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2013-12-02 à 2013-12-06 Granada
Le
voyage fut sans histoire et les vols à temps. Nous sommes même arrivés à
Managua avec un peu d’avance grâce à des vents favorables. Le taxi demandé à
notre gite français était sur place et nous amena en une heure à Granada.
Nous
fumes accueillis par une gentille jeune fille et nous couchâmes après avoir
pris un thé glacé. Notre chambre était située près de la cour intérieure où se
prend le petit déjeuner mais nous avons tout de même dormi jusqu’à 9 heures 30.
Les petits déjeuners sont composés, au choix, de rôties avec fruits, crêpes
avec fruit ou des œufs. Le fait d’inscrire notre choix au tableau a fait qu’un
couple de français a supposé, à juste titre,
que nous parlions français et sont venus se présenter. C’est un couple
charmant, lui à la retraite et elle infirmière indépendante. Ils font 4-5 voyages
par année pour faire du trekking.
Nous
sommes sortis pour souper tous les jours mais durant la journée il faisait trop
chaud et humide pour nous. Nous en avons profité pour récupérer du voyage et
faire nos arrangements pour nos cours d’espagnol.
Le
premier soir, la rue principale que nous avons pris pour nous rendre nous causa
un choc culturel. Il y avait du monde
partout sur les trottoirs et dans la rue. Les gens étaient installés sur le
trottoir avec des chaises, des berceuses, de la marchandise à vendre etc. La
musique et le bruit des camions, motos, taxis était plus que présent. Il
fallait faire quelques pas sur le
trottoir, un bout dans la rue et retour au trottoir quand le camion ou autre
véhicule ne nous laissait pas d’espace. Il n’y a pas, au Nicaragua, de priorité
au piéton et on ne donne généralement pas de chance pour traverser. Il faut
regarder partout car les bicyclettes arrivent aussi rapidement que les voitures,
le soir souvent sans feu de circulation.
Nous
avons finalement trouvé la rue touristique, plus large, avec des gardiens de
sécurité, piétonnière ou presque. Des
terrasses y sont installées et on peut y consommer un peu de tout. Nous y
retournerons tous les soirs. Comme nous allons vivre dans une famille
nicaraguayenne nous en profitons pour essayer la pizza et les pâtes du coin
puisque nous aurons amplement le temps de goûter la cuisine locale.
Nous allons
admirer le lac Nicaragua avant de souper le dernier soir car nous sommes alors
mieux orientés dans la ville. On peut voir beaucoup de genres de berceuses dans
les jardins intérieurs ou les salons exposés à la rue. Il y en a de très
originales et ça semble très prisé par les nicas.
Granada
est située à 30
kilomètres au sud de Managua. C’est une ville coloniale
fondée en 1524 par Francisco Hernandez de Cordoba. Elle est située sur la côte
ouest du lac Nicaragua et à l’ombre du volcan Mombacho.
Notre
prochaine étape sera Esteli, une ville d’un peu plus de 110,000 habitants
située à 150
kilomètres au nord de Managua. Le climat doit y être
plus frais et moins humide. On la choisit parce qu’on a trouvé sur internet un
site la recommandant fortement comme ville pour apprendre l’espagnol et sur
plusieurs forums on recommandait une prof de cet endroit, Norma Morales. Il
semble qu’il y peu d’étrangers dans cette ville et on y sera en pleine
immersion dans une famille ne parlant qu’espagol.
2013-12-06 Esteli
Les 3
jours de Granada se sont étirés en 4 ou presque. On a contacté un professeur et
on a pris engagement pour un cours d’espagnol à Estéli avec hébergement chez un
local. On avait le choix de prendre la route Granada-Managua-Estelí ou
Granada-Masaya-Estelí. On a choisi cette dernière et comme il n’y avait qu’un
bus par jour à 5 heures du matin, on s’est levé à 4 heures et on a pris un taxi
jusqu’à Masaya…qui nous a conduit en pleine noirceur dans un énorme marché déjà
bondé de monde qui s’y installait ou qui prenait un des nombreux bus en
partance pour un peu partout, vu que le marché faisait aussi fonction de
terminal.
En fait
de bus, ce sont des autobus jaunes type écoliers avec 2 ou 3 sièges
minimalistes de chaque côté. Le chauffeur de taxi nous a quand même laissés
directement sur les marches du bus et on a démarré en retard d’une demi-heure
seulement avec la préposée au paiement qui fera tout le voyage dans l’escalier
près du chauffeur. Elle cotisera tous les voyageurs de même que les autres
personnes prises en route.
Pour 3
dollars US le siège et 140
kilomètres à souffler (5 km/hr max) dans des côtes
presque alpines, on n’ira pas se plaindre… Le confort est évidemment minimal
mais les routes absolument impeccables, rien de moins, ce qui compense pas mal
pour le confort et qui est tout-à-fait surprenant dans un pays aussi démuni.
Quand
on descend à Estéli Nord (heureusement on nous avait précisé que l’autobus s’y
rendait parce que la distance entre le Nord et le Sud est appréciable avec des
sacs à dos), personne ne nous attend. Heureusement, on avait pris soin d’écrire
le nom et l’adresse de Norma avec qui on avait rendez-vous pour les cours. On
est à un pseudo-terminal qui est plutôt un arrêt de bus puisqu’ici on ne
réserve pas et on n’achète pas de billet. Les gens montent tout simplement dans
l’autobus qu’ils veulent prendre. À notre arrivée, plus de 3 heures plus tard,
on demande à un type s’il connait l’adresse en question en lui montrant le nom
de la prof et son adresse. Il bredouille, interroge ailleurs et, soudainement
apparaît une dame avec sa fille qui dit au type : oui-oui, je la connais,
c’est une amie à moi! Et nous de prendre un taxi avec elle et de se rendre
directement chez Norma!
Il est
9 :00 du matin; Norma ne nous attendait qu’en fin d’après-midi car elle n’avait
pas lu notre dernier courriel. Elle nous réceptionne tout de même de bonne
humeur et immédiatement demande à sa fille de nous servir à déjeuner. La maison
est impec, Leslie, la fille de Norma qui étudie la médecine est charmante bien
que très réservée et nous concocte un déjeuner qui nous laisse pantois :
céréales et yaourt maison, fruits et café.
La
maison est située dans un coin retiré de la ville et est bizarrement à un seul
niveau mais haute comme deux étages et sans portes intérieures. On comprendra
plus tard que c’est en partie parce que Norma est claustrophobe…et pour la
fraicheur que cela procure. Dès que le déjeuner est terminé, cette dernière
nous reconduit (en taxi à cause des bagages) chez Victoria et sa fille Carolina
qui seront nos hôtesses. Et nous voilà installés!
La
famille semble super gentille. Il y a une petite fille de 5 ans qui semble bien
éduquée. Carolina coiffe dans la partie
avant de la maison, on passe par son salon pour entrer par un corridor dans la
cuisine salle à manger. Notre chambre se trouve devant un mini jardin
intérieur. La chambre de Kristyn, la douche et les toilettes sont face à la
salle à manger. Au bout du corridor, il y a une autre section avec le coin
lavage, trois autres chambres et une autre toilette et douche. Derrière les chambres
se trouve un autre jardin plus grand pour étendre la lessive et un atelier de
menuiserie où travaille le fils de Norma, Yvan. Tout cela constitue la partie
de maison de Victoria, l’autre moitié est occupée par son autre fille qui a
deux jeunes garçons.
Comme
toutes les maisons d’ici, on vit assez à l’air libre, les murs ne rejoignant
pas le toit et les jardins intérieurs sont à ciel ouvert. La maison est donc
super bien ventilée sauf en milieu de journée lorsque le soleil tape sur la
tôle du toit.
On doit
s’habituer à vivre dans le bruit car la musique joue toute la journée, les
voisins ont des coqs (de minuit à notre lever et plus on peut les entendre
annoncer le lever du soleil!!!). Comme c’est décembre, il y a beaucoup de
fiestas dans les rues et des bombas (pétards) à toute heure du jour et de la nuit.
Ajoutons à cela les oiseaux en cage, les oiseaux dans la nature, les chats qui
se courent sur le toit, les chiens qui se font compétitions sur le nombre de
décibels émis. Heureusement, il y a les bouchons conseillés par Élizabeth,
merci la belle! Après notre silence à deux, il nous faudra faire preuve d’un
peu d’adaptation!
2013-12-07 Matapalga, Selva Negra
Norma
nous avait prévenus que ses classes se passeraient souvent en plein air. Elle
nous amène donc, pour cette première journée, dans la Selva Negra, à Matapalga.
Le voyage dura plus de trois heures et trois autobus à l’aller et un peu moins
avec seulement(!) deux au retour. Ce sont des autobus semblable à nos autobus
scolaires mais beaucoup plus vieux. Il y a 2 rangées de bancs étroits et on
peut y voir souvent 2-3 enfants et la mère sur 2 de ces bancs étroits. Les
autobus se remplissent en cours de route et plusieurs font le trajet debout. Il
y a des vendeurs de bouffe qui embarquent à un bout d’un village, vendent de la
nourriture et de la boisson et descendent à la sortie du village. Si on ajoute
à ça la musique et leurs cris c’est assez spécial comme atmosphère mais
généralement sympa.
Nous
visitons une exploitation de café lequel représente la ressource principale de
revenus du Nicaragua. Les indigènes
plantaient déjà le café en 1800. On s’est aperçu que Norma avait beaucoup
d’entregent et qu’elle connaissait beaucoup de monde. On est entré sur cette
plantation de café sans payer et c’est elle qui nous en a fait faire le tour
pendant presque trois heures. La plantation appartient à des allemands qui ont
profités de la révolution sandiniste pour s’installer.
C’est
la même chose dans le textile aux mains des chinois. Il existe des zones
franches où les grands propriétaires ne paient pas de taxes sur la fabrication
des textiles.
Actuellement,
l’industrie du café est plombée car un moustique (la poya) vient gruger les
feuilles des caféiers, attaque les
fruits et rend la production impossible à utiliser. (Voir photos). Selon Norma,
le Honduras enverrait volontairement ces moustiques pour nuire à l’économie du
Nicaragua et vendre plus de café chez eux…
On a pu
approcher des cueilleurs (les hommes travaillent surtout en terrain fortement incliné)
et des cueilleuses (elles travaillent sur les terrains moins dangereux et plus
plats) pour observer leur dextérité à cueillir les grains de café de façon très
sélective. Les grains prêts pour la cueillette sont soit orangés, soit roses,
soit rouges. Les rouges sont murs et de meilleure qualité et saveur, les grains
orangés ont un peu moins de saveur. Il existe aussi des grains beiges, beaucoup
moins savoureux, qui ne sont pas exportés mais utilisés pour la consommation
locale.
Les
cueilleurs, plus de femmes que d’hommes,
rangent la cueillette dans un panier pour remplir ensuite un sac qui pèse 100 livres . Ils sont
payés en fonction du poids cueilli. C’est une plantation biologique et tout est
très contrôlé pour s’assurer que tout est fait dans les règles.
On peut
observer des grains noirs dans les plants attaqués par la pola. Il y a un
traitement en cours pour éviter la propagation et tenter de sauver la plus
grande partie de la production. Le traitement semble vouloir fonctionner mais
les petits producteurs locaux perdent leur production car ils n’ont pas les
moyens de payer le traitement. On a pu voir des plantules attaquées avant la
plantation. Toute la production d’une famille!
Outre
le café, il y a, sur cette plantation, un hôtel particulier qu’on peut réserver
pour 5000$ pour un mariage et une lune de miel. Pour ce prix, on a droit à 5
jours s’il fait soleil et s’il pleut, il faut partir après 3 jours. Je n’ai pas
trop compris la raison de cette différence.
Il y
aussi un joli ermitage (Norma, blagueuse nous y remariera en nous prévoyant vingt
enfants). On peut admirer cinq lagunes sur le terrain où s’amusent des oies,
canards et autres bestioles. Certaines
constructions sont dotées de toits verts. Tout ceci se loge dans un milieu très
accidenté et ‘noyé’ dans la verdure de la montagne. Comme le café nécessite
moitié du temps du soleil et moitié de l’ombre, ces plants sont entourés
d’orangers et de bananiers.
Visite
d’une famille dans une banlieue pauvre (genre de favéla) près de Estéli. Cette
famille fabrique des cigares pour les revendre aux grandes compagnies. Ces
dernières ne permettent pas la visite de leurs sites à cause de l’odeur,
intolérable pour les touristes, et à cause de la pollution causée par la
fermentation du tabac. Le tabac ne fermente pas dans des produits chimiques
mais dans de l’alcool comme le rhum.
Il n’y
a pas vraiment possibilité pour ces gens de se réunir et de former des
compagnies pour vendre à meilleur prix et il peuvent travailler dans les
grandes compagnies mais ces dernières veulent garder le contrôle et ne favorisent
pas l’organisation d’autres usines. Selon Norma, l’économie est entre les mains
de riches cubains de Miami, propriétaires des fabriques de café, de japonais
pour les voitures et de chinois pour les vêtements.
Beaucoup
de gens habitant cette banlieue (favéla) piratent l’électricité et l’eau de la
ville, vivent dans des cabanes et quelques uns s’enrichissent du trafic de
drogue. Daniel Ortega, le président, les tolère et leur fournit même la tôle pour remplacer leurs toits de
plastique afin qu’ils aient des maisons légèrement plus saines. Il ne veut pas
vraiment envoyer la police dans ces rues sinueuses pour rencontrer des gens
avec des armes et des machettes. De plus il n’aimerait pas se faire une
mauvaise publicité auprès des gens qui l’aiment (il est le père de la
révolution!) et acceptent ses lois comme des désirs du père. De plus, à
l’international, ça briserait son image que de poursuivre des gens super
pauvres.
Anecdote :
Norma nous explique pourquoi on peut voir des souliers sur les fils électriques
de certaines rues : si ce sont des souliers d’homme c’est un secteur pour
se procurer de la drogue, si ce sont des souliers de femme, c’est un secteur où
on peut trouver des prostituées.
Au
retour, on visite une forge familiale et on peut voir des selles de chevaux
exposées tout au long de la rue. Il y en a de très jolies. Norma nous raconte
comment l’ouragan Mitch, en 1998,
a tué beaucoup de gens, détruit beaucoup d’habitations
et laissé beaucoup de gens dans la misère puisqu’ils ont perdu terrain et
maison. Cet ouragan a fait rage 6 jours, les vents augmentant de vitesse avec
la durée.
Quand
on revient des visites, on est un peu, beaucoup fatigué. Au souper, nous jasons
avec la famille. Ça fait beaucoup d’heures d’espagnol! On voulait une
immersion, on l’a! Les femmes nous posent des questions sur notre journée,
utilisation du passé simple!!! et il faut trouver les mots pour expliquer ce qu’on a fait, comment on aime etc. Viennent aussi
s’ajouter les explications sur la nourriture et sur nos goûts, la famille au
Québec, les habitudes etc.
Comme
d’habitude, je parle trop et André pas assez. Carolina décide donc que
dorénavant, elle va jaser avec André et que je devrai me taire et ne pas
l’aider. André accepte la proposition. Dès le lendemain, on aura beaucoup de
plaisir car je dois, pour les faire rire, me pincer les lèvres avec mes doigts
pour ne pas répondre aux demandes d’André pour de l’aide.
Tout au
long des visites, Norma nous a expliqué des choses, montré des arbres, des
oiseaux, des cultures et nous parle de la vie des nicaraguayens actuellement et
durant la révolution. Tous les mots que nous ne comprenons pas, et il y en a
beaucoup, sont écrits sur des feuilles volantes qu’elle a toujours avec elle.
Elle corrige nos tournures de phrases et nos erreurs.
Le
lendemain on reste près de la maison, les cours seront au « parque
infantil ». Pour nous, c’est mieux car à la maison avec Yvan qui travaille
dans son atelier, il y a trop de bruit dans les endroits où on pourrait
s’installer. Elle constate un net progrès chez André dès le jour suivant notre
essai avec Carolina. Il faut dire que le sujet de la discussion intéresse André
et qu’il essaie d’expliquer les gaz bitumineux et la vie dans le nord du
Québec.
À la
maison on apprécie de plus en plus nos contacts avec la famille. Kristyn est
bien élevée, habituée aux gens qui viennent prendre des cours et nous corrige
comme elle voit le faire à ses mère et grand-mère. On investit un peu dans la
nourriture et on fournit le vin très apprécié de ces deux dames. Elles nous
disent que nous faisons partie de la famille et que nous allons leur manquer.
Maryse réussit à intéresser la petite avec des farces simples et de petits
jeux. Carolina nous dit que de tous les élèves passés ici, nous sommes les
seuls à nous intéresser à Kristyn et à l’inclure dans la conversation. Les deux
femmes cuisinent très bien, la nourriture est variée et généreuse.
Contrairement à notre expérience au Pérou, on ne sent pas du tout que c’est
fait pour l’argent et qu’on tente d’économiser sur la bouffe.
La
ville est peu éclairée et on peut voir beaucoup d’étoiles et de planètes. La
circulation dans la ville est ralentie par le fait qu’il n’y a pas de
canalisations souterraines pour évacuer l’eau mais des dalots en surface et les
automobilistes doivent ralentir à chaque coin de rues pour les éviter.
Le
lendemain le cours a lieu à La Casita, une espèce de centre jardin mais avec
des bancs et tables où on peut consommer du yogourt frais et quelques plats et
y faire la classe dans un environnement de plantes et d’arbres très joli. Norma
y rencontre un français, Jean-Marc qui parle espagnol. Nous tricherons pas mal
et jaserons en français avec lui. Nous ne connaissons pas la relation entre
Norma et Jean-Marc mais il passera le reste de l’après-midi avec nous et
repartira avec nous. Nous le surnommerons Sisi parce qu’il dit si si à presque
toutes les questions.
2013-12-11 Diplito
Aujourd’hui,
Norma a décidé qu’on allait explorer le nord près de la frontière du Honduras.
Ce sont encore une fois des paysages magnifiques de verdure et de composition à
couper le souffle. Malgré la présence estimée de 15,000 habitants, on ne verrait pas grand en-dehors du décor n’étaient
les contacts de Norma avec certaines organisations sociales qui soutiennent les
initiatives des gens du milieu. On savait seulement qu’on allait rencontrer des
gens qui travaillaient dans une coopérative, dans le village de Diplito.
Après
une ascension assez longue ponctuée, heureusement, de multiples commentaires de
Norma sur la flore environnante, nous nous sommes butés sur une porte fermée à
la coopérative. Sans s’en inquiéter outre mesure, Norma nous a guidés jusqu’au
logis d’une des coopérantes, Gema. Ces dernières utilisent les épines séchées
de pin pour fabriquer, avec des outils aussi rudimentaires qu’une aiguille, une
lame de rasoir et de la ficelle, des objets artisanaux et utilitaires tels que
des plats, des porte-serviettes ou des boucles d’oreilles tout-à-fait originaux
(voir photo).
Elle accepte de nous faire une démonstration et nous sommes
impressionnés de la vitesse de son exécution et de son habileté. Comme
d’habitude, Norma la fait jaser sur sa situation et celle des femmes du coin.
On y apprend, entre autres, que les hommes sont assez machos pour empêcher les
femmes de prendre la pilule car elles le feraient, selon eux, pour coucher avec
d’autres hommes. Gema se fait donner une injection aux trois mois et a
seulement trois enfants, les autres femmes en ont huit ou plus. Les femmes
travaillent dur et s’occupent des enfants, les hommes s’impliquent très peu et
les femmes doivent gérer l’argent. Un peu plus tard, Gema nous amène à la
coopérative pour voir des objets fabriqués par les femmes de la coop. Il serait
intéressant d’acheter ce genre de choses pour vendre chez nous, c’est bien fait
et pas cher. Nous n’avons pas les contacts mais…
2013-12-15
Après
la classe, on va à la journée hippique. C’est un jour spécial pour la région. Un
bon millier de chevaux de toutes les régions paradent en dansant sur de la
musique étourdissante. Les chevaux sont toilettés et les hommes et femmes qui
les montent sont costumés et bottés. Il y a de jeunes enfants sur des chevaux
pas mal gros pour eux. Il y a des gens partout et la bière coule à flot. Il
paraît, selon Norma, qu’on donne de la bière aux chevaux et que ça les aide à
mieux danser. Il y a des marionnettes géantes et des travestis qui dansent.
On
s’est arrangé avec nos hôtes pour partager les repas de la Navidad. Maryse a
promis un ragoût. On est à 300
mètres d’une épicerie et à un kilomètre de deux autres
plus grosses épiceries mais dans deux directions opposées. Il a fallu faire ces
deux dernières ce matin parce que la première ne vendait pas de porc haché. On
était assez fatigué au retour pour annuler le cours avec Norma. Pour faire
exprès, celle-ci nous a téléphoné pour nous inviter à dîner! On a quand même
refusé… Comme on ne trouve pas de betteraves marinées dans les épiceries,
Maryse a décidé d’en faire. Heureusement ce n’était pas une première pour elle!
Tout
est plus compliqué pour ce ragoût! Pour trouver de la patte il nous faut nous
rendre dans un mini abattoir. La patte ne se vend pas en morceaux. Après une visite
dans la partie arrière de la boucherie, nécessitée parce que le gars a réalisé
que la patte pesait 20 au lieu des 13 annoncées. On discute ferme pour obtenir
qu’il enlève au moins 5
livres et on repart avec la patte. Victoria aide Maryse
à en couper un bon morceau que Victoria demande à une amie voisine de conserver
dans son congélateur car ici elle n’a pas de place dans le sien. On congèle la
patte qui reste et Maryse cuisinera le 24.
2013-12-18 Somoto
Cette
fois, Norma nous invite à aller visiter un canyon ….
Départ
à 6h30 pour Somoto près de la frontière du Honduras. Deux heures de bus suivies
d’une visite de la ville de Somoto, très jolie (photos) et, après diverses
pérégrinations dans la ville, dont une visite à une fabrique de biscuits
(rosquillas, très appréciés ici), exportés aux E-U (c’est la grand-mère de 92
ans qui a fondé la fabrique en 1954), finalement on y va à ce canyon de dire
Maryse à Norma, laquelle s’empresse de nous dire que ce serait plus rapide en
taxi vu qu’il n’y a qu’un bus par heure pour nous y mener. Va pour le taxi! Et 22 km plus loin, nous y
sommes, enfin à l’entrée du parc mais là, Norma doit discuter ferme pour
obtenir de servir de guide parce que les types du parc veulent nous charger 20$
US par personne pour le guide.
On
finit par partir sans guide et sans frais autre que celui de l’accès à 2$ par
personne. On descend une bonne pente jusqu’à la rivière qu’il faut traverser
mais il n’y a comme pont qu’une rangée de roches qui sont loin d’être plates et
il faudrait traverser là-dessus avec l’eau de chaque côté, sur une longueur de 100 pieds . André refuse
d’entreprendre une telle traversée et Maryse est d’accord avec lui pour s’en
retourner au point de départ en attendant que Norma, et son olibrius d’allemand
de six pieds et cinq pouces nouvellement arrivé comme étudiant qui nous sciait
les nerfs, reviennent de leur visite du canyon.
Heureusement,
près de l’entrée, il y avait une petite cambuse tenue par une jeune femme déjà
maman de trois marmots. Maryse en a profité pour parfaire son espagnol et on a
bien mangé tranquillement et sans le six pieds et cinq… qui est très mal
éduqué, mange mal et prend toute la place partout où il va. La dame en question
vivait jusqu’à il y a trois ans dans une cabane surplombant le canyon et a
désormais son petit commerce grâce à une association d’Espagne qui lui a offert
la maison. Elle n’a pas encore de salle de bain après 2 ans.
Le
lendemain,nous prenons la décision de ne pas reprendre les cours pour la
période des fêtes. Nous sommes fatigués et avons besoin d’absorber la matière
donnée par Norma et d’apprendre les conjugaisons de verbe, notre point faible.
Nous pratiquerons avec la famille ici et on reprendra possiblement après les
fêtes.
Notre
dernier cours se déroule bien et Norma tient à ce qu’on visite une petite fabrique
de tortillas au maïs nouveau pour déguster les plats au maïs nouveau,
spécialité de la région. Carolina nous avait prévenu de faire attention à ne
pas trop en manger car ça peut donner des maux de ventre et des problèmes
intestinaux. On essaie seulement une tortilla au poulet et André ose boire une
boisson au lait de maïs nouveau et au chocolat. Il n’aura pas de problème
important suite à cet essai.
2013-12-21 San Nicolas
À six
heures du matin, on est prêt pour une visite des miradors de la région de St-Nicolas.
Comme Norma arrive un peu tard avec Mathias, l’allemand, et Jean-Marc, nous
apprenons au terminal que le bus est parti plus tôt car complet. On trouve un
autre bus local qui nous amène à un autre terminal et on prend un bus de jeunes
qui s’en vont piqueniquer dans le même coin pour célébrer un anniversaire.
C’est un groupe de chrétiens qui a loué le bus, plus confortable que tout ce
que nous avons pris depuis notre arrivée.
On
visite d’abord une boutique d’un sculpteur de pierre et de bois. Il travaille
très bien. On peut difficilement se charger de sculptures en pierre pour les
trainer ensuite dans notre sac à dos mais on admire.
Mathias
a fait autre chose pendant notre visite donc on doit l’attendre pendant qu’il
raconte ce qu’il a vu dans ses autres voyages, dans d’autres pays…et
bla-bla-bla
On
finit par se rendre aux deux miradors. Au moins sept volcans du Nicaragua sont
visibles et un du El Salvador. La vue est magnifique, impressionnante. Les
odeurs de la forêt sont très présentes et on pourrait penser à s’installer dans
un coin aussi tranquille. La nature est magnifique, beaucoup de fleurs, un bon
vent et surtout paisible, sans bruit, sans pollution.
Le
lendemain, à sept heures du matin, on va au marché avec Carolina, à cinq
minutes à pied de la maison. Carolina achète
des fruits et légumes frais en quantités pour sa journée de préparation
de la bouffe de Noel. Au retour, Maryse découvre la technique de « hachage
en mini-morceaux » de Carolina. Elle demande à André de l’apprendre car elle
a des projets d’apprentissage de la cuisine nicaraguayenne et veut qu’André
participe.
C’est
notre première journée sans cours et on en profite pour classer les photos et
écrire ce texte.
| Kristyn |
Le 22 jour de piñata dans la rue, les enfants sont super heureux
Le 23,
nous aidons Carolina à cuisiner après avoir parcouru 7 ou 8 kilomètres pour se
procurer du pain intégral et les ingrédients nécessaires pour les plats de la veille du réveillon. Le lendemain c’est le tour du ragoût de boulettes et ça nous prend
pratiquement toute la journée à cuire une patte d’une dizaine de livres, 5 livres de boulettes.
Pour finir on cuisinera un gâteau aux fruits et noix.
Les
enfants vont attendre minuit pour les cadeaux, ils ne peuvent dormir car il y a
de la musique de danse très forte dans la rue et dans les maisons. On fait
aussi sauter bien des pétards et feu d’artifices. Les gens se visitent
d’une maison à l’autre, s’offrant un peu de nourriture, un cadeau ou prennent
une bière et ça danse!
L’échange
de cadeaux donne lieu à bien des cris de joies. La petite Kristyn est déçue de
notre cadeau, une poupée, mais ce n’est pas celle qu’elle désirait, elle
voulait un poupon qu’elle avait vu au marché. Je l’ai cherché partout en ville
mais il n’y en avait plus. Le lendemain matin elle viendra m’embrasser pour me
dire qu’elle aime beaucoup sa poupée mais qu’hier elle était bien fatiguée et
n’a pas pu s’empêcher d’être déçue. Elle est très raisonnable pour 5 ans.
Après
l’échange de cadeaux, on mangera le ragoût qui sera bien apprécié même si c’est
un nouveau goût pour tous. Le gâteau est aussi très populaire. Tout le monde
dormira bien car j’ai offert à toutes, même à Kristyn, des bouchons pour les
oreilles depuis une semaine. Merci Élizabeth de m’avoir indiqué où acheter ces
petites merveilles qui permettent à toutes les femmes de la maison de se
réveiller bien reposée.









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