vendredi 16 mai 2014

9 mai 2014

Après deux semaines, nous quittons nos hôtesses non sans avoir laissé un cadeau à Caroline pour qu’elle puisse se payer des fenêtres dans l’annexe qu’elle s’est construite. Tel que prévu, nous nous rendons à Matagalpa à l’hôtel Dom Guillermo. Après trois jours à manquer d’eau un peu trop souvent, nous optons pour la Buena Onda, une manière d’auberge de jeunesse avec plein d’espace de vie et on nous donne une chambre ‘matrimoniale’ avec salle de bain, ventilateur et petit déjeuner pour 27$.


Matagalpa est appelé ‘la perle du nord’.  En réalité, la ville n’est pas jolie et loin de la perle. Seule la cathédrale toute blanche se distingue des autres édifices qui sont plutôt moches.  La ville loge dans une espèce de cuvette formée par les montagnes qui l’entourent et qu’on aperçoit de n’importe quel côté où on regarde. On peut faire le tour de la partie principale de la ville en moins d’une heure si on a le courage d’affronter le soleil et si on reste sur la partie plane de la ville; monter toutes les rues qui se rendent au sommet ou presque des montagnes environnantes relèverait de l’exploit. Après quelques jours, on s’est d’ailleurs demandé si on n’irait pas passer le reste du voyage à Ometepe!! Puis on s’est souvenu qu’à Ometepe on nous avait dit qu’en mai le vent arrêtait de souffler et que le lac devenait un ‘lac d’huile’.

Et puis, on s’y est fait à Matagalpa et on a même décidé de ne pas bouger avant le retour à Managua le 27 mai pour retourner passer quelques jours à Managua Hills, l’hôtel de M. Young, qu’on avait bien apprécié avant et après notre séjour aux Corn Islands.
Au café culturel Casa Abya Yala

On ne sort que pour aller dîner et souper, ce qui a été notre habitude pendant presque tous nos voyages quand il fait trop chaud. C’est particulièrement invitant à l’auberge où nous sommes étant donné que la plupart des visiteurs s’empressent de sortir le matin pour aller voir un peu n’importe quoi, une chute ici ou un volcan là ou faire une excursion éreintante dans la forêt tropicale, ou visiter une plantation de café… qu’on a déjà faite par contre!
De notre chambre

Alors nous, on profite du calme qui règne toute la journée et des deux étages tout ouverts mais à l’abri du soleil mais non du bruit et de l’activité de la rue qui est si cocasse et dépaysante comme ces femmes qui transportent des charges ahurissantes sur leurs têtes tout en s’arrêtant à certaines boutiques pour regarder s’il y a des nouveautés (sans déposer leurs charges)  ou ces enfants aux uniformes d’école  impeccables quelque soit leur statut social ou encore les vendeurs ambulants qui annoncent leurs produits à tous les dix pas et tout ce défilé au milieu des autobus puants, des motocyclettes bruyantes  et des alertes de vol des voitures stationnées qui sont déclenchées par on ne sait lequel de ces bruits.

Au-delà de tous ces bruits, il y a les cloches de la cathédrale qui sonnent à tout moment sans qu’on sache trop pourquoi et les chants plus ou moins justes venant des réunions à portes ouvertes de toutes les sectes religieuses issues probablement des États-Unis. Dans les moments d’accalmie, on assiste parfois à des concerts assez dissonants de perruches mais aussi, moments bénis, au doux bruissement des ailes d’un oiseau-mouche qui vient picocher les multiples fleurs du jardin intérieur de notre auberge. Idéal pour la lecture.
Notre petit ;) ami de la  Buena Onda
On a aussi un Scrabble espagnol qu’on a utilisé une fois mais il y a aussi un jeu d’échec, des jeux de cartes, des livres qu’on peut échanger, des berceuses, un hamac, ne manque que la piscine et encore… j’oubliais, il y a de l’eau chaude dans la douche, du café et de l’eau à volonté. C’est plus qu’on aurait chez nous… Et, cerise sur le sundae, il y a un lapin qui se promène au premier étage et il se laisse flatter. Il pourrait s’évader par la porte de fer forgé mais, non, il fait comme nous, il reste!
Toujours au café culturel
Au café culturel Casa Abya Yala

Il y a la déco mais aussi la bouffe au café culturel Casa Abya Yala
En nous promenant dans la ville lors de nos sorties en quête de bouffe, nous avons vu plein de boutiques de linge usagé; une seule boutique semblait vendre du neuf! Si on veut acheter un vêtement qui nous plaît, souvent il n’y a presque toujours qu’une grandeur disponible pour chaque modèle. Parfois, les boutiques annoncent qu’elles peuvent ouvrir des ballots de linge si on désire fouiller pour trouver autre chose que ce qui est montré. Ça fait un peu spécial. Il y a des marchands de linge et de souliers sur les trottoirs aussi sans oublier les marchants de  bouffe évidemment.

Vaut mieux ouvrir l'oeil 

Il faut toujours regarder par terre  en marchant car les trottoirs sont inégaux, parfois très étroits ou défoncés par endroits et on peut avoir la surprise de trouver un gros trou juste au bout.  Vaut mieux s’arrêter pour admirer les montagnes ou la lune.

C’est une ville très mouvementée malgré sa petitesse.  La circulation y est constante et bruyante et les annonces avec véhicules munis de haut-parleurs tonitruants et fréquents n’améliore rien. Il y a aussi un de ces véhicules qui annonce les décès de la semaine en identifiant les morts et en annonçant, pour les plus riches, le lieu et l’heure de la cérémonie funèbre. On a eu droit à un cortège spécial pour le décès d’un pompier, la tombe dans une voiture de pompiers, la famille qui suivait et un coup de sirène de pompier à tous les 30-40  pas.
Comme a bien d'autres endroits les femmes doivent spécifier certaines choses...

À noter que ce qu’on raconte ci-dessous sur Matagalpa est aussi ce qu’on a vu partout, sauf à Managua où on est toujours allé au même hôtel tenu par un expat. Dans le quotidien des hôtels et restaurants, et ceci sans preaue aucune exception, la moppe puisqu’il faut l’appeler par son nom, comme disait Lafontaine je crois, la moppe donc est l’arme de prédilection, ce qui bien sûr est acceptable, mais pas jusqu’au point qu’on l’utilise au Nicaragua! Vous êtes au resto, on vous apporte un plat mais vous ou le client précédent, avez laissé tomber quelques miettes avant l’arrivée de votre plat, le serveur revient illico avec une moppe souventes fois enduites de produit  nettoyant ou s’il le juge opportun verse tout autour du produit odorent et on vous nettoie tout ca! On dira une fois n’est pas coutume mais non c’est la coutume! Dans la maison, à Estelí, la proprio passait la moppe, au très très bas mot, trois fois par jour. Le plus drôle fut à Corn Islands, avec le québécois Jack qui pensionnait chez une femme ou on allait souvent déjeuner. Le pauvre Jack nous a raconté qu’il avait essayé plusieurs fois de convaincre son hôtesse de ‘mopper ‘son patio seulement une fois le matin, ce qui lui aurait laissé plus de temps pour faire la popote de ses clients. Peine perdue!
Le ciel bleu que Maryse aime tant 

En dehors de ces petits défauts, on peut dire des nicaraguayens qu’ils sont accueillants en dépit de leur pauvreté. Selon ce qu’on a lu dans le journal ce matin, 80% des pauvres sont dans les campagnes. Quand on lit aussi que le chômage atteint 40% de la population, on ne sait pas si ca tient compte des campagnes et des villes. Les gens du service, dans les hôtels, à qui on a demandé leur salaire ne nous l’ont pas dit ou ils nous ont soufflé un ‘poco’ et ce ne sont pas des gens qui s’attendent à recevoir des pourboires!
Arbre de récupération confectionné par des enfants 

En ville, le repérage des maisons ne se fait pas par des rues ou avenues. Quand on trouve un plan on n’y voit que le dessin des rues et la localisation des immeubles principaux. On situe les autres édifices, logements ou services par rapport à ces repères, le repère principal étant le Parque Central qui est habituellement en face de la Cathédrale qui forment l’intersection principale de la ville. À Estelí, les rues ont tout de même un nom du style 2 Sud-est; il faut juste pouvoir s’orienter par rapport au soleil qui est souvent présent sauf le soir. Le nom des rues est inutile si on demande un renseignement ou pour se faire conduire par un taxi. À Estelí par exemple pour aller chez Carolina on doit donner le nom d’une école : Escuela Ruben Dario et ajouter 1 bloc et demi au nord, de cette façon on nous y amène directement. Pour lui envoyer une lettre ce sera la même chose même si elle demeure sur la rue 2 Sud-Est. Ici à Matagalpa il faut trouver parfois un magasin ou un édifice. On nous avait parler d’un resto et  l’adresse se lisait : Maison de la mariée, un bloc à l’ouest et 14 verges au sud. Comment trouver la maison de la mariée??? Par hasard en déambulant dans les rues…

Un café ou un jus ???
Je reviens sur le blanc des vêtements qui m’a beaucoup impressionnée. Je peux comprendre en ville, les chemises blanches impeccables des serveurs ou les gilets moulés sur les corps musclés de ces messieurs mais dans le fin fond des campagnes… les enfants sortent des cabanes au plancher de terre battue et la chemise est tout aussi blanche et impeccablement repassée qu’en ville! Tout un exploit pour la maman.
Sous peu de retour ...

Nous avons finalement trouvé notre prochain logement à Québec qui se situera près de la Rivière St-Charles, ce qui nous permettra de reprendre nos longues promenades dans ce joli décor. Nous aurons besoin d’en faire pas mal pour éliminer ce que nous avons pris en bougeant si peu ces derniers mois…
Dernière heure : nous irons passer deux jours à Estelí car notre famille aimerait bien nous revoir une dernière fois et nous faire admirer les travaux complétés du logis de Carolina. Nous irons ensuite trois jours  à Managua et  serons donc de retour au Québec le 31. Nous avons bien hâte de revoir tout notre petit monde. On vous embrasse.