| L'entrée de la propriété de Walter et Haydeé |
Nous prenons un bus semi-cama pour Pacasmayo chez la cousine de Mijail. On est à peine parti que le chauffeur (pas celui qui conduit mais celui qui le remplace après 4 heures de conduite) nous dit que nous serons à Pacasmayo à 4h30 du matin et que ce n’est pas vraiment une bonne idée, que nous serons laissés sur le bord de la nationale. Maryse n’est pas contente, elle avait demandé spécifiquement l’heure d’arrivée et le frère de Mijail l’avait demandée aussi et la préposée au comptoir de la compagnie avait répondu les deux fois que le bus arriverait à Pacasmayo à 7 heures le matin. Maryse demande au chauffeur d’appeler Mijail mais il lui dit que c’est impossible. Finalement un bon samaritain lui prête un téléphone et Mijail essaie de joindre sa cousine pour savoir comment ils veulent gérer la situation. Finalement, après 2-3 appels au bon samaritain et au chauffeur, Mijail nous fait dire de descendre à Pacasmayo et que son cousin viendra nous y chercher.
| Le plaisir de cueillir son raisin |
Nous arrivons à 5 heures le matin et un taxi à qui le cousin, qui nous attendait à Chiclayo, avait demandé de nous ramasser, arrive pour nous amener à Pacasmayo. La cousine Haydeé et son mari Walter y arrivent vers 9 heures. Ils sont tout à fait charmants et on se sent tout de suite à l’aise. Ils possèdent une grande maison sur 220 acres de terre. Ils cultivent le raisin de table (2 acres ) et des piments qu’ils exportent en Équateur et en Bolivie. Actuellement ils préparent la terre pour augmenter la production de raisins (pour le vin cette fois) à 20 acres . Ils prévoient produire du pisco et du vin en 2015. Le piment sera cultivé sur 36 acres . Les vignes doivent être protégées du vent et du sable par des murs de tissus qui doivent être remplacés tous les ans. Il existe sur cette terre aride un bosquet naturel où ils projettent de construire des maisons de repos, de relaxation avec une piscine tout en gardant au maximum la nature telle qu’elle est.
Ils gèrent leur électricité actuellement avec des panneaux solaires et une éolienne. Ils en installeront une autre plus grande sous peu pour les maisons du bosquet et pour l’irrigation des autres plantations. À côté de l’éolienne, Walter s’est fait un observatoire car il surveille, certaines nuits sans lune, un phénomène lumineux qui apparaît parfois pendant une trentaine de minutes et qui le fascine.
| Joli spectacle |
Dans la cour, un paon et sa femelle, des poules et des coqs, des chats, des chiens. Les coqs sont petits mais peuvent facilement réveiller une armée. Le paon a un cri terrible ressemblant au son d’une trompette. Le chien du Pérou est un chien nu, sans poil. Sa température corporelle est de 40 degrés et on nous parle ici des bienfaits retirés par les gens qui le prennent lors de crises d’arthrite ou de coliques. Il est représenté sur les céramiques des civilisions pré-incas. Il semble doux et docile.
Les fillettes de la cuisinière jouent beaucoup avec les chats et les utilisent comme des poupées. Pedro, charmant et toujours de bonne humeur se montre curieux et nous pose des questions.
San Pedro, c’est un paysage de sable et de peu de végétation. Il vente presque tout le temps, d’où l’éolienne, mais jamais, enfin presque jamais, assez fort pour soulever le sable, ce qui rend la température agréable. On a eu droit à un tour de terre pour visiter la vigne dont la récolte est terminée depuis quelques semaines et les équipements nécessaires en particulier pour l’arrosage. Il faut dire qu’ils se sont installés de façon à économiser l’eau, donc avec un système goutte à goutte. Ils tirent l’eau d’un puits de 15 mètres (50 pieds ) de profond et l’accumule dans un immense réservoir dont les murs ont été fabriqués à partir de sacs de sable recouvert d’un mélange de terre, paille de riz et d’eau un peu comme les civilisations pré-incas faisaient.
| Plazza de armas Trujillo |
Deux jours après notre arrivée, Hayde nous annonce qu’on va faire un tour à Trujillo où ils ont une deuxième maison. On part en fin de journée sans savoir à quelle distance on est de Trujillo et avec nos seuls coupe-vents au cas où… En arrivant, deux heures plus tard, on prend un taxi et hop! à la Plazza de Armas. Il faut dire qu’on n’a pas encore vue une ville du Pérou où il n’y a pas une place d’armes. On visite donc quelques bâtiments et la cathédrale présente sur chaque place un peu importante sinon on y retrouve une église. On soupe finalement vers 21 heures au moment tous les magasins ferment et on revient se coucher.
| Rencontre de 2 superbes chiens, champions du Pérou |
On y passera trois jours fantastiques avec Hayde qui nous a baladés de musée en site archéologique en bord de mer et jusqu’à l’université de Trujillo, celle qui est gratuite et donc gouvernementale et dont les gradués, en particulier les médecins, sont reconnus très supérieurs à ceux des universités privées payantes.
Sur le campus de la nouvelle université, les étudiants nous faisaient goûter un déjeuner fait de céréales, yoghourt et plusieurs fruits comme on en rêvait depuis le début du voyage. Une fresque gigantesque entoure le campus. Elle est composée de minuscules carrés de céramiques et représente l’histoire et les paysages du Pérou.
Nous qui ne sommes pas très ‘visiteurs’, on a très appréciés la visite du musée Chan Chan et le site Huaca de la Luna. Les guides sont très bien renseignés et se débrouillent très bien en anglais. On n’avait malheureusement pas notre caméra durant ces trois jours passés à Trujillo mais nous avons acheté un livre montrant ce que nous avons visité. Rechercher des images sur internet de Chan Chan et de Huaca de la luna , c'est vraiment magnifique.
Chan chan fut la capitale politique du règne des Chimú. Elle couvrait 20 km carré (actuellement seulement 14 Km carré). Elle est considérée comme la plus grande ville de terre (adobe) du monde. Depuis 1986, elle fait partie du patrimoine culturel de l’humanité.
La ville est composée de dix citadelles fortifiées et chaque citadelle a une configuration rectangulaire avec une entrée, de hauts murs, et un labyrinthe.
Chan Chan ne semble pas avoir été habité mais servait plutôt de centre administratif et finalement servit de tombeau ou mausolée pour les momies des rois Chimu.
Chan Chan serait construite en trois étapes entre 850 et 1470 après J.C. Orientée nord, la ville ne possède qu’une entrée, aucune porte et tous les accès sont indirects. Elle est entourée d’un mur de 10 mètres de haut.
Alors que des civilisations plus anciennes aimaient à créer des représentations félines ou anthropomorphiques, le style Chimú a une préférence pour les motifs de dessins relatifs au milieu marin probablement parce que situé près de l’océan Pacifique. Des lignes représentent la mer, des poissons montant et descendant (la marée), allant dans des directions différentes (El Nino ou le courant Humboldt), des pélicans, des mailles de filet etc. Ces figures étaient gravées dans de la glaise encore humide dont on recouvrait l’adobe. Certaines représentations sont plus stylisées mais sur le même sujet.
On peut voir aussi des tables pour les offrandes et sacrifices et des sièges des hauts dignitaires, des plateformes funéraires. On a retrouvé plus de 100 réservoirs d’eau. C’est un site en partie restauré mais très intéressant à visiter.
Huaca de la luna (nom donné par les espagnols), 95 mètres par 84 mètres et 24 mètres de haut est constitué de 5 édifices superposés construits en 500 ans. Chaque édifice fut utilisé pour 80 à100 ans et au bout de cette période l’édifice utilisé était condamné, on comblait les corridors, on élargissant la base et on construisait un autre temple sur la base de l’ancien. Les murs originaux gardent encore des traces des couleurs utilisées. Ce site n’est pas une reconstruction mais bien de la conservation.
On y découvre des fresques magnifiques. Au bas du mur, on peut voir un premier rang représentant des guerriers portant les vêtements et les armes de prisonniers dénudés avec une corde au cou. Le guide nous explique que ces guerriers étaient volontaires pour s’affronter dans des moments où face à des problèmes graves (famine, grandes pluies, maladies graves). Les prêtres croyaient que les dieux étaient fâchés et demandaient des sacrifices. Les meilleurs guerriers s’affrontaient donc et les perdants étaient sacrifiés, toujours des hommes et exécutés par des prêtresses.
Les autres rangées représentent des officiants en tuniques rouges, se tenant par la main, une autre des araignées géantes portant le couteau cérémonial, une autre des guerriers avec des poissons dans les mains, des félins au corps de reptile levant un plat avec la tête d’une personne et finalement un grand serpent. Sur un autre mur on peut admirer une grande fresque dont une bonne partie des couleurs est encore très visible et représentant leur vie quotidienne. Le tout est bien conservé et surprenant.
À la mort de hauts dignitaires Moche, des hommes, femmes et enfants (probablement la famille, les domestiques) étaient sacrifiés et inhumés dans la même tombe. Le temple servait aussi de centre de cérémonies censées assurer les récoltes agricoles et lutter contre les sécheresses.
Nous revenons à Pacasmayo en colectivo (taxi à plusieurs) parce que nous n’avons pas nos passeports et on refuse de nous prendre dans le bus. Nous pensions partir pour Tujillo pour la soirée, nous n’avions rien prévu pour nous changer ni pour voyager.
Le lendemain nous allons seul à la plage de Puemape et de 9 heures à 6 heures nous marchons sur la route ou sur la plage avec une pause pour diner (délicieux poisson sortant tout juste de la mer) et une autre pour lire en écoutant le chant des vagues. Nous sommes passablement fatigués au retour et nous couchons tôt. Il faut dire qu’ici, nous sommes réveillés à l’aube par les coqs et le paon. Nous étirons le temps avant le lever mais les journées débutent généralement à 7 heures maximum.
Le lendemain nous sommes montés plus au nord et avons eu l’occasion de voir d’autres paysages, des cultures de riz, un village nommé Los Mangos où on cultive… devinez quoi. Nous avons pu prendre des photos d’un barrage qui retient l’eau pour irriguer tous les villages jusqu’au nôtre. Au retour, nous sommes invités à partager le diner d’anniversaire du frère de Walter. On nous y servira de la raie minuscule en entrée et du canard, accompagné de bières et d’un petit vin délicieux. Il semble y avoir une coutume entre les invités (pas nous) de partager le verre de bière, une personne se verse un peu moins de la moitié du verre de bière, le boit, verse les dernières gouttes dans un plat sur la table et passe la bouteille et le verre à son voisin. Walter nous dit que c’est une coutume en famille ou avec des amis proches. Tout le monde est super gentil.
En fin de semaine nous retournons à Trujilo. Nous avons la chance d’assister à la Plazza de armas à la dernière représentation d’un spectacle de danses et chants par des équatoriens venus présenter leur pays. Tout autour, les décorations de Noël sont mises en place. Nous visiterons, le lendemain, le jardin botanique, petit mais joli.
Mercredi 21 décembre 2011
Notre dernière journée se passe à Pacasmayo. Nous marchons sur une plage de pierres rondes et trouvons un sentier qui nous amène près d’un phare perdu dans un paysage désertique. La mer fait rouler les pierres rondes et nous permet de réentendre le son que nous avions tant apprécié lors d’un voyage en Nouvelle-Écosse. Nous partons en fin de journée pour prendre notre autobus à Trujillo. Haydeé nous accompagne jusqu’à la fin avec sa fille.
Nous avons fait un séjour très agréable et nous espérons garder le contact avec ces gens si chaleureux et accueillants. Nous n’avons pas réussi à parler autant que nous l’aurions voulu mais nous avons fait des progrès. Nous avons cependant négligé nos travaux scolaires et nos études de vocabulaire.
Jeudi 22 décembre 2011
Nous voici de retour à Lima. Nous avions choisi un autobus cama de la compagnie Linea, un peu plus cher (100 soles par personne) mais le fauteuil était moelleux, s’inclinait pour faire un lit. Un bon souper compété par un petit verre de vin (style porto), une bonne couverture assez grande et un oreiller nous furent offerts. André manquait juste un petit peu d’espace assis mais couché comme il dort d’habitude, il a fait une bonne nuit.
Nous verrons sans doute sous peu nos amis et vous raconterons la suite dès que possible.
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