagues qui nous parvient même quand on doit tout fermer à cause des moustiques. Le service impeccable, Internet et le prix... Le TOUIT qui est le nom de la pousada est un oiseau qui est sur la liste des animaux en voie de disparition au Brésil. Serait-il en voie de disparition au Québec? ;-)
La proximité avec le village pour l’approvisionnement.
Les services d’autobus : on n’a pas besoin d’horaire, l’autobus passe pratiquement aux 10 minutes pour aller à Cabo d’où on peut prendre plusieurs autobus pour toutes les localités aux alentours ou Recife.
Les moins
La plage mais seulement dans la partie la plus près du village parce que le sable est trop mou pour y marcher confortablement même si le décor est super joli.
La proximité du village parce qu’il y a le bruit de la musique le soir tard et en temps d’élection, il y a les annonces à tue tête et les cérémonies religieuses aussi bruyantes que les annonces politiques mais qui durent des heures...
Au total, y reviendrait-on? Peut-être mais seulement pour l'appartement et Alicia, mais pas plus d’un mois.