lundi 20 février 2012

Suite du séjour à Canoas de Punta Sal






Canoas de Punta Sal, le 9 février 2012


Après une semaine dans notre bungalow, nous décidons de louer pour un mois moyennant un rabais sur le prix de la chambre; on l’obtient à S/50 par jour soit 20$. Le seul problème qui reste à l’endroit où nous sommes, c’est l’argent. Il n’y a pas de banque ni guichet et les cartes de crédit ne sont pas acceptées. Il nous faut donc aller retirer de l’argent soit à Mancora à 25 km au sud ou à Zorritos à 53 km au nord. Par contre ça nous permet de visiter ces endroits qui sont aussi des ‘stations balnéaires’ mais beaucoup plus fréquentées et plus organisées pour le tourisme que Punta Sal i.e. plus de magasins, de restaurants et de types d’hébergement. C’est Mancora qui domine dans ce domaine avec Zorritos assez loin derrière puis Punta Sal qui offre plusieurs hôtels de luxe presque toutes situées au bout de la route mais pas sur le meilleur bout de la plage; par contre, c’est le seul village qui n’est pas directement sur la route transaméricaine; c’est aussi le plus beau bout de plage à notre avis et le plus propre et il s’étend sur 5 kilomètres depuis Puntal Sal jusqu’à Canoas de Punta Sal. C’est d’ailleurs sur ce bout de plage que l’on peut trouver les plus beaux ‘resorts’ qui sont presque fondus dans le décor et qui ne dépare aucunement le front de mer. Avis aux amateurs de paix… 
Visite à Zorritos


 Il est quand même assez facile de se déplacer dans ces villes et entre ces villes. Dans la ville ou plutôt le village, c’est la mototaxi qui est le moins cher. Entre les villes, c’est le colectivo i.e. un taxi à 5 passagers ou le combi qui est une mini-van où on vous entasse jusqu’à 18 personnes excluant le chauffeur et le ‘câleux’ i.e. celui qui perçoit l’argent et qui crie par la fenêtre le nom de l’endroit où on se dirige chaque fois qu’il voit des clients potentiels le long de la route. Le système est très efficace. Pour l’usager, il suffit, sur quelque route ou rue, de lever à peine l’index à la hauteur du genou pour que le prochain taxi ou combi se pointe. Ce qui est le plus drôle, en ville, c’est que, lorsqu’un taxi s’arrête pour prendre quelqu’un, ce dernier demandera toujours le prix avant même de monter et, si la discussion prend plus de 10 secondes, on entendra un concert de klaxons de la part des voitures qui sont bloquées derrière.  

Parlant de transport et de route, il faut ajouter que les arrêts ou les feux de circulation sont une rareté. Presque partout, les intersections et la vitesse sont contrôlées par des dos d’ânes (bosses) plus ou moins élevés, ce qui est très efficace et certainement plus économique; on voit rarement des bouchons sauf s’il y a un accident évidemment. Pour les piétons, ce n’est certes pas très sécuritaire bien qu’il y ait quand même un système de passage pour piétons, les barres blanches plus on moins effacées, mais ces dernières ne sont nécessairement respectées par les automobilistes!

                                                   
Visite à Zorritos


On a donc visité à peu près les principales plages de la côte soit Los Organos, Mancora, Punta Sal et Zorritos qui nous ont toutes déplu pour une raison ou l’autre sauf celle de Punta Sal. C’est le genre de plage qui nous plaît par sa longueur, sa tranquillité, la facilité d’y marcher sur un sable dur et presque sans coquillage ni pierre. Cependant, on n’a pas pu trouver le genre de logement qu’on cherchait au prix qu’on voulait payer. On y est quand même demeuré une semaine chez Jerry et c’est au cours d’une promenade de plage de plus d’une heure qu’on a découvert ce qu’on cherchait à Canoas de Punta Sal (c’est la prolongation de Punta Sal) et nous y sommes depuis trois semaines déjà!

Une semaine après notre arrivée, on avait décidé d’aller en Équateur pour renouveler notre visa du Pérou. Ce fut une expédition un peu spéciale. On a d’abord pris un combi à la porte de notre bungalow. Par chance ou malchance, il se rendait jusqu’à la frontière. Arrivé là, il se stationne et nous dit de traverser le petit pont devant nous et de nous rendre jusqu’au poste frontière. Il nous dit qu’il va nous attendre. Pas de problème, on fait ce qu’il dit mais on doit demander notre chemin deux ou trois fois mais ne voyant toujours pas où cette promenade nous mène, on s’arrête à un hôtel et on y apprend qu’on est en Équateur! Et on n’a vu aucun poste frontière donc nos passeports ne sont pas étampés pour notre sortie du Pérou.

Pas de panique, la dame de l’hôtel nous explique où on peut aller échanger quelque argent péruvien en dollars équatorien pour ensuite prendre un taxi qui nous ramènera au Pérou. Pensant trouver une banque et ne la trouvant pas à l’endroit indiqué par la dame de l’hôtel, on s’informe auprès d’une dame pour savoir où on peut obtenir de l’argent équatorien. En riant, elle nous indique un monsieur qui est à côté d’elle avec une valise brune dans les mains. À ce moment, Maryse clenche : c’est ce que la dame de l’hôtel lui avait dit mais elle n’avait pas compris cette histoire de valise. Le monsieur est un cambiste. On échange 10 soles pour des dollars équatoriens. On parle à ces deux personnes de ce qui nous arrive et ils arrêtent un taxi jaune (ce sont les plus sécuritaires) en expliquant au chauffeur que nous devons retourner au Pérou. On embarque et il nous conduit à un autre taxi qui, lui, peut sortir de l’Équateur et retourner au Pérou.

On ne sait pas trop comment le ‘système’ fonctionne, mais on n’a pas le choix de suivre. Le chauffeur et son chum nous expliquent qu’il faut retourner au Pérou au bureau de l’immigration. On pense que ce sera à deux minutes et on commence à être un peu nerveux après deux ou trois kilomètres, puis on se calme quand on passe le bureau de la douane qui est sur la route qu’on avait suivie avant d’entrer en Équateur. Quelques kilomètres plus loin apparaît le bureau (plutôt une cabane) de l’immigration. Nos deux conducteurs nous demandent alors nos passeports et 20$ US chacun. À voir leur comportement, on dirait qu’ils essaient de cacher quelque chose. On n’est pas très rassurés mais on les suit vers la cabane. Ils entrent mais pas nous. C’est compréhensible, il n’y a plus de place à l’intérieur où se trouvent un fonctionnaire avec un ordinateur qui étampera nos deux passeports et son patron évaché sur une chaise longue qui ramassera probablement le fric. Et Maryse devra compléter les deux fiches debout dehors!

On vérifie quand même les deux passeports. Ils sont bons pour un autre six mois et nos deux chauffeurs essaient de nous faire croire que c’est grâce à eux. On a beau leur dire qu’on n’en a rien à blairer de ces six mois et qu’il nous suffisait d’avoir trois mois. Finalement, on n’avait pas besoin d’aller en Équateur!

En partant de l’immigration, ils demandent 20$ pour nous conduire à Tumbes. Nous savons que c’est trop mais on est au milieu de nulle part et encore une fois, pas le choix, on accepte. Nos chauffeurs nous offrent, un peu plus tard, de nous ramener à Punta Sal mais on les a assez vus d’autant plus qu’ils nous demandent 40$ de plus ce qui est très cher. Maryse sort tout son bagage d’espagnol pour le leur faire savoir son mécontentement. Ils exigent un autre 20$ pour leurs frais et pour le service rendu. Maryse discute encore en leur disant que c’est 20$ qui était entendu au départ mais ils n’en démordent pas, disent que le 40$ du début était pour les fonctionnaires, qu’ils n’ont rien, etc. Comme on ne sait pas où nous sommes, où prendre le combi, on donne encore une fois et ils nous laissent enfin au bon endroit. Épisode à oublier rapidement!
                                                  

Depuis, notre seule obligation est de retourner une fois par semaine chercher des soles pour payer la pension et le logement. Pour conserver nos habitudes de déménagement, après une semaine dans la première cabana, la voisine étant partie, nous changeons de cabine pour celle qui est plus près de la mer et avec un lit plus confortable. Après 11 jours nous devons retourner à l’ancienne à cause d’un problème de plomberie. Nous reviendrons à celle qui est plus près de la mer quand le problème sera solutionné.

                                    
Nous passons beaucoup de temps à lire, essayons de continuer les leçons d’espagnol de la méthode Assimil car nous parlons peu aux gens de l’hôtel qui sont très occupés par le resto et parlons et lisons beaucoup en français ce qui fait que notre espagnol ne s’améliore pas aussi rapidement que lorsque nous étions à Arequipa. Nous faisons des promenades d’au moins une heure sur la plage quand le soleil descend. Les couchers de soleil sont magnifiques et le son des vagues nous berce toute la journée. Il fait très chaud et le soleil tape même avec de la crème solaire 50 et un chapeau. Nous nous baignons généralement une fois par jour. Parfois les vagues sont trop grosses mais rarement. Il pleut presque toutes les nuits dernièrement.

Nous nous occupons aussi à faire des recherches pour nous trouver un logement ou une maison à notre retour. Idéalement nous aimerions trouver un meublé avec les services inclus ce qui nous permettrait de mieux administrer notre petit budget. Nous regardons d’abord Québec et les environs mais restons ouverts à tout. Nous avons même pensé faire du gardiennage de maison mais ça ne semble pas aussi développé au Canada qu’en France. Comme nous devons passer les 6 mois au Canada, ce n’est pas évident.

 En général la nourriture est bonne et on réussit à varier nos menus. On choisit le poisson plus souvent que la viande. Dernièrement, on a essayé le ‘pescado sudado’ sans trop savoir ce que c’était : ce fut un régal! On s’attendait à un poisson cuit à la vapeur mais c’était plus proche d’une bouillabaisse sans les moules et autres coquillages. Nous déjeunons toujours d’une salade de fruits frais avec céréales et yogourt plus un jus de mangue. Le soir, c’est toujours plus embêtant. Le resto est fermé et c’est Clever, notre jeune chef, qui vient nous demander ce qu’on veut mais sans nous dire ce qu’il a; il n’arrive pas à faire des suggestions; il dit ne pas connaître assez nos goûts. Nous lui demandons des salades, des omelettes, de l’avocat farci aux crevettes et à l’occasion du poisson ou de la soupe de poisson qui est merveilleuse. Nous sommes heureux de notre décision même si c’est un peu dérangeant comme organisation. Lorsque nous allons à l’extérieur, il a accepté de nous déduire les frais d’un repas. Nous le faisons peu mais ça change. Le soir, le village est peu éclairé et, ici, çà l’est encore moins, nous préférons ne pas sortir. C’est donc une vie bien sage que nous menons mais on aime ça surtout depuis qu’on a découvert qu’on pouvait se brancher sur le réseau internet de l’hôtel voisin; c’est faible, intermittent, mais ça nous évite de nous retrouver dans le cagibi étouffant du village.

Le secteur devrait se développer dans les prochaines années. Le proprio du terrain voisin va construire des maisons à louer. Notre proprio parle de construire cinq autres bungalows sur son terrain et de reconstruire son restaurant au bord de la mer et de l’ouvrir le soir. Il faut dire que nous sommes les seuls à souper ici. On vient nous porter notre repas au bungalow vers 8-9 heures. Le diner se termine souvent à 5-6 heures. C’est le repas important et le soir les gens se contentent souvent de grignoter.

Pour ceux que ça peut intéresser, en fouillant un peu sur internet sur le Pérou, j’ai découvert un blogue qui présente de belles photos et des informations sur les richesses trouvées dans différentes ruines. http://anne-romain.am-latine.over-blog.com/article-perou-chiclayo-cajamarca-trujillo-41003241.html




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