Avant de partir pour Lençois, on s'était payé une coupe de cheveux mais quelle coupe! On devra se protéger la caboche comme il faut !!
Le lendemain matin, on retourne prendre l'autobus pour Lençois. Après 6 heures de route dans le premier autobus inconfortable qu'on ait pris au Brésil, nous avons été accueilli dans une pousada à 5h30 du matin par Conception, la femme á tout faire, et comme la chambre que Maryse avait réservée, en portugais s.v.p., n'était pas libre avant midi, on nous en donne une autre pour nous reposer du voyage. Ouf! On a pris une douche en se réveillant vers 10h30 et la dame nous a offert le petit déjeuner, même si c'était en dehors des heures de service et en s'excusant de n'avoir que des fruits et du gâteau! On ne sait pas si on va devoir le payer mais ç'est bon de retrouver de si bons fruits!
L'environnement de la pousada est paisible et la cascade nous offre un joli chant pour nous relaxer complètement. On prend une excursion avec guide près de la ville. On nous avait dit que les souliers de marche n'étaient pas essentiels et on est parti en sandales. La balade de 3 heures s'est avérée plus ardue que prévue, presque toujours en pente et souvent à travers des roches plus ou moins faciles à enjamber ou contourner et d'énormes blocs erratiques sous lesquels il faut se glisser, bref La balade de 3 heures s'est avérée plus ardue que prévue, presque toujours en pente et souvent à travers des roches plus ou moins faciles à enjamber ou contourner et d'énormes blocs erratiques sous lesquels il faut se glisser, bref, pour des marcheurs de plage que nous étions jusqu'alors la journée sera assez éreintante, surtout en sandales
En passant sous un des gros blocs erratiques, notre guide fouille le sable et nous fait la démonstration de la présence de sables de plusieurs couleurs utilisés par les artistes pour faire des dessins dans des bouteilles ou autres contenants de vitre. Ils utilisent un genre de cure-dent pour y entasser le sable de chaque couleur et former des paysages ou des dessins multicolores.
Le soir venu, on est un peu raqué et on se demande si on pourra faire l'excursion prévue pour le lendemain. C'était une bonne escalade et on est affamé. On essaie une churascaria (genre de BBQ) et on nous y sert une portion gargantuesque de saumon avec une salade (laitue, tomate, cocombre, petits pois, blé d'inde, châtaignes d'eau, goberge, betteraves râpées, carottes râpées) et un énorme plat de riz. C’est, pour une fois, bien cuit c’est à dire pas trop cuit. Il faut pour l’obtenir demander mal cuit et le résultat a des chances d`être juste ce qu’il faut, à la limite du presque trop cuit. Ici on y a mis moins de sel et la salade s’avère délicieuse. De retour à la pousada, on apprécie notre nouvelle chambre donnant sur la rivière et ses cascade et on dort toutes fenêtres ouvertes au son de l’eau qui chante sur les roches. C’est un peu hors budget mais c’est super! On savait que cette étape serait dispendieuse.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
Le lendemain, on constate après une bonne douche que l’excursion prévue sera possible après quelques étirements. Nous partirons en retard car c’est le jour des élections des gouverneurs des états du Brésil, et tous, incluant nos guides évidemment, sont tenus de voter sous peine d'amende. Il faut dire qu’on ne pleurera pas la période de pré-élection. Depuis que nous sommes au Brésil, chaque personne qui se présente aux élections fait sa publicité sur un air de musique et du texte chanté. Ce texte est joué à tue-tête dans tout par tout véhicule pouvant transporter des hauts-parleurs (camion, voiture, bicyclette, brouette etc...). Plus c’est fort plus on a de chances d’être élu semble-t-il... 4 haut-parleurs de 15 pouces dans un coffre de voiture ça vous donne l’impression que le tympan ne tiendra pas... Les jeunes doivent qui en promènent deux derrière eux sur des bicyclettes, je ne sais pas comment ils peuvent entendre en fin de journée. Cacophonie électorale qui donne l’impression que l’air le mieux apprécié sera le gagnant. Ici, on aura droit à la dernière journée et, au retour, aux célébrations des vainqueurs et à ceux qui se consolent de la même manière que les gagnants. On nous dit que demain sera aussi la fête mais que tout redeviendrait normal ensuite. Même les gens du coin, du moins ceux qui travaillent avec les touristes, en ont marre de devoir cesser leurs explications parce qu’on ne peut s’entendre parler, pour reprendre lorsque la voiture est assez loin. Fin de la parenthèse électorale...
Notre conducteur vient donc nous chercher et on s’installe à l’avant d’un véhicule 4x4 Toyota pour 10 personnes très confortable. On prendra d’autres touristes dans différentes pousadas mais on sera encore retardé par le guide qui est en retard à cause des élections. Finalement, Anna, qui parle 7 langues et a déjà été guide local pendant plus de dix ans, accepte de remplacer le guide. Deux anglaises de Manchester, deux hollandaises, une brésilienne du nord du Brésil, ... et nous composent les membres de l’excursion. Autrement dit, toutes des filles, sauf le chauffeur et André. La guide est dans la quarantaine, les filles dans la vingtaine et nous faisons le triple de leur âge.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
On commence par l’escalade du Morro do Pai Inácio qu’on devait faire en dernier pour voir le coucher de soleil. À cause du retard, on nous demandera d’accélérer à quelques reprises durant les étapes... C’est une bonne escalade et il fait chaud! En cours de route et au sommet la vue est magnifique malgré un ciel voilé.
Au sommet, Anna nous raconte la légende entourant ce mont, qui ressemble aux formations qu'on voit dans le Grand Canyon américain, pour ceux qui y sont déjà allés. La légende est celle d’une française mariée à un riche propriétaire terrien qui tombe en amour avec un esclave, Inácio. Lorsque le mari l’apprend, il offre en récompense à celui qui tuera l’esclave, la moitié de ses avoirs. L’esclave s'enfuit mais il finit par se réfugier au sommet du mont où nous sommes mais il est finalement cerné par les villageois. Inàcio saute alors dans le vide (le guide du parc saute dans le vide devant nous!!!) en tenant l’ombrelle que sa belle utilisait pour protéger sa peau blanche. On ne l’a jamais trouvé ni revu mais la légende dit qu’ils se retrouvèrent et vécurent heureux et eurent de... Le guide du parc réapparaît à la fin de l’histoire: il y a une petite corniche sous le bord de la montagne. Il faut quand même le faire, la corniche n’a pas 3 pieds! Les filles se prendront tour à tour en photo sur la corniche en faisant semblant d’avoir sauté dans le vide et en être revenu. Il faut dire que le saut du guide avait provoqué tout un émoi!
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
On redescend du Mont Inácio et on nous conduit dans une fazenda (immense ferme) pour un repas rapide et la visite d'une grotte. En cheminant vers la grotte, le guide nous montre la maison d'une araignée en soulevant un petit bouchon tout rond qui est la porte d'entrée du nid de l'araignée et qu'elle fabrique donc. Ce bouchon une fois fermé, on ne voit qu'une marque ronde sur le sol. On en verra plusieurs autres.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
Puis, on se dirige vers la grotte bleue. Les eaux de ce lac souterrain sont transparentes et le bleu semble irréel. Quand le lac est frappé par les rayons du soleil, on peut voir les poissons circuler comme si c'était un aquarium! Vraiment joli! Une des filles de l'expédition s'est payée l'extra 20 minutes en plongé dans le lac et nous a dit qu'elle ne le regrettait pas. C'est très compréhensible!
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
On passe ensuite à une baignade bien méritée. Nous sommes en hauteur (peut-étre 5-6 étages d'un édifice), au-dessus d'un lac peu profond qui bénéficie de la même eau que celle du lac de la grotte.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
On descend assez pour que la température tombe de quelques degrés mais rien pour frissonner. On n'explorera en une heure qu'une partie, peut-être un kilométre, de cette grotte qui en compte 40. Le guide, qui nous éclaire avec une lampe à gaz, nous fait voir toutes les figures les plus, disons populaires et celles qu'on peut deviner dans les formes des stalactite et stalagmites.
Quand il éteint sa lampe pour une minute de méditation, c’est d’un noir total et d'un silence impressionnant. On sort de là à la nuit tombée pour retrouver la lune et les étoiles dans un ciel clair. Notre conducteur est à essayer de faire partir le véhicule. André et quelques filles devront pousser pour aider au démarrage. On arrivera en ville vers 8 heures, en pleine fête post élections. Douche et retour à la churascaria(BBQ) pour un souper au filet mignon (je crois qu’on en a eu un complet). On n’arrivera pas à tout manger malgré cette journée d’escalade. On est fiers de nous mais vannés.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
Pour les jours suivants... repos et recherche pour la suite du voyage. Nous rencontrons deux autres jeunes anglaises à la pousada. Elles nous disent, comme les hollandaises que nous avions rencontrées, qu'être blonde au Brésil amène bien des désagréments. Les gens touchent la peau, tire les cheveux pensant que c'est une perruque etc. Elles ne peuvent pas non plus avoir la paix, certains gars s'invitant á leurs tables. À une étape précédente de leur voyage, elles ont même quitté l'endroit qu'elles aimaient bien parce qu'elles n'arrivaient pas à aller nulle part sans qu'un type les y rejoigne. Elles tentaient de l'éviter mais il les trouvait toujours et ne comprenait pas leur refus... Dans la culture anglaise, l'homme étant très réservé, elles n'aiment pas beaucoup.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
Hier, le 8 octobre, après beaucoup de 'taponnage' pour trouver le moyen de transport idéal vers notre prochaine étape Belo Horizonte dans l'état du Minas Gerais, on a opté pour l'avion qui est moins cher que l'autobus pour s'y rendre depuis Salvador, sans compter que l'autobus qui fait ce trajet de 1300 kilomètres y met 22 heures et est un autobus conventionnel, donc sans siège inclinable. Une farce! On a donc un vol pour Belo Horizonte le 11 octobre et on y restera quelques jours avant d'aller à Ouro Preto. Maryse a encore fait la réservation d'hôtel!
Pour notre dernière journée à Lençois, nos voisines de chambre, Abbie et Joanna, nous montrent le chemin d'une promenade. On monte d'abord au sommet de la ville pour ensuite prendre un sentier aménagé qui nous conduit jusqu'à une rivière qui coule en pente sur d'énormes plaques rocheuses.
Ça donne le son d'une chute sans en être une et les plus braves se permettent même une glissade sur cette pente rocheuse mais lisse jusqu'au petit lac où nous nous baignons. Ce sera notre plus belle journée à Lençois.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
Le soir venu, nous faisons nos adieux à Abbie et Joanna. Elles sont vraiment déçues du comportement des brésiliens mâles à leur endroit. Elles en sont tellement fatiguées qu'elles décident de changer leur itinéraire de voyage en quittant le Brésil plus tôt que prévu. On se donne un possible rendez-vous à Mendoza où leur périple doit les mener et on se promet de garder le contact.
| De Lençois et le parc national de la Chapada Diamantina |
La situation de la pousada en bord de rivière était vraiment super agréable. Nous en avons bien profité et la petite pause d'après-midi nous permettait de discuter de nos plans futurs et d'échanger des idées pour la suite du voyage. Je voyais pratiquement tous les jours un cavalier sur son cheval passer sur la route de l'autre côté de la rivière. Je faisais remarquer à André que nous avions vu des chevaux dans presque toutes les villes que nous avons visités. Parfois on les voyait brouter le long de l'autoroute, parfois tirant une charrette dans la circulation et même prenant une sortie d'autoroute. Nous avons vu un cavalier arriver à la pharmacie, descendre de son cheval, aller faire ses courses et repartir. C'est assez spécial et toujours un peu surprenant.
De bonne heure le lendemain, nous faisons nos adieux à Conception, notre cuisinière et femme de chambre qui a bien apprécié échanger quelques propos avec nous tous les jours. Il faut dire qu'elle nous a bien gâtés, nous apportant même le "cafezinho" (petit café) qu'elle ne faisait que pour nous en fin d'après-midi avec un gâteau cuisiné par elle. Le matin nous avions aussi droit à notre pot de jus, ce qui faisait sourciller nos deux voisines anglaises.
On prend l'autobus pour retourner à Salvador et, dans la soirée, l'avion pour Belo Horizonte. C'est notre premier déplacement en avion depuis notre arrivée au Brésil. L'autobus de Salvador était au même prix que le vol en soirée et prenait 2 heures alors que l'autobus prenait 22 heures!
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