dimanche 26 octobre 2008

Ouro Preto




Le 15 octobre, après 3 jours passés à Belo Horizonte, nous prenons l'autobus pour Ouro Preto, une ville nichée dans les montagnes à quelques heures de Belo Horizonte.
Maryse tient à ce qu'on la visite parce que ça devrait plaire à André, géologue, lui hésite et pense que ça ne vaut peut-être pas la peine et songe à l'attrappe-touriste.




La ville entière est classée monument historique et patrimoine culturel de l'UNESCO. Elle fut fondée par des aventuriers portugais à la fin du dix-septième siècle. Ils y découvrirent de l'or une dizaine d'années plus tard. Plus de 1200 tonnes y furent extraites! Cette richesse lui permit de construire une multitude d'églises baroques. On en voit partout! Elle fut la capitale de l'état du Minas Gérais jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.


On passera 5 jours dans cette ville magnifique à marcher dans tous les coins, à explorer les magasins et même à visiter, en bons québécois, un musée consacré à une tentative de révolte et d'indépendance.

Ce mouvement naquit du constat du volume des richesses accaparées par les portugais, à la pauvreté du peuple brésilien et des exigences de plus en plus grandes du Portugal malgré la baisse de la production d'or. On le connaît sous le nom de "Inconfidencia Mineira".

À la porte du musée et dans les salles d'exposition, on rencontre des gardes armés et on doit mettre notre sac dans un casier. La visite doit se faire dans un ordre précis, pas question de regarder une salle si elle n'est pas la suivante prévue. C'est assez spécial comme feeling mais ça vaut la peine de visiter.

Nous visiterons aussi le Musée des Sciences et Techniques de l’École de Minas divisé en neuf secteurs: Histoire Naturelle – zoologie et paléontologie –, Exploitation de mines, Minéralogie, Métallurgie, Sidérurgie, Dessin, Topographie, Astronomie et Électrotechnique.

Nous y passerons un bon après-midi. Nous admirerons une collection de minéraux absolument fantastique. Ce serait la deuxième au monde, après celle des États-Unis.

La ville actuelle d'Ouro Preto est demeurée la cité coloniale qu'elle était. Elle a conservé ses pavages originaux en pierres. Ils sont utilisés partout sur toutes les collines qui composent la ville et qui ont souvent des pentes relativement raides. En contrepartie on profite souvent de points de vue spectaculaires qui donnent à la ville un cachet tout particulier. Se promener dans les rues étroites et abruptes d’Ouro Preto, c’est un peu faire un voyage dans le temps.



Nous arpenterons aussi le magnifique jardin botanique qui traverse toute la ville et s'avèrera aussi pentu que toutes les rues. Comme nous sommes chanceux depuis le début, on apprendra qu'il est inauguré depuis seulement deux mois et on le visitera dans la plus belle journée de notre séjour à Ouro Preto.

Côté logement, on est un peu moins chanceux. Dans la pousada réservée pour deux jours, l'accueil est plutôt fade de même que le petit déjeuner. Comme la ville nous plaît et que nous désirons poursuivre notre séjour, nous nous mettons à la recherche active d'un autre logement dès le premier jour. On trouve une auberge de jeunesse à quelques pas mais comme la chambre est assez dispendieuse et le confort rudimentaire, on décide de continuer les recherches. Le lendemain, faute d'avoir trouvé, on retourne à l'auberge de jeunesse mais la place n'est plus disponible. On continue à explorer tout en visitant de nouveaux coins. En entrant dans une boutique, André demande à la vendeuse si elle connaît une pousada disponible pour la fin de semaine. Un coup de fil plus tard, une de ses connaissances vient nous chercher pour nous faire visiter sa pousada qui se trouve dans la rue la plus pentue qu'on ait vue jusqu'alors.

On a sauvé la mise mais le petit déjeuner ne sera pas meilleur. On a vraiment été gâtés dans les autres endroits de ce côté. On a quand même établi un contact avec des boliviens, le proprio et son neveu. Ce dernier n'était au Brésil que depuis deux mois et n'aimait pas beaucoup ça à ce jour.


Côté bouffe, on a particulièrement aimé Ouro Preto. C'est la première fois depuis qu'on est au Brésil qu'on trouve autant de légumes, de variété et de qualité dans la nourriture. On en a profité au maximum.

Un soir dans une pizzeria, on a rencontré un jeune de huit ans qui soupait en compagnie de son père. Timide au début, il a insisté auprès de son père qui parlait un petit peu l'anglais pour savoir d'où on venait. Quand il a compris qu'on pouvait comprendre, il s'est mis à poser toute sorte de questions sur le Canada, la valeur de l'argent, la plus grosse coupure, pouvait-il en voir des exemples etc. Son père n'arrêtait pas de dire dans son anglais rudimentaire qu'il fallait l'excuser, que c'était parce qu'il était très curieux et le jeune disait à son père de parler portugais... et Maryse répondait que c'était très bien qu'il soit curieux. Maryse a mis le peu d'argent canadien que nous avions dans son sac au cas où on le rencontrerait un autre jour mais l'occasion ne s'est pas présentée.

C'était le deuxième jeune à nous aborder pour jaser. Nous avions rencontré le premier au Musée des Sciences et Techniques de l’École de Minas. Il nous avait questionné sur notre pays et comme on avait participé à de petites expériences avec son groupe, il s'était fait un plaisir de nous expliquer ce qu'il savait. À la sortie du musée où nous nous reposions, il était revenu nous donner la main et nous souhaiter une bonne fin de voyage. On s'était habitué à être regardé comme des "spécimens étranges" dans le nord et on était agréablement surpris de son naturel et de son intérêt.

Maryse a contenté son goût des visites de bijouteries. Elle a même essayé une bague et des boucles d'oreilles tout à fait jolies. Elle a réussi le tour de force d'économiser l'équivalent de notre budget logement d'un mois en se souvenant qu'elle avait des bijoux au Québec qu'elle ne portait même pas préférant toujours les mêmes. OUF! On a aussi vu des pierres magnifiques mais encore là, raisonnables (transporter des pierres encore 8 mois dans les valises est un pensez-y bien) on a tout laissé sur place.

On a aussi découvert, dans une ruelle, un spécialiste de la cachaça, le rhum blanc du brésil. Le bonhomme qui tient un bar-restaurant y offre une carte de boissons où apparaissent au moins 25 sortes de cachaça. Maryse est aux oiseaux! Il lui prépare le meilleur caipirinha qu'elle ait jamais bu et, André, qui apprécie plus ou moins le citron vert, se fait servir un caipirinha à la fraise qu'il trouvera excellent.

On y retournera et on y rencontrera deux brésiliens, Joacy qui travaille en géographie humaine et Émiliana qui est psychologue et actrice dans un groupe luttant contre l'homophobie. On "connectera" et on soupera ensemble: excellente soirée.

Le lendemain, nous nous rendons à la gare d'autobus d'Ouro Preto assez tôt et y rencontrons un couple de français, Nicole et Mario. Charmant couple en voyage pour faire la connaissance du nouveau bébé de leur fille qui elle-même voyage en 4X4 depuis plus d'un an en Amérique du sud avec son mari, dormant en camping sur le toit du véhicule. Ils devront probablement changer un peu leur façon de voyager puisqu'ils ont décidé, comme dit Nicole, de faire un bébé. Nicole est toute heureuse de pouvoir échanger en français. Nous jaserons de nos enfants respectifs, de leur visite du Québec etc. Nous nous reverrons, après le voyage de nuit, à Rio et échangerons nos courriels dans l'espoir d'une prochaine rencontre.


Nous avons été impressionnés par ce bac de recyclage vu à notre première pousada.

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