Le voyage de Recife à Salvador devait prendre 11 heures. Il en a pris 14. L'autobus était plus confortable pour André et un peu moins pour moi, toujours question de grandeur et de longueur de jambes. Au total on a quand même bien dormi. La gare d'autobus (rodoviaria) de Salvador est pas mal plus moche que celle de Récife et on ne peut y trouver d'agence de tourisme. De plus, les renseignements pour les autobus sont à peu près inexistants. On prend donc un taxi pour la pousada. Le trajet nous émeut quelque peu, d'abord parce qu'il est tout sauf droit et le paysage est inqualifiable. On dirait un monde imaginaire peint par un artiste naïf. On verra d'ailleurs plus tard des peintures qui confirment notre impression. La ville est bãtie sur plusieurs collines et chacune est systématiquement envahie par des maisons qui sont comme empilées les unes à côté des autres et les unes par dessus les autres: tout à fait féérique ou ahurissant mais aussi... quelque peu épeurant. On pense au massacre qu'un tremblement de terre ferait dans un tel décor.
La pousada s'avère confortable et les aubergistes françaises sont accueillantes. La propriétaire a 2 enfants, une fille de 6 ans qui va à l'école brésilienne et qui passera une partie de la soirée avec Maryse et les deux finiront par savoir additionner jusqu'à 10 avant la fin de l'échange. L'autre est Alexis, un garçon d'une douzaine d'années qui fait l'école française par correspondance. On part faire une visite du secteur. On tombe sur une belle promenade au bord de la mer, de petites plages, beaucoup de monde. C'est quand même extraordinaire d'avoir en pleine ville une vue semblable. La baie de tous les saints est immense avec Salvador sur une pointe et les plus belles plages sur l'autre pointe. Les gens font leur jogging ou prennent leur marche de santé sur la promenade qui surplombe les petites plages. Les eaux sont vert émeraude. C'est joli mais on se sent très en ville et il fait super chaud sans beaucoup d'endroits pour se protéger du soleil si ce n'est dans les restos et les bars.
Sur les conseils de notre aubergiste, nous allons à un restaurant où nous mangeons une délicieuse moqueça de crevettes. C'est ce que nous avons mangé de meilleur en plat cuisiné à date. Est-ce parce que ce plat est plus près de ce que nous sommes habitués de manger à la maison, i.e. un plat en sauce avec des crevettes écaillées et pas trop cuites? On le gagerait...Le lendemain nous décidons de visiter le centre historique de Salvador. Il y a, semble-t-il, peu de touristes donc ceux qui y visitent se font solliciter de toute part. On se fait prendre en acceptant une photo avec des bahianaises qui nous demandent 50R pour la photo! On s'en tire à 6... On visite un peu et on continue de se faire achaler tant et si bien qu'on décide que Salvador ne sera pas un point d'arrêt. Après avoir demandé notre chemin plusieurs fois, on finit par trouver une agence pour acheter des billets pour Lençois, en montagne, à quelques 7 heures d'autobus de Salvador. En sortant de cet endroit tout-à-fait baroque pour un comptoir de billets d'autobus, au deuxième étage d'un édifice rempli de magasins et d'échoppes de toute sorte , on perd un peu notre chemin. On ne sait plus si on est dans la haute-ville ou la basse-ville et on ne sait pas non plus quel autobus prendre pour retourner à notre hôtel. On se hasarde à demander à un chauffeur d'autobus qui ne le sait pas plus que nous. Il repart puis arrête aussi vite, ré-ouvre sa porte et nous dit de monter. Un passager lui a indiqué le chemin que nous devrions prendre et il nous arrête quelques arrêts plus loin sans nous faire payer. On était vraiment dans la partie basse-ville et on a dû, à partir de là, monter à pied la côte vers la haute-ville. Ils sont quand même gentils les bahianais et serviables comme ce chauffeur et le passager, et la plupart des brésiliens d'ailleurs!
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