9 mai 2014
Après
deux semaines, nous quittons nos hôtesses non sans avoir laissé un cadeau à
Caroline pour qu’elle puisse se payer des fenêtres dans l’annexe qu’elle s’est
construite. Tel que prévu, nous nous rendons à Matagalpa à l’hôtel Dom
Guillermo. Après trois jours à manquer d’eau un peu trop souvent, nous optons
pour la Buena Onda, une manière d’auberge de jeunesse avec plein d’espace de
vie et on nous donne une chambre ‘matrimoniale’ avec salle de bain, ventilateur
et petit déjeuner pour 27$.
Matagalpa
est appelé ‘la perle du nord’. En
réalité, la ville n’est pas jolie et loin de la perle. Seule la cathédrale toute
blanche se distingue des autres édifices qui sont plutôt moches. La ville loge dans une espèce de cuvette formée
par les montagnes qui l’entourent et qu’on aperçoit de n’importe quel côté où
on regarde. On peut faire le tour de la partie principale de la ville en moins
d’une heure si on a le courage d’affronter le soleil et si on reste sur la partie
plane de la ville; monter toutes les rues qui se rendent au sommet ou presque
des montagnes environnantes relèverait de l’exploit. Après quelques jours, on
s’est d’ailleurs demandé si on n’irait pas passer le reste du voyage à
Ometepe!! Puis on s’est souvenu qu’à Ometepe on nous avait dit qu’en mai le
vent arrêtait de souffler et que le lac devenait un ‘lac d’huile’.
Et
puis, on s’y est fait à Matagalpa et on a même décidé de ne pas bouger avant le
retour à Managua le 27 mai pour retourner passer quelques jours à Managua
Hills, l’hôtel de M. Young, qu’on avait bien apprécié avant et après notre
séjour aux Corn Islands.
![]() |
| Au café culturel Casa Abya Yala |
On
ne sort que pour aller dîner et souper, ce qui a été notre habitude pendant
presque tous nos voyages quand il fait trop chaud. C’est particulièrement
invitant à l’auberge où nous sommes étant donné que la plupart des visiteurs
s’empressent de sortir le matin pour aller voir un peu n’importe quoi, une
chute ici ou un volcan là ou faire une excursion éreintante dans la forêt
tropicale, ou visiter une plantation de café… qu’on a déjà faite par contre!
| De notre chambre |
Alors nous, on profite du calme qui règne
toute la journée et des deux étages tout ouverts mais à l’abri du soleil mais
non du bruit et de l’activité de la rue qui est si cocasse et dépaysante comme
ces femmes qui transportent des charges ahurissantes sur leurs têtes tout en
s’arrêtant à certaines boutiques pour regarder s’il y a des nouveautés (sans
déposer leurs charges) ou ces enfants
aux uniformes d’école impeccables quelque
soit leur statut social ou encore les vendeurs ambulants qui annoncent leurs
produits à tous les dix pas et tout ce défilé au milieu des autobus puants, des
motocyclettes bruyantes et des alertes
de vol des voitures stationnées qui sont déclenchées par on ne sait lequel de
ces bruits.
Au-delà de tous ces bruits, il y a les cloches de la cathédrale qui
sonnent à tout moment sans qu’on sache trop pourquoi et les chants plus ou
moins justes venant des réunions à portes ouvertes de toutes les sectes
religieuses issues probablement des États-Unis. Dans les moments d’accalmie, on
assiste parfois à des concerts assez dissonants de perruches mais aussi,
moments bénis, au doux bruissement des ailes d’un oiseau-mouche qui vient picocher
les multiples fleurs du jardin intérieur de notre auberge. Idéal pour la
lecture.
![]() |
| Notre petit ;) ami de la Buena Onda |
On
a aussi un Scrabble espagnol qu’on a utilisé une fois mais il y a aussi un jeu
d’échec, des jeux de cartes, des livres qu’on peut échanger, des berceuses, un
hamac, ne manque que la piscine et encore… j’oubliais, il y a de l’eau chaude
dans la douche, du café et de l’eau à volonté. C’est plus qu’on aurait chez
nous… Et, cerise sur le sundae, il y a un lapin qui se promène au premier étage
et il se laisse flatter. Il pourrait s’évader par la porte de fer forgé mais,
non, il fait comme nous, il reste!
![]() |
| Toujours au café culturel |
![]() |
| Au café culturel Casa Abya Yala |
![]() |
| Il y a la déco mais aussi la bouffe au café culturel Casa Abya Yala |
Il
faut toujours regarder par terre en
marchant car les trottoirs sont inégaux, parfois très étroits ou défoncés par
endroits et on peut avoir la surprise de trouver un gros trou juste au
bout. Vaut mieux s’arrêter pour admirer
les montagnes ou la lune.
C’est
une ville très mouvementée malgré sa petitesse.
La circulation y est constante et bruyante et les annonces avec
véhicules munis de haut-parleurs tonitruants et fréquents n’améliore rien. Il y
a aussi un de ces véhicules qui annonce les décès de la semaine en identifiant
les morts et en annonçant, pour les plus riches, le lieu et l’heure de la
cérémonie funèbre. On a eu droit à un cortège spécial pour le décès d’un
pompier, la tombe dans une voiture de pompiers, la famille qui suivait et un
coup de sirène de pompier à tous les 30-40 pas.![]() |
| Comme a bien d'autres endroits les femmes doivent spécifier certaines choses... |
À
noter que ce qu’on raconte ci-dessous sur Matagalpa est aussi ce qu’on a vu partout, sauf à Managua où on est toujours allé au même hôtel tenu par
un expat. Dans le quotidien des hôtels et restaurants, et ceci sans preaue aucune exception,
la moppe puisqu’il faut l’appeler par son nom, comme disait Lafontaine je
crois, la moppe donc est l’arme de prédilection, ce qui bien sûr est
acceptable, mais pas jusqu’au point qu’on l’utilise au Nicaragua! Vous êtes au
resto, on vous apporte un plat mais vous ou le client précédent, avez laissé
tomber quelques miettes avant l’arrivée de votre plat, le serveur revient
illico avec une moppe souventes fois enduites de produit nettoyant ou s’il le juge opportun verse tout
autour du produit odorent et on vous nettoie tout ca! On dira une fois n’est
pas coutume mais non c’est la coutume! Dans la maison, à Estelí, la proprio
passait la moppe, au très très bas mot, trois fois par jour. Le plus drôle fut
à Corn Islands, avec le québécois Jack qui pensionnait chez une femme ou on
allait souvent déjeuner. Le pauvre Jack nous a raconté qu’il avait essayé
plusieurs fois de convaincre son hôtesse de ‘mopper ‘son patio seulement une
fois le matin, ce qui lui aurait laissé plus de temps pour faire la popote de
ses clients. Peine perdue!
| Le ciel bleu que Maryse aime tant |
En
dehors de ces petits défauts, on peut dire des nicaraguayens qu’ils sont
accueillants en dépit de leur pauvreté. Selon ce qu’on a lu dans le journal ce
matin, 80% des pauvres sont dans les campagnes. Quand on lit aussi que le
chômage atteint 40% de la population, on ne sait pas si ca tient compte des
campagnes et des villes. Les gens du service, dans les hôtels, à qui on a demandé
leur salaire ne nous l’ont pas dit ou ils nous ont soufflé un ‘poco’ et ce ne
sont pas des gens qui s’attendent à recevoir des pourboires!
![]() |
| Arbre de récupération confectionné par des enfants |
En
ville, le repérage des maisons ne se fait pas par des rues ou avenues. Quand on
trouve un plan on n’y voit que le dessin des rues et la localisation des
immeubles principaux. On situe les autres édifices, logements ou services par
rapport à ces repères, le repère principal étant le Parque Central qui est
habituellement en face de la Cathédrale qui forment l’intersection principale
de la ville. À Estelí, les rues ont tout de même un nom du style 2 Sud-est; il
faut juste pouvoir s’orienter par rapport au soleil qui est souvent présent
sauf le soir. Le nom des rues est inutile si on demande un renseignement ou
pour se faire conduire par un taxi. À Estelí par exemple pour aller chez
Carolina on doit donner le nom d’une école : Escuela Ruben Dario et
ajouter 1 bloc et demi au nord, de cette façon on nous y amène directement.
Pour lui envoyer une lettre ce sera la même chose même si elle demeure sur la
rue 2 Sud-Est. Ici à Matagalpa il faut trouver parfois un magasin ou un
édifice. On nous avait parler d’un resto et l’adresse se lisait : Maison de la
mariée, un bloc à l’ouest et 14 verges au sud. Comment trouver la maison de la
mariée??? Par hasard en déambulant dans les rues…
Je
reviens sur le blanc des vêtements qui m’a beaucoup impressionnée. Je peux
comprendre en ville, les chemises blanches impeccables des serveurs ou les
gilets moulés sur les corps musclés de ces messieurs mais dans le fin fond des
campagnes… les enfants sortent des cabanes au plancher de terre battue et la
chemise est tout aussi blanche et impeccablement repassée qu’en ville! Tout un
exploit pour la maman.
![]() |
| Un café ou un jus ??? |
Nous
avons finalement trouvé notre prochain logement à Québec qui se situera près de
la Rivière St-Charles, ce qui nous permettra de reprendre nos longues
promenades dans ce joli décor. Nous aurons besoin d’en faire pas mal pour
éliminer ce que nous avons pris en bougeant si peu ces derniers mois…
Dernière
heure : nous irons passer deux jours à Estelí car notre famille aimerait
bien nous revoir une dernière fois et nous faire admirer les travaux complétés
du logis de Carolina. Nous irons ensuite trois jours à Managua et serons donc de retour au Québec le 31. Nous avons
bien hâte de revoir tout notre petit monde. On vous embrasse.











Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire