Magdalena, Lima, jeudi 29 décembre
Nous sommes de retour à Lima depuis le 22 et nous y resterons jusqu’au 3 janvier environ. D’une part, nous étions invités par Xavière et Mijail pour la veillée de Noël et d’autre part, il y a beaucoup de déplacements au Pérou pendant cette période, comme chez nous d’ailleurs.
On voit couramment les péruviens parler dans leur cellulaire en tenant celui-ci devant la bouche pour ensuite écouter la réponse. Nous avons demandé à Mijail pourquoi et il nous dit que les gens pensent que le cellulaire peut endommager le cerveau donc le garde à l’oreille le moins longtemps possible…
| Mijail et Xavière party de Noël |
Il y avait un échange de cadeau par tirage au sort pour le soir de Noël. Comme nous n’avons pas eu l’occasion de rencontrer ou de parler à Xavière ou Mijail, nous ne savons que le nom des personnes à qui nous devons offrir un cadeau… Nous magasinons… dans la foule assez importante de notre quartier. Nous finissons par décider d’acheter des livres en espérant que ça plaira.
À la veillée de Noël, nous avons donc rencontré la parenté de Mijail et celle de Xavière qui avait invité sa mère et la famille de sa tante à la fête. Ce fut une agréable soirée agrémentée par les trois dindes savoureuses cuisinées par le père de Mijail et par un concours de pétards inter-rues (feux d’artifices).
Depuis, nous sommes en période de recherche active pour notre prochain déplacement. Nous allons assez régulièrement au même resto où le menu change assez pour nous attirer. Il faut dire que nous avons un repas qui comprend l’entrée et le plat principal pour 8 soles et la grosse bière à 6 soles ce qui fait que le repas nous revient à 30 soles ou 12$ pour deux, pourboire inclus. On achète des fruits (mangues, fraises, bananes, ananas, melon, raisins) au marché local et des gâteaux dans une petite pâtisserie en face de notre hôtel, pour notre souper (on peut utiliser la cuisine du B&B). Comme le déjeuner est compris dans le prix (60 soles ou 24$) de la chambre, on s’en tire pour environ 40$ par jour. Il faut dire qu’ici, il n’y a pas de taxe de vente et les pourboires ne sont pas monnaie courante (si on peut dire) mais, si on laisse 10%, on est très bien vus.
| Belle façon de décorer un garage! |
Donc en allant à notre resto, notre serveuse qui a commencé à nous embrasser la troisième fois que nous y sommes allés, nous a jasé la quatrième fois en nous demandant d’où on venait et où on allait. Ce qui nous a amené à lui parlé de nos plans et, quand on lui a dit qu’on pensait peut-être faire quelques jours à Chiclayo, elle nous a dit qu’elle y habitait, que c’était moins cher qu’à Lima et qu’elle y allait le 5 janvier. De là à nous proposer de prendre l’autobus avec elle, il ne restait qu’un pas qu’elle a franchi avec un grand sourire et nous aussi.
La tante de Xavière, son oncle et leurs filles vivaient au même hôtel que nous et nous avons eu de bonnes conversations avec eux. Ils repartent le 31 en France accompagnés de Xavière qui va y faire un séjour de 2-3 semaines.
Pour le jour de l’an, tous les étalages sont en jaune, on vend de tout en jaune : décorations, bobettes, fleurs, gilets… Nous allons demander la raison, est-ce pour souhaiter l’or, la richesse? On voit aussi des bonhommes de carton avec la figure de politiciens ornés de toute sorte de symboles et de commentaires sur la corruption.
On a appris depuis la raison de ces étalages.
Traditionnellement, dans les « barrios » (quartiers) populaires, les habitants s’organisent pour confectionner un géant fait de papier, carton, tissus ou bois. Ce géant, souvent affublé du visage d’un politicien et qui représente toutes les frustrations de l’année qui s’achève, sera brûlé le 31 décembre à minuit pour accueillir la nouvelle année allégé de ces soucis passés.
Puis on festoie, on danse autour du bonhomme en feu et au son des pétards, cris d’enfants, musiques s’échappant des fenêtres et portes ouvertes, tout ça dans une ambiance vraiment chaleureuse.
Puis on festoie, on danse autour du bonhomme en feu et au son des pétards, cris d’enfants, musiques s’échappant des fenêtres et portes ouvertes, tout ça dans une ambiance vraiment chaleureuse.
Il existe aussi une superstition qui dit que si on porte une couleur en particulier sur soi lors des 12 coups de minuit, cela pourra amener de la chance dans certains domaines pour la nouvelle année, comme par exemple le jaune pour l'argent, le rouge pour l'amour, etc.
Dans le même ordre d'idée, celui qui souhaite voyager toute l'année doit courir autour de son pâté de maison une valise à la main à minuit pile et on en a vu passé plus d’un au milieu des pétards.
Ce qui se vend le plus, outre les vêtements et décorations jaunes, ce sont les fleurs et les raisins. Les fleurs (surtout les jaunes) pour amener la chance et l’harmonie dans la maison et les 12 raisins qu’il faut manger en faisant un vœu pendant les douze coups de minuit. Un raisin par mois, s’il est sucré, le mois sera excellent et le souhait accordé. Il va sans dire qu’on achète des raisins sucrés!
À la maison on décore la table avec des corbeilles de fruits, de maïs, de blé, de riz, de cannelle, de fleurs jaunes.
Nous avons terminé l’année et débuté la nouvelle dans la famille de Mijail. Ce fut super agréable. À minuit nous étions tous dans la rue, une grappe de raisin en main et ça sautait de tous côtés. Dans tous les quartiers, on faisait sauter des pétards, des feux d’artifice et on brulait des effigies.
La famille de Mijail est très aimable et chacun rivalise de gentillesse. C’est très agréable d’être en leur compagnie. C’est un régal de voir danser les danses traditionnelles de la région du père qui adore danser. Une des danses représentait la tentative de conquête d’une femme par un homme. Dansée par les parents de Mijail, c’était vraiment un phénomène. On aurait dit des jeunes de vingt ans ! Avec le papa qui faisait vraiment des efforts de conquête et la maman qui lui lançait des sourires engageants! Le tout accompagné du claquement constant des talons, la Huaylarhs transmet la joie et la vitalité. Mijail dit connaître seulement 2 pas mais son père en connaît au moins 12.
1 commentaire:
Pierre et moi avons bien ri en lisant les supertitions du jour de l'an au Pérou! J'ai reconnu, du moins, je pense, le type de danse de conquête de la femme... pour l'avoir vu au Paraguay! Je l'ai même vu entre deux enfants costumés localement et qui n'avait que 5-6 ans! :-)
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