Mardi le 28 juillet. Paulo et Valéria arrivent vers 7h45 avec Laura, la jeune française venue passer un an chez eux. Nous serons à Mandaú (prononcer Mun-da-ou) vers 10h45. Paulo et Valéria décident que nous visiterons en premier lieu une maison à louer. La rue entière semble en construction avec des tas de gravier et des gens qui travaillent. Il y a même un tas de sable dans le hall de la maison. Cette dernière est sombre mais propre. La dame ferme la porte d'une des chambres en disant qu'elle se la réserve et que nous ne pourrons pas l'utiliser. Elle nous montre l'autre chambre. La chambre est meublée ... d'un lit simple et de rien d'autre. Valéria proteste et lui dit qu'elle avait mentionné que nous étions un couple marié et qu'il fallait un lit double. La dame ne se montre pas intéressée à arranger les choses. Je crois, sans être paranoïaque, qu'elle ne voulait pas d'étrangers.
Nous partons donc pour la pousada qui se trouve à l'entrée du village, Pousada Farol de Mundaú. La propriétaire Maria do Carmo se montre accueillante, les chambres sont propres et sont situées autour d'une grande terrasse, au deuxième étage. Sur la terrasse, des hamacs se balancent au vent et des chaises longues nous invitent au repos. Tout semble paisible. Valéria explique à la dame que nous ne sommes pas des touristes riches et que nous voulons connaître mieux le Brésil mais avec un budget limité. Les palmiers magnifiques, la mer et les jangadas visibles de la terrasse, le son des vagues transporté par un bon vent et une dame qu'on arrive à comprendre facilitent notre décision. Pendant que Valéria jase avec Maria do Carmo qui semble aimer beaucoup faire la jasette, nous refaisons le tour des chambres pour finalement nous décider pour celle du devant avec vue sur la mer. Elle sera peut-être un peu plus chaude que celles exposées au grand vent mais la vue est magnifique et elle semble légèrement plus confortable. Il est entendu que nous ferons notre propre cuisine car elle craint que nous n'aimions pas la leur. Valéria nous dit qu'en effet, ils ne mangent pas beaucoup de légumes. Elle spécifie pour nous que nous aimons beaucoup les fruits et légumes. La dame assure qu'il y en aura tous les matins. Nous convenons donc de 350R pour le mois, petit dej compris et accès à la cuisine pour les autres repas. Une aubaine! La dame offre le café qu'elle apporte déjà sucré.
Nous sortons prendre une bière sur le bord de la plage. Nous offrons le dîner (poissons en sauce, riz, légumes). C'est bon mais on se sent lourds. Paulo dit qu'on va faire la sieste. À notre grande surprise, il demande, de retour à la pousada, des hamacs en surplus et tout le monde s'installe comme s'ils étaient chez eux. Au réveil, Paulo demande ou la dame offre, je ne sais trop, du café. Nous descendons sur sa terrasse et Valéria prend tout simplement un pot sur la table, l'ouvre et offre des sucreries à tout le monde. Ça semble normal de se servir comme si le tout nous appartenait.
Nous repartons au village, Paulo a le goût d'un sorvete. Nous y ferons l'achat de quelques produits et admirerons le coucher du soleil sur la plage. Paulo, Valéria et Laura repartent ensuite.
Nous nous installons. Au Consulado, nous trouvions formidable d'être capable de nous contenter d'une petite tablette dans la porte du frigo et d'un petit bout de tablette à l'intérieur puisque le frigo était pour tous les colocataires. Ici, pas d'armoire, nous installons nos biens sur 2 tablettes au-dessus du lit. Tout est placé en un rien de temps et nous constatons que nous avons utilisé, á date, à peu près la moitié du linge apporté. Simplicité volontaire, facile quand il fait toujours beau et chaud.
Maria do Carmo semble plus nerveuse et nous parle fort (pour que nous comprenions mieux!). Je fais des pâtes au pesto. Elle nous offre des oeufs et une tomate pour agrémenter le tout. Elle est vraiment généreuse, ça commence bien. Elle n'accepte pas que je fasse la vaisselle et à peine que nous ramassions les couverts. Elle me dit qu'ici je ne ferai pas d'entretien. Le patio est bien éclairé et confortable avec le vent. Nous y jasons de tout et de rien et trouvons que c'est très paisible et plus confortable que Fortaleza.
Mercredi 30 juillet. Je me lève tôt et m'installe dans un hamac.
J'y vois passer une femme avec une chaudière d'eau sur la tête et une à chaque main. Une autre en porte une remplie de fruits et avance, les mains sur les hanches, souriante. Deux, trois charettes tirées par un petit cheval, un homme poussant une brouette, des autobus de toutes les grosseurs, des camions-taxi transportant 15-20 personnes assises sur des bancs placés en travers de la boîte du camion avec une bâche en guise de pare-soleil. Les montants de la bâche servent d’appuis pour les passagers. La plupart des voitures sont assez vieilles. Des gens à bicyclette, en moto complètent le spectacle de début de journée. C'est un peu bruyant mais ça ne dure pas. J'oubliais les coqs annonçant le lever du jour. Celui d'à côté semble avoir la voix enrouée et cocorise de bon coeur. Il fait son annonce jusqu'à 10-11 heures et plusieurs fois en rappel l'après-midi. Les chiens s'encouragent l'un l'autre. Nous espérons que nous nous y habituerons, un peu comme on s'habitue au train qui passe lorsqu'on est une fille de chef de gare et qu'on a vécu dans des gares toute son enfance.
Au petit déjeuner nous sommes en compagnie d'un couple et de deux enfants. Le déjeuner est servi dans une grande pièce couverte, grillagée sur l'extérieur. Maria do Carmo leur dit que nous savons dire merci et bonjour ... la conversation avec eux sera donc inexistante.
André va faire la sieste dans la chambre et je m'installe dans mon hamac.
Il semble que l'endroit soit plus propice à une vie spartiate. La pousada (prononcer 'pouzad', petit hôtel) est au bout du village de Mundaú mais en passant par la plage on est à 10 minutes du 'centre-ville'. La ville voisine, Trairi, qu'on a entrevue en arrivant est à 15 km; on ira une ou deux fois probablement quand Maria, la propriétaire de la pousada, ira avec sa super Volks Wagon ancêtre originale et brinqueballant des années 60 qu'elle conduit pieds nus et elle fait la soixantaine. Il y a une dizaine de chambres, la pluaprt au deuxième étage avec vue sur la mer, le récif à marée basse et les étoiles filantes, le soir vu qu'il n'y a pas de lune de ce temps-ci, quelle veine! On a hâte à la semaine prochaine pour les Perséides. On pourrait les observer de notre lit, mais on préfère la galerie où il y a des chaises longues, style des années soixante aussi, mais parfaite pour l'observation du ciel. Souhaitons-nous qu'il n'y ait pas trop de nuages.
Nous avons des préoccupations très zen. Parlant de la chose, nous avons un compagnon de palier qui en est un Zen.
Il se nomme Ricardo, est brésilien mais a passé un an et demi en France d'où son français presque impeccable bien qu'il n'ait pas pratiqué depuis 15 ans. Donc Ricardo est un méditeur invétéré. Il pratique matin et soir sur la plage au lever et au coucher de soleil. Il était à Paracuru le mois passé et il nous a recommandé la maison où il était. Elle avait 10 appartements tout équipés, est située sur la plage et le village est pourvu d'une dizaine de magasins et est situé tout près de la maison. On verra...
Comme Internet fonctionne un fois sur 10 dans notre petit village de pêcheurs, nous ne pourrons pas continuer sous forme de journal. Ce n'est pas grave parce que nos journées se ressemblent pas mal et les événements exceptionnels sont rares. Parmi ces événements, la vision d'une poule traversant la route avec tous ses poussins, la visite de deux vaches vers onze heures le soir ( notre voisin a dû les chasser), le cochon en laisse d'un des voisins. Si ça vous semble campagne, ça l'est mais sans l'odeur... Les pêcheurs ne sont pas très visibles pour nous car nous marchons la plage en direction opposée du village.
Les enfants du voisinage jouent dans la rue à la tombée du jour. Ils semblent faire partie d’une grande famille et les plus vieux s’occupent sans rechigner des plus jeunes, promenant la petite dernière en brouette ou dans les bras... Ils se confectionnent des jouets avec des riens trouvés sur le côté de la route, partage une bicyclette prêtée par un voisin et s’inventent des jeux.
Me laisser porter, dériver sans poids (c'est bien le seul temps!), regarder les nuages, la lune déjà présente, sentir le vent... c'est une expérience presque mystique.
Lorsqu'on s'assoie dans la piscine, on entend et voit les vagues, le vent et 99.9 % du temps nous sommes seuls sur la plage.
Notre promenade nous fait découvrir une plage nouvelle tous les jours. Il y a très peu de coquillage et, lorsque présents, ils sont très petits. J'en ai cependant trouver un aux couleurs préférées d'Alexia.
Des barques se balancent doucement dans les vagues. À marée basse, la mer est plus calme, les récifs apparaissent et la mer se colore encore plus.
La plupart du temps, nous sommes seuls et marchons soit en jasant, soit en silence, admirant les cadeaux de la nature, écoutant le vent, les vagues...
Nous revenons pour le coucher du soleil. Les couleurs sur la mer, dans le ciel, sur la plage comblent le photographe en André.
La lune est maintenant au rendez-vous et nous avons même droit à une éclipse de lune.
Pour compléter le tout, nous nous sommes habitués aux coqs et chiens. De plus, nous avons pris une entente avec Maria do Carmo pour que Régina, sa bonne, fasse la nourriture pour nous les 4 jours où elle travaille à la pousada. Maria fera les autres. Nous achèterons le poulet, le poisson, les langoustines, les crevettes et elle s'occupera du reste. Officiellement je dois faire les soupers. Finalement, je ferai seulement quelques repas le soir. Pratiquement à tous les repas, elle fournira le riz, le spaghetti, les fèves, une verdura (légumes en macédoine) et des fruits! Je ne vais pas maigrir ici. Elle ne veut pas que je lave la vaisselle et accepte difficilement que nous desservions. Que la vie est difficile! Pas de vaisselle, pas de ménage et Régina accepte de laver le linge que je n'ai pas lavé à la main! Je fais du lard... Congé pour moi. Pas de vaisselle, pas de ménage, lessive minimale, Wow!
On est à Trairi en ce moment en attente de notre autobus pour Mundaú où on demeure depuis le 29 juillet et d'où on s'apprête à partir à la fin du mois. Une demie-journée de pluie depuis qu'on y est, soleil pétant de 6 le matin à 17:40 le soir, marche presque tous les jours sur la plage infinie tantôt à marée haute tantôt à marée basse. Voilà qui est très fatigant sans compter les couchers de soleil à photographier, les levers de lune avec ou sans éclipse, pleine lune dimanche dernier photos à l'appui, bref une vie de fou. Seul ombre au tableau si on peut dire, le fric sans la carte VISA, très malin à avoir. Alors aujourd'hui on a décidé de prendre l'autobus pour aller dans une ville à une quarantaine de km de Mundaú soit Paracuru pour y obtenir du comptant et inspecter le coin en vue de notre prochain saut. On manque l'autobus de 5:30 le matin pour Paracuru et on prend l'autobus de 7:30 pour Trairi, de là un taxi pour Paracuru. On y arrive vers 9:00, on se rend à la Banque du Brésil pour voir que le guichet pour les cartes de crédit ne fonctionne pas; on voit un "étrange" dans une queue, qui s'adonne à être Français. On lui demande ce qu'il attend et il nous dit que le guichet en question ne fonctionne pas depuis 2 mois!! Avec sa carte Visa, il a dû faire la file d'abord au comptoir X avec son passeport et là il fait la file au comptoir Y pour y obtenir son argent et, comme il dit, 1000 Reals maximum. On retourne au comptoir X, heureusement il n'y a plus de file. Le gars nous dit que pour la carte Master Card, la seule que nous ayons, faudra aller à Trairi d'où on vient ou à Fortaleza (90 km). On revient au Français. Il nous dit qu'on pourrait prendre un taxi pour un petit village "de l'intérieur" où le guichet est 'supposé' fonctionner, ou bien, voir chez Michel, un Français qui tient une pousada de 10 chambres au bord de la mer et qui, selon lui, change de l'argent. On va chez Michel, très sympathique et il accepte de nous changer un 500$ américain qu'on avait 'en cas'. Le taux n'est pas trop usuraire et ça nous dépanne. On lui demande au passage un prix d'ami pour le mois de septembre. Il nous fait un rabais de 30% soit 60 R par jour, beaucoup plus que le 20 (au gros max) que l'on cherche. De retour sur la place principale de ce village, assez bien, de 30 000 habitants, Maryse voit un autobus de retour et on décide de couper court à nos recherches et de retourner chez Maria à Trairi soit chez nous... Comme l'autobus faisait une halte à Trairi et qu'il y a des stations Internet qui fonctionnent (sauf pour Skype) nous allons manger, manquons notre autobus de retour et décidons de 'faire' de l'Internet qui fonctionne (ça nous change de celui de Mundaú). On a bien essayé de communiquer par Skype mais ca n'a marché qu'à moitié (elle parlait, on écrivait) avec Brigitte. On a aussi essayé avec maman en début de semaine, elle a répondu mais raccroché quand elle a vu qu'il n'y avait personne qui parlait; le bogue n'était pas réglé.
Au total donc on trouve la température de plus en plus chaude sans savoir si c'est l'humidité ou le thermomètre qui augmente et on s'apprête donc à faire un premier grand saut vers Gaibu, à presque 1000 km au sud de Mundaú près de Recife.
Nous aurons passé du 29 juillet au 31 août à Mundaú. André fait le bilan:
Les plus : La pousada avec vue à 150 degrés sur la plage, le service de Maria, les petits dej avec fruits frais et un excellent café, la température quasi invariable, le calme, les nuits étoilées, la plage quasi déserte et agréable á marcher, la mer baignable en tout temps.
Les moins : La nourriture qui varie peu, communications internet lentes et instables, l´éloignement d’un grand centre disposant des services bancaires, services bancaires dans les villes acceptant seulement visa.
Au total : Reviendrait-on? A moins de trouver mieux dans les prochaines étapes, oui dans les mêmes conditions fiancières, ce qui veut dire n’importe quel mois sauf juillet, novembre, décembre et janvier qui correspondent aux vacances brésiliennes.
Recommandations :
Il faut tout de même se débrouiller en brésilien ce qui est plus facile pour quelqu’un qui connaît l’espagnol. Pour ceux qui ne veulent pas de contrainte de langue, il existe des pousadas tenus par des européens, telle « chez Michel » à Paracuru tenue par un Français et située directement sur la plage. Les prix sont en conséquence... La pousada est souvent complète.
Pour les québecois qui veulent un mois de plage avec soleil en été, surtout pour les amateurs de ‘kyte’, c’est un endroit idéal de même que plusieurs petits villages de la côte du nordeste.
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