
Suite de notre séjour à Fortaleza, dans "l'auberge espagnole" de Paulo. Aurions-nous déjà mentionné que le ciel est toujours, toujours, toujours! bleu? La température varie entre 24 et 30 et, s'il pleut, c'est rarement pour ne pas dire jamais, plus de 15 minutes et généralement la nuit. Gosto muito do brasio!!!
Mardi, 1er juillet. Nous allons dans un gros centre d’achat, Iguatémi, en autobus. Nous sommes accompagnés de Renée pour apprendre le chemin aller-retour. Nous y trouvons un livre et une carte du Brésil. Nous avions vu ce genre de livre chez mon frère Jacques. On y décrit les hôtels, pensions, attractions et villes ainsi que les restaurants. La carte est bien détaillée et de l’année. Nous tentons de trouver un fil pour recharger notre MP3. Pas de chance, on trouve un endroit où on vend le même MP3 mais pas le fil seul. On devra s’en passer faute de pouvoir indiquer à François ou Jacques dans quelle boîte nous l’avons malencontreusement oubliés chez eux.
Mercredi, 2 juillet. Nous nous retrouvons sur la plage Praia do Futuro. La foule de dimanche est disparue et on a bénéficié d’un parasol au bord de la plage. Le bruit des vagues à marée haute et une bonne brise venant de la la mer, que demander de plus? Nous relaxons de plus en plus tout en pratiquant notre portugais et en pensant aux prochaines étapes du voyage.
Sur cette plage, le sable est assez compact pour qu'on puisse y marcher comme sur un trottoir avec l'avantage de ne pas avoir besoin de souliers. C"est à peine si nos pas y restent marqués. Marcher dans l'eau nous fait faire un bon exercice de résistance et, par conséquent, de cardio. On y rencontre des gens de toutes les tailles et de toutes les allures. Les hommes portent le "speedo", peu le portent avec élégance, les jeunes vus de dos ça va mais au sortir de l'eau, aucun n'est avantagé. Pour les plus gros ou les plus vieux..., sans commentaires. Les jeunes avec le bermuda taille basse sont les plus élégants. Globalement, c'est une belle jeunesse, en forme et évidemment bien bronzée. Les femmes portent pratiquement toutes le bikini qui se résume à très peu de tissu en général. Elles semblent toujours très préoccupées par la position de la petite pièce de tissu sensée les couvrir et sont presque toujours en train de la replacer. Je laisse ici André vous dire s'il trouve ça beau ou non. Pour ma part, j'en ai vu de très jolies mais la majorité n'ont pas le corps pour porter la chose. Ce qui est formidable c'est qu'elles le font sans se préoccuper de ce que les autres peuvent penser. Maryse a parfaitement raison, même après deux opérations de cataractes, il n'y a rien de passionnant à regarder 91.3% du temps. Si le hasard rend la chose possible, je prendrai une photo...
Les vendeurs de nourriture, vêtements et bijoux arpentent sans cesse la plage, passant de baraca en baraca pour gagner ce qui est probablement un maigre salaire puisque, pour ce que j'en ai compris, ils travaillent pour des employeurs qui leur donnent une petite commission...
Au total, la plage est magnifique, surtout en fin de journée. Les rayons du soleil qui se couche derrière la plage frappent les 'rouleaux' des vagues et les font scintiller d'un flot de lumière. La luminosité est magnifique et l'atmosphère magique. Ce soir, Paulo nous invitait à un deuxième BBQ pour manger les restants du premier. Faute d’avoir bien compris son invitation nous décidons de souper d’un spaghetti italien (à la brésilienne) vers 18 heures. Lorsque le proprio se pointe à 20h30, on est un peu surpris, mais toute la maisonnée est invitée de même qu'une consoeur de travail de sa femme et le couple de la maison voisine.
Valéria insiste pour que nous y allions. Je lui dis qu'elle peut profiter de sa soirée sans avoir à traduire pour nous mais elle insiste en disant que c'est le meilleur moyen pour nous d'apprendre. Quand nous les rejoignons dans la cour arrière, on est assez surpris de voir que la télévision du salon y a été déménagée et que les invités jasent tout en écoutant la « novella » (une des séries télévisées dont les Brésiliens raffolent). Le BBQ est lancé: au menu, churrasco (grillades) de viande seulement (boeuf, porc, poulet) en bouchées que chacun peut prendre avec les doigts. Paulo ou Aley en feront cuire petit à petit toute la soirée. Quand la novella prend fin vers 22 heures, ô surprise, un match de foot commence. On comprend maintenant la raison de la télévision et...du BBQ. C’est la finale de championnat de foot Amérique du Sud entre le Brésil, évidemment, et l'Équateur. La partie est assez longue, près de 2 heures, mais assez intéressante. Le match a lieu dans un stade de 95,000 personnes à Rio de Janeiro et la foule est très bruyante. Finalement l’Équateur l’emporte au grand dam de nos convives. Le party se termine à minuit passé. Paulo nous invite à visiter une nouvelle plage demain. Devrions-nous refuser?
Jeudi 3 juillet.
La plage se nomme Sabi Aguaba. Elle se trouve au sud de la Praia do Futuro de l’autre côté d'une rivière appelée Cocó. Ils nous disent qu’on pourra y revenir par nous-mêmes en prenant l'autobus jusqu`à la fin de Praia do Futuro et en prenant un minuscule bac qui traverse la rivière Cocó. Ils nous montrent la structure partielle du pont qui devait être complété mais dont le projet a été arrêté car cette zone est protégée.
La plage est bordée d'une barriére de corail, il est donc difficile de pénétrer dans la mer. À marée montante, c'était intéressant de nager dans la rivière vers la mer, on ne peut pas dire que nous faisions de longues distances car nous nagions à contre-courant. Lorsque la marée est plus haute, on ne distingue plus la rivière de la mer et je ne crois pas qu'il serait prudent d'y nager. Pendant tout cet après-midi, on a réussi à échanger quelque peu en portugais mais surtout en bredouillant. Nousnous arrêtons dans une tapiocara (ensemble de restaurants préparant différentes recettes avec du tapioca). Ça ne ressemble pas du tout à ce que nous connaissons. Paulo nous fait essayer la préparation naturelle qui est comme un carré de tapioca pressé avec de la noix de coco. C'est bon et la texture est plus agréable que notre tapioca. Nous essayons une autre préparation à base de crevettes. La cuisinière étend une pâte de tapioca sur plaque chaude. Lorsque la crêpe est prête, elle ajoute une garniture de crevettes en sauce. C'est bon mais nous trouvons la crêpe un peu épaisse et caoutchouteuse. Valéria nous dit qu'elle ne la trouve pas très bonne et ne reviendra pas à cet endroit. Ô surprise, ils nous invitent pour une autre visite demain. On ira voir Icarai, Cumbuco et Pecem à environ 30 km au nord de Fortaleza.
Vendredi, 4 juillet. Paulo a un problème avec son portable et nous devons nous rendre en ville avant de partir. Ça nous permet de voir un autre secteur de Fortaleza. Les secteurs commerciaux ressemblent à ceux de chez nous. Ici pas de hauts murs évidemment. Tout semble plus ouvert. Dès qu'on entre dans un secteur de maisons, les murs réapparaissent. Pour eux, c'est normal.
Ils nous montrent Ícarai, un village de pêcheur qui était, il y a quelques années, un lieu de vacances recherché. La mère de Valéria y a un condo. Le village est pratiquement abandonné et les gens ne viennent plus en vacances car, avec la construction d'un port, plus haut sur la côte, la plage a pratiquement disparue et l'érosion continue. Les pauvres de Fortaleza se sont installés dans les maisons abandonnées et le secteur n'est plus intéressant. Paulo et Valéria se désolent de la situation.
Nous avons remarqué que les brésiliens se touchent souvent et c'est particulièrement vrai entre mère et fille, du moins entre Valéria et ses filles. Malgré la chaleur, Marina, qui nous accompagne dans ce voyage, est collée sur sa mère, elle se prennent par le cou, Valérie embrasse la main de Marina, la flatte ...etc. C'est aussi vrai en couple. Les gens marchent main dans la main et les gens mariés s'assoient toujours côte à côte. Les amoureux s'embrassent sans gêne, en prenant le temps de se caresser les cheveux, le dos et de se regarder dans les yeux. Ils semblent avoir tout le temps du monde...
Nous nous rendons ensuite à Cumbuco. C'est une plage très visitée par les touristes car des tours en autobus partent de Fortaleza tous les jours. Valéria nous explique qu'ils ont choisi de nous amener dans un endroit que les brésiliens fréquentent et qui est moins cher. Nous y goûtons à nos premiers jus de fruits frais vraiment bons. Nous essayons des fruits de l'Amazonie.
La plage est magnifique, les vagues moins fortes que celles de Praia do Futuro. On peut y louer des jangadas (petites embarcations à voile utilisée par les pêcheurs), des chevaux pour faire des promenades, des planches et l'équipement pour faire de la planche à cerf-volant (kitesurf) qui est un sport de traction qui se pratique sur l'eau. Sport nautique (kite signifie en anglais cerf-volant), il consiste à être tracté par un cerf-volant, appelé aile, et à glisser sur une planche de surf de taille souvent réduite. Plusieurs jeunes s'exercent sur la plage à manipuler le cerf-volant avant de se lancer dans la mer. Les plus habiles utilisent l'aile pour littéralement voler au-dessus des vagues. Valéria m'apprend un nouveau mot 'saudade', qu'elle dit intraduisible parce que la signification n'existerait pas dans une autre langue. Elle me décrit quelque chose comme de l'ennui mais pas exactement ça, être dans un état de rêver à quelque chose ou quelqu'un. Je cherche dans le dictionnaire et trouve 'vague à l'âme'. Elle semble déçue qu'il existe une traduction.

Après une longue marche sur la plage, nous nous baignons et retournons rejoindre nos amis. Ils décident de nous montrer un autre endroit: une lagune du nom de Lagoa do Banana. Il y a une route pour s'y rendre mais Paulo nous dit qu'il y a quelques années, les gens circulaient seulement en buggy ou en 4X4 dans les dunes. Paulo qui ne va pas dans la mer s'y baigne, parce que c'est de l'eau douce. Il y a des maisons de riches sur 3 côtés de la lagune. Marina essaie de nous convaincre de faire du banana-boat, un tube gonflé en forme de banane sur lequel les gens s'assoient et qui est tiré par un bateau. Nous avions vu ce genre de truc à Cuba. On veut bien faire rire de nous à l'occasion mais il y a des limites.

En revenant, nous avons l'occasion de voir des jeunes faire du ski de sable sur des dunes aussi blanches que nos pistes de ski. Paulo décide d'arrêter manger un de ses plats préférés, le buchada: préparation de viscères de bouc. André goûte et n'aime pas la consistance. Nous nous contenterons d'un poisson grillé, un peu trop cuit comme toujours ici.
Samedi, 6 juillet. Nous partons avec Mijail (véritable nom de celui que nous appelions Michael) pour Beira Mar et marchons vers le centre-ville. On marchera un bon 3 heures et demi avec arrêt au mercado central pour une petite bière et retour à Beira Mar où Mijail prend des photos sans se préoccuper de la sécurité.
ajouter image des langoustes de Mijail
Il emporte toujours sa caméra. Nous mangeons un plat de poisson sensé être pour trois mais que nous trouvons petit. Un vendeur ambulant de langouste nous en propose. Mijail finit par les négocier á 4R pièce. Sur la plage on nous demandait 50R pour trois. Nous nous régalons, c'est délicieux avec de la lime! Nous terminerons par le marché de poisson où nous achèterons deux beaux poissons que Mijail promet de faire cuire le lendemain.
Dimanche, 6 juillet. Pour nous, la fin de semaine ne veut pas dire grand-chose sinon qu'il y a plus de monde dans la maison et quelquefois des partys un peu bruyants (juste les voix sans musique par contre). À la plage où nous sommes allés dimanche, il y avait beaucoup de monde aussi. Alors on préfère les jours de semaine...Ça nous fait comme de longues fins de semaine.
Paolo et Valéria, le proprio, nous avaient invités samedi soir, à une exposition qui se tenait, selon le journal, de 14 à 22 heures aujourd'hui. Nous acceptons même si nous devions manger le poisson avec Mijail qui n'a pas donné signe de vie. En route donc pour l'expo: après avoir cherché l'endroit pendant une demi-heure, on s'est rivé le nez sur un gardien de sécurité qui a annoncé à Paulo que l'expo s'était terminée à 14 heures. Ça aurait pu être intéressant puisqu'il s'agissait d'une expo de produits agricoles originaux de petits producteurs.
Paolo nous a quand même promené un peu partout, d'abord au Centro Dragão do Mar, le centre culturel des arts et de la culture de Fortaleza. Il était pas loin de 20 heures et c'était plein de monde, autant d'enfants que d'adultes et c'était très animé. On n'a pas assisté aux spectacles ni visité les expositions étant donné les files d'attente. Il y a même un planétarium dans le lot! On y retournera seuls, en semaine, pour voir en détail. On a quand même pu voir des artisans, dont une, entre autres, qui montait une corbeille de fleurs avec des oiseaux du paradis qui nous paraissaient énormes!
Paolo nous a ensuite amenés sur Beira Mar, la promenade de 5 ou 6 kilomètres qui longe la mer. Là aussi, plein de monde dont une femme de la région de Bahia qui, toute costumée de blanc, fabrique des acarajés, ce que les gens d'ici appelle leur hamburger. Elle opère assise sur un tabouret et elle a autour d'elle de grands contenants pour les garnitures: Pimenta: piments, Salada: mélange de poivrons, oignons, Camarâo: mini-crevettes, Vatapa:purée faite à base de farine de blé, crevettes, lait de coco, gingembre, noix de cajou etc. et Caruru: purée gluante à base de quiabos (gombos), crevettes séchées, oignons et huile dendê. Elle a aussi un contenant qui contient une préparation à base de fèves blanches écrasées avec des oignons et mélangées à on ne sait trop quoi, ce qui semble être le secret de la recette au dire de Valéria. Elle fait des boules avec le contenu de ce chaudron et elle les fait cuire dans un autre chaudron contenant une huile de palme (huile de dendê). Lorsque les boules sont frites, elle les met dans un grand papier, les coupe en deux et ajoute ce qu'on lui demande comme garniture. C'est une spécialité de la région de Bahia et ce sont généralement les femmes de là-bas qui viennent les faire à Fortaleza. Ça fait aussi gros qu'un big mac mais ça n’en a pas du tout le goût, qui est assez indéfinissable. On pourrait dire que c'est bourratif! Paulo, quant à lui, en aurait mangé deux...
Il nous a donc amené dans un restaurant pour y déguster une variété du plat national qui est le feijoada. On pourrait dire fèves au lard mais blanches. Cette fois-ci par contre le plat était... gratiné! Très peu pour moi qui aime bien le plat national en question mais pas avec du fromage! Et Maryse a aimé! Voilà comment s'est passé notre anniversaire de mariage!
Lundi le 7 juillet. Nous avons passé une nuit agitée car les colocs sont arrivés pas mal soûls, même Mijail, heureusement que nous ne l'avons pas attendu! Ça jase et rit très fort. Ils ont fait le party sur la plage. Mijail fera cuire le poisson pour le dîner. Il est pas mal 'poqué' mais cuisine bien.
Maryse semble mal supporter l'acarajé. Rien de bien grave mais un bon inconfort. Elle nous fait quand même un bon souper que nous arroserons d'une bouteille de vin argentin pour re-célébrer notre anniversaire entre nous.
Mardi le 8 juillet. Nous passons la journée à la maison, Maryse n'est toujours pas en grande forme. Nous sortons souper avec Renée et Mijail dans un restaurant de grillades à volonté, le Docentes e Decentes. Il y a un grand bar à salade, un autre avec des pâtes et un autre de desserts. On nous sert un plat de riz et des patates frites puis toute la soirée des serveurs se promènent avec des pièces de viande sur de grandes broches et nous en coupent des morceaux que nous récupérons avec une pince. Il y a différentes coupes, même du filet mignon. On offre aussi du poulet et de l'agneau (que nous manquerons faute de savoir que c'en était).
Mercredi le 9 juillet. On va à la plage. André s'achète un costume de bain aux couleurs du Brésil et moi des boucles d'oreilles d'un artisan. Notre cadeau d'anniversaire de mariage. On relaxe, on fait une grande marche et on s'amuse dans les vagues.
Jeudi le 10 juillet. Nous voulons poster un document pour Brigitte. On finit par trouver des enveloppes mais elle ne sont pas préencollées. Il y a un service de courrier en face de notre supermarché. On y apprend qu'ils ne font que la livraison. Il faut aller à Beira Mar, et trouver l'agence de courrier. Nous partons pour Beira Mar et pensons en profiter pour aller à l'agence touristique. L'agence de tourisme est fermée et à celle du courrier on accepte de nous donner de la colle pour notre enveloppe mais on nous dit que la poste est en grève, qu'il vaudrait mieux passer par une agence Sedex, semblable à Fedex chez nous.
Nous marchons jusqu'au centre culturel Dragon do Mar pour revenir ensuite vers la promenade. Nous nous arrêtons pour souper d'un morceau de saumon délicieux et ensuite continuons notre marche sur la promenade. Il n'y avait personne quand nous sommes arrivés cet après-midi sur cette promenade et, ce soir c'est super animé. Nous aurons fait une marche de 3 heures et demi.
Vendredi le 11 juillet. Nous reprenons notre quête d'un endroit pour poster notre lettre à Brigitte. On nous nous dit qu'il y a une agence de courrier Sedex près d'un magasin que nous connaissons non loin du terminus d'autobus. Ce doit être de l'autre côté d'un viaduc. Nous nous y rendons et ne trouvons pas; en nous informant, personne ne sait où ça peut être. On nous conseille d'aller au gros centre d'achat Iguatemi. Nous reprenons un autobus pour nous y rendre et nous y dénichons finalement ce que nous cherchions. Nous demandons combien de temps prendra ce courrier prioritaire et on nous répond entre 5 à 12 jours... une chance que c'est prioritaire!
Paulo arrive et semble penser que nous devrions être prêts à sortir. Mijail ne nous a pas bien fait le message. On laisse le souper que j'avais préparé et on part (Paulo, Valéria, Mijail, Aley, André et moi) dans la petite voiture. On va souper aux crevettes. Ça se passe dans un grand espace, genre entrepôt avec des tables de pique-nique installées un peu partout. On va à un petit comptoir commander des crevettes, petites ou grosses, ou du poisson. Paulo en commande deux kilos et le vendeur met ça dans un sac, les donne à une autre personne qui les fait cuire et nous les apporte sur la table ensuite. On mange le tout avec les doigts.
Luis Paulo vient nous rejoindre avec sa femme et son fils. Il veut commander un morceau de poisson que nous goûtons à sa demande. Nous lui disons que c'est bon mais que nous trouvons que tout est toujours trop cuit à notre goût ici. Le fils de Luis Paolo, qui est à peu près de le taille et du poids de Daniel (notre petit fils),dévore le poisson comme s'il n'avait pas mangé depuis deux jours. Luis Paulo commande ensuite un poisson entier et quand on y goûte, c'est meilleur et moins cuit. Il est très heureux de nous avoir fait la preuve que c'est possible de l'avoir à la bonne cuisson.
Ils nous invitent à une partie de football entre Fortaleza et Ceara. Nous acceptons car ils semblent très enthousiastes. Luis Paulo nous ramène tandis que Paulo va conduire Mijail et Aley qui veulent continuer le party sur la plage. Ils sont vraiment généreux de leur temps et tojours avec le sourire!
Samedi le 12 juillet. Valérie nous demande si on veut aller à la plage avec eux. Nous acceptons mais sommes un peu surpris car ils devaient venir nous chercher pour la partie de foot à midi et demi. Ils nous apprennent que la partie met aux prises deux équipes de la même province (Ceara) et que ce genre de partie serait trop dangereux pour nous car il y a pas mal de bagarres de spectateurs lorsque les deux équipes sont de la même région. Nous ne sommes pas fâchés et préférons nettement une journée à la plage.
Dimanche le 13 à mardi le 15 juillet. Nous partageons notre temps entre l'étude du brésilien, le blogue, la plage et de la correspondance que Brigitte aura la gentillesse d'imprimer et de poster pour moi au Québec. Nous commençons à mieux nous débrouiller et lorsque le serveur de la plage nous demande 18R pour 2 bières et un coffre pour mettre nos choses, nous refusons de payer ce montant en lui disant que les autres jours les bières coûtaient 3.50R et le coffre 2R. Il acceptera 10R au total. On se jure de ne plus venir à cette baraca. On avait déjà eu une expérience semblable au début où nous avions dû payer pour une chaise longue qu'on avait placé à côté de notre table mais que nous n'avions pas demandée. À l'avenir on demandera le prix de tout avant de commander.
Mercredi le 16 juillet.
C'est notre meilleure journée à la plage. La baraca Copa Cabana est bien tenue, nous avons un serveur gentil et pas achalant, il y a moins de vendeurs. Le prix du coffre est 1R et la bière 3.20R. La facture totale sera exactement pour ce que nous avons pris. Nous parlons portugais, faisons des exercices et apprenons de nouveaux mots.
Les vagues sont très rapprochées et la luminosité est merveilleuse avec un ciel qui s'ennuage peu à peu. Nous nous jurons de ne plus laisser la caméra á la maison. Nous nous étions dit qu'il y avait des limites à photographier la plage mais en fait c'est toujours différent. C'est aussi plus agréable que d'habitude pour se baigner car la vague est moins forte. Nous repartons super contents de notre journée.
En soirée, j'installe Skype et Messenger pour que nous puissions éventuellement communiquer avec les enfants et appeler Mme Belzile. Ô surprise, Brigitte nous contacte et on jase avec elle et Pierre. C'est super bon de les entendre! Elle rejoint ensuite François qui se joint à la conversation. Nous aurons le temps de parler un tout petit peu avec Élizabeth et prendrons rendez-vous pour parler avec Alexia demain. Je crois que nous avons passé 3 heures et demi à jaser et ça ne coûte rien! Vive la technologie!
Jeudi le 17 juillet. Dimanche, à la plage, nous avions expliqué à Paulo et Valéria que nous avions pas mal dépassé nos prévisions budgétaires et qu'à ce rythme là, nous ne pourrions pas rester au Brésil six mois. Ils nous avaient parlé de places plus au nord, très jolies et moins dispendieuses et nous avaient offert de tenter de trouver par un cousin et des connaissances une maison de pêcheur ou quelque chose de moins cher. Ils se sont mis à la recherche d'une solution pour nous. Valéria nous a envoyé un courriel, hier, avec des possibilités intéressantes dont une pousada à 350R, petit déjeuner compris. Possibilité aussi d'utiliser la cuisine ou de payer quelqu'un pour faire les repas. La dame offre de nous emmener avec elle en voiture lorsqu'elle ira en ville si nous avons besoin de quelque chose.
Nous avons répondu que nous étions intéressé et demandé à Paulo s'il accepterait que nous payions qu'une partie du mois si nous partions avant la fin. Paulo vient de nous expliquer qu'il acceptera de nous remettre la différence si on trouve quelque chose à Lagoinha ou Maudaú. Il va nous y emmener avec Valéria la dernière fin de semaine de juillet et si on aime, il n'y aura pas de problème. On peut même apporter nos choses quand on ira visiter et rester là si on aime. Si on n'aime pas, on revient ici. Il dit que normalement un mois entamé est un mois à payer mais qu'il comprend que nous avons un budget serré et qu'il est heureux de le faire pour nous accommoder et nous permettre de rester plus longtemps au Brésil. Nous sommes vraiment chanceux d'avoir rencontré ce couple généreux.
Nous lui payons donc le loyer du mois d'août et nous verrons pour la suite. Il va revenir ce soir avec des crevettes que nous pourrons faire cuire comme on veut ici et qui coûteront moins cher qu'au resto. Il a vraiment compris nos restrictions budgétaires. Gosto muito do Brazil!
Nous parlons un peu avec François et Élizabeth mais Alexia ne veut pas venir au téléphone. Ce sera pour une autre fois... du moins nous l'espérons!
Valéria arrive avec 1/2 kilo de crevettes décortiquées pour nous et, je crois, 2 kilos de crevettes pour les autres et nous, qu'elle veut faire cuire à l'huile et à l'ail comme lorsqu'on va au resto. Les autres seront les voisins Luciano et Juana, Mijail, Paulo et elle. Elle ne se souvenait pas du temps que ça prend et après au moins une heure et demi sur 2 ronds, Juanna va chercher son couscoussier et cuit les dernières à la vapeur. Je fais un riz aux poivrons, oignons pour accompagner le tout. J'ai trouvé des herbes de Provence et de l'estragon pour donner un peu plus de goût, sans oublier le POIVRE! Tout le monde semble aimer cela. Je crois qu'ils mangent les légumes pas mal plus cuits mais ils ont décidé d'essayer et aiment ça. Ça nous fait trois sortes: des crevettes décortiquées à l'ail et estragon (un demi-kilo donne environ 25 crevettes! à la surprise de Valéria et la nôtre), des crevettes vapeurs délicieuses! et des crevettes à l'ail. La soirée est agréable et nous réussissons à converser un peu plus.
En cours de soirée, Paulo parle mode et André a un peu de mal à reconnaître les noms mentionnés par Paulo, avec son accent brésilien. Il dit alors à André, par l'intermédiaire de Valéria, d'assouplir son oreille et d'essayer de comprendre quand les gens parlent français ou anglais. Piquée au vif, je perds ma gêne et lui répond que ça va dans les deux sens... qu'on a la même impression et que, par exemple, quand nous payons á l'épicerie, si on nous demande 'crédito ou débito?' pour la carte que nous présentons, ils ne comprennent pas notre réponse 'débito' même s'il n'y a qu'un choix qui commence par 'dé'. Je donne aussi l'exemple de leur prononciation des 'R'. En fin de compte, tout le monde trouve très drôles les exemples que je donne pour montrer qu'eux aussi ont l'oreille sélective. Tous ensemble nous admettons qu'il faut faire des efforts de part et d'autre.
Paulo décide qu'André ressemble à un anglais et désormais il l'appellera Lord prononcer Lordji) Pingus ou Sir Pingus. Nous découvrons qu'il a regardé notre blogue et en a compris une partie. C'est lui qui dit à Mijail que nous l'appelons Michael. Nous promettons de corriger la situation, ce qui est fait.
Mardi le 22 juillet. Nous appelons Mme Belzile pour lui souhaiter un bon 96ième anniversaire. La communication est très bonne et nous pouvons jaser un bon bout de temps comme si nous étions tout près.
Mardi le 23 juillet. Étude, étude, étude. Valéria vient nous présenter Laura, une jeune française de 17 ans, arrivée hier pour passer 1 an chez eux dans un programme d'échange. Pendant cette même année, Vivian, la cadette, passera l'année au Colorado. Il y a aussi une amie de Vivian qui partira sous peu pour la Saskatchewan d'ici peu et deux autres jeunes filles. Nous avons droit à la bise de toute cette belle jeunesse.
Jeudi le 24 juillet. Clément, le frère aîné de Maryse entre en communication avec nous. Maryse jasera avec lui un bon bout de temps et il nous invite, à nouveau, à nous rendre en Thailande, chez lui. Il y a une maison de 6 chambres et une ferme bio qui produit à peu près toute leur nourriture. Il y vit, généralement, de décembre à mai. Il parle d'un milieu de vie beaucoup plus sécuritaire qu'ici. Ce sont des bouddhistes. Ça pourrait nous faire passer un super hiver! J'ai l'occasion d'entendre et de voir son fils adoptif, Ata, jouer de la guitare.
Nous retournons à un souper de crevettes avec Valéria, Paulo, Laura et Vivian. Laura se débrouille déjà bien car elle parle espagnol. Il y a assez de ressemblances entre les deux langues pour que les jeunes se comprennent. Elle dit comprendre aussi l'anglais mais Valéria me dira plus tard que Laura ne la comprend pas. Il y a probablement aussi un problème d'accent et Laura doit être habituée à l'anglais Angleterre.
Valéria va reconduire les filles après le souper car c'est le début du Fortal, carnaval de Fortaleza. Avant de partir Paulo leur fait ses recommandations (pas de bijoux, pas de bourse, un cellulaire discret, soyez prudentes). Il nous dit qu'avec 4filles à la maison, il se fait bien des soucis pour leur sécurité. Nous nous rendons compte, surtout pendant que Valéria est partie, que nos études commencent à porter fruit et que nous sommes enfin plus à même de communiquer et de comprendre. Nous passerons une très agréable fin de soirée en leur compagnie. Nous leur parlons de Clément et de ses produits homéopatiques pour les vaches. Clément a déjà commencé la traduction de sa documentation. Paulo se montre très intéressé et aimerait en savoir plus. Il connaît un vétérinaire et son père a fait de l'élevage. Il est convaincu que ça pourrait fonctionner ici. J´écrirai à Clément en rentrant.
La fin de semaine est tranquille et nous continuons d'étudier.
Tous ceux et celles qui ont des gilets de cet orchestre peuvent le suivre à l'intérieur d'un espace délimité par des cordes. Ces cordes sont tenues par des hommes et des femmes portant des gilets les identifiant au groupe. D'aprés Valéria, ces gens sont heureux de pouvoir entendre la musique sans payer le prix des autres fans et en étant payés. Elle me confirme que ce sont probablement des gens parmi les plus pauvres et que le salaire est minime. Malgré tout, au quatrième soir du Fortal, certains de ces porteurs de corde dansent encore. Les gens de l'autre côté des cordes, comme nous, peuvent assez bien voir le chanteur car le camion fait des pauses, le temps de 3 ou 4 chansons. Le chanteur passe du temps sur un côté de la plateforme puis traverse pour que les gens de l'autre côté de la rue puisse le voir. Les gens chantent, sautent, dansent et tout le monde semble heureux. Policiers et gardiens de sécurité empêchent les débordements et arrêtent les pick-pockets.
Nous avons préféré le groupe Chiclete com Banana que nous avons trouvé plus musical et dont nous comprenions mieux les paroles. Paulo nous dit que je suis maintenant une chicleteria et André un chicleterio. Pour les images, voir:
http://www.fortal.com.br/2008/cidadefortal.asp
28 juillet. Nous apprenons en fin d'après-midi que nous irons demain à Mandau. Lavage, valise etc. Les jeunes décident de nous faire une fête départ. BBQ donc en compagnie de Diego, Aley, Marcus, Mijail. C'est Aley qui cuisine et nous fait Boeuf, saucisses et petits pains à l'ail. Marcus nous fait goûter une cachaca avec canel et clou. Ça donne un genre de liqueur et c'est bon. Il a aussi un genre de sucre à la crème: Rapadura de leite, c'est super bon aussi. Marcus est un autre co-locataire mais on ne le voit pas beaucoup. Il travaille, je crois, en informatique et lorsqu'il est à la maison, il vit dans sa chambre et on le voit peu. Il est discret mais trés gentil. Super soirée! La nuit sera courte mais ça vaut le coup.
29 juillet Tout est prêt, nous attendons Paulo et Valeria. Comme nous ne savons pas si nous aurons Internet là-bas...
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