jeudi 17 avril 2014

Big Corn Island
Mars 2014

Bien assis sur le balcon de notre chambre au deuxième étage de l'hôtel Morgan, nous arrêtons constamment notre lecture pour contempler les reflets toujours changeants de la mer des Caraïbes qui nous fait face. C'est monsieur Young, propriétaire de notre hôtel de Managua, qui a fait la réservation pour nous en spécifiant bien à Kerry, notre hôtesse, qu'elle devait nous réserver cette chambre, lui qui la connaissait pour y avoir déjà passé ses vacances. Et il avait raison. Après avoir visité tous ou presque tous les hôtels de l'île on se rend compte qu'on a été chanceux! Les touristes qui se promènent par ici arrêtent invariablement pour y prendre au moins 3 ou 4 photos! De plus, on est ventilé à souhait et le balcon est à l'ombre jusqu’à 16 heures. Malgré cela, après nos trois jours habituels de recherche   à bon prix, on a failli changer de place parce que le prix demandé par Kerry était de 40$ US. On a heureusement pensé qu'on pouvait lui donner une chance en lui disant qu'on voulait rester un mois. Elle a immédiatement réagi en nous faisant une offre à 25$.


Au total, on aime bien sauf pour la bouffe, ce qui est quand même majeur! La nourriture de l'île est la même que celle du continent mais on nous avait fait rêver de fruits de mer au même prix que le poulet et toujours disponibles! Hélas ce n'est pas la saison. Celle du homard se terminait lorsqu'on est arrivé et les crevettes sont rares et toujours plus chères que le poulet! Il reste que le rhum n'est pas cher à 22$ le litre et la bière est à 1,33$ le litre quand on l'achète à la caisse... Donc le Nicaragua pour la bouffe on n'y pense pas sauf si on trouve quelqu’une comme notre Caroline de Estéli qui avait vraiment de l'imagination culinaire. Il y a sans doute des exceptions comme certains hôtels de 4 ou 5 étoiles mais on n'y a pas été voir.


Pour nous faire mentir sur ce sujet, on a découvert, dans la journée ou on écrivait le blogue, un hôtel situé à vue de nez du nôtre, le Best View et géré par un couple  Nica et  Vernon, un grand noir, comme cuisinier et là on est reste franchement gaga. On y est allé le matin, histoire de changer de menu, pas un chat dans la cuisine ni dans la salle a manger mais le cuisinier se pointe, un genre armoire à glace mais bonasse comme tout. On y mange un petit dej avec pain intégral tout à fait bien. On jase un peu avec lui et il nous raconte que son père, un preacher, les a déguisés lui et ses frères en nones pour les faire sortir du pays pour le Costa Rica lors de la révolution. Il a travaillé dès l'âge de 11 ans dans les restaurants en épluchant les légumes. Il a beaucoup appris en observant et par la suite a réussi peu à peu à faire ses preuves.


Il nous annonce qu'il fera une salade avec poisson au lunch et on lui dit qu'on sera là pour une heure. À l'heure dite la dame au comptoir nous dit qu'il est sorti devant aller a l'école pour régler un quelconque problème. Comme nous avons nos liseuses nous décidons de l'attendre.  Il arrive, un bout de temps après, s'excuse et  va préparer notre lunch. Une merveille!  Tout est super équilibré. C'est une salade originale à souhait avec légumes et fruits, on ne pense même pas ajouter quoi que ce soit tant elle est parfaite et un yellow fish cuit juste a point. On y retournera! 


Pour revenir à notre île qui se nomme Big Corn Island et qui se trouve un peu à l'est du Nicaragua, dans la mer des Caraïbes, elle est accessible par bateau après un long voyage en bus ou par avion, de Managua, en 90 minutes. Les insulaires sont en partie de type nicaraguayen et en partie de descendance africaine de sorte que la langue parlée est un mélange un peu rigolo d'espagnol, d'anglais et de créole... très frustrant pour Maryse qui y perd ...son espagnol. En fait, quand on s'écoute parler, on rigole parce qu'on s'aperçoit qu'on mélange hardiment l'anglais et l'espagnol. Une partie de la population a la peau plus noire et une corpulence différente de celle des autre nicas. Certains sont grands et très minces et noirs alors que les autres sont courts et trapus avec la peau brune ou tirant plus vers le blanc.


Une route principale fait presque le tour de l'île a l'exception d'une section appelée Long Beach. Le lendemain de notre arrivée, on a marche la portion qui est a l'ouest de notre hôtel Morgan, un bon 6 kilomètres qui se termine sur deux hôtels luxueux et une très belle plage. Le lendemain on a marche la portion qui est a l'est de notre hôtel, un autre 6 kilomètres jusqu’à l'Hôtel Canada. Ce dernier est plutôt huppé avec ses chambres a plus de 100$ US et pas de plage!! De ce côté là on n'était pas au bout de la route mais on voyait une immense plage nommée justement Long  Beach mais qui semble déserte à l'exception d'un bâtiment. On peut aussi circuler sur l'île en taxi, le tarif étant fixe a 20 cordobas, soit 80 cents, par personne quelle que soit la distance. Il y a aussi un minibus qui coûte 7 cordobas par personne si on réussit à l'attraper vu son horaire approximatif. On fera le tour de l'île en autobus à la fin de notre séjour.


Nous faisons une petite vie bien calme avec lecture sur notre balcon durant les heures chaudes, promenades pour les petits dej et souper. Nous sortons aussi pour acheter du thon, des tomates, du pain de coco, beure d'arachide carotte et fruits pour nos dîners. On se gâte aussi en achetant des gâteaux aux carottes, au chocolat, au coco ou des brioches quand la pâtisserie est ouverte lors de notre promenade du matin ou du soir. On doit prendre du poids mais ...beaux, bons, pas chers...(12 cordobas soit en bas de 0.50$), le pain de coco 20 cordobas.


Notre dernier jour sur l’île sera celui de l’anniversaire d’André. Notre hôtesse lui cuisinera un gâteau que nous partagerons avec les employés. Le lendemain matin nous prenons l’avion au petit matin pour Managua.


Nous passerons 3 jours au même hôtel, chez M. Young. Il nous cuisinera chaque soir un super repas que nous partagerons avec ses employés. Nous en profiterons pour jaser des réalités et difficultés de faire des affaires dans ce pays.

Nous louons les services d’un taxi  pour aller visiter le volcan Masaya et le marché et la laguna de Apoyo.  Nous ne pourrons pas voire le fond du cratère car il y a beaucoup de brume. C’est tout de même impressionnant

6 avril 2014

Nous décidons de retourner à Estelí, où il devrait faire plus frais, pour revoir  la famille et célébrer l’anniversaire de Carolina le 11 avril.  Nous ne savons pas combien de temps nous y serons mais certainement jusqu’après Pâques puisque les hôtels seront bondés au cours de la semaine sainte, semaine de vacances dans tout le Nicaragua.


Toute la famille semble très heureuse de nous revoir et nous faisons la connaissance du mari de Carolina, Alejandro. Il travaille habituellement aux USA et cherche du travail ici pour pouvoir vivre régulièrement avec la famille.  Depuis que nous sommes partis, Carolina a fait construire un deuxième étage au-dessus de son coin de vie. Il faut dire que, suite au décès du mari de sa mère Victoria, la maison fut divisée entre Victoria,   Carolina, sa sœur et son frère.  Carolina vivait dans une chambre avec sa fille. Le nouvel arrangement lui permettra  de s’organiser une cuisinette, de donner une chambre à sa fille, d’avoir sa propre salle de bain et de profiter d’un espace de vie plus éclairé et mieux ventilé.


La cuisine, notre chambre et la chambre de Victoria appartiennent à son frère qui en laisse l’usage à  sa mère mais aimerait bien vendre sa part de la maison. Il en veut 25,000$ mais qui va acheter ce genre de part ? Je crois que Caroline espérait qu’on l’achète pour en faire nos quartiers d’hiver mais … on les aime bien mais faut pas pousser trop fort.

Pour la chaleur, on s’est mis un doigt dans l’œil car il fait aussi chaud ici qu’à Managua sans compter qu’on y avait une piscine! Le vent n’est pas tous les jours au rendez-vous et le soleil plombe. Heureusement, les nuits sont un peu plus fraiches.  Carolina veut que Maryse fasse un ragout pour son souper d’anniversaire mais c’est vraiment trop demander! On finit par s’entendre sur des filets de porc, style  Délices de Bangkok.


C’est l’époque des fruits : mangues, melons, pastèques, papayes, bananes; on se régale!  Le marché regorge de fruits frais. On a eu droit à  un petit tremblement de terre de 5 secondes, il semble que l’épicentre se trouvait dans le lac Managua ou il s’est fait sentir davantage à 6,2.

Pour 12$, un jeune techno du coin a regardé notre ordi et a réussi à le repartir... sur le D: Il n’a pas récupéré grand chose sur le C: et pas de photo du voyage.  On peut utiliser Office que notre cher François avait mis sur le D:. Avec la clé USB, on peut donc écrire ce blogue plus facilement que sur le clavier espagnol. On peut aussi recharger nos liseuses, un gros plus pour Maryse.


Le souper de d’anniversaire fut un succès. Heureusement nous avions acheté beaucoup de viande car Carolina avait invité, en plus des 5 personnes prévues, sa sœur et ses 3 enfants, une nièce et a même donné une portion à une belle-sœur voisine. Quand je lui ai dit qu’elle aurait dû nous prévenir elle a dit : tu ne me l’as pas demandé !  Malgré qu’on n’ait pas pu trouver du lait de coco et du concentré d’orange pour faire le délice de Bangkok, Maryse a concocté une sauce champignons, curry, gelée de goyave qui a eu un franc succès. 

Nous recommençons à lire le journal local. Il est toujours surprenant de voir à la une : 2643 jours depuis le 10 janvier 2007, sans que le président inconstitutionnel, Daniel Ortega, offre une conférence de presse.  La constitution ne lui permet pas de se faire réélire mais il garde le pouvoir en payant (probablement) l’opposition pour que celle-ci lui permettre de changer la constitution et se représenter. Tout ce beau monde s’enrichit aux dépends des pauvres.  Les paysans le voient toujours comme le père de la révolution; ils acceptent donc tout sans se plaindre.

Il y a plus de 40% de chômage, les enseignants sont sous-payés et les diplômés choisissent l’enseignement quand ils ne trouvent rien d’autre comme travail ; on peut donc douter de la qualité de l’enseignement et des connaissances des prochains finissants...  D’ailleurs, actuellement, la majorité ne réussit pas l’examen d’entrée à l’université. Le gouvernement a déclaré l’éducation obligatoire et gratuite mais il n’y a pas d’école dans plusieurs régions en campagne et pas d’argent pour ces enfants qui devraient aller en pension. Pour les études post secondaires ou universitaires le même phénomène se produit. Nous avons rencontré une jeune sur Big Corn Island qui ne voyait aucune ouverture pour elle puisqu’elle ne pouvait poursuivre ses études faute d’argent et d’école dans le coin ni obtenir un travail intéressant sur l’île.

Nous sommes dans une période de tremblements de terre depuis une semaine. Le premier dans la région du Lac Managua a été suivi d’un autre assez fort et de plusieurs répliques (42) dans la région du volcan Apoyeque situé à une quinzaine de km au nord ouest de Managua. Nous avons pris la bonne décision de venir dans le nord car nous n’y avons ressenti que de petites secousses de 1 à 5 secondes et beaucoup moins fréquemment que Managua.

Nous avons eu la chance d’observer l’éclipse de lune totale, le spectacle en valait la peine mais les photos…



Prochaine étape pour nous: exploration! Nous prévoyons aller passer quelques jours à Matagalpa puis Jinotega et peut-être Somoto et Ocotal, toutes ces destinations étant dans le nord et en altitude i.e. jusqu’à 1000 mètres. 

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