lundi 29 septembre 2008

Gaibu



Après 13 heures d'autobus, nous arrivons à Recife. Le voyage s'est fait de nuit, le bus est confortable, climatisé avec des sièges qui se couchent en presque lit et un appui-jambe pour compléter le lit et des couvertures. On a réussi à dormir un bonne partie de la nuit... plus ou moins bien surtout à cause d'une folle qui chantait avec ses écouteurs sur les oreilles et ce d'une voix miaulante en suivant le rythme en tapant sur je ne sais pas quoi. Elle faisait semblant de ne pas comprendre les demandes de cesser... La gare d'autobus est très bien et on trouve facilement le centre d'information touristique où une femme nous indique sur une carte de la région comment nous rendre à Gaibu et comment aller à l'aéroport pour le renouvellement futur de nos visas. Deux autobus et une heure et demi plus tard nous y sommes et trouvons un petit hôtel pour débuter le séjour.

L’extrémité sud de la plage de Gaibu se termine sur un cap d’une hauteur de trente mètres environ. Le lendemain de notre arrivée, nous décidons d’aller explorer ce cap. La montée est assez abrupte sur un petit sentier plus ou moins facile, surtout en sandales. Au sommet, on admire au passage une superbe pousada qui a, bien sûr, une superbe vue sur la mer. En descendant Le cap sur l’autre versant, on découvre une petite plage, dite Cailhetas, dans une petite anse dont une moitié est réservée aux pêcheurs. La plage est est bordée de ‘barracas’ i.e. de tables avec parasol et service. Pas trop notre style... On passe donc et on continue notre escalade sur des ‘sentiers’ qui le sont de moins en moins... On ne trouve rien d’autre de bien fascinant et on décide, après avoir été suffisamment égratignés, de rebrousser chemin et de revenir plus tard en pantalon et chaussures. On arrête tout de même aux Cailhetas pour y prendre une bière... Un peu décevant comme premier contact avec Gaibu. On verra plus tard qu’il y a un village de l’autre côté de ce cap et qu’il se nomme Souape. On ne découvre rien d'autre de bien fascinant et on d´cide, a´rès avoit été suffisamment égratignés, de rebrousser chemin en se promettant de revenir plus tard avec de bonnes chaussures et des pantalons longs. On arrêtera quand même aux Cailletas pour y prendre une bière. Le paysage est joli mais le coin est commercial... un peu décevant comme première expérience. On verra plus tard qu'il y a un village, Soape, de l'autre côté de ce cap. On y a construit un port. Les gens de Gaibu disent que ce port risque de nuire aux plages de tous les villages environnants et de faire fuire le tourisme. On sait pour l'avoir vu que ça 'est produit au nord de Fortaleza pour un petit village Icarai...


En dehors de cette promenade, les deux premiers jours à Gaibu sont passés à chercher l’aubaine qui nous permettra de nous loger à bon compte. On rencontre un charmant français, Frank, qui tente de nous aider à trouver. Il a loué un pour toute l'année ici et repart sur Paris la semaine prochaine pour revenir en décembre. C'est un gars avec un moral de fer qui malgré les séquelles d'un grave accident d'automobile qui le confine à la chaise roulante, réussit à trouver la vie belle et semble toujours heureus de jaser avec tout le monde et de rendre service. Il nous indiquera les endroits où acheter les meilleurs fruits, le poisson et où manger à bon prix. Nous ne nous verrons pas souvent mais apprécierons chaque rencontre.

On s’informe auprès de la cuisinière de l'hôtel où on est atterri et elle nous branche sur un agent d’immeuble qui nous amène à la Pousada du Touit. L’aubergiste, Alicia, qui est espagnole et parle français, anglais, espagnol et portugais nous dit qu’elle a bien un appartement que sa fille vient de libérer, la veille, pour aller s’échouer en Chine avec son brésilien de mari. Elle hésite à louer parce qu’elle prévoyait peinturer, mettre des rideaux, décorer etc. De plus, elle avait fait son atelier dans une des pièces... Devant notre intérêt marqué elle décide de nous le faire visiter et on s’entend pour aménager à midi ce même jour. Ouf! Un apart avec 2 balcons, celui de devant donnant sur le jardin et la mer à 100 mètres, vue imprenable sur ...J. En plus, le petit dej, l’entretien de l’apart tous les jours (serviettes changées, lit fait, balayage, poubelles vidées). Tous les 3 jours, lavage des planchers, changement de draps etc. Le tout pour 500R et en prime on peut utiliser l’ordinateur 2 heures par jour.


Une fois résolu le problème de logement, on a dû voir au renouvellement de notre visa. On décide de régler cela avant notre première fin de semaine à Gaibu. On part donc pour l’aéroport de Recife qui, en passant, est superbe à tout point de vue et on y déniche le bureau de la police fédérale qui s’occupe des prolongements de visas. On s’y fait dire que la section des visas est en train de déménager et qu’on devra revenir le mardi suivant. On se console en allant passer l’après-midi au centre d’achat. On n’y achètera qu’une crème glacée pour deux, une ... d’un nom allemand telle qu’on peut trouver chez nous et qui nous coûte 7R. On retournera à l’aéroport le mercredi suivant et nos visas seront prolongés de trois mois, moyennant, 67 R par visa. Heureusement on avait ce qu’il faut soit le billet d’avion de retour, une carte de crédit et le document d’entrée au Brésil.

Tous nos « soucis » étant derrière nous, on décide d’aller explorer la plage, côté nord.


Elle est magnifique et on ne se lasse pas de regarder les vagues frapper le recif.

Des pêcheurs regarde la mer, attendant le bon moment pour lancer leurs filets.
Dans la première partie il y a deux barrières de récif distantes d’une trentaine de mètres.


À marée basse, tout le monde se baigne dans l’entre-deux où l’eau est restée emprisonnée dans des piscines naturelles. L’eau y est peu profonde et les enfants peuvent s’y amuser en toute sécurité. C’est ce qui fait qu’il y a beaucoup de monde la fin de semaine. Nous on n’aime pas particulièrement ça, trouvant que ce n’est pas assez profond à notre goût.

On marche donc pendant une demi-heure jusqu’à la fin du récif et on y découvre ce que l’on aime. Une plage qui se marche bien et où il n’y a pratiquement personne. Après une heure de marche, on se bute à un petit cap, plutôt une pointe rocheuse entrecoupée de toutes petites plages. La pointe est incontournable par la plage mais on voit que la plage continue de l’autre côté et on voit se profiler les hautes tours de Recife qui se trouvent à une centaine de km de distance. Décidés à explorer cette autre plage, on prend un sentier qui contourne la pointe.

On marchera encore plus d’une heure 30 sur cette autre plage. On se rendra compte plus tard en regardant les cartes de Gaibu qu’on a ainsi parcouru 7 des plages visitées habituellement en buggy à 25 R par personne si on réussit à trouver un autre couple pour venir avec nous puisque le prix total est de 100R.

En revenant, on rencontre une baraca et on décide de luncher là. On a les jambes en compote!!! On y déguste le meilleur poisson depuis le début du voyage et ça, les deux pieds dans le sable avec une couple de vague qui viennent caler nos chaises... On en rit avec le seul autre couple attablé à quelques pas de nous. Comme on se sent un peu fatigué par notre longue marche et que la marée est plus haute, on décide d’entrer dans le village d’Ipapuama et de prendre l’autobus pour rentrer. Le village parait vide mais on se dit que toutes les villas qu’on y voit doivent appartenir à des gens riches de Récife et qu’ils ne les utilisent qu’en été, soit décembre à février.

La vie à Gaibu n’est pas très compliquée pour nous mais différente de celle de Mandaú.

On (plutôt Maryse) fait nos dîners et nos soupers mais sans se compliquer la vie. Contrairement à Mandaú, on est au coeur du village et il y a quelques épiceries et marchands de fruits. On y trouve aussi plusieurs restaurants qui font des repas dits « commerciaux » pour 5-6 R. Ces repas comprennent toujours la même chose soit du spaghetti avec sauce pratiquement sans saveur, du riz blanc, du feijão i.e. des « beans » non sucrées, de la laitue avec tomates et oignons, sans vinaigrette. Le tout est servi avec ce que l’on a commandé, poulet ou poisson. Pour nous, une assiette pour deux suffit. Il y a aussi certains resto qui font rôtir des poulets à la journée longue. Ils appellent cela une « galeta », le poulet est ouvert en deux et cuit sur le BBQ comme une galette, les pattes et les poitrines en un seul morceau. On en a acheté je ne sais combien(10R). C’est excellent et on fait 2 repas avec une galette.On complète avec des fruits et des fruits et parfois avec un morceau de gâteau qu’on trouvé dans une Padaria ou dans les épiceries.

Notre petite compagne de chambre venu s'abreuver.


Il faut dire qu’après une quinzaine de jours on a commencé à avoir la bougeotte. En dehors de nos promenades sur la plage et du magasinage au village on ne fait rien d’autre que de lire ou de préparer notre prochaine étape. On lit donc notre ‘Routard’ ou notre ‘Quatros-Rotas’, nos deux guides du Brésil et on fait des recherches sur Internet. On n’est pas particulièrement du style touriste donc on ne se déplace jamais, ou presque, pour aller voir quelque chose que tout le monde veut voir. Mais, comme on voulait se secouer les puces un peu, on a décidé d’aller visiter Olinda.



Olinda a été fondé en 1537 par le portugais Darte Coelho. Elle est construite sur sept collines et elle a été déclarée « héritage de la nature et de la culture de l’humanité » par l’UNESCO. Comme il faut deux heures d’autobus pour y aller et qu’il s’y passe plein de choses coté folklore, on décide d’y coucher un soir. On y arrive vers les onze heures du matin et on commence à visiter en montant, on peut presque dire en escaladant, tellement les pentes sont abruptes et assez souvent en escalier. Après une heure et demie,on arrive dans la cour d’une ancienne cathédrale. On y rencontre un petit groupe de brésiliens en apprentissage d’anglais avec leur professeur. Celui-ci nous demande si on peut leur faire la jasette en anglais en nous expliquant que les deux australiens qui devaient le faire ne sont pas venu au rendez-vous. Ça se termine par un photo de groupe et des échanges d’adresse courriels.

Plus tard, en fouinant dans les nombreuses boutiques, on rencontrera une brésilienne qui, elle aussi, veut pratiquer son anglais. Comme elle est jolie, André lui a aussi appris quelques mots de français! Au total, les contacts de ce genre sont la partie la plus intéressante des « visites ». Les principales visites à Olinda sont celles d’églises et comme elles sont pas mal de style baroque, très surchargées en dorures, on finit par s’en lasser. Par contre, comme il y a beaucoup d’artistes, les ateliers-boutiques des artistes sont très intéressants.

Après toute cette journée de visites, on s’est payé une saucette dans la piscine de l’hôtel puis on a décidé de s’offrir un repas à la française (un peu ampoulé, le service mais bon...) Crevettes à la provençale pour monsieur et au cognac pour madame arrosées d’un vin argentin (un peu boisé ...) Une folle dépense de 116 R. Un peu cher peuchère mais on a donné au tout l’excuse du souper sur le tard pour l’anniversaire de Maryse.

Dans la fin de semaine précédant notre départ, il fait une chaleur et une humidité assez désagréable et il n’y a pratiquement pas de vent. On décide donc d’aller se promener au bord de la plage pour s’aérer. Alicia, nous voyant sortir, nous propose de l’accompagner dans une petite balade lunch dans l’arriére pays. On est heureux d’apprendre que sa voiture est enfin réparée et encore plus de la ballade proposée. On sort tout de même sur la plage. On est un peu surpris d’y trouver autant de monde, plus qu’on en avait jamais vu depuis notre arrivée. On verra plus tard les autobus se préparant à ramener tout ce beau monde en fin de journée. Alicia nous dit qu’une bonne partie de ces gens ont probablement dormi sur la plage... Ça explique aussi le party de la veille qui a eu lieu sur la plage et non dans le village. On n’en dormit que mieux...

On part donc avec Alicia et on fait un premier arrêt dans les hauteurs surplombant Gaibu.
Un brésilien y a installé un resto pratiquement invisible de la route (si on peut donner ce nom au chemin de terre cahoteux). La vue est saisissante de cet endroit. Dans la nuit du jour de l’an, on peut, selon Alicia, y observer des feux d’artifice sur toutes les plages de la baie, jusqu’à Recife, une quarantaine de km plus loin. On y prend une bière et quelques photos. On continue ensuite sur une route de terre heureusement meilleure que la première et on chemine à travers une culture tantôt d’arbres fruitiers, tantôt de canne à sucre, sans jamais voir plus loin que 30 mètres devant soi tant la végétation dense et la route croche.

Après une dizaine de km, à un tournant, on voit annoncer un resto dont le nom signifie le resto du fou (assez fou pour installer un resto si loin) mais Alicia préfère continuer vers un second resto qui lui n’accepte pas de musique. Et là,sous les arbres, au bord du fleuve, on voit des tables dispersées et des hamac attachés aux arbres. Quel endroit paisible! On prend une table au bord du fleuve et Ô merveille, on a une brise parfaite et le silence... On y déguste de « patates frites » faites avec du manioc. On les trempe dans une soupe au crabe et ensuite avec des crevette, pas trop cuites, chose rare au Brésil.



On jase de nos expériences de vie. Alicia a roulé sa bosse pas mal au Maroc, en Tunésie et dans d’autres pays avant de s’installer au Brésil, pays qu’elle a choisi en raison de la chaleur qui lui permet d’oublier sa fibro-myalgie. Son rêve est cependant de louer la pousada et de faire la vie qu’elle aimerait vraiment, soit de travailler quelques mois par année en Espagne comme consultante en psychologie et de revenir pour peindre et ensuite vendre ses peintures pour voyager. Ça donnera peut être des idées à Maryse qui a le même âge qu’Alcia...

En nous dirigeant vers la sortie, André aperçoit une petite bête poilue dans un arbre. Alicia reconnaît un petit singe « ouighé » dont elle nous avait parlé en route. Le serveur prétendait qu’ils étaient venus le matin parce qu’ils avaient vus venir le mauvais temps...Effectivement le temps est gris et il est tombé environ 50 gouttes de pluie, mais... Alicia leur donne des bananes. Ils sont si petits que leurs petits, selon Alicia, pèsent moins d’une once à la naissance. Sur le chemin du retour, elle se rendra compte qu’on a oublié de payer, tout absorbés par les petits singes. Elle sera quitte pour retourner là bas demain.

Bilan :
Les plus :


La Pousada do Touit pour tout, l’accueil de Alicia, les petits dej, le balcon, le jardin, la vue « imprenable » sur la mer, mais surtout, le son des vagues qui nous parvient même quand on doit tout fermer à cause des moustiques. Le service impeccable, Internet et le prix... Le TOUIT qui est le nom de la pousada est un oiseau qui est sur la liste des animaux en voie de disparition au Brésil. Serait-il en voie de disparition au Québec? ;-)

La proximité avec le village pour l’approvisionnement.

Les services d’autobus : on n’a pas besoin d’horaire, l’autobus passe pratiquement aux 10 minutes pour aller à Cabo d’où on peut prendre plusieurs autobus pour toutes les localités aux alentours ou Recife.

Les moins
La plage mais seulement dans la partie la plus près du village parce que le sable est trop mou pour y marcher confortablement même si le décor est super joli.

La proximité du village parce qu’il y a le bruit de la musique le soir tard et en temps d’élection, il y a les annonces à tue tête et les cérémonies religieuses aussi bruyantes que les annonces politiques mais qui durent des heures...

Au total, y reviendrait-on? Peut-être mais seulement pour l'appartement et Alicia, mais pas plus d’un mois.

vendredi 19 septembre 2008

Mundaú



Mardi le 28 juillet. Paulo et Valéria arrivent vers 7h45 avec Laura, la jeune française venue passer un an chez eux. Nous serons à Mandaú (prononcer Mun-da-ou) vers 10h45. Paulo et Valéria décident que nous visiterons en premier lieu une maison à louer. La rue entière semble en construction avec des tas de gravier et des gens qui travaillent. Il y a même un tas de sable dans le hall de la maison. Cette dernière est sombre mais propre. La dame ferme la porte d'une des chambres en disant qu'elle se la réserve et que nous ne pourrons pas l'utiliser. Elle nous montre l'autre chambre. La chambre est meublée ... d'un lit simple et de rien d'autre. Valéria proteste et lui dit qu'elle avait mentionné que nous étions un couple marié et qu'il fallait un lit double. La dame ne se montre pas intéressée à arranger les choses. Je crois, sans être paranoïaque, qu'elle ne voulait pas d'étrangers.

Nous partons donc pour la pousada qui se trouve à l'entrée du village, Pousada Farol de Mundaú. La propriétaire Maria do Carmo se montre accueillante, les chambres sont propres et sont situées autour d'une grande terrasse, au deuxième étage. Sur la terrasse, des hamacs se balancent au vent et des chaises longues nous invitent au repos. Tout semble paisible. Valéria explique à la dame que nous ne sommes pas des touristes riches et que nous voulons connaître mieux le Brésil mais avec un budget limité. Les palmiers magnifiques, la mer et les jangadas visibles de la terrasse, le son des vagues transporté par un bon vent et une dame qu'on arrive à comprendre facilitent notre décision. Pendant que Valéria jase avec Maria do Carmo qui semble aimer beaucoup faire la jasette, nous refaisons le tour des chambres pour finalement nous décider pour celle du devant avec vue sur la mer. Elle sera peut-être un peu plus chaude que celles exposées au grand vent mais la vue est magnifique et elle semble légèrement plus confortable. Il est entendu que nous ferons notre propre cuisine car elle craint que nous n'aimions pas la leur. Valéria nous dit qu'en effet, ils ne mangent pas beaucoup de légumes. Elle spécifie pour nous que nous aimons beaucoup les fruits et légumes. La dame assure qu'il y en aura tous les matins. Nous convenons donc de 350R pour le mois, petit dej compris et accès à la cuisine pour les autres repas. Une aubaine! La dame offre le café qu'elle apporte déjà sucré.

Nous sortons prendre une bière sur le bord de la plage. Nous offrons le dîner (poissons en sauce, riz, légumes). C'est bon mais on se sent lourds. Paulo dit qu'on va faire la sieste. À notre grande surprise, il demande, de retour à la pousada, des hamacs en surplus et tout le monde s'installe comme s'ils étaient chez eux. Au réveil, Paulo demande ou la dame offre, je ne sais trop, du café. Nous descendons sur sa terrasse et Valéria prend tout simplement un pot sur la table, l'ouvre et offre des sucreries à tout le monde. Ça semble normal de se servir comme si le tout nous appartenait.

Nous repartons au village, Paulo a le goût d'un sorvete. Nous y ferons l'achat de quelques produits et admirerons le coucher du soleil sur la plage. Paulo, Valéria et Laura repartent ensuite.
Nous nous installons. Au Consulado, nous trouvions formidable d'être capable de nous contenter d'une petite tablette dans la porte du frigo et d'un petit bout de tablette à l'intérieur puisque le frigo était pour tous les colocataires. Ici, pas d'armoire, nous installons nos biens sur 2 tablettes au-dessus du lit. Tout est placé en un rien de temps et nous constatons que nous avons utilisé, á date, à peu près la moitié du linge apporté. Simplicité volontaire, facile quand il fait toujours beau et chaud.

Maria do Carmo semble plus nerveuse et nous parle fort (pour que nous comprenions mieux!). Je fais des pâtes au pesto. Elle nous offre des oeufs et une tomate pour agrémenter le tout. Elle est vraiment généreuse, ça commence bien. Elle n'accepte pas que je fasse la vaisselle et à peine que nous ramassions les couverts. Elle me dit qu'ici je ne ferai pas d'entretien. Le patio est bien éclairé et confortable avec le vent. Nous y jasons de tout et de rien et trouvons que c'est très paisible et plus confortable que Fortaleza.

Mercredi 30 juillet. Je me lève tôt et m'installe dans un hamac.

J'y vois passer une femme avec une chaudière d'eau sur la tête et une à chaque main. Une autre en porte une remplie de fruits et avance, les mains sur les hanches, souriante. Deux, trois charettes tirées par un petit cheval, un homme poussant une brouette, des autobus de toutes les grosseurs, des camions-taxi transportant 15-20 personnes assises sur des bancs placés en travers de la boîte du camion avec une bâche en guise de pare-soleil. Les montants de la bâche servent d’appuis pour les passagers. La plupart des voitures sont assez vieilles. Des gens à bicyclette, en moto complètent le spectacle de début de journée. C'est un peu bruyant mais ça ne dure pas. J'oubliais les coqs annonçant le lever du jour. Celui d'à côté semble avoir la voix enrouée et cocorise de bon coeur. Il fait son annonce jusqu'à 10-11 heures et plusieurs fois en rappel l'après-midi. Les chiens s'encouragent l'un l'autre. Nous espérons que nous nous y habituerons, un peu comme on s'habitue au train qui passe lorsqu'on est une fille de chef de gare et qu'on a vécu dans des gares toute son enfance.

Au petit déjeuner nous sommes en compagnie d'un couple et de deux enfants. Le déjeuner est servi dans une grande pièce couverte, grillagée sur l'extérieur. Maria do Carmo leur dit que nous savons dire merci et bonjour ... la conversation avec eux sera donc inexistante. Le p’tit dej est copieux fruits (melon, mangue, banane), pain, jambon, fromage, gâteau du style muffin, tapioca, couscous de manioc, café à volonté, jus de fruit et elle nous fait en plus des oeufs. Ça promet... Nous partons ensuite pour la plage, Maria do Caormo nous a recommandé un resto pas cher. Nous nous y installons pour laisser passer les heures les plus chaudes. Nous revenons par la plage et sommes un peu déçus de la présence d'algues qui rendent la baignade désagréable et aussi d'égouts. À notre arrivée à la pousada, Maria et son voisin sont dehors, énervés. Ils nous ont cherché partout, ont téléphoné au resto. Zecristino, le voisin de 70 ans est allé voir des 2 côtés de la plage. Grosse panique! Nous ne pensions pas causer une telle émotion.

André va faire la sieste dans la chambre et je m'installe dans mon hamac. Je rêvais de m'offrir du bon temps dans un hamac avec vue sur la mer, je l'ai! En prime, le vent que j'adore et qui rend le tout confortable. J'aimais le consulado mais je dois dire qu'ici c'est plus confortable pour la température et le paysage, imbattable avec les palmiers, les jangadas qui passent au large,les changements de couleur de la mer. De mon perchoir, je vois la poule du voisin traverser tranquillement la rue avec ses poussins. Alexia et Loïc seraient émerveillés.

Il semble que l'endroit soit plus propice à une vie spartiate. La pousada (prononcer 'pouzad', petit hôtel) est au bout du village de Mundaú mais en passant par la plage on est à 10 minutes du 'centre-ville'. La ville voisine, Trairi, qu'on a entrevue en arrivant est à 15 km; on ira une ou deux fois probablement quand Maria, la propriétaire de la pousada, ira avec sa super Volks Wagon ancêtre originale et brinqueballant des années 60 qu'elle conduit pieds nus et elle fait la soixantaine. Il y a une dizaine de chambres, la pluaprt au deuxième étage avec vue sur la mer, le récif à marée basse et les étoiles filantes, le soir vu qu'il n'y a pas de lune de ce temps-ci, quelle veine! On a hâte à la semaine prochaine pour les Perséides. On pourrait les observer de notre lit, mais on préfère la galerie où il y a des chaises longues, style des années soixante aussi, mais parfaite pour l'observation du ciel. Souhaitons-nous qu'il n'y ait pas trop de nuages.

Nous avons des préoccupations très zen. Parlant de la chose, nous avons un compagnon de palier qui en est un Zen.

Il se nomme Ricardo, est brésilien mais a passé un an et demi en France d'où son français presque impeccable bien qu'il n'ait pas pratiqué depuis 15 ans. Donc Ricardo est un méditeur invétéré. Il pratique matin et soir sur la plage au lever et au coucher de soleil. Il était à Paracuru le mois passé et il nous a recommandé la maison où il était. Elle avait 10 appartements tout équipés, est située sur la plage et le village est pourvu d'une dizaine de magasins et est situé tout près de la maison. On verra...

Comme Internet fonctionne un fois sur 10 dans notre petit village de pêcheurs, nous ne pourrons pas continuer sous forme de journal. Ce n'est pas grave parce que nos journées se ressemblent pas mal et les événements exceptionnels sont rares. Parmi ces événements, la vision d'une poule traversant la route avec tous ses poussins, la visite de deux vaches vers onze heures le soir ( notre voisin a dû les chasser), le cochon en laisse d'un des voisins. Si ça vous semble campagne, ça l'est mais sans l'odeur... Les pêcheurs ne sont pas très visibles pour nous car nous marchons la plage en direction opposée du village.



Les enfants du voisinage jouent dans la rue à la tombée du jour. Ils semblent faire partie d’une grande famille et les plus vieux s’occupent sans rechigner des plus jeunes, promenant la petite dernière en brouette ou dans les bras... Ils se confectionnent des jouets avec des riens trouvés sur le côté de la route, partage une bicyclette prêtée par un voisin et s’inventent des jeux.

Nous avons découvert que si nous marchions vers l'est, au bout d'un moment, il n'y avait plus d'algues et encore moins d'égout car ce n'est pratiquement pas habité (un hôtel au début de notre marche, 3-4 maisons et ensuite des dunes et une cocoteraie). Le vent, toujours présent, garde la température toujours agréable et la plage magnifique avec les palmiers, les dunes de sable blanc, d'autres avec une légère végétation, les vagues plus ou moins fortes selon les courbes de la plage. Nous partons tous les après-midi, vers 3h30 pour notre promenade. Nous nous baignons dans les vagues ou, le plus souvent, dans des piscines naturelles. Il faut voir André flotter avec le sourire, détendu. Moi, ça confirme que je suis une fille d'eau.

Me laisser porter, dériver sans poids (c'est bien le seul temps!), regarder les nuages, la lune déjà présente, sentir le vent... c'est une expérience presque mystique.

Lorsqu'on s'assoie dans la piscine, on entend et voit les vagues, le vent et 99.9 % du temps nous sommes seuls sur la plage. Nos compagnons sont des vaches et des ânes qui broutent le long de la route.

Notre promenade nous fait découvrir une plage nouvelle tous les jours. Il y a très peu de coquillage et, lorsque présents, ils sont très petits. J'en ai cependant trouver un aux couleurs préférées d'Alexia. Parfois le vent dessine une fine dentelle sur la plage, un chef-d'oeuvre! Une autre fois le vent souffle le sable fin et lisse tout. La vague de la marée montante emprisonne de petits poissons très près de la plage. Ces derniers s'évadent en nageant à contre-courant, minuscules dauphins, le corps presque entièrement sortie de l'eau, minuscules dauphins, pour gagner le large. Parfois, un petit, trop étourdi, se dirige vers la plage... Nous découvrons des trous de coques entourés de cristaux brillants ou de dessins faisant office de décorations de leurs maisons.

Des barques se balancent doucement dans les vagues. À marée basse, la mer est plus calme, les récifs apparaissent et la mer se colore encore plus.

La plupart du temps, nous sommes seuls et marchons soit en jasant, soit en silence, admirant les cadeaux de la nature, écoutant le vent, les vagues...


Nous revenons pour le coucher du soleil. Les couleurs sur la mer, dans le ciel, sur la plage comblent le photographe en André.

La lune est maintenant au rendez-vous et nous avons même droit à une éclipse de lune.
Pour compléter le tout, nous nous sommes habitués aux coqs et chiens. De plus, nous avons pris une entente avec Maria do Carmo pour que Régina, sa bonne, fasse la nourriture pour nous les 4 jours où elle travaille à la pousada. Maria fera les autres. Nous achèterons le poulet, le poisson, les langoustines, les crevettes et elle s'occupera du reste. Officiellement je dois faire les soupers. Finalement, je ferai seulement quelques repas le soir. Pratiquement à tous les repas, elle fournira le riz, le spaghetti, les fèves, une verdura (légumes en macédoine) et des fruits! Je ne vais pas maigrir ici. Elle ne veut pas que je lave la vaisselle et accepte difficilement que nous desservions. Que la vie est difficile! Pas de vaisselle, pas de ménage et Régina accepte de laver le linge que je n'ai pas lavé à la main! Je fais du lard... Congé pour moi. Pas de vaisselle, pas de ménage, lessive minimale, Wow!

On est à Trairi en ce moment en attente de notre autobus pour Mundaú où on demeure depuis le 29 juillet et d'où on s'apprête à partir à la fin du mois. Une demie-journée de pluie depuis qu'on y est, soleil pétant de 6 le matin à 17:40 le soir, marche presque tous les jours sur la plage infinie tantôt à marée haute tantôt à marée basse. Voilà qui est très fatigant sans compter les couchers de soleil à photographier, les levers de lune avec ou sans éclipse, pleine lune dimanche dernier photos à l'appui, bref une vie de fou. Seul ombre au tableau si on peut dire, le fric sans la carte VISA, très malin à avoir. Alors aujourd'hui on a décidé de prendre l'autobus pour aller dans une ville à une quarantaine de km de Mundaú soit Paracuru pour y obtenir du comptant et inspecter le coin en vue de notre prochain saut. On manque l'autobus de 5:30 le matin pour Paracuru et on prend l'autobus de 7:30 pour Trairi, de là un taxi pour Paracuru. On y arrive vers 9:00, on se rend à la Banque du Brésil pour voir que le guichet pour les cartes de crédit ne fonctionne pas; on voit un "étrange" dans une queue, qui s'adonne à être Français. On lui demande ce qu'il attend et il nous dit que le guichet en question ne fonctionne pas depuis 2 mois!! Avec sa carte Visa, il a dû faire la file d'abord au comptoir X avec son passeport et là il fait la file au comptoir Y pour y obtenir son argent et, comme il dit, 1000 Reals maximum. On retourne au comptoir X, heureusement il n'y a plus de file. Le gars nous dit que pour la carte Master Card, la seule que nous ayons, faudra aller à Trairi d'où on vient ou à Fortaleza (90 km). On revient au Français. Il nous dit qu'on pourrait prendre un taxi pour un petit village "de l'intérieur" où le guichet est 'supposé' fonctionner, ou bien, voir chez Michel, un Français qui tient une pousada de 10 chambres au bord de la mer et qui, selon lui, change de l'argent. On va chez Michel, très sympathique et il accepte de nous changer un 500$ américain qu'on avait 'en cas'. Le taux n'est pas trop usuraire et ça nous dépanne. On lui demande au passage un prix d'ami pour le mois de septembre. Il nous fait un rabais de 30% soit 60 R par jour, beaucoup plus que le 20 (au gros max) que l'on cherche. De retour sur la place principale de ce village, assez bien, de 30 000 habitants, Maryse voit un autobus de retour et on décide de couper court à nos recherches et de retourner chez Maria à Trairi soit chez nous... Comme l'autobus faisait une halte à Trairi et qu'il y a des stations Internet qui fonctionnent (sauf pour Skype) nous allons manger, manquons notre autobus de retour et décidons de 'faire' de l'Internet qui fonctionne (ça nous change de celui de Mundaú). On a bien essayé de communiquer par Skype mais ca n'a marché qu'à moitié (elle parlait, on écrivait) avec Brigitte. On a aussi essayé avec maman en début de semaine, elle a répondu mais raccroché quand elle a vu qu'il n'y avait personne qui parlait; le bogue n'était pas réglé.

Au total donc on trouve la température de plus en plus chaude sans savoir si c'est l'humidité ou le thermomètre qui augmente et on s'apprête donc à faire un premier grand saut vers Gaibu, à presque 1000 km au sud de Mundaú près de Recife.

Le 29 août, c’est l’anniversaire de Maria do Carmo et celui de Maryse. Maria nous invite à partager avec sa famille le gâteau d’anniversaire... Comme elle est gentille! La voici avec son voisin Zéchristino, charmant bonhomme, toujours souriant et aimable. Il lui donne un coup de main dans la gestion de la pousada et ils se tiennent compagnie.

Nous aurons passé du 29 juillet au 31 août à Mundaú. André fait le bilan:

Les plus : La pousada avec vue à 150 degrés sur la plage, le service de Maria, les petits dej avec fruits frais et un excellent café, la température quasi invariable, le calme, les nuits étoilées, la plage quasi déserte et agréable á marcher, la mer baignable en tout temps.

Les moins : La nourriture qui varie peu, communications internet lentes et instables, l´éloignement d’un grand centre disposant des services bancaires, services bancaires dans les villes acceptant seulement visa.

Au total : Reviendrait-on? A moins de trouver mieux dans les prochaines étapes, oui dans les mêmes conditions fiancières, ce qui veut dire n’importe quel mois sauf juillet, novembre, décembre et janvier qui correspondent aux vacances brésiliennes.

Recommandations :
Il faut tout de même se débrouiller en brésilien ce qui est plus facile pour quelqu’un qui connaît l’espagnol. Pour ceux qui ne veulent pas de contrainte de langue, il existe des pousadas tenus par des européens, telle « chez Michel » à Paracuru tenue par un Français et située directement sur la plage. Les prix sont en conséquence... La pousada est souvent complète.

Pour les québecois qui veulent un mois de plage avec soleil en été, surtout pour les amateurs de ‘kyte’, c’est un endroit idéal de même que plusieurs petits villages de la côte du nordeste.